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RDC : Des charniers et encore des charniers

RDC : Des charniers et encore des charniers

La république démocratique du Congo serait-elle devenue un vaste cimetière, particulièrement dans les provinces du Kasaï et du Kasaï central ? Chaque semaine apporte en effet, son lot de découvertes macabres. Dernières en date, la révélation de l’existence de 38 nouvelles fosses communes détectées il y a une semaine par une mission de reconnaissance commune de l’ONU et d’enquêteurs congolais. Du coup, le nombre de charniers mis à jour depuis l’insurrection des miliciens Kamuina Nsapu en août 2016 passe du simple au double soit 80 actuellement. Et comme toujours, les mêmes questions lancinantes qui, à l’image de ces corps, remontent à la surface.

 

Qui sont donc ces victimes ? Qu’ont- elles bien pu faire pour mériter un tel sort ? Qui en sont les responsables ? Des questions jusque-là sans réponses catégoriques et définitives même si une récente enquête de RFI tendait à mettre en cause le pouvoir, jugé responsable de ce déchaînement de violences qui dure depuis maintenant un an.

Si la part de Kinshasa est reconnue, il n’est pas non plus interdit de penser que parfois les miliciens s’en sont aussi donné à cœur joie dans une forme d’allégresse macabre qui a souvent pris pour cible des éléments des forces de défense et de sécurité. Une responsabilité partagée donc dans ces tueries de masse qui auraient fait plus de 3 300 morts, la crise dans les Kasaï ayant en outre occasionné le déplacement d’au moins 1,5 millions de personnes.

Le régime de Joseph Kabila a certes fini par consentir à la formation d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur ces sombres événements, mais il a fini par en arracher le contrôle avec le soutien d’autres pays africains. Dans ces conditions, quels résultats peut- on vraiment attendre de ces investigations que les autorités congolaises tiennent à orienter dans le sens qu’elles voudront bien leur donner ? Là est la grande question.

Quels moyens se donnent-elles d’ailleurs pour ramener la paix dans ces contrées tourmentées ? une insécurité qui a récemment servi de prétexte à la CENI pour repousser aux calendes congolaises les élections générales initialement fixées en décembre 2017 au plus tard. Que font- elles ? Pas grand-chose si ce ne sont les récurrentes parades du locataire du palais de la Nation au volant d’un de ses bolides pour montrer que tout baigne… même dans une mare de sang.

 

H. Marie Ouédraogo

Dernière modification ledimanche, 16 juillet 2017 21:12

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