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Lutte contre le Sida : Si seulement le financement pouvait être… viral

« L’Afrique : une approche différente vers la fin du Sida. »

Tel est le thème de la 19e Conférence internationale sur le Sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (ICASA) ouverte hier à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, pays le plus touché d’Afrique occidentale avec un taux de prévalence de près de 4%.

Dix-huit rencontres de ce genre ont donc déjà eu lieu depuis la découverte du virus du Sida au début des années 80. Sans qu’on soit encore parvenu à trouver un traitement préventif ou curatif contre cette pandémie qui aura causé 39 millions de décès entre 1981 et 2013.

Il s’agira pour les 10 000 délégués venus de 150 Etats de se pencher, d’une part, sur des stratégies africaines en matière de riposte et, d’autre part, sur les objectifs de l’ONUSIDA, organisme créé spécialement pour faire face au coriace virus.

Au terme de ces sept jours de rencontre, cette 19e ICASA devra définir la feuille de route vers l’objectif « zéro nouvelle infection, zéro cas de Sida et zéro décès à l’horizon 2030 ».   En un mot comme en mille, célébrer dans une dizaine d’années la fin de la pandémie.

Un but noble mais surtout ambitieux, car  il ne faudrait pas perdre de vue que 2030, c’est déjà demain.  Et quand bien même la lutte contre le VIH aurait enregistré des victoires successives durant ces trois décennies, la guerre est loin d’être gagnée. 

En Afrique occidentale, par exemple, les statistiques poussent à l’optimisme quand on sait que les nouvelles infections ont diminué de 9% et les décès de 21%. 

Mais ces chiffres encourageants cachent des disparités plus ou moins prononcées.

Certes la recherche a permis depuis de longues années de mettre au point des antirétroviraux qui ont favorisé le ralentissement de la progression du virus dans l’organisme à défaut de l’éradiquer totalement et permettant aux personnes vivant avec le VIH  de vivre normalement et d’avoir une espérance de vie quasi égale aux moyennes nationales.

Mais le revers de la médaille du progrès de la médecine est la baisse du niveau de vigilance, d’où la hausse, ces dernières années, du nombre de nouvelles infections dans bien des pays.

Or, « ce n’est pas le moment de baisser la garde », pour reprendre le titre de notre édito du 24 juillet 2017 en rapport avec le congrès international sur le Sida tenu à Paris. Surtout pas en Afrique, continent sur lequel on compte 26 des 36 millions de personnes vivant avec le VIH, selon le rapport 2017 de l’ONUSIDA.

Et que dire de la baisse continue des financements, à l’image des coupes claires envisagées par Donald Trump alors que les USA demeurent le plus gros contributeur à la lutte contre le mal avec 2/3 des efforts gouvernementaux ?   

En 2016, Washington y avait ainsi injecté quelque 5 milliards de dollars contre 600 millions pour la Grande-Bretagne et « seulement » 242 millions pour la France.

Si donc le nerf de la guerre contre le virus devait faire défaut, ce serait, à n’en pas douter, peine perdue pour tous ces efforts colossaux déjà  consentis et le début de jours sombres pour tous ces malades et porteurs sains, à l’image de cette jeune burkinabè de 20 ans dont les propos ont ému l’assistance à la cérémonie d’ouverture de la conférence.

Espérons donc qu’à l’issue de cette 19e ICASA, le financement sera viral, pour faire dans le jargon des habitués des réseaux sociaux.

Alain Saint Robespierre       

Dernière modification lemardi, 05 décembre 2017 21:53

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