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Large ratissage au camp Sangoulé Lamizana

Cher Wambi,

Ça y est ; il tombe enfin des cordes à "Ra-Mõ-NKongé", ce village qui a vu naître nos ancêtres, et dont les habitants, depuis de longs mois, ployaient sous un soleil de plomb. Mais combien de boucs, de coqs et de taureaux noirs aura-t-on sacrifiés aux fétiches pour cela ? Combien de dieux aura-t-on implorés avant que le ciel daigne ouvrir ses vannes ?Depuis ce jeudi 16 juin en effet, la capitale burkinabè baigne dans l'eau, ce qui a réveillé en bien de citadins le douloureux souvenir du déluge du 1er septembre 2009, dont les traces demeurent indélébiles.

 

Plus de peur que  de mal mais, si elle a enfin ouvert la porte des champs aux millions de paysans qui piaffaient d'impatience d'en découdre, ce torrent matinal qui a révélé la laideur de certains vieux quartiers de Simonville n'aura pas facilité la tâche des examinateurs du Certificat d'études primaires (CEP), dont les épreuves sportives devaient se dérouler ce jeudi-là.

Du côté de la Patte d'oie, par exemple, où bien d'écoles ont été transformées en piscines, car inondées comme ça se voit tous les ans, l'on se demande s'il n'eût pas fallu  soumettre aux élèves des épreuves de natation à la place du saut et de la course.

Bref, cher cousin, le report desdites épreuves sera le moindre mal, mais pendant combien de temps encore les élèves et les enseignants devraient-ils patauger dans le bordel qui ne dit pas son nom ?

En tout cas, si rien n'est fait d'ici la prochaine rentrée des classes, nous ne serions guère étonnés qu'un jour ou l'autre il faille recourir à la pirogue pour accéder à certaines écoles.

N'est-ce pas, mesdames et messieurs de Zemstaaba ?

 

Oui, cher Wambi, bien mal acquis ne profite jamais et les prédateurs qui nous ont troublé le sommeil et hypothéqué nos vies au premier trimestre de l'année en cours le réalisent aujourd'hui mieux que quiconque.

Le disant, je pense à ces mutins de la grande muette qui, sous le prétexte de revendiquer leur dîme, ont écumé tout le secteur du commerce et cassé, brûlé, semé la terreur sur leur passage.

Je vois encore leurs victimes envahissant les rues, marchant sur l'Assemblée nationale, s'en prenant aux symboles de l'Etat pour protester contre cette nouvelle forme de razzia ;

une vive colère qui aurait mis le feu aux poudres sur toute l'étendue du territoire national si l'autorité, en partie, n'avait délier les cordons de la bourse pour les dédommager.

Mais la gangrène venait de gagner Bobo-Dioulasso où les mutins n'ont pas tardé à s'attirer les foudres des populations et de la hiérarchie.

Nous revoyons encore, comme si c'était hier, ce film des mutins encerclés, mis au tapis, désarmés dans les règles de l'art et leur butin arraisonné au camp Ouezzin Coulibaly.

Hélas, à Sya comme à Ouaga, bien de familles ont été endeuillées. Mais on n'a pas encore fini d'épiloguer sur le barroud d'honneur de la hiérarchie militaire, qu'elle entama encore une œuvre de salubrité publique qui ne pourra que redorer l'image de l'armée.

C'est ainsi que, depuis le mardi 14 juin, la Gendarmerie nationale, en collaboration avec le Régiment de sécurité présidentiel (RSP) a entrepris un nettoyage en règle du camp Lamizana et du camp Guillaume à Ouagadougou.

Objectif : retrouver les objets volés par les mutins.

En tout cas, cher cousin, les honnêtes citoyens applaudissent à tout rompre en voyant ces cargaisons entières de congélateurs, de réfrigérateurs, de postes téléviseurs, d'engins à deux roues, d'armes, de produits alimentaires retirés à leurs "éphémères propriétaires".

Restaurer l'image de l'armée semble être le pari de la hiérarchie militaire, cher cousin, mais un pari qui ne serait gagné sans ta dénonciation de tous ces mutins repliés dans les quartiers avec leur trésor de guerre, en appelant à ces numéros verts mis à ta disposition : 80 00 11 45 ou 10 10.

Va-t-on vers la création d'une nouvelle armée, cher  Wambi ?

Tout porte à le croire.

 

Je ne saurais t'ouvrir le carnet secret de Tipoko l'Intrigante sans revenir sur la commune rurale de Koubri, qui aura ravi la vedette à toutes, en réussissant l'exploit d'expérimenter trois maires en un seul mandat :

après Félix Compaoré et Ousmane Compaoré qui vient, lui, de subir la fatwa du Conseil des ministres pour les raisons que l'on sait, c'est Athanase Compaoré du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui a été élu maire ce mercredi 15 juin :

il aura  obtenu 26 voix contre 19 à sa rivale, Mme Zangré née Tiendrébéogo Yempoaka Véronique du Parti patriotique pour le développement (PPD).

Fin d'épisode donc en attendant mai 2012.

 

- Les derniers mouvements sociaux qui ont placé le pays des hommes intègres sous les feux de la rampe auront eu pour mérite de réveiller le grand sachem et sa cour, désormais à l'écoute du petit peuple, même si, pour le reste, il faudra attendre la prochaine crise, et pour cause.

En annonçant, urbi et orbi, le démarrage du procès des crimes économiques pour le 14 juin, plus d'un s'attendait à l'entrée en scène des requins qui encombrent les eaux tumultueuses des Volta d'hier.

Hélas, la Cour d'appel de Ouagadougou aura tout simplement   accouché de faméliques souris, appelant à la barre des alevins dont la plupart ont déjà goûté au calvaire de la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), s'ils ne sont pas simplement hors de nos frontières.

Si cette parodie de procès devait  répondre à l'impérieuse nécessité d'éradiquer l'impunité tant décriée, l'on serait réellement passé à côté du sujet.

A moins que la com. soit la véritable préoccupation  de nos gouvernants.

 

- Annoncé depuis des lustres, le projet d'une radio parlementaire au Burkina aurait purement et simplement été renvoyé aux calandes grecques, en dépit des "feuilles" que certains auraient pu brouter. Alors que la voix du Parlement se fait toujours attendre, on nous parle de l'imminence d'une chaîne télévisuelle parlementaire.

Là, les choses seraient déjà avancées et même que des professionnels frapperaient depuis peu aux portes de l'Assemblée au cas où...

 

- Depuis quelque temps, les volleyeuses de l'ASA (Association sportive de l'avenir), qui draînent des foules à leur moindre déplacement, ne cessent de voler haut ; une prouesse due non seulement aux talents cachés de l'effectif, à un encadrement technique très convoité, mais surtout aux perfusions financières tant  de ses différents partenaires et admirateurs que de bonnes volontés :

dernière en date, celle d'Aristide Bancé de nos Etalons footballeurs qui, entre deux matches de qualification pour la CAN 2012, aurait offert quelque 180 000 FCFA ; une broutille pour les uns, mais un pactole pour les équipes des sports de mains, abandonnées à elles-mêmes, mais qui, pourtant, ne cessent d'engranger des lauriers.

A qui le tour ?

 

- Ça ne fait pas bon de le ressasser, mais on y est obligé : l'insécurité a gangrené Ouagadougou :  tenez ! Rien qu'en une semaine et dans les secteurs 8 et 16 de la capitale, deux personnes ont perdu la vie et une autre a été délestée de sa moto toute neuve, une commerçante a été assassinée, un boucher a rendu l'âme par suite de ses blessures et on a abusé de la naïveté d'une jeune fille pour se volatiser avec sa Crypton alors qu'elle allait visiter une amie ; de quoi inquiéter les honnêtes citoyens quand on ne sait pas quel chemin emprunter pour ne pas se retrouver sur la route, du moins dans un guet-apens de ces mauvais garçons prêts à tuer, même pour ne récolter que des miettes.

Ah, quel monde !

 

- Miracle ? Beaucoup le pensent en voyant la photo du petit "Padre Piou" Ouédraogo, prise le 5 juin 2011 alors qu'on le baptisait : sur l'image, au lieu de gouttes d'eau bénite ruisselant de sa tête, c'est plutôt des maillons de chapelet qu'on aperçoit. Comment explique-t-on cela ? Est-ce, comme le pense son grand-père, Jean Ouédraogo, une suite logique de ce qu'a projeté le père jésuite Piu, en donnant son nom à l'enfant à sa naissance ? Peut-être en saurons-nous davantage dans un proche avenir.

 

- Kaya 2014. Sûrement que cela dit peu de choses sinon rien à bon nombre de gens. Eh bien, c'est cette année-là qui est préconisée pour la célébration du 54e anniversaire de l'indépendance de notre pays. Comme pour dire que qui veut voyager loin ménage sa monture, les autorités et les populations du Centre-Nord ont déjà commencé à mettre la main à la pâte. A preuve, la mise en place des commissions y relatives, en attendant d'autres étapes. Pourvu que les dernières décisions gouvernementales (annulation de l'événement dans le Centre-Ouest pour 2011) n'aient pas d'incidences sur celles prévues dans les autres régions.

 

- Matinée houleuse en perspective ce samedi 18 juin à Pô, où le Mouvement des jeunes pour le Nahouri (MJN) donne une conférence de presse. A l'ordre du jour, l'éternelle querelle sur le découpage du Burkina en treize (13) régions. En avant-goût, voici ce qu'en disent les organisateurs  :

"Les Nahouriens avaient estimé en effet qu'au regard des propres critères du gouvernement, c'est Pô, le chef-lieu de leur province, qui devrait bénéficier du statut de chef-lieu de la région du Centre-Sud. Malheureusement contre toute attente, c'est Manga, chef-lieu d'une autre province qui a joui de ce statut. L'ensemble du Nahouri avait alors protesté comme un seul homme contre ce qu'il considère comme une injustice à son endroit. La protestation avait abouti à des négociations secrètes à l'issue desquelles des accords ont été arrêtés avec des représentants de la Présidence du Faso et qui ont permis la suspension du MJN. Malheureusement dix (10) années après, la population du Nahouri constate la non-mise en œuvre de ces accords. Aussi, le mouvement a décidé de reprendre ses activités jusqu'à ce que justice soit rendue au Nahouri".

Oui, cher cousin, tu n'as pas tort, nous vivons le printemps des revendications.

 

- L’inspection d’Etat, comme on pouvait le lire dans l'Observateur paalga du lundi 13 juin, a effectué en début de semaine une mission à Bobo-Dioulasso.

L’arrondissement de Dafra, en proie depuis plusieurs semaines à des vagues de contestations nées des opérations de lotissement, a été la principale cible des enquêteurs de l’Etat. Un certain nombre d’agents municipaux relevant dudit arrondissement ont été déjà entendus dans le cadre de cette affaire.

Malheureusement la tâche ne semble pas toujours aisée pour la mission de l’inspection ; elle qui aurait eu la désagréable surprise de s’entendre dire que l’ordinateur contenant les données informatiques sur les attributions de parcelles a été volé. Le hic est qu’aucune infraction n’a été constatée dans les locaux de la mairie de Dafra.  Sidi Sanogo, le maire de l’arrondissement, a certainement du souci à se faire ; lui que des proches collaborateurs accusent aujourd’hui d’avoir mené une gestion opaque des parcelles depuis le déclenchement des opérations de lotissement. L’affaire, qui continue de faire grand bruit à Sya, a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie. Certainement  qu’on en saura davantage les jours à venir.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle  n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va  la vie.
Au revoir.

 

Ton cousin
Passek Taalé.

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