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Retour de Wade à Dakar : Sénégalais, un « sauveur » de 91 ans vous et né

Retour de Wade à Dakar : Sénégalais, un « sauveur » de 91 ans vous et né

« Le retour de Gorgui », ça aurait pu être le titre d’un western à la sauce Mafé ou Yassa, les flingues en moins. Il n’empêche, il y aura des étincelles et une violence verbale certaine, surtout que les mots peuvent être des pistolets chargés comme dirait Sartre.

 

L’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade a, en effet, débarqué hier à Dakar avec l’envie d’en découdre avec son successeur et fils spirituel, avant que l’embrouille ne survienne, Macky Sall. Le champ de bataille de ce duel freudien entre père et fils n’est autre que les législatives du 30 juillet prochain dont la campagne a été officiellement lancée samedi dernier. Une campagne dont « Gorgui » (le « vieux » en Wolof) a déjà eu un aperçu à son arrivée à l’aéroport Léopold Sédar Senghor où avaient convergé nombre de ses partisans survoltés.

Concert de sifflets et de klaxons, tee-shirts à son effigie, Abdoulaye Wade, saluant triomphalement la foule depuis le toit de son 4X4, a été escorté jusqu’au siège du PDS à sa sortie du salon d’honneur. Pour peu, on croirait que c’est leur messie qui vient d’arriver, Jésus-Christ entrant dans Jérusalem.

Vous avez dit messie ? C’est bien de cela qu’il s’agit puisque l’ancien locataire du palais de la présidence entre 2000 et 2012 vient prendre la tête de la liste nationale de la « Coalition gagnante Wattu Sénégal », entendez par là « sauver le Sénégal », qui serait en déliquescence depuis que Macky Sall est au pouvoir.

Cette coalition, qui regroupe, entre autres, le PDS,  And-Jëf/PADS, Bokk Gis Gis et le mouvement Tekki, est née, rappelons-le, après le projet avorté d’alliance entre Wade et le maire de Dakar, Khalifa Sall (inculpé et détenu pour détournement de deniers publics), au sujet de la personnalité qui devait conduire la liste nationale de « Manko Wattu Sénégal ».

La dernière fois que l’exilé volontaire de Versailles était revenu au pays en 2014, c’était pour voler au secourir de son fils Karim épinglé par la Cour de répression de l’enrichissement illicite et embastillé à la célèbre prison de Rebeuss dans l’attente de son procès. Depuis, l’ancien ministre du ciel et de la terre a été condamné et a bénéficié d’une grâce présidentielle sur fond de micmacs politico-judiciaires.

Pendant que son fils coule des jours heureux au Qatar, c’est en véritable animal politique que son paternel retourne dans une arène qui doit lui avoir manqué, car tout porte à croire en effet que le viel homme ne s’est véritablement jamais remis du désaveu populaire et de son échec d’il y a cinq ans. Sinon comment comprendre qu’un nonagénaire qui a toute sa vie derrière lui reprenne encore du service ?

Que celui qui a présidé aux destinées de son pays pendant douze ans et qui est dans la vie politique depuis 1973 revienne chercher un simple mandat de député, c’est dévaluer la fonction suprême qu’il a occupée. C’est ramer aussi à contre-courant de ses prédécesseurs qui ont eu comme règle de conduite de ne pas se mêler, en tout cas publiquement, aux affaires domestiques sur les bords du fleuve Sénégal dès lors qu’ils ne conduisaient plus la barque. Ce fut le cas pour le président poète Léopold Sédar Senghor et aujourd’hui encore avec Abdou Diouf.

En réalité, c’est un pari risqué qu’il prend, car si sa coalition venait à perdre ou à réaliser un piètre score, ce serait en soi un échec et il risque de quitter la scène politique sous les lazzi et les huées. Le « vieux » n’aurait plus d’autre choix que d’en tirer la conséquence politique.

Le pari est d’autant plus périlleux que la coalition gouvernementale « Benno Bokk Yakaar » est plus que jamais ragaillardie depuis que le grand regroupement de l’opposition a volé en éclats. Et pour Wade qui avait déjà quitté la présidence par la petite porte après avoir été battu par Macky Sall et avait renoncé un an plus tôt à son projet d’instaurer un ticket pour l’élection présidentielle, ce sera vraiment le match de trop. Le retour pour de bon à Versailles risque alors de se faire, contrairement à son accueil triomphal, sur la pointe des pieds.

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification lemardi, 11 juillet 2017 21:25

Commentaires   

0 #3 LE JUSTE 12-07-2017 08:52
SIMPLEMENT RIDICULE
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0 #2 Kanzim 11-07-2017 14:26
Les waderies sont de retour au Sénégal, avec pour prime cette fois-ci, un vieillard qui ne semble pas avoir appris que « bien finir vaut mieux que bien commencer», comme chante et nous l’enseigne l’orchestre Harmonie Voltaïque. J‘ai même envie de demander à ce « Vieux » ce qu’il cherche avec ces enfants-là. A moins que, s’arc-boutant autour de son fils biologique, il n’ait pendant tout son règne, considéré les autres fils du Sénégal que comme des citoyens de second rang nés pour ne servir que lui Wade et les wadions ses enfants et autres descendants de même sang ? C’est vrai que son wadion pluri-ministéri el au Ciel comme sur La Terre, a franchi la première épreuve vers la présidence sénégalaise en faisant la prison, étape instituée pour porter la gandoura présidentielle. Mais tout de même, le népotisme, la ségrégation et l’iniquité sont visibles, comme ne tête de chien dans un plat de tiébou diéne. Soit dit en passant, les citoyens africains devraient veiller à ce que soit mentionné dans leur Constitution un article obligeant chaque ancien chef d’Etat à rester dans son pays après le pouvoir. Comme cela, Wade et un de ses prédécesseurs et beaucoup d’autres nègres ne trouvent de femme que dans la chair et dans la peau d’une caucasienne, réfléchiront à deux fois quand Madame développera en eux du mépris pour leur patrie et du goût pour l’émigration définitive.
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0 #1 ANTA 11-07-2017 09:42
C'est comme si Toutankhamon sortait de son sarcophage pour venir chasser AL SISSI en Egypte.
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