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Foire commune G5 Sahel : Que ça galope donc !

Foire commune G5 Sahel : Que ça galope donc !

S’il fallait lui donner une date de naissance officielle, ce serait le mercredi 1er novembre 2017, qui coïncidait comme par hasard avec le 57e anniversaire de l’armée burkinabè. Après de longs mois de gestation et de pourparlers, la première opération de la force commune du G5 Sahel vient en effet d’être lancée. Ce n’est donc plus seulement sur le papier, dans le secret des états-majors, que la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne se mène.

 

Le combat se passe aussi dans les dunes. Nom de code de ce déploiement : « Hawbi ». Une opération dans laquelle doivent être engagés des bataillons de 650 hommes par pays qui ont commencé à être déployés fin septembre-début octobre avec des soldats maliens suivis des militaires burkinabè et nigériens. Il n’en fallait pas plus qu’à Paris la ministre des Armées, Florence Parly, parle de « montée en puissance de cette force et la prise en main par les Etats sahéliens de la lutte contre le terrorisme ».

En vérité, il faut tempérer l’enthousiasme un peu trop débordant de la "générale Parly" dans la mesure où il faut bien plus qu’une mise sur orbite officielle pour que les effets escomptés soient vraiment visibles. Et il s’agit plus d’un « galop d’essai » pour montrer que « ça marche ». Vivement donc que ça galope même si pour l’instant, de l’analyse des experts, tout cela semble procéder de l’effet d’annonce et de la communication, car il n’y a en réalité rien de nouveau par rapport à ce qui existait déjà. Une bonne vingtaine de ces opérations militaires conjointes transfrontalières (OMCT) du G5 Sahel ont en effet été déjà menées depuis 2015 avec ce que les spécialistes appellent détachement interarmées de partenariat militaire opérationnel.

Rien donc de bien nouveau sous le soleil brûlant du Sahelistan, sauf que la nouvelle démarche compte s’inscrire dans la durée, tout le contraire des OMCT qui étaient éphémères, laissant ensuite le champ libre aux prétendus djihadistes pour réinvestir les zones qui venaient d’être nettoyées à la mitrailleuse. C’est dire s’il faut une présence pérenne de cette « Grande Armée », notamment dans le rayon des trois frontières où sévissent le front de libération du Macina d’Amadou Koufa et le groupe Ansarul Islam du Burkinabè Ibrahim Malam Dicko.

On l’aura compris, ce branle-bas de combat après des mois de maturation va surtout servir d’arguments massues à la conférence des donateurs, programmée pour décembre à Bruxelles. Un rendez-vous au cours duquel les Etats concernés espèrent enfin boucler l’enveloppe des quelque 420 millions d’euros nécessaires au financement de cette task force de 5000 hommes, car c’est le nerf de la guerre qui manque le plus. Même si l’oncle Donald, après s’être fait tirer les oreilles, vient de promettre 51 millions d’euros, que l’UE s’est engagée à débourser à peu près le même montant, que l’Hexagone va casquer 8 millions d’euros et que chacune des cinq capitales de la ligne de front doit mettre 10 millions d’euros dans la sébile, on reste encore loin, très loin du compte.

Et si l’intendance venait à faire défaut, on a bien peur que cette idée généreuse, censée servir de laboratoire pour les réflexions sur les opérations de maintien de la paix, ne tourne à la grande désillusion au grand dam des Etats et des populations martyrisées qui, il est vrai, ne coopèrent pas assez par peur des représailles. Preuve, s’il en est, du déficit de confiance entre les communautés et ceux qui ont pour tâche de les protéger. Pourvu donc que « Hawbi » ne soit pas un simple feu de paille !

 

Hugues Richard Sama

Dernière modification levendredi, 03 novembre 2017 13:23

Commentaires   

0 #1 Anti-assassins 03-11-2017 08:25
Hugues, c'est quoi le Sahelistan ?

Il faut savoir qu'il n'y a pas, en la matière d'écriture innocente. En France, les médias ont décidé de ne plus publier les noms des terroristes. Juste parce que pour ces derniers le tapage médiatique autour de leurs forfaits correspond à une heure de gloire. Et il ne faut pas encourager d'autres jeunes à tenter le coup.

Ce précédent peut et doit servir d'exemple dans nos pays aussi. Habituer vos lecteurs à lire des mots comme Sahelistan ou Azawad, c'est les préparer à accepter le fait accompli de ces assassins sans foi ni idéal. On ne peut pas instituer un blackout total sur leurs faits et gestes mais de grâce, n'allons pas jusqu'à mener à leur place leur guerre psychologique.
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