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Référendum ou Ebola… Il faut choisir

J’ai brisé mon miroir ce matin. Mon gros et large miroir. Ce n’est pas la première fois que je mets ainsi un miroir en pièces. Et c’est sans regret puisque ce miroir je ne l’utilisais plus. Quand je suis face à lui, ce miroir, j’évite de m’y regarder.

Lorsque je me peigne, lorsque je me rase, j’ai les yeux fermés. C’est un faux miroir mon machin. Chinois, probablement. De Zeph certainement. Vous ne pourriez pas m’indiquer une boutique où on vend de bons miroirs ? De gentils miroirs et non cette méchante pacotille qui me déforme le visage en me faisant ressembler à Missié Goama ?

Une fois, je me suis regardé attentivement dans ce miroir, minutieusement et pendant longtemps. A force de me regarder sous toutes les coutures je me mis à me demander si, conformément à ce que disent les Blancs, l’homme ne venait pas de l’animal, plus précisément du singe. J’avais une bouche comme l’animal. J’avais deux yeux comme l’animal.

Des dents dans ma bouche comme l’animal. Un nez comme l’animal. Des oreilles comme l’animal. Dans mon ventre, mon docteur me dit qu’il y a un foie comme celui de l’animal. Des intestins également à ce qu’il paraît. Et des os. Je fais KK comme l’animal. Je fais pipi comme l’animal. Avec un Bakary qui dès qu’il aperçoit une pagb-naaba me met dans tous mes états. Mon Dieu ! J’ai tout de l’animal. Je mange, je bois comme l’animal.

Je me rappelle que ce jour, j’avais dit à Mme Toégui :

- Tu sais que nous venons du singe ?

Elle me fit : karissa ! karissa est le superlatif de kiorr !

- C’est toi Toégui, c’est toi seul qui descend du singe. Karissa !

- Mais, ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les Blancs qui le disent.

- C’est toi et les Blancs qui descendez du singe. Fous-moi la paix.

- Ecoute, on ne vient pas de n’importe quel singe. On vient du chimpanzé.

- Karissa !

- Et du gorille.

- Karissa !

Tiens tiens… N’est-ce pas que ce sont les gorilles du Congo RDC qui ont transmis la fièvre Ebola à l’homme ? Tout comme ce fut le cas avec le Sida ? C’est là une preuve irréfutable que l’homme vient du singe.

Parlons Ebola. Voilà… Moi ma conviction est faite qu’ici au Faso, vous n’avez pas pleine conscience du danger qui plane sur vous avec Ebola. Vous ignorez que vous êtes menacés de disparition. Sinon vous n’alliez pas continuer à parler tous les matins du Sénat, de référendum et d’article 37. Hein ? Est-ce que vous connaissez Ebola ? Est-ce que vous avez déjà vu Ebola ? Non, Ebola vous ne l’avez pas encore vu donc vous ne le connaissez pas. Vous croyez qu’Ebola est comme le Sida et que, puisque vous avez survécu au Sida vous survivrez à Ebola. Hé hé ! Erreur !

Le Sida vous alliez le chercher. C’est-à-dire que ce n’est pas le Sida qui venait à vous, c’est vous qui alliez au Sida. Mais Ebola vient à vous. Vous êtes là, pépère, comme un papy, comme une mamy ou comme un vieux père et Ebola vient à vous par effraction.

Ebola, on vous dit que c’est la plus pire, oui la «plus pire» épidémie que le monde ait connue. Pire que la peste et le choléra réunis. Tu serres la main d’un malade, voilà Ebola. Tu parles à un malade, voilà Ebola. Tu nettoies la sueur d’un malade, voilà Ebola. Est-ce que ici au Faso on peut ne pas aller voir un malade ? Est-ce qu’on peut ne pas parler à un malade ? Est-ce qu’on peut ne pas attraper la main qu’un malade vous tend ? Ebola n’a rien à voir avec le Sida de sinistre mémoire. Et puis le Sida ne tuait pas en deux jours. Il faut d’abord faire KK et encore KK.  Sans pipi.

J’ai parlé du Sida au passé. Y a plus Sida. Le Sida est fini. C’est mon pote Ted qui me le dit souvent en riant hi hi hi ! Bien content. C’est que c’est un survivant du Sida mon Ted. Un miraculé, même. Je me souviens qu’à l’apparition du Sida, lorsqu’on avait expliqué ses modes de transmission et son caractère incurable, Ted s’était mis à pleurer comme un gamin en disant :

- Toégui, je suis mort. Je ne peux pas échapper à cette maladie avec tout ce que j’ai fait. Je dois l’avoir, toi même tu sais.

Et je savais effectivement.

Ted ? Un prédateur comme il y en a peu à Ouaga. C’est bien simple, il ne pensait qu’à ça. Le soir, dès la descente à 17 heures, il écumait les rues et les quartiers de la capitale : « Je vous dépose ? »… « Je vous dépose ? »... « Je vous dépose ? » Nous on l’appelait « Monsieur je vous dépose ».

Vous me direz : « Et toi alors ? ». Moi j’avais un gibier de prédilection. C’étaient les pagb-naabas à cicatrices et les luili pendé. Lorsque j’en voyais une, je… je… je ne sais pas, comment vous dire. Voilà, j’étais sens dessus dessous dès que j’en voyais une. Mais Ted, lui il tirait sur tout quota-genre qui bouge.

Revenons à Ebola. Voilà… Dans le monde entier, il n’y a pas un jour sans qu’on ne parle de la fièvre Ebola. A ce qu’on dit, si l’épidémie entrait dans notre pays, au stade actuel nous pourrions tous en mourir. Et nous allons rester comme cela sans rien faire, attendant que cette calamité pénètre chez nous avant de nous réveiller avec des slogans du genre : « Boutons Ebola dehors »… « Ebola ne passera pas par moi » ? Ça ne prendrait pas. Alors on fait comment ? J’ai la parole ?

Je sais que vous rechignez à mettre en pratique les propositions pertinentes. Ainsi les Mochichinautes de Mochichi FM ont proposé de surseoir au référendum et d’utiliser les 30 milliards prévus à cet effet pour équiper les services de sécurité afin d’éradiquer le grand banditisme. Peine perdue. Le référendum se fait sentir de jour en jour.

Au regard des coûts qui y sont pratiqués les Mochichinautes ont aussi proposé que l’hôpital Blaise Compaoré soit débaptisé pour porter le nom « kilnique Blaise Compaoré » puisque cet établissement ne pratique pas les tarifs d’un hôpital mais plutôt ceux d’une clinique.

Mais plus que le grand banditisme, plus que les tarifs de l’Hôpital Blaise Compaoré, la fièvre Ebola est hautement plus catastrophique puisque c’est une question de vie ou de mort. Il y va même de l’existence du pays. C’est parce qu’il y a la vie qu’ y a une Majorité. C’est parce qu’il y a la vie qu’il y a une Opposition. C’est parce qu’il y a la vie qu’il y a des électeurs.

Alors optons pour la vie. Tant qu’il y a la vie il y aura une Majorité et une Opposition pour nous pomper l’air. Alors voilà ce qu’on va faire. Mettons l’article 37 au frigo. Disons adieu au référendum. Quand à l’élection présidentielle nous pourrions la réduire à sa plus simple expression. Pas de bulletin de vote, pas de CENI, pas de voyage au-delà des mers pour faire voter les Burkinabè de l’étranger.

Pas de biométrie. Pas d’observateurs internationaux. L’élection du Président du Faso sera faite par tirage au sort comme au loto par les soins de la LONA-B. Ainsi les milliards destinés à l’organisation de l’élection du Président du Faso seront utilisés à l’érection d’un mur infranchissable à toutes nos frontières.

Je sais que vous n’aimez pas les élucus de ce jour… Moi j’en suis bien content. Ce sont des élucus Zen. Je pourrai gambader paisiblement sur Charles de Gaulle. Personne ne viendra me tirer la barbichette parce qu’au j’aurai mal-élucubré sur un camp ou que j’aurai jeté des fleurs à un camp.

 

 

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Commentaires   

0 #5 yarga@yahoo.fr 14-10-2014 14:02
AVEC EBOLA ON EST TOUS DEDANS;

CES GENS LA NE PENSENT PAS AU PIRE QUE CES ELECTIONS POURRAIENT AVOIR AVEC EBOLA;LES FEMMES?NOS MERES,NOS FILLES?NOS CUISINIERES,NOS NOUNOUS,;NOS DOLOTIERES? ET C'EST PARTI POUR LA VENTILATION DE EBOLA;;;;;;;;;; ;;
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+1 #4 kazal 14-10-2014 11:04
Sacré Toégui! Je mœurs de rires.
Je connais un vendeur qui ne vend que des miroirs, des formes et des qualités différentes. Mais je ne t'y indiquerai pas car je crains que tu en brises tout. Pourquoi? Parce que je suis persuadé qu'un miroir ne peut pas te faire ressembler à un mochichi ou du moins ne peut pas t’empêcher de ressembler à un gorille ou à un chimpanzé.
Tu aurais dû proposé qu'on laisse tomber le référendum et on reporte l'élection présidentielle de deux, trois ou cinq ans à cause d'Ebola. Ebola a pu faire reporter des sommets, des salons et peut-être même une Coupe d'Afrique des Nations, alors pourquoi pas une élection présidentielle?
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0 #3 neilson 14-10-2014 10:25
Toégui, je ne veux ni de l'un ni de l'autre; mais tu as oublié la troisième voie: le gnotoro! et je vote pour ce dernier; car, même pendant la guerre foide, entre les deux grands blocs, il y avait un troisième bloc : les non- alignés, et le gnotoro est de ce bloc, foi de neilson!
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0 #2 vilajoie 14-10-2014 09:49
DANS TOUS LES CAS, EBOLA CE N'EST PAS POUR LES PRESIDENTS OU POUR LEUR ENTOURAGE.ILS FERONT TOUT POUR RESTER LA OU ILS SONT.ILS FERONT LE CHOIX DU REFERENDUM BIEN SUR. EBOLA NE RENTRERA PAS AU BURKINA.
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0 #1 coco 14-10-2014 07:30
j'en ai ri jusqu'au larme toegui; :lol:
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