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3e congrès du RDR : Ces absents qui ont hanté le Palais des sports

Guillaume Soro, député du RDR et président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, député du RDR et président de l'Assemblée nationale

Débuté samedi 9 septembre 2017 au Palais des sports de Treichville à Abidjan sous le thème : «Un RDR nouveau pour une Côte d’Ivoire rassemblée», le 3e congrès ordinaire du Rassemblement des républicains s’est achevé le lendemain sur fond de surprise.

 

Alors que tous s’attendaient à une reprise en main du parti par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, une disposition de la nouvelle Constitution de 2016 autorisant désormais ce cumul, ce dernier a décliné l’offre des congressistes pour abattre souverainement la carte d’Henriette Diabaté. Proposition acceptée par acclamation. A 82 ans, la grande chancelière devient ainsi le numéro un du RDR dont elle fut jadis la secrétaire générale.  

L’autre fait inattendu aura été l’élection d’une autre dame, Kandia Camara, au poste très convoité de secrétaire général. Ce ne sera donc pas Adama Bictogo, organisateur du congrès, ni Cissé Bacongo ou Kafana Koné dont les noms étaient pourtant sur toutes les lèvres.  

Ainsi, il a plu au père-fondateur du RDR de confier les principaux postes du navire à des femmes auxquelles il délivrera le plan de navigation avec soin. Avec pour ligne d’horizon 2020, date de la prochaine présidentielle.   

L’événement aura aussi été l’absence de certains ténors de la coalition présidentielle.  Et plus que les congressistes, ce sont les absents qui auront surtout été présents, en tout cas dans les esprits.

Intervenant à trois ans de la prochaine présidentielle, cette instance suprême du parti consacre donc la chute de la maison RHDP, profondément divisée sur celui qui devra porter les couleurs de ce regroupement à l’échéance de 2020.

Le discours d’ADO tendant à démentir les rumeurs de dissensions au sein du RHDP suffira-t-il à ramener la sérénité et la confiance dans les rangs ? Rien n’est sûr, tant la méfiance est entrée dans la maison par portes et fenêtres.  

En effet, depuis de longs mois, Henri Konan Bédié, sur la base d’un pacte secret ou tacite entre lui et le chef de l’Etat, ne cesse de répéter que c’est le tour de son parti, le PDCI/RDA, de briguer le fauteuil du palais de Cocody au prochain scrutin présidentiel.

Des piqures de rappel qui ne semblent plus au goût du jour chez les Républicains dont le chef s’applique à vouloir désigner son successeur, si toutefois il ne choisissait pas de se carrer dans son fauteuil. 

Et à l’ouverture du congrès, dans un communiqué adressé aux congressistes, HKB n’a pas manqué d’exhorter son allié (d’hier) ADO au respect de cet accord de candidature tournante à la présidentielle : « L'Alliance des deux partis par le passé leur a valu et leur vaudra des succès électoraux certains. Encore faut-il savoir s'effacer quand l'intérêt supérieur du pays le commande. »

Qui doit donc s’effacer et au profit de qui dans cette atmosphère d’ « ôte-toi de là que je m’y mette » ?

La réponse coule de source et consacre de façon irréversible les dissensions au sein de la famille des houphouëtistes.  

Le fait que le Sphinx de Daoukro n’a pas daigné faire le déplacement au Palais des sports, préférant envoyer un messager, montre à souhait que l’accord n’est plus aussi parfait en cette symphonie qui restera inachevée.

Autre grand absent mais qui aura été fortement présent dans les esprits, Guillaume Soro. Elu député sous la bannière RDR, puis président de l’Assemblée nationale à ce titre, il n’a reçu aucun carton d’invitation à cette grand-messe. Il n’y avait pas meilleure façon de lui indiquer la porte de sortie.

Sauf obstination maladive de sa part, le prudent Soro doit faire le deuil de son ambition présidentielle pour 2020 qu’il s’est toujours gardé d’étaler. Mais nul doute qu’il pensait à cette échéance en se rasant tous les matins.   

Ouvertement déclaré persona non grata au congrès de son parti, le natif de Ferké n’est pas à la première couleuvre qu’il est contraint d’avaler.

Même si le divorce n’est pas consommé entre lui et son mentor, les liens se sont fortement distendus entre les deux.

Suspecté, à tort ou à raison, d’être derrière les mutineries répétées qui ont secoué la Côte d’Ivoire, et même de nourrir des desseins régicides avec cette cache d’armes découverte au domicile de Bouaké de son chef du protocole, Soul to Soul, mis en examen, le bon petit du président sent désormais le soufre.

Dernière manifestation en date de cette désaffection entre les deux hommes, cette violente diatribe contre Ouattara, ce « père injuste », à l’occasion de la rentrée politique de l’union de soroïstes.  

Un père fouettard qui ne s’est pas gêné de bombarder Hamed Bakayoko ministre d’Etat, ministre de la Défense. Quand on sait que ce dernier est le cauchemar de Soro et vice versa, autant dire qu’ADO a armé l’un contre l’autre.

Maintenant, reste à savoir comment le banni va accueillir cette mise à l’écart du congrès.   Va-t-il se résigner et subir son sort ou bien finira-t-il par claquer la porte, excédé, et aller à l’affrontement ouvert auquel le RDR semble le pousser ?

Mais on peut aussi se demander si ADO et sa garde rapprochée ne prennent pas quelques risques en ostracisant l’ancien chef rebelle dont la capacité de nuisance n’est pas à sous-estimer.

Il faut craindre que ce ne soit toute la Côte d’Ivoire qui finisse par pâtir de   ces querelles politiciennes.

ADO et Soro sont mieux placés pour en mesurer les conséquences éventuelles.

Alain Saint Robespierre

Dernière modification lelundi, 11 septembre 2017 19:51

Commentaires   

0 #3 BIENZI 11-09-2017 14:52
Guillaume SORO s'est aussi à quoi s'attendre depuis la levée de la limitation d'âge pour les présidentielles et la nomination d'un vice-président de la République.Qui est ingrat? Chacun a profité de l'autre. La méfiance est née de ces modifications et s'est installée durablement à partir du congrès auquel le président de l'Assemblée nationale n'y a pas été invité. Chacun a plus d'un tour dans sa besace.On dit que deux rusés ne peuvent pas tuer un margouillat Attendons de voir.
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0 #2 jean Gabriel Yaméogo 11-09-2017 12:58
Eh! oui. Il fallait s'y attendre. Le mariage de la carpe et du lapin finit toujours en queue de poisson. Quoi de plus logique! Pourvu que ce divorce annoncé ne soit pas source de tribulations encore pour les pauvres populations de la CI et de toute la sous-région. Que Dieu nous préserve des malheurs de l'égocentrisme et du nombrilisme des apprentis-sorci ers.
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0 #1 LoiseauDeMinerve 11-09-2017 12:36
SORO est grillé. Il n'a plus son destin entre les mains puisque la base arrière de sa rébellion ne peut plus bénéficier du couvert habituel. Le pouvoir ayant changé à Kiburna Sofas et BC même ayant ses arrières à lui Rivoie Teco.
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