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Regain de tensions à Bangui : Quelle thérapie de choc pour le patient centrafricain ?

Vu l’endroit où ils se  trouvaient, ils s’attendaient sans doute à une explosion d’un tout autre genre, de joie par exemple mais certainement pas à celui dont se sont rendus coupables ces criminels du samedi soir.

Alors que, ce 11 novembre 2017, jour du 99e anniversaire de l’armistice, un concert pour la paix et la réconciliation nationale battait en effet son plein à Bangui dans un bar à la frontière du célèbre « quartier musulman » du PK5 et celui, chrétien et rival de Miskine, huit personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres blessées après que des terroristes en moto eurent jeté une grenade au milieu d’une foule subitement prise dans ce piège mortel.

Dans un pays où,  sous la cendre d’une paix fourrée couve toujours le feu des conflits politico-ethno-religieux, il n’en fallait pas plus pour réveiller une inimitié entre deux communautés qui avaient certes fumé le calumet de la paix il y a quelques mois de cela mais avec hélas le couteau entre les dents.

Jusqu’à hier la capitale était ainsi traversée une fois de plus par de nouvelles tensions et des tirs sporadiques qui résonnent toujours comme autant de coup portés contre le fragile édifice de la concorde nationale, laquelle menace à chaque fois de s’effondrer.

Un enquête a certes été ouverte pour connaître les raisons de cette tuerie et surtout  leurs auteurs mais a-t-on vraiment besoin d’être Sherlock Holmes pour imaginer que ce sont les « ennemis de la paix », ces pêcheurs en eaux troubles qui font leur beurre sur le cadavre de pauvres populations laissées à leur triste sort par un Etat failli incapable d’assurer leur sécurité ?   

Cette récente déflagration rappelle en tout cas, si besoin en était encore, combien la quête de la paix est un véritable travail de Sisyphe, un éternellement recommencement depuis maintenant plus d’une décennie malgré l’élection en mars 2016 de Faustin Archange Touadéra qui, 18 mois plus tard, peine toujours à réaliser les miracles que la Centrafricains étaient en droit d’attendre de celui qui était arrivé comme un messie.

Mais peut-il seulement à lui seul déplacer les montagnes si ses compatriotes ne font pas avec lui l’option définitive et résolue de la paix en commençant par exemple à bannir ces appellations aberrantes, dans un pays qui se veut laïc, de  quartiers « musulmans » et « chrétiens », des dénominations qui sont autant de murs  artificiellement dressés entre des communautés condamnés à vivre ensemble ?

S’il est en tout cas une personnalité que cette nouvelle poussée de fièvre doit interpeller au plus haut point, c’est assurément Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies qui était, il n’y a même pas un mois, au chevet de ce grand corps malade qu’est la RCA.

Après avoir pris le pouls et établi  le diagnostic du patient centrafricain, notamment au fameux PK5 et esquisser un protocole de traitement, il urge pour lui et toute la communauté internationale d’administrer cette thérapie de cheval dont le pays de Barthélémy Boganda a tant besoin pour se remettre d’aplomb afin de  ne pas sombrer définitivement dans un état végétatif de ni vie ni mort.

 

Ousseni Ilboudo

Dernière modification lelundi, 13 novembre 2017 15:46

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