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Régime de sanctions ONU : L’épée de Guterres plane sur le Mali

Les fauteurs de troubles n’ont qu’à bien se tenir désormais. Depuis hier, mardi 5 septembre 2017, l’épée d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, pend sur le Mali. C’est suffisamment rare pour être souligné, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté, à l’unanimité de ses membres, un régime général de sanctions contre le pays de Modibo Kéïta.

 

En français facile ou en termes moins diplomatiques, si vous voulez, selon cette résolution, l’organisation internationale pourrait, à l’avenir, sanctionner par des interdictions de voyager ou un gel des avoirs des individus pris isolément ou des structures qui empêchent la mise en œuvre de l’Accord de paix signé en 2015 mais toujours pas appliqué.

La maison de verre de Manhattan fait ainsi suite à une requête formulée en août par Bamako qui redoute l’enlisement total, dans les sables mouvants du Nord-Mali, de l’arrangement politique conclu à Alger mais resté jusque-là lettre morte.

On ne peut que saluer cette mesure onusienne qui a vocation à discipliner toutes les parties prenantes au processus de paix, mais on se demande si elle aura les effets dissuasifs escomptés.

En tous les cas, deux groupes de cibles potentielles sont ainsi sous la menace de l’épée de Guterres :

d’abord les différents mouvements touaregs, parfois stipendiés par le gouvernement malien, à l’exemple du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et autres HCUA et MAA qui n’ont pas véritablement renoncé à leurs velléités d’indépendance et continuent de torpiller la feuille de route algéroise ;

ensuite les nombreux groupuscules djihadistes qui écument le septentrion malien comme AQMI, le MUJAO, Ansar Dine ou le FLM du prédicateur Amadou Koufa qui rêvent tous d’instaurer un califat par le sang, la terreur, les attaques kamikaze et les prises d’otages.

Si ce régime général des sanctions contre ceux qui violent impunément les cessez-le-feu, s’attaquent aux forces maliennes et aux Casques bleus, entravent l’aide humanitaire et la mise en œuvre de l’accord de paix peut amener le premier groupe à se tenir à carreau, on se demande quels effets peuvent bien avoir des interdictions de voyager ou un gel des avoirs sur le second groupe dont la clandestinité est par essence le mode de fonctionnement. Quelle incidence donc sur des hommes qui se jouent des frontières poreuses et dont les têtes sont déjà mise à prix, qui ne s’aligneront jamais devant le consulat français ou américain pour une demande de visa ? Pas grand-chose !

Alors que la situation au Nord, au Centre et au Sud reste encore volatile à un an de la présidentielle malienne, il ne faut peut-être pas accorder à cette résolution plus d’importance qu’elle n’en aura en réalité.

 

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lejeudi, 07 septembre 2017 01:06

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