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Togo : Tchogo-tchogo, ça va péter

Sitôt ouverte, sitôt suspendue. La session extraordinaire de l’Assemblée nationale togolaise ouverte hier reprendra ce matin.

 

Le temps que le bureau du Parlement et la conférence des présidents statuent sur le projet gouvernemental de révision constitutionnelle, notamment les articles 52, 59 et 60, relatifs à la limitation du nombre de mandats présidentiels et au mode de scrutin.

 Mais pour la majorité, cette session est avant tout budgétaire, chose incompréhensible pour une opposition aux yeux de qui on ne saurait parler de budget alors que le pays traverse une grave crise qui fait craindre le retour des fantômes du passé, en particulier ceux des années 90 qui avaient pratiquement mis le pays à genoux.

Un quart de siècle plus tard, les Gnassingbé sont toujours là, le fils ayant hérité du trône du père à la mort de ce dernier en 2005.

Et à défaut de battre le record  de longévité  au pouvoir de papa (38 ans), il était, lui aussi, bien parti pour pousser des racines sur le fauteuil présidentiel jusqu’à ce qu’un illustre inconnu, Tikpi Atchadam, à la tête d’un tout aussi obscure parti politique, le PNP, vienne regonfler à bloc une opposition qui avait fini par devenir aphone et atone.

A l’évidence, le pouvoir togolais ne semble pas avoir vu venir cette vague subite qui déferle sur le pays. Rarement, en effet, manifestations contre le pouvoir auront rassemblé autant de monde que celles des 19 et 20 septembre dernier et par lesquelles le président Faure Essozimna Gnassingbé a dû avoir véritablement pris la mesure du danger qui menace son régime.

Parviendra-t-il à se sortir du pétrin et à sauver le patrimoine familial et clanique ? La réponse est peut-être dans cette fameuse révision constitutionnelle dont on n’a pas encore les détails. La bagarre qui devait avoir lieu ayant été reportée, il faudra attendre la fin du processus législatif, notamment la plénière qui devrait adopter ou rejeter le projet de loi.

Dans l’absolu, c’est une relecture vertueuse puisqu’il s’agit de verrouiller le nombre de mandats présidentiels et de passer à un scrutin à deux tours au lieu du coup K.-O. comme c’est le cas au Gabon et en RDC.

Mais ce sont les non-dits et l’interprétation qui pourrait être faite de ces nouvelles dispositions qui cristallisent aujourd’hui la défiance entre les différents camps de cette crise togolaise.

Si donc la modification est vertueuse dans le principe, c’est la lecture vicieuse qui va poser problème. Autant dire qu’au-delà de la guéguerre législative, la mère de toutes les batailles à venir est celle de la rétroactivité ou pas qui permettra à Faure ou l’empêchera de se taper deux nouveaux mandats à la fin de son bail actuel.

Car ce n’est pas au Togo qu’il y aura un téméraire David Maraga pour ramer, à ses risques et périls, à contre-courant de la volonté présidentiel.

Tchogo-tchogo, entendez par là coûte que coûte, ça va péter et cette bagarre ne peut se terminer que dans la rue, avec tout ce que cela comporte comme risques et va coûter en larmes, en sueur et en sang. Et même en cendre.

C’est seulement à ce prix qu’interviendra un changement radical au Togo. Sauf si, par extraordinaire, Faure et l’armée de faucons qui l’entourent étaient visités par la sagesse de ne pas replonger le pays dans le chaos.

Hugues Richard Sama

 

Dernière modification lemercredi, 13 septembre 2017 22:16

Commentaires   

0 #2 Sacksida 13-09-2017 15:58
A notre humble avis, le Président Faure devrait être lucide en convoquant des assises nationales des forces vives togolaises pour examiner de manière démocratiques toutes les questions nationales et ensuite mettre en place une nouvelle constitution avec des instruments juridiques pour la gestion de l’Etat. Puis, à la fin de son mandat actuel se retirer tout simplement et pour que son parti trouve un autre candidat à la présidentielle dans trois ans. Maintenant, est ce que les Dieu de la sagesse vont le raisonner afin d’éviter l’aggravation de la crise et pour une paix durable au Togo. Que Dieu aide le peuple frère togolais. Courage et Salut !
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+1 #1 Kôrô Yamyélé 13-09-2017 08:26
- Moi je vois quelqu'un qui aura de sérieux problèmes si Faure Gnassimbé tombe du pouvoir : c'est bien Gilbert Bawara l'actuel ministre de la fonction publique. Voici un jeune qui, rentré de ses études de Genène a été conseiller du Président, puis PM ensuite ministre de la fonction publique, mais qui parle trop et sans retenu avec parfois la violence dans son langage. Après Faure, il risque d'être pendu par la population à la plage de Lomé pour que tous voit.

Par Kôrô Yamyélé
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