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RDC : Sermon à des hommes de peu de foi

Ils ont beau avoir le sens de la mesure, de la pondération et de la retenue, les hommes d’Eglise n’ont pas pour autant du lait dans les veines.

 

Et ceux de la République démocratique du Congo sont de plus en plus agacés, voire irrités du comportement de la classe politique. Tels des pasteurs qui n’en peuvent plus de conduire des brebis réfractaires qui refusent obstinément d’aller dans le droit chemin qu’on leur montre. Et ils ont fini par le faire savoir en mettant ces hommes de peu de foi devant leur fait.

Après être rentrée conclave la semaine dernière pour décider de sa conduite à tenir, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a, en effet, fini par mettre les pieds dans le plat.

Ce lundi 27 février, elle a, dans une longue épitre adressée à la classe politique, dit «non au blocage» et appelé les responsables politiques à «un sursaut patriotique» pour que l’accord de la Saint-Sylvestre soit enfin mis en œuvre.

Il est vrai que, depuis sa conclusion, l’arrangement politique managé par les prélats est resté lettre morte et au stade de vœu pieux. Les différentes parties signataires multipliant les obstacles à sa mise en route, même si l’épiscopat se refuse d’indexer le coupable. Et pourtant, son adresse est bien connue. Il aurait suffi aux évêques d’aller au Palais de la Nation pour lui faire le sermon.

Car si Joseph Kabila a accepté du bout des lèvres le compromis historique de la Saint-Sylvestre, il multiplie depuis les obstacles et autres manœuvres dilatoires pour empêcher son application.

Sinon, comment comprendre qu’il exige le nom de trois personnalités susceptibles d’être Premier ministre, sans doute le plus accommodant alors que le Rassemblement de l’opposition ne veut en proposer qu’un seul ?

Même dialogue de sourds à propos du choix du remplaçant d’Etienne Tshisekedi au Conseil national de suivi de la mise en œuvre de l’Accord, et dont la mort a plombé davantage une situation déjà inextricable. On comprend donc que les hommes d’Eglise finissent par perdre patience tant les positions sont tranchées.

En fait, les ecclésiastiques congolais ne sont pas les seuls à s’inquiéter de cette impasse. Pas plus tard que ce week-end, le Conseil de sécurité de l’ONU disait également sa crainte d’un enlisement de la situation en RDC.

Les prélats l’ont fait savoir, la seule voie de salut pour eux, c’est «un dialogue franc basé sur la bonne foi et la confiance mutuelle». Hélas pour ces bergers qui ont si souvent prêché dans le désert, pour ne pas dire la forêt équatoriale, ces vertus sont les choses les moins partagées par la classe politique congolaise.

Et à l’allure où vont les choses ou, si vous préférez, à l’allure où ne vont pas les choses, l’organisation des élections générales prévue à la fin de l’année 2017 demeure plus que jamais une gageure. Et il faudra bien plus que les prières insistantes, voire les prédications, pour voir le dénouement de la situation.

 

Mohamed Arnaud Ouédraogo

Commentaires   

0 #1 Neilson 28-02-2017 13:18
Dommage, mais vous le saviez dès le départ que votre engagement à réconcilier cette faune de la jungle politique congolaise était voué au résultat qu'on connait aujourd'hui; vous, vous parlez en toute bonne foi, et eux ils sont sans foi et souvent ni loi! Que le Tout Puissant vous assiste.
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