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Kenya: Un vrai foutoir électoral

On avait applaudi à tout rompre quand la Cour suprême kényane avait décidé d’invalider l’élection présidentielle du 8 août alors que la commission électorale indépendante avait déclaré le président sortant, Uhuru Kenyatta, vainqueur face à son éternel challenger, Raila Odinga, et que de nombreuses capitales lui avaient déjà adressé leurs félicitations.

 

Dans une Afrique où les hold-up électoraux et les dénis de démocratie sont légion, ce n’est pas tous les jours, en effet, que le pouvoir judiciaire, souvent inféodé à l’exécutif, a le courage de ramer à contre-courant des désirs présidentiels.

Mais à l’allure où vont les choses, il y a de quoi déchanter, et l’on se surprend même à se demander s’il n’aurait pas mieux valu fermer une fois de plus les yeux sur les fraudes et autres irrégularités qui ont pu entacher la sincérité du scrutin. En effet, deux mois après la courageuse et historique décision du juge David Maraga et de ses collègues, rien ne va plus au Kenya, et on nage même en plein foutoir électoral, car c’est en principe aujourd’hui 26 octobre que la reprise du scrutin contesté doit avoir lieu. Mais voilà que, jusqu’à hier, le doute sur sa tenue subsistait. Cela, eu égard à l’impréparation manifeste des différents acteurs électoraux et sachant que quand bien même ce scrutin de la deuxième chance aurait lieu, ses conditions de transparence risqueraient fort d’être pires que celles qui avaient conduit à la décision d’invalidation du 1er septembre.

La Cour suprême devait d’ailleurs examiner hier un recours déposé par trois citoyens et visant à l’empêchement de la consultation d’aujourd’hui. Mais voilà qu’avec quatre magistrats absents, un autre qui s’est fait porter pâle, alors que mardi soir une de leurs collègues avait été attaquée, la haute juridiction n’a pu se réunir et l’audience a été reportée sine die, autrement dit après le vote, s’il a vraiment lieu. On nage en pleine absurdité électorale, car le maintien ou le report de ce scrutin dépendaient justement de la décision que les juges auraient prise.

Et comme si cela ne suffisait pas, voici que, dans une autre affaire, un juge déclare illégale la nomination des responsables électoraux dans les circonscriptions. Alors question : des commissaires illégaux peuvent-ils organiser une élection légale ?

La commission électorale elle-même n’avait-elle pas, il y a quelques jours, confessé son incapacité à organiser une élection transparente ?

Si le forcing électoral devait avoir lieu, il déboucherait sur un chaos peut-être pire que celui qui a précédé les événements de 2007 : des violences aux relents ethno-régionalistes consécutives à la victoire de Mwai Kibaki qui avaient fait un millier de morts et des centaines de milliers de déplacés. On en a eu un avant-goût ces derniers jours avec les affrontements à Nairobi et dans d’autres localités du pays. C’est dire si le mercure sociopolitique va encore monter de plusieurs degrés aujourd’hui et dans les jours à venir dans un pays où le contentieux électoral a tendance à se régler à coups de sagaie.

  1. Marie Ouédraogo
Dernière modification lejeudi, 26 octobre 2017 23:11

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