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Une lettre pour Laye : Si j’étais Blaise…

Cher Wambi,

Une journée de plus et tu n’aurais pas eu la primeur de cette missive que tu as présentement entre les mains, et pour cause !

Des plus éprouvantes aura, en effet, été la semaine qui s’achève, au funeste agenda marqué par la mémorable grève des chauffeurs routiers du Burkina les 30 et 31 mars dernier, mais aussi celle des travailleurs de l’empire Castel au pays dit des hommes intègres (BRAKINA/SODIBO) qui aura duré trois longs mois, et dont le dénouement est intervenu seulement ce même 31 mars 2015 après une audience présidentielle avec le grand chef blanc, Pierre Castel, pour ne pas le nommer.

 

Dans l’un ou l’autre cas, les grévistes peuvent se frotter les mains, mais que de conséquences sur l’économie nationale et le quotidien des Burkinabè, l’onde de choc ayant même franchi nos frontières !

Nos principales villes coupées, en effet, les unes des autres et les échanges commerciaux au point mort.

Tu comprends aisément pourquoi donc, cher cousin, la Nationale de l’électricité (SONABEL) en a été victime collatérale, obligée de sevrer ses abonnés du précieux jus, faute de carburant.

A la BRAKINA-SODIBO, c’est tout naturellement que l’intransigeance des travailleurs a provoqué une pénurie de boissons et fait grimper le cours des rares bouteilles qu’on exhumait du fond des caves ou celui des marques étrangères d’alcool qui ont si allègrement franchi nos frontières.

La hache de guerre enterrée par chacun des deux parties, sonne aujourd’hui la résurrection du consommateur burkinabè avant même la fête pascale ce week-end.

En tous les cas, cher Wambi, c’est le moment ou jamais de tirer la sonnette d’alarme face à ces mouvements sociaux qui, à tort ou à raison, commencent à gagner du terrain à quelque sept (7) mois des échéances électorales.

A quoi pouvait-on bien s’attendre quand les guides de la Transition avaient eux-mêmes donné le ton :

- «Désormais toutes les décisions seront prises à la Place de la Nation…» ;

- «Plus rien ne sera comme avant…».

Mais la tempête n’est encore pas totalement passée, cher cousin, à entendre les oiseaux de mauvais augure qui n’ont en vue aujourd’hui que la journée nationale de protestation annoncée pour la semaine prochaine.

Moi, je suis de ceux qui militent pour la mise de la balle à terre, car de grands défis pointent encore à l’horizon, dans ce monde où les miracles sont désormais inexistants.

 

Cher Wambi, s'il y a une revendication qui revient comme une antienne depuis l'insurrection de fin octobre, c'est bien l'extradition du président Blaise Compaoré afin qu'on le juge pour tous les crimes dont on l'accable. Mais quand j'y pense, je me demande si les uns et les autres veulent vraiment ce qu'ils réclament à cor et à cri. Car déjà qu’on le suspecte sérieusement de tirer les ficelles de la transition depuis son exil abidjanais alors qu’il est à mille kilomètres de Ouagadougou, qu'adviendrait-il s'il devait être à côté ? Ou bien pense-t-on que si on l'a à l'œil, on maîtrisera mieux sa capacité de nuisance ?

Cher cousin, c'est vrai que c'est facile d'être courageux à la place des autres, mais je serais Blaise que sauf à me condamner moi-même à un exil définitif, et donc à ne plus revoir la terre de mes ancêtres, je rentrerais pour me constituer prisonnier. Car que peut-il bien risquer, lui a connu le 17 mai 83, qui a fait le 4 août 83 et le 15 octobre 87, bref qui en a vu des vertes et des pas mûres ? Pour sûr,  on ne va pas lui couper la tête ; il serait en résidence surveillée quelque part en attendant son jugement. Et si procès il devait y avoir, il ne serait pas le premier président à passer sous les fourches caudines de la justice, puisque certains de ses prédécesseurs, à l'image de Maurice Yaméogo, Sangoulé Lamizana et Saye Zerbo, sont aussi passés par là. Alors que peut-il bien craindre, surtout pour un militaire. S'il décidait de rentrer, il embarrasserait bien les autorités de la transition. Vous imaginez Blaise annonçant qu'il rentre ce week-end pascal ? Pour sûr,  beaucoup de ceux qui crient aujourd'hui, lui diraient : “pardon, il faut rester où tu es ; quand on aura besoin de toi, on te le fera savoir”.

 

Sauf tsunami politique sur la scène nationale, Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et Roch Marc Christian Kaboré du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) iront à la présidentielle du 11 octobre 2015 en favoris incontestables. Un statut des plus enviés qui fait déjà courir bien des chancelleries, et pas des moindres, quand des instituts de sondage ne montrent pas simplement la voie à suivre.

Et au nombre des pays qui n’ont d’yeux aujourd’hui que pour le Burkina figure au premier rang la République de Chine (Taïwan) dont la crainte d’une éventuelle rupture de ses relations diplomatiques avec l’un de ses derniers alliés en Afrique après le départ du président Blaise Compaoré est évidente.

D’où l’urgence de rassurer les illustres prétendants au palais de Kosyam, vanter le modèle économique taïwanais ; célébrer les investissements chinois au pays dit des hommes intègres et renouveler son catalogue de bonnes intentions pour les années à venir.

Une main tendue qui s’est déjà soldée par le séjour d’une délégation de l’UPC, conduite par Zeph himself, du 22 au 27 mars à Taipei, en attendant que Roch Marc Christian Kaboré et les siens lui emboîtent le pas dans les prochains jours.

Pourquoi seulement ces deux barons de la scène politique, me demandes-tu ?

Eh bien, cher cousin, si Roch est de ceux-là qui en 1994 ont œuvré à la reconnaissance de la République de Chine par notre pays, nul non plus n’ignore la préférence de Zéphirin pour la Chine populaire, puissance économique mondiale qui ne cesse de tutoyer l’Occident.

L’enfant terrible de Gombousgou a-t-il changé de religion ?

En tout cas, je ne cesse de me convaincre d’une chose, cher Wambi : seuls les intérêts lient les hommes.

 

Oui, cher cousin, j’ai rencontré ce jeudi 02 avril en milieu de matinée l’ancien ministre Elie Justin Ouédraogo, présentement PCA de SEMAFO au siège du journal L’Observateur Paalga.

Les raisons d’une telle visite ?

L’écrit du professeur Etienne Traoré, universitaire, paru dans l’édition du 1er avril du même journal, l’accusant avec d’autres personnalités d’être de mèche avec le dernier ministre CDP des Mines, Salif Kaboré, rentré récemment au pays.

Selon Etienne Traoré, Salif Kaboré serait rentré pour brouiller les pistes familiales et mafieuses de la filière or, avec la complicité d’anciens dignitaires.

Elie Justin Ouédraogo, lui, rejette en bloc de telles insinuations et affirme que depuis juin 2014 où il assume des responsabilités coutumières sur le trône de Gourcy, il a rompu totalement les amarres avec la chose politique, et jure la main sur le cœur qu’il n’a ni physiquement ni par autre moyen contacté Salif Kaboré durant son séjour. Il s’en défend avec un plus de vigueur d’autant plus que dans son écrit Etienne Traoré parle de mercenaires auxquels ceux-là qu’il qualifie de profiteurs n’hésiteront pas à recourir pour protéger leurs intérêts.

Il se réserve d’user de son droit de réponse dans les jours à venir.

 

- - Blaise et Chantal Compaoré en Côte d’Ivoire ;

- Djamila Imani Compaoré aux Etats-Unis ;

- François et Sala Compaoré au Bénin, telles sont en effet les dernières adresses de l’ancienne famille présidentielle burkinabè après les manifestations insurrectionnelles des 30 et 31 octobre 2014.

Si un silence de cimetière entoure le quotidien de François et de son épouse au pays du vaudou, l’on sait en revanche que Djamila poursuit ses études au pays de l’oncle Sam quand son pater, Blaise Compaoré, lui, trompe son ennui par la natation, le vélo, les mouvements gymniques, la lecture et les audiences.

Une des dernières personnalités à être reçues à Cocody, c’est son ancien ministre de l’Economie et des Finances, et ancien Premier ministre Tertius Zongo, désormais au service de la Banque africaine de développement (BAD), qui a mis à profit une mission à Abidjan pour voir son ancien patron.

 

- Lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014, les villas de barons du régime Compaoré avaient fait les frais de la colère des manifestants. Eventrées, pillées puis incendiées, elles ont pour la plupart été laissées à l’abandon, tandis que les plus emblématiques ont continué à recevoir les visites régulières de chasseurs de trésor ou de simples curieux. En tête de cette liste noire, le domicile du frère cadet transformé en musée des horreurs et désormais fermé au public. En effet, les usagers du boulevard Charles-de-Gaule auront remarqué que les lieux étaient désormais entourés d’un ruban jaune et gardés par des gendarmes armés. Pour quoi faire ? est-on tenté de se demander. Et si c’est dans le cadre d’une enquête judicaire, on est au regret de constater que la maréchaussée déploie son cordon un peu tard…

 

- Même à sept mois de l’élection présidentielle et des législatives, les partis politiques ne cessent de sortir du néant.

Dernier en date, le Nouveau Temps pour la démocratie (NTD) de Vincent Dabilgou qui fit ses armes au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Ancien patron des services techniques municipaux de la capitale burkinabè, ancien ministre et ancien député, c’est peu que d’affirmer qu’il a évolué sous l’aile protectrice de son frère en Christ et mentor devant l’Eternel, Simon Compaoré, qu’on ne présente plus.

Mais cela suffit-il à faire de son parti, le NTD, une émanation du MPP comme tant d’autres de la scène politique et de la société civile ?

Le grand jour l’électorat, lui, en tout cas, saura reconnaître les siens.

 

- Sur une initiative conjointe du ministère en charge de l’Administration territoriale et de celui de l’Energie, la localité frontalière de Koualou, commune de Pama dans la province de la Kompienga, va bénéficier d’une attention particulière de la part du gouvernement burkinabè, ce samedi 4 avril : délivrance massive d’actes de naissance, lancement des opérations d’électrification de cette zone à la frontière Burkina Faso-Bénin, remise d’une ambulance à la population.

Ces opérations auxquelles la partie béninoise est invitée auront lieu en présence des ministres Auguste Denise Barry et Amadou Ba. Elles s’inscrivent dans le processus d’électrification des localités frontalières par le Fonds de développement de l’électrification (FDE) qui bénéficie du concours financier de ses partenaires techniques et financiers (PTF). C’est aussi l’activité par laquelle le nouveau directeur général du segment de l’électrification rurale, Yacouba Camara, va se mettre sous tension.

Le chantier d’éclairage de Koualou va être conduit par la Générale d’électricité & Divers (GED) sur un délai de six (6) mois. Il va s’agir de construire une ligne moyenne tension de vingt-deux (22) kilomètres entre Nadiagou et Koualou ainsi que dix (10) kilomètres de réseau de distribution interne à la localité bénéficiaire. Au terme des travaux, cent trente (130) abonnés, soit plus de mille (1 000) personnes, vont pouvoir bénéficier de l’électricité. C’est un vrai clin d’œil à Koualou dont les habitants se sont sentis, à un moment donné, oubliés par les autorités burkinabè.

- Le premier guitariste de l’Eglise protestante au Burkina, le connaissez-vous ? Il s’agit du pasteur Tibila Thomas Yanogo. Choriste puis chantre à l’église de l’auto-gare, aujourd’hui église centrale des AD, il a appris à jouer à la guitare avec une missionnaire blanche. Très vite il maîtrisera cet instrument et devint le premier Noir à avoir ce talent parmi les protestants. Pasteur de l’église de Samandin jusqu’à sa retraite en 2012, cet octogénaire a été rappelé à Dieu le 23 mars 2015.  

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

Commentaires   

0 #3 sandwidi 04-04-2015 14:39
Blaise peu rentrer à tout moment si il le souhaite mais de grace dit lui de nous epargner une enieme insurections
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0 #2 neilson 04-04-2015 08:00
Voyez-vous, Blaise devrait se trouver à mille lieux du Burkina, tout comme Hissen Habré à quitté Ndjamena pour Dakar ! Plus il est loin, moins il y a de risques et de tentations de tous genres. C’est pourquoi, comme nous l’avons toujours dit et ne cesseront de le répéter, Blaise et ses courtisans doivent IMPERATIVEMENT quitter la Cote d’Ivoire et s’éloigner du Burkina Faso afin de laisser la Transition travailler sereinement ; et c’est à cela que la communauté internationale, prompt à relever ce qui ne va pas et à brandir les menaces de sanction doit s’atteler à faire !
Mais si Blaise décide de rentrer aujourd’hui au Burkina, personne ne va lui interdire l’accès ; c’est directement à la MACO dans l’attente de ses multiples inculpations pour crimes de sang, pour crimes économique etc., ou juste une « petite » guerre civile entre les « je suis prêt à mourir pour Blaise », et le grand et vaillant peuple des « 4 glorieuses », c’est tout !
Donc, si vous étiez Blaise, je vous aurais dit, « c’est celui là qui est pressé qui achète la tête du chien » !
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0 #1 Mamon Yélé 03-04-2015 11:18
Cher cousin de Passek Talé il faut lire plutôt: Blaise qui est tous sauf courageux va se condamner lui-même à un exil définitif car il n'a pas la terre de ses ancêtres à revoir. En trente ans il ne l'a pas cherché ce , je rentrerais pour me c n'est pas maintenant n'en déplaise aux koutaba qui en sont autochtones. Il n'a jamais été prisonnier: les 17 mai 83, 4 août 83 et 15 octobre 87 il dormait. il n'a jamais connu la résidence surveillée , il aura peur qu'on coupe la tête s'il y a procès. Ses prédécesseurs, à l'image de Maurice Yaméogo, Sangoulé Lamizana et Saye Zerbo, ont été jugés mais n'avaient pas fait autant de tors. il doit bien craindre le pire surtout pour un militaire.
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