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Procès Kémi Séba : La paix sociale vaut bien une relaxe

Procès Kémi Séba : La paix sociale vaut bien une relaxe

Arrêté pour avoir publiquement brûlé un billet de 5 000 francs lors d’une manifestation contre la Françafrique le 19 août dernier, Kémi Séba était face à ses juges hier au Palais de justice de Dakar. Il avait été déposé à la prison de Rebeuss par suite d’une plainte de la BCEAO. Face à la barre, le polémiste a reconnu que son acte enfreint le code pénal sénégalais qui réprime, entre autres, la destruction volontaire des billets de banque.

 

Mais pour lui, il faut plutôt apprécier son geste sous un angle symbolique. Une plaidoirie qui n’a pas convaincu le procureur qui a requis une peine de 3 mois avec sursis contre le prévenu. Mais finalement, le juge a prononcé la relaxe pure et simple du président de l’Urgence panafricaniste.

Pour une clémence, reconnaissons que c’en est vraiment une puisque la loi sénégalaise est claire en la matière : « Quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique, des titres, billets, lettres de change, effets de commerce ou de banque, contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge (…) Si les pièces détruites sont des actes de l’autorité publique ou des effets de commerce ou de banque, la peine sera d’un emprisonnement de cinq ans à dix ans ».

Faut-il voir dans ce verdict la main du politique ? La question mérite d’être posée quand on sait le tollé général, notamment sur les réseaux sociaux, après l’arrestation du Franco-Béninois pourtant connu pour son goût prononcé pour la provocation et ses coups d’éclat. Ce qui d’ailleurs lui a valu plusieurs procès en France, sa terre natale, qu’il a finie par quitter pour s’installer depuis 2011 à Dakar.

Si l’arrestation de ce trublion avait soulevé un vent de colère de bien des jeunes au Sénégal comme dans toute l’Afrique, qu’en serait-il s’il avait été lourdement condamné ? Le moins que l’on puisse dire est que des milliers de pourfendeurs du franc CFA prendraient d’assaut les rues des capitales africaines pour contester la décision, et les juges en auraient eu pour leur argent. Ce n’est donc pas cher payé de faire l’économie d’une peine contre un « afroclown » pour préserver l’ordre public.

Voilà donc la nouvelle icône de la lutte contre le franc CFA requinquée et ragaillardie par la grâce des juges et qui ne manquera pas de faire parler encore de lui à travers des frasques dont il a le secret.

Il faut néanmoins reconnaître que, par son acte, Kémi Séba a remis au goût du jour le débat autour du franc CFA, un débat qui a toujours cristallisé les passions, chacun y allant de sa science.

Il ne s’agit pas ici de prendre position pour l’un ou l’autre camp, mais franchement, on n’a pas besoin d’un détecteur de bonnes manières pour savoir que ce n’est pas par de tels actes que les « enragés » de la souveraineté monétaire pourront venir à bout de leur figure repoussoir. Car il ne suffit pas d’immoler un billet de 5 000 francs pour que l’Afrique batte sa propre monnaie. La question va au-delà de pareils actes ostentatoires et demande des réflexions des spécialistes en la matière qui ne sont pas rares sur le continent.

Quant au sieur Kémi Séba, on espère que, bien que relaxé et respirant maintenant la forme comme un billet craquant de 10 000 francs CFA, il tirera leçon de ce procès et se prendra autrement pour faire aboutir sa cause.

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification ledimanche, 03 septembre 2017 20:01

Commentaires   

0 #11 Neilson 30-08-2017 16:53
Que fait ce Mr dans la vie pour brûler publiquement 5.000f? Généralement seuls ceux qui ont mal acquis leurs biens ignorent leur valeur; et puis, même à Ouaga on trouve des gens qui brûlent de l'argent, comment vous nommé celui qui achète une bouteille de vin à 1.000.000 de francs ici? Comment appelle t on ceux qui offrent des voitures v8 et plus à leurs maitresses pour juste ce que nous"savons"? Il sont tous des brûleurs de billets de banque et leur point commun c'est qu'ils ont tous mal acquis leur argent parce qu'il est connu que ceux qui souffrent pour gagner leur sous sont plutôt radins, donc tout ce bruit c'est de la poudre aux yeux; laissez-nous tirer notre" diable" par ce reste de lui comme queue entre nos doigts.
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0 #10 ylang 30-08-2017 14:58
Merci chers internautes pour les commentaires. La sortie épidermique de la rédaction en dit long sur la personnalité de ce journal. Je peux comprendre que la réaction de l'oncle de Eltog28 soit en déphasage mais je comprend mal celle de la jeune génération!! Encore merci chers internaute.
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0 #9 Manuel 30-08-2017 13:40
Votre journal file du mauvais coton en etant sceptique covis a vis de ce monsieur. Et c est vraiment malheureux malheureux. Plutot que de contribuer a l eveil des consciences vous vous acharner aur lui. Mais l impact est la. Vous avez soutenu et relaye des visions de politicards qui ont un passe pire que celui de semi keba. Mais la franchement vous bosser pour qui. Zero pointe cher monsieur sama et votre redaction. Si telle est votre vision, bah comme toujours on s est trompe sur vous. Cet afroclown a instaure un debat digne d interet. Mais bon. Chacun bosse pour ses interets. Et vous deroger pas a la regle. C est pas pour rien que nous en sommes toujours la.
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-1 #8 intègre 30-08-2017 11:28
Soutien total à Kémi Séba. La France n'aura que ses yeux pour pleurer. Tout a un début et une fin. Tout ce que je sais, le FCFA n'a plus longue vie.
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+3 #7 ANTA 30-08-2017 10:04
SAMA, si tu avais assisté à la scène de Jésus fouettant et chassant les marchands du temple, tu l'aurais illico crucifié avant le vendredi saint. Jésus n'a pas bastonné les commerçants et renversé leurs étals parce qu'il ne mangeait pas du poulet ou du pigeon. Ces coups de bâton étaient symboliques. Tu abordes cet acte de Kémi comme s'il avait brûlé ton porte-monnaie. Le symbole est actif chez l'individu pour soit provoquer une pensée sur un thème( CFA signifie "franc des colonies françaises d'afrique", ),soit une sensation (par exemple joie, peur, paix, créativité, respect etc.). Ce n'est pas parce que Kémi Séba n'aime pas l'argent ou qu'il s'apprête à incendier la BCEAO. Dis-moi, Sama, ne fais-tu partie de ceux que Michel Abdelouhab qualifie "d'élites rentières qui n'ont pas intérêt à faire évoluer le système" ? Vive Kémi Séba, à bas le franc des colonies françaises d'afrique. J'enrage quand je me rends compte que sur cent francs, le petit français me bouffe 60f!
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+2 #6 will 30-08-2017 10:04
Hier c'était la rédaction aujourd'hui c'est Hugues Richard Sama. Quel est le projet de l'observateur? il me semblerait que vous etes dans le réseau.
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0 #5 Bédjou 30-08-2017 10:01
Soutien total a l'acte posé par Kémi. Nos dirigeants n'étant pas capables de s'assumer en décrochant du colonisateur; il ya lieu de saluer le courage de ce jeune panafricaniste qui a décidé de pousser loin pour s'exprimer. Bravo a toi mon frère.
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+1 #4 BEOGGNINA 30-08-2017 09:17
Je ne comprends rien au fonctionnement de la monnaie, mais le fait seulement de savoir Que "FCFA" a signifié à un moment de son histoire: Francs des colonies françaises d'Afrique me donne la chair de poule et me fait Honte. Aujourd'hui, la zone franc regorge de spécialistes tous domaines confondus. Mêmes les français ne sont plus au franc. Voila près de 60 ans que nous sommes indépendants et nous trainons toujours les vestiges de la colonisation? Nos grands parents se sont battus pour la décolonisation, pourquoi les générations actuelles ne poursuivraient pas la lutte pour l'émancipation totale, même si ça devrait être difficile? Au fait comment le Nigeria ou le Ghana à côté pour ne citer que ces pays s'en sortent - ils avec leurs propres monnaies?
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0 #3 Eltog28 30-08-2017 09:09
Pour sûr, il y a quelque chose qui cloche entre le journal de mon oncle Nakibeogo et ce jeune homme. Pourquoi cette haine envers Kemi, messieurs de l'Observateur Paalga? Ressaisissez-vo us car vous risquez de vous retrouver du mauvais côté un jour malgré votre apport dans le processus democratique dans nos pays.
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-2 #2 Nidale 30-08-2017 08:24
C'est à ce demander si monsieur KEMI SEBA ne voulait pas juste se faire une publicité gratuite en vue d'un saut en politique. La Justice n'a donc pas fait son jeu. Les prochaines législatives au Bénin c'est quand déjà?
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