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Visite du président français au Burkina : Macron…En marche à Ouaga

L’Airbus A 330 à bord duquel se trouvait le président français a atterri hier, peu avant 23 h, à l’aéroport international de Ouagadougou Tamsé. Sur le tarmac attendait l’illustre hôte et sa suite un important comité d’accueil constitué des huiles de la nation, Roch Marc Christian Kaboré en tête. Après un bref échange entre les deux chefs d’Etat dans le salon d’honneur, le fondateur d’« En Marche » a livré ses premiers mots à la presse. « Nous avons une nouvelle histoire à écrire », a-t-il lancé avant d’installer ses pénates à la résidence de France, où il a passé la nuit.

 

 

 

Ouagadougou la belle s’est fait encore plus coquette pour recevoir Emmanuel Macron, qui a jeté son dévolu sur elle pour poser les bases d’un nouveau partenariat entre la France et l’Afrique. De nombreuses rues de la capitale ont fait peau neuve, mais du côté du gouvernement on assure que ces chantiers ne sont pas liés à la venue du dirigeant de l’ancienne puissance coloniale. L’université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, où aura lieu le clou de cette visite officielle, avait en tout cas fait sa toilette ces derniers jours et les drapeaux burkinabè et tricolore flottaient au vent tout le long du trajet qu’empruntera le cortège présidentiel français. Cette opération de charme ne masque pas pour autant la polémique que suscite l’expédition africaine du maître de l’Elysée. Plusieurs organisations de la société civile et syndicats ont en effet appelé à des manifestations durant le séjour de Jupiter pour dénoncer la politique impérialiste de son pays.

Au-delà de l’accueil officiel, qu’on pouvait déjà imaginer tambour battant au nom de « l’hospitalité légendaire burkinabè », les premiers pas d’Emmanuel Macron au Burkina s’annonçaient donc mouvementés. Ainsi, hier à l’aéroport ce n’était pas seulement le ciel qu’on scrutait mais aussi les rues environnantes. Mais il n’y a rien eu de ce qu’on craignait.

 

« Le Burkina est un symbole »

Il est 22h 46 lorsque l’avion transportant « le maître des horloges », autre surnom de Macron, foule le sol burkinabè. Une heure qui peut paraître tardive pour une visite officielle, mais le locataire de l’Elysée est connu pour aimer travailler tard dans la nuit. Sur le tarmac, l’attendaient le traditionnel bouquet de fleurs tenu par une jeune fille et le président Roch Marc Christian Kaboré.  Après de longues minutes passées à serrer la main aux différents corps constitués, les deux dirigeants ont eu un bref tête-à-tête au salon d’honneur de l’aéroport à la suite duquel Emmanuel Macron s’est dit honoré, devant la nuée de journalistes venue du monde entier, par l’accueil qui lui a été réservé. Le choix du Burkina pour décliner sa vision des relations entre la France et l’Afrique est justifié par le fait que ce pays est un emblème de l’aspiration de la jeunesse à la démocratie. « Nous avons beaucoup de choses à faire et une nouvelle histoire à écrire », a-t-il ensuite lancé avant de prendre congé des journalistes. Il s’est offert un petit bain de foule avant de s’engouffrer dans son véhicule. Après cette première nuit burkinabè passée à la résidence de l’ambassadeur de France, le programme sera ensuite chargé pour le jeune président. Ce matin il est reçu en audience à Kosyam par Roch Marc Christian Kaboré, puis les deux chefs d’Etat feront une déclaration suivie de questions (lire encadré). Après quoi, ils prendront ensemble le chemin de l’université Ouaga I, où  Macron va, pendant environ une heure, s’adresser à la jeunesse africaine et répondre à quatre questions. L’ancien banquier d’affaires, qui dit ne vouloir éviter aucun sujet, aura après des échanges à bâtons rompus avec les étudiants qui n’auront pas eu accès à la salle. L’élève de Paul Ricœur se fera ensuite un devoir de s’arrêter à la bibliothèque de philosophie et de discuter Platon et Aristote avec le bibliothécaire. Dans l’après-midi, Jupiter se rendra à l’école primaire Lagem-Taaba, où il visitera plusieurs classes.

Mercredi, l’hôte du président Roch sera à ses côtés pour inaugurer la centrale solaire de Zagtouli, financée par l’Union européenne et l’Agence française de développement.  Après quoi, il s’envolera immédiatement à 11h pour Abidjan, où il participe au sommet UA-UE.

Hugues Richard Sama

 

Encadré 1

Couverture médiatique, modus operandi

Outre le défi sécuritaire évident auquel sont confrontées les autorités burkinabè à l’occasion du séjour d’Emmanuel Macron, la couverture médiatique de l’événement relève elle aussi du casse-tête pour les journalistes. Après les badges parcimonieux, on apprendra que la presse burkinabè et celle française n’auront droit qu’à une et une seule question. Il en est de même pour les 58 journalistes français arrivés hier par vol spécial. De cette situation sont nés des soupçons sur une tentative de musellement des médias. Cette situation a conduit les communicateurs de la présidence a convoqué d’urgence le dimanche 26 novembre les journalistes accrédités pour une séance d’explication. On apprendra ainsi du conseiller spécial du Président du Faso, Thierry Hot, qu’après des tractations, la partie française a accepté de revoir à la hausse le nombre de questions. D’une, on est passé jusqu’à…deux. Pas plus.  Rassurant quand même, les journalistes burkinabè auront une session de rattrapage. Les organisateurs vont profiter d’un temps de flottement entre la fin de la cérémonie d’inauguration de la centrale de Zagtouli et le départ du cortège présidentiel pour l’aéroport pour convier les pisse-copies locaux à un échange ouvert avec Jupiter.

Quant aux deux journalistes à qui revient la « lourde responsabilité » de cuisiner Macron aujourd’hui même après l’audience de Kosyam, il s’agit de Hyacinthe Sanou de Radio Oméga et de Jean Emmanuel Ouédraogo de la RTB, désignés au cours de la réunion de dimanche sans que les questions à poser au prestigieux interlocuteur aient été définies. Le premier a été proposé par un confrère sans que les autres y voient d’objection et le second s’est porté volontaire pour représenter les médias publics. Le principe, en effet, est qu’il y ait un journaliste du privé et un autre du public.

Les médias devront également subir une autre restriction : à certaines étapes de la visite, comme l’audience à Kosyam, seuls quelques cadreurs pourront capturer des images, qu’ils dispatcheront aux autres organes. Il s’agit des cameramen de la RTB, de Burkina Info, de BF1 ainsi que des photographes de Sidwaya et de la présidence.

 

  1. R.S.

Encadré 2

Au début était Pompidou

 Les Burkinabè, apparemment, ont la mémoire courte. Ils n’ont pas arrêté de spéculer sur la dernière visite d’un président français dans leur pays. Pour beaucoup, la dernière fois qu’un chef d’Etat français a foulé le sol burkinabè c’était en 1986, date à laquelle François Mitterrand avait été reçu par le bouillant capitaine Thomas Sankara. Mais la réalité est beaucoup plus proche de nous : en 2004, Jacques Chirac était là pour le sommet de la Francophonie. L’ancien maire de Paris était à sa seconde visite au Pays des hommes intègres puisqu’en 1996, il a participé au sommet France-Afrique à Ouagadougou.

A propos justement de ces visites présidentielles françaises, il faut rendre à Pompidou ce qui est à Pompidou. Georges Pompidou est en effet le premier chef d’Etat français à s’être rendu dans l’ex-Haute-Volta. C’était en 1972, sous la présidence du général Aboubacar Sangoulé Lamizana.

  1. R.S.

 

 

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