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ADO au 6e TAC : Les pieds à Ouaga, la tête à Abidjan

Alassane Ouattara et Roch Marc Christian Kaboré, respectivement président de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso Alassane Ouattara et Roch Marc Christian Kaboré, respectivement président de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso

L’auriez-vous remarqué ? Les pères fondateurs du Traité d’amitié et de coopération (TAC) entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo, restent liés par le sort qui les frappe.

 

L’ancien président ivoirien d’abord et son ex-homologue burkinabé ensuite ont tous perdu le pouvoir, l’un chassé par une coalition internationale conduite par la France le 11 avril 2011 et l’autre par la rue le 31 octobre 2014.

« L’Enfant terrible de Mama » est détenu  dans les geôles de la CPI depuis le 30 novembre 2011 et son alter ego de Ziniaré a été contraint à la fuite sur les bords de la lagune Ebrié où il vit depuis en exil.

Double ironie du sort, l’un comme l’autre a été remplacé à la tête de l’Etat par son ennemi juré, Alassane Dramane Ouattara, au palais  de Cocody, et Roch Marc Christian Kaboré à Kosyam. Même si pour ce dernier il s’agit plutôt d’ennemi de la « 25e heure ».

Le TAC aura donc survécu à ses précurseurs, preuve, s’il en est, que les hommes passent, et même trépassent mais leurs œuvres restent.

L’histoire de ce traité d’amitié et de coopération est avant tout une histoire de realpolitik quand, de guerre lasse, pour ramener la paix dans son pays, Gbagbo s’était résolu à se rabibocher avec Compaoré, accusé à tort ou à raison d’être le parrain de la rébellion conduite par Guillaume Soro et soutenue par Ouattara.

Vous avez dit realpolitik ? C’est la même logique qui  guide le duo Kaboré-Ouattara.  Tant l’axe Ouaga-Abidjan a souffert à nouveau  de quelques convulsions qui ont fait craindre sa rupture.

Les causes de cela ? D’abord le gîte douillet  et le couvert d’argent offert à Blaise Compaoré et à certains grands brûlés de l’insurrection, ce qui avait eu le don d’irriter le président de la Transition burkinabé, Michel Kafando, et le bon peuple insurgé ;

ensuite, pour ne rien arranger, voici que le président de la l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, est soupçonné d’avoir partie liée avec  les auteurs du putsch manqué du 16 septembre 2015, voire d’en être le stratège extra-muros.

Au terme d’un feuilleton politico-diplomatique et judiciaire, le mandat d’arrêt international lancé contre Soro sera finalement abandonné. Happy-end  pour Kaboré et Ouattara, colère chez les défenseurs des martyrs du coup de force raté. La raison d’Etat est passée par là, sacrifiant la justice sur l’autel de l’amitié ivoiro-burkinabè.

Depuis, ça tangue, mais le tango continue entre l’attièké ivoirien et le sagbo burkinabè.

La preuve, le 6e TAC, qui s’est ouvert jeudi dernier avec la rencontre des experts et se poursuit jusqu’à demain mardi 18 juillet avec la conférence au sommet des deux chefs d’Etat, fera le point des nombreux projets communs comme la construction de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou, véritable serpent de mer s’il en est, la réhabilitation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya avec prolongement à Tambao, ou  les réductions des points de contrôle et la lutte contre les tracasseries routières.

Comme on le voit, c’est dans la sérénité retrouvée que cette rencontre se tient.

Nous avons dit sérénité ? Pas tout à fait, en tout cas pas du côté de la lagune Ebrié.

En effet, le sommeil de nos frères ivoiriens a de nouveau été troublé dans la nuit de vendredi à samedi dernier par des tirs autour de camps à Abidjan et de Korogho au nord.  Bilan : trois militaires tués.

« Le fait de quelques soldats indélicats », minimise l’armée dans un communiqué.  On veut bien !

Mais le problème c’est que ces « quelques soldats indélicats » se comptent par milliers depuis que la Côte d’Ivoire est traversée par des mutineries perlées qui ont commencé en début d’année.

Et comme si cela ne suffisait pas il a fallu que le RHDP, coalition au pouvoir, se fissure et éclate au grand jour sur fond de purge dans la haute administration.

Cadres du PDCI-RDA et proches de Guillaume Soro viennent d’être emportés par une récente vague de limogeage. Il faut dire qu’au sein des alliés d’hier, l’heure est à la suspicion, et les chiens de garde de Ouattara commencent à renifler des affaires nauséabondes.

Le PDCI-RDA n’exprime-t-il pas son intention de présenter un candidat à la présidentielle de 2020 ?

Les partisans de Soro ne viennent-ils pas de lancer un mouvement, l’Union des Soroïste (UDS), dans une atmosphère de défiance à l’égard d’ADO, ce « père injuste et ingrat » ?

Les « ADOlâtres » n’accusent-ils pas Soro d’avoir un agenda caché avec cette affaire de découverte d’une importante cache d’armes au domicile de son chef du protocole ?

Même si le divorce n’est pas encore consommé, les conjoints font déjà chambre à part.

Dans ce contexte,   ADO est véritablement à la peine, tel un pater familias qui ne tient plus la tribu.

C’est donc en chef suprême des armées qui ne maîtrise plus les troupes et en président dont les alliés se mutinent  eux aussi que Ouattara devrait atterrir aujourd’hui lundi  dans la matinée à Ouagadougou.

Autant dire qu’il aura les pieds dans la capitale burkinabè et la tête à Abidjan.

Yako ! (1)

Alain Saint Robespierre

 

  • Expression dioula pour manifester un sentiment de compassion

           

Dernière modification lelundi, 17 juillet 2017 22:54

Commentaires   

0 #3 Fulbert 17-07-2017 17:32
Le Burkina Faso qui était resté longtemps à l’abri des attaques terroristes, a été naturellement surpris par la barbarie de ces fous des temps modernes en 2015 et 2016 .Lesquels, ont ensanglanté l’avenue Kwamé N’Krumah à Ouagadougou et le nord du pays. Mais les Forces de Défense et de Sécurité(FDS) ont su s’adapter à cette guerre asymétrique pour des ripostes vigoureuses contre certaines de ces bandes armées à travers l’opération tripartite Panga (Burkina, Mali, forces françaises Barkhane).Les responsables burkinabè en charge de la sécurité, notamment le ministre d’Etat, ministre de la sécurité, Simon Compaoré a bien noué des accords de coopération avec des pays voisins dans l’optique d’une mutualisation des forces de renseignement et de combat contre le terrorisme. Il est à souligner que c’est grâce aux renseignements stratégiques des FDS burkinabè, que Barkhane a pu surprendre des terroristes dans leurs refuges dans la zone frontalière entre le Burkina et le Mali. Les services de sécurité (police, gendarmerie) ont également bénéficié de formation appropriée sur la lutte anti-terroriste avec l’appui de partenaires au développement et cela a abouti à la création d’une unité spécialisée pour sécuriser Ouagadougou et environnants avec des possibilités d’interventions dans d’autres localités du territoire en cas de besoin. Fait remarquable, l’appel des responsables de la sécurité à la collaboration nécessaire entre les civils et les FDS pour des renseignements, a été aussi compris. Ainsi, c’est grâce aux alertes citoyennes dans la province de la Kossi, qu’un groupe de probables terroristes dans un tricycle, été mis en déroute par les forces de sécurité, sans qu’il n’y ait eu mort d’hommes en juillet 2017. Ce sont là autant de motifs de satisfaction légitime que les citoyens burkinabè peuvent éprouver à l’égard des FDS. Mais, le cap de la vigilance doit être maintenu et renforcé, afin de venir définitivement à bout des terroristes à un moment, où leurs présumés soutiens financiers au plan international, sont entrés dans une zone de turbulence avec des dénonciations multiples. Vivement que la coopération sécuritaire entre le Burkina et la Côte d’Ivoire se renforce davantage, surtout que des enquêtes sur de présumés terroristes appréhendés au Burkina, ont permis d’avoir une traçabilité sur des liens établis avec des auteurs des attaques terroristes de Grand –Bassam en Côte d’Ivoire.
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0 #2 Kanzim 17-07-2017 14:19
Des nuages semblent planer sur l’avenir du TAC, à cause du « Tac toum-toum takè » c’est-à-dire les relations tendues entre les têtes, trapézoïdes sur pattes basses pour les uns, parallélépipédi que sur jambes arquées et dichotomiquemen t pour les autres. Des têtes molles sous des bonnets de fer , portées par des gérontocrates qui oublient que la loi de la dialectique frappe à leur porte pour transformer bientôt leur corps en abri de la mort. A côté des gérontocrates décadents, se trouvent des esprits qui n’ont d’expérience que dans le massacre et les pogroms de la rébellion, et d’autres qui croient que la diarrhée verbale est synonyme d’un savoir gouverner. Quand nos prévenions que les 300 tonnes d’armes réputées être entre les mains de Guillaume SORO selon un rapport de l’ONU, il s’en est trouvé qui nous ont pris pour un pyromane. Il y a quelques semaines pendant les troubles relatifs aux revendications d’arriérés de paie, un des baroudeurs de l’ex rébellion a commis une imprudence en sortant de son emballage neuf une arme de poing, sans faire attention à la télé qui était là. Quelques fractions de seconde ont suivi pour permettre de rapporter l’existence de cette arme aux 300 tonnes d’armes détenues par l’ex rébellion, et justifier la capitulation de l’armée ivoirienne qui descendait au Nord pour massacrer les revendicateurs. J’ai été surpris par la perte de temps des autorités ivoiriennes en engageant des enquêtes sur ces armes, comme si elles ne savaient pas d’où elles proviennent et surtout qu’elles risquent de crépiter bientôt, quand les « vieux-pères » voudront écarter Zorro le rebelle de ripaille du pouvoir et des paillettes du pouvoir. Alors de TAC, « gnank dans le bac ». Malgré tout, permettons-nous de jeter un coup d’œil sur deux projets du TAC de maintenant à savoir l’autoroute et le financement des jeunes et femmes. En ce qui concerne l’autoroute, comment évitera-t-on les saignées pratiquées par les compagnies de téléphonie, la SONABEL et l’ONEA sur nos routes ? Y-at-il des mesures sociales contre l’incivisme accompagnement surtout les incendies de pneus sur les routes ? L’axe Dori-Djibo-Ouah igouya-Bobo sera bien goudronné pour éviter une surcharge de l’autoroute ? En ce qui concerne le projet des jeunes et femmes, il y a un déséquilibre entre les deux pays, la Côte d’Ivoire étant trop en avance par rapport au Burkina. AU Burkina, la transversalité et l’intersectoria lité des politiques publiques à l’endroit des jeunes et des femmes n’es pas une réalité, ce qui est un gage d’échec de toutes interventions. Au niveau de la jeunesse on voit des Belzébuth aux oreilles de petite biche en parler comme s’il s’agissait de leur mouchoir de poche. En ce qui concerne les femmes, la dimension politique y a plus de valeur que celle de développement. Un analphabétisme fonctionnel total et ambiant.
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0 #1 lewang 17-07-2017 13:47
De toute façon ce n'est qu'un retour pour ADO puisqu'il a déjà bénéficié des bien faits de ce pays pour être ce qu'il est, même s'il l'a renié après. Donc bon retour si ça se complique de l'autre coté. Les sages mossis disent que si tu n'as pas la "force" de ta famille paternelle ait au moins la "force" de ta famille maternelle.
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