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TANGUI IMMOBILIER SARL

Age tendre et Tête de rat

Je vais sûrement vous surprendre. Moi Toégui, je ne connais aucun Tête de rat. Ni aucun Queue de lion. Ni à Simonville ni nulle part ailleurs au Faso. Mais je sais très bien ce que c’est qu’un Tête de rat et un Queue de lion. Caréca nous avait dit effectivement à quoi ressemblaient ces deux espèces de la faune politique de Simon-City. C’était bien avant les warba–warba dance des bidasses de l’Est. Vous ne savez pas où se trouve l’Est ? Vous aussi ! L’Est c’est là où le soleil se lève. A ne pas confondre avec là où le chien est mort. C’est Razougou, mon dawa à tout faire qui aime à parler ainsi lorsqu’il veut me faire comprendre qu’un quartier de Simonville est très loin de chez moi, à ‘’14 yaar’’. Pour parler de Pissy derrière les rails, il dit : «Patron c’est loin loin loin, c’est là où le chien est mort».

 

Donc, c’était il y a longtemps, bien avant le bang bang warba de l’Orient. (bien dit hein ?). Caréca avait expliqué qu’un Tête de rat ou un Queue de lion c’est le Président-Directeur-Général-Fondateur (PDGF) d’un parti politique dont l’ambition est de bouter Blaise Compaoré hors de Kosyam. L‘un ou l’autre se déplace dans les rues de Simonville avec en main une mallette tenant lieu de siège. Ils présentent les caractéristiques des partis qui tiennent leur congrès dans une cabine téléphonique. De tels partis existent-ils réellement ? Je n’en sais rien. Mais s’ils existent, c’est qu’ils se complaisent dans leur situation en ne mettant pas leur génie créateur en branle pour être dans le peloton des partis-leader. En quoi faisant ? En mettant précisément en branle leur génie créateur comme le font les partis-leader. Un parti politique ne doit pas rester à ne rien faire, attendant que les électeurs viennent à lui. Non, en politique comme en économie ou en matière commerciale, il faut innover. C’est ce que vient de faire l’ADF/RDA en initiant les Universités d’été. Comme les Universités d’été du Parti Socialiste Français, de l’UMP, du Front National, et du Modem qui a clos ses portes avant-hier Dimanche.

Chez eux en France, l’été c’est la saison qui vient après le printemps et qui vient avant l’automne. Chez nous au Faso, l’été ce n’est pas ce qui nous manque. Nous n’avons pas de printemps, pas d’automne, mais nous avons l’été à ne savoir quoi en faire. L’Université d’été se déroule durant les vacances ? Bof ! Nous n’avons pas de vacances, mais nous avons des congés. Faut innover, j’ai dit. Faut innover et user de toutes les occasions offertes pour aller à la chasse aux voix. C’est ce que doit faire un grand parti pour rester un grand parti. Mais voilà, après l’Acte 1 du CCRP, les partis Queue de lion et les partis Tête de rat sont restés à arpenter les rues de Simonville, mallette en main, comme si de rien n’était, oubliant qu’il y a des élections couplées bientôt et  faisant fi du retour annoncé de Paramenga Ernest Yonli et de Salif Diallo. La situation commandait pourtant de prendre d’assaut les Régions pour faire passer un message aux militants du pays réel. Faire le point du CCRP et surtout en profiter pour préparer les élections à venir. Faire d’une pierre deux coups en quelque sorte. A n’ayant pas agi ainsi, les Tête de rat et les Queue de lion ont offert un boulevard d’avance au Tukguili. Il faut être bien naïf pour croire que les missions du CDP dans les Régions n’ont traité que du CCRP et rien que du CCRP. Si je demandais cette information à mon petit doigt, je saurais si, à huis clos, à très huis clos, il n’a point été question de référendum (Ta gueule, Toégui !!).

Les législatives et les municipales de 2012 seront comme un marathon : qui ne sait pas courir et se permet de ne pas partir à point, restera Tête de rat ou Queue de lion et n’aura que ses yeux pour pleurer.

Lorsque j’observe les Tête de rat et les Queues de lion, j’ai parfois vivement envie d’envoyer au diable mon chef de file, le très distingué Missié Goama, puis de créer un parti politique pour affronter le Tukguili. Ça m’énerve, ça m’énerve ! Yen a marre ! Toégui au pouvoir ! Toégui à Kosyam !

En définitive, il faut croire que ces Queues de lion ne voient pas plus loin que  le bout de leur queue pour se laisser battre à plate couture par le Tukguili à chaque compétition électorale. Leur grande faiblesse, leur point    vulnérable, c’est de ne jamais déceler les pièges tendus par les stratèges du Tukguili. Un exemple de traquenard ? Dès l’interdiction d’utiliser des gadgets durant les campagnes électorales, les Tête de rat et les Queue de lion se sont mis aussitôt à hurler à tue-tête et en chœur : «Non aux gadgets ! Plus de porte-clés Tukguili ! Les Bic Tukguili ne passeront pas ! Les tee-shirts Tukguili, à bas ! Non aux casquettes Tukguili !». Dans le même temps, aucun Tête de rat, aucun Queue de lion, aucun ‘‘Cabine téléphonique’’ n’a eu l’idée de proposer l’interdiction des pagnes Tukguili. Et puisque tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, le Tukguili a fait pleuvoir des pagnes importés de la Chine et même de l’autre Chine. Des milliers, peut être des millions de pagnes avec l’emblème du Tukguili et le portrait de l’Enfant terrible dans des positions avantageuses. Et comme il se doit, dans leur grande crédulité, les Tête de rat et autres ne mesurent toujours pas l’impact qui résulte de la prolifération des pagnes. Comme qui dirait, ils ont abandonné la proie pour l’ombre tout en gaspillant leur énergie pour défendre l’utilisation de casquettes et de Bic de pacotille.

En réalité, les pagnes sont des supers-gadgets qui ont une grande influence sur les électeurs et surtout les électrices. Avec ces pagnes, le Tukguili et l’Enfant terrible n’auraient même plus besoin d’une campagne à l’Américaine, avec hélico et Hammer.

Les pagnes publicitaires du Tukguili, ou en voit de toutes les couleurs, mais ils sont à dominante rouge et vert. Comme le drapeau du Faso. Sur ces pagnes encore, il y a tous les formats du portrait de l’Enfant terrible, toujours souriant. En modèle réduit, sur un seul pagne, on peut compter jusqu’à 20 Enfants terribles, toujours souriant. Il y a aussi le super format, le maxi format avec un seul Enfant terrible sur un pagne. Mais quel Enfant terrible ! Un Enfant terrible à faire peur tellement il ressemble au vrai.

J’ai assisté une fois à une scène, à la sortie d’un culte. Un fidèle croyant avait assisté à l’office habillé d’un boubou ample, du genre ‘‘yorba’’. Sur son boubou, un Enfant terrible géant à l’avant et un Enfant terrible géant à l’arrière. Les membres du service d’ordre le prirent en aparté. D’une voix basse et calme ils tentaient de le persuader de ne plus assister au culte avec son boubou à Enfant terrible géant. Ils lui disaient :

- Frère, faut faire pardon. Ici c’est un lieu de prière qui regroupe plusieurs sensibilités.... Il faut donc éviter de venir avec ce boubou et ces grands portraits…

Et le fidèle de s’étonner.

- Ne plus venir avec mon boubou ? Mais pourquoi ? Y a rien de mal.

- Y a rien de mal… Mais il y a les photos. Devant et derrière. Faut faire pardon.

- Les photos ? Mais ce sont les photos de l’Enfant terrible....

- Tout justement… Comme ce sont les photos de l’Enfant terrible, faut faire pardon.

- C’est mon Enfant terrible.

- C’est ton Enfant terrible. C’est notre Enfant terrible aussi.

- Alors ?

- Ça pourrait ne pas être l’Enfant terrible de tous ici. Faut faire pardon.

A ce moment, passa un jeune homme portant un tee-shirt et l’Enfant terrible en effigie. Le même Enfant terrible… mais en plus petit… et toujours souriant.

Alors, le fidèle au boubou yorba d’attirer l’attention du groupe de service d’ordre.

- Vous voyez ? Voilà un autre qui porte l’Enfant terrible. Nous sommes nombreux à porter l’Enfant terrible vous savez.

- D’accord, mais ce n’est pas la même chose…Lui il est en tee-shirt.... avec un petit Enfant terrible… Alors que ton Enfant terrible à toi… mon vieux !

Avis au Président Directeur Général du Tukguili… Les pagnes multicolores d’un rouge vif sont très jolis et font de l’effet. Mais il faudrait veiller à mettre en place un ‘‘service après élection’’ pour s’assurer que ceux qui ont acquis un pagne Tukguili en font un bon usage. Sur Charles De Gaulle, à une centaine de mètres du Scolasticat, il y a un mécano qui a installé son ‘‘atelier par terre’’. Rien de mal. Sauf que ce mécano porte un pagne Tukguili très sale, noirci par les graisses et les huiles de moteur.  Un crime de lèse – majesté.

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