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Les ex-RSP au billetage

Cher Wambi,

La saison des pluies tire inexorablement à sa fin même si, çà et là, on continue d’enregistrer des manifestations pluvieux orageuses, pour parler comme ceux de la météo. Justement, du relevé pluviométrique hebdomadaire que me fournit le service d’exploitation de la météorologique il ressort qu’on a enregistré, au cours de la semaine du 15 au 21 octobre 2015, les quantités d’eau suivantes dans les stations ci-dessous :

Dori : 0 mm ; Ouahigouya : 29 mm ; Ouaga-aéro : 14,9 mm ; Dédougou : 53, 1 mm ; Fada : 10 mm ; Bobo-Dioulasso : 0,8 mm ; Boromo : 16,7 mm ; Pô : 11,2 mm ; Gaoua : 10,7 mm ; Bogandé : 38,7 mm.

Mais alors que l’hivernage est maintenant derrière nous, une autre saison, politique celle-là, se profile à l’horizon. Comme tu le sais déjà, cher cousin, après le coup d’Etat raté du général Gilbert Diendéré, le Conseil des ministres en sa séance du mercredi 14 octobre dernier a fixé la date des élections couplées présidentielle-législatives au 29 novembre prochain. Et le Conseil constitutionnel, sur requête du Premier ministre Yacouba Isaac Zida, a confirmé les candidatures qu’il avait validées avant le putsch.

 

Il n’y aura donc pas, et c’est définitif, de candidat du CDP, ni de la NAFA d’ailleurs, dans la course à la magistrature suprême. Pour autant, l’ex-parti majoritaire ne compte pas être absent des joutes puisqu’il dit vouloir soutenir un des candidats. Reste à savoir lequel. En procédant par élimination, cher Wambi, on peut être sûr que ce ne sera pas Me Bénéwendé Sankara du Front sankariste, Tahirou Barry du PAREN, encore moins Roch Marc Christian Kaboré du MPP, le diable en personne aux yeux de ses anciens camarades. Le choix du CDP pourrait alors se porter sur les prétendants de l’ex-Front républicain, Salvador Yaméogo ou Ram Ouédraogo, à moins que ce ne soit Jean-Baptiste Natama, Ablassé Ouédraogo, Saran Sérémé ou Zéphirin Diabré, plus accommodants à son endroit ; ou encore les petits candidats indépendants comme Adama Kanazoé, Issaka Zampaligré, Françoise Toé, Victorien Tougma ou Boukaré Ouédraogo.

En fait, cher cousin, il n’est pas sûr que par ces temps qui courent des gens veuillent du soutien, qui pourrait s’avérer un boulet, d’un parti qui sent le soufre et dont les premiers responsables, en prison ou en exil, sont accusés d’être derrière le putsch de mi-septembre. Mais si les CDpistes étaient cyniques, ils pourraient même proposer leurs services à leurs cousins germains, les RSS (Roch – Salif - Simon) puisque après tout ils sont tous issus du même moule, même s’ils sont devenus des ennemis jurés.

 

 

Cher Wambi, dans ma lettre de vendredi dernier, je t’apprenais qu’un collaborateur des putschistes se cachait dans une institution de la République. Il s’agit en fait du Conseil supérieur de la communication (CSC) et l’intéressé, dont je préfère taire le nom pour le moment, a été entendu par les fins limiers de la commission d’enquête sur le coup d’Etat du 16 septembre. Le Directeur technique et son agent qui avaient été harcelés et menacés au téléphone par les putschistes, du fait de l’indélicatesse de ce haut cadre, pour localiser le 108.0, la Radio de la Résistance, ont également été convoqués pour donner les détails de l’affaire.

Les mobiles du complice seraient d’abord familiaux et affectifs mais aussi professionnels, car le retour du CDP au pouvoir lui aurait rendu vachement service. La raison, monsieur lorgne depuis, semble-t-il, le poste de président de l’instance de régulation.

Cela dit, cher cousin, depuis la fin de cette crise qu’on espère la dernière de la Transition, il y a comme une chasse aux collabos qui a été engagée et dont beaucoup ont déjà fait les frais : secrétaires généraux de ministères, chargés de communication, etc. Et ce n’est sans doute pas fini. Je comprends, cher Wambi, la colère légitime de M’ba Michel, de Yacouba Isaac Zida et de tous les autres qui ne veulent plus voir, même en peinture, les grands commis de l’Etat suspectés d’avoir pactisé avec le diable en treillis. Mais il faut faire attention à ne pas verser dans une chasse aux sorcières déraisonnée car au rythme où vont les choses, il ne manquerait plus qu’à tondre publiquement tout ce monde frappé d’indignité comme le fit jadis la France après la Seconde Guerre mondiale.

Il n’est d’ailleurs pas sûr que les chasseurs auraient agi différemment s’ils s’étaient retrouvés dans la même situation que ceux qu’on couvre d’opprobre actuellement.

 

Cher Wambi, à ce jour de l’instruction judiciaire sur le putsch du 17 septembre 2015, une cinquantaine de personnes, civiles comme militaires, ont déjà été entendues, dont une vingtaine mises en accusation   par les hommes du colonel Sita Sangaré, directeur de la justice militaire en charge du dossier.

Parmi les illustres inculpés il y a bien sûr le général Gilbert Diendéré, cerveau présumé du coup d’Etat, le général Djibril Bassolet, Hermann Yaméogo de l’UNDD et Léonce Koné du CDP, tous actuellement en détention à la Maison d’arrêt et de correction de l’armée (MACA), située au camp Lamizana. Quant à Fatoumata Diendéré, cadre de l’ancien parti au pouvoir et épouse de l’ex-chef du RSP, elle a pu être exfiltrée vers le Togo et est aujourd’hui sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

De sources proches de la justice militaire, j’ai appris que deux autres éléments de l’ex-RSP viennent d’allonger la liste des pensionnaires de la MACA. Il s’agit de l’adjudant Jean Nion, responsable des convois présidentiels, et du sergent Lamoussa Badoum, ancien chauffeur de Chantal Compaoré. Le premier serait celui qui a enlevé le Premier ministre Zida dans la salle du conseil des ministres le 16 septembre dernier et aurait menacé de son arme l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo et l’archevêque Paul Ouédraogo dans la nuit du 16 au 17 septembre alors qu’ils tentaient une médiation entre les putschistes et le gouvernement.

Toutefois, sache, cher Wambi, que certains acteurs militaires au cœur de ce coup de force ont réussi la prouesse de franchir nos frontières. C’est le cas notamment de l’adjudant-chef Nion, surnommé « Rambo » par ses camarades, et du sergent-chef Roger Koussoubé, dit le « Touareg », qui a des liens de filiation avec l’ex-première Dame.

Les deux, après avoir mené l’opération d’exfiltration du général Diendéré du camp Naaba-Koom II vers la Nonciature, ont quitté Ouagadougou à bord d’un véhicule banalisé à bord duquel ils ont franchir la frontière avec la Côte d’Ivoire. Ils sont soupçonnés, entre autres, d’avoir conduit des expéditions punitives contre certaines radios locales.

Au cas où tu ne l’aurais pas appris, sache également que « Rambo » a été un des éléments qui ont organisé la fuite de Blaise Compaoré vers Abidjan. Il y est resté quelque temps avant de regagner Ouagadougou en avril dernier.

 

n Après la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), ses éléments, comme on le sait, ont été reversés dans différents corps du reste de l’armée. On sait également que quelques-uns ont rompu les rangs en prenant la poudre d’escampette hors du pays.

Mais pour s’assurer du nombre effectif de tous les anciens prétoriens de Blaise Compaoré qui ont rejoint leurs nouveaux services, il n’y avait pas meilleur moyen que de procéder au paiement de leurs salaires par billettage. Les militaires étant payés le 15 du mois, l’armée a décidé d’instaurer un billettage ciblé concernant uniquement les éléments de l’ex-RSP. Ainsi, aucun salaire n’a été viré en banque et chacun a été invité à se présenter devant le trésorier de son corps d’armée pour toucher sa solde. Cette opération se poursuit jusqu’au 26 octobre 2015. Après quoi, les salaires non perçus seront reversés à la Direction de l’administration et de la comptabilité des armées (DACA).

Ainsi, en dehors de ceux qui sont officiellement en mission, on disposera, grâce à ce procédé, de la liste exhaustive des éléments de l’ex-RSP qui ont effectivement intégré les rangs.

 

n Le colonel Alain Claude Zagré a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions de ministre de la Sécurité le mardi 20 octobre 2015 dans l’après-midi. Jusque-là chef de cabinet du président du Faso, il remplace à ce poste le colonel Sidi Paré, démis et mis aux arrêts suite au coup d’Etat de mi- septembre. C’est donc la troisième personne à occuper ce poste sous la Transition, puisque Auguste Denise Barry a aussi dirigé ce département qui était fusionné à celui de l’Administration. Pour la petite histoire, celui à qui le ministère le plus instable des ministères a échu n’est autre que le fils du général Jean Bila Zagré, ancien chef d’état-major de l’armée sous le président Sangoulé Lamizana. Conscient que « l’ennemi et les forces du mal n’ont pas dit leur dernier mot », comme il l’a lui-même reconnu, il a du pain sur la planche. Tout le mal qu’on lui souhaite, c’est qu’il reste en place au moins jusqu’à la fin de cette période transitoire.

 

n Ainsi donc, on ne devrait pas voir la situation économique du Burkina au tragique. En tout cas si l’on se fie aux dernières projections de l’Agence américaine de notation financière, Standard & Poor’s.

En effet, selon un dernier rapport de cette institution publié après le putsch du 17 septembre 2015, notre pays conserve sa note de BB- malgré les pertes estimées à près de 50 milliards de francs CFA par le gouvernement. Cette note est certes en deçà de la moyenne mais un cran au-dessus du niveau de risque élevé en matière de solvabilité.

Toujours selon le même rapport, l’économie burkinabè devrait enregistrer une croissance de l’ordre de 4% cette année 2015 et de 6% en 2016, même s’il prévoit une baisse des recettes mais sans risques de dérapage fiscal.

 

n C’est aujourd’hui vendredi 23 octobre que le tribunal correctionnel de Ouagadougou va rendre son verdict dans le dossier des 23 présumés fraudeurs aux concours directs d’entrée à la fonction publique. On se rappelle que le dossier avait été contradictoirement instruit à la barre de ce tribunal le 9 octobre dernier de 9h à 21h. Mais parmi les présumés fraudeurs, s’il y a quelqu’un dont le sort est très attendu par l’opinion publique, c’est bien Ouezzin Louis Oulon, le directeur de la télévision nationale. Il est, sans conteste, la star à ce procès et c’est celui qui s’est entouré du plus grand nombre de conseils. On saura donc ce matin si les cinq avocats ont pu tirer d’affaire Ouezzin Louis Oulon.

 

n Il y a une dizaine de jours, un bras de fer a opposé Exterhum Africa, sous-traitant de la mine d’or Bissa Gold, à ses employés. Tout est parti du retard d’une semaine dans le paiement des salaires du mois d’octobre à cause du putsch du 17 septembre dernier. Malgré la régularisation de la situation, les employés, à l’issue d’un sit-in le 5 octobre, ont observé un mot d’ordre de grève du 9 au 12 du même mois, nonobstant le « caractère illégal du mouvement » soulevé par la direction de la mine.   Actuellement, ça sentirait le roussi pour certains grévistes car sur instruction de Nord Gold, maison mère de Bissa Gold, la mine est en train de faire ce qu’on dit le « point de la situation ». Après les actes de vandalisme contre la société en novembre 2014 sans la moindre sanction contre les manifestants, après différents avantages accordés aux travailleurs, l’heure serait venue de manier le bâton contre tous ceux qui perturbent le bon fonctionnement de la mine.

On se rappelle qu’entre autres griefs faits par les employés figurait la rétention de 30% des salaires par Exterhum Africa. Mais selon des sources proches du dossier, il n’en serait rien. Car ce que cette maison de placement reçoit au titre d’honoraires équivaut certes à 8% du salaire de base de chaque employé, mais c’est un montant entièrement payé par Bissa Gold sans aucune incidence sur la solde de ses travailleurs évoluant sous le régime de l’externalisation.

 

n Celui qui a dirigé le Bénin de 1972 à 1990, puis de 1996 à 2006 a tiré sa révérence le mercredi 14 octobre à Cotonou à l’âge de 82 ans. Coïncidence troublante, un Burkinabè du nom de Hamidou Guira, natif de Kourao dans la commune de Bourzanga, province du Bam, et connu dans la localité sous le nom de Kérékou, a aussi quitté cette vallée des larmes le jour suivant. C’est-à-dire le jeudi 15 octobre dans la matinée, une date qui nous rappelle le massacre du Conseil où Thomas Sankara et douze de ses compagnons ont perdu la vie. Cultivateur de son état, Hamidou Guira, qui était âgé de 45 ans, n’a pas fait de vieux os, à l’inverse de celui qu’il admirait et dont il a pris le surnom. Le Kérékou du Burkina était souffrant depuis le mois de mai et le sort a voulu qu’il accompagne son homonyme dans l’au-delà en laissant derrière lui une veuve et cinq enfants. De quoi conforter ceux qui pensent que le nom influe sur le destin de celui qui le porte.

 

nToujours dans ce registre, je t’apprends le rappel à Dieu du médecin-colonel Simon Bambara, le célèbre verbicruciste, c’est-à-dire auteur de mots croisés, du journal L’Observateur paalga où il signait sous le pseudonyme de Balex.

A l’occasion de sa messe de requiem le mercredi 21 octobre à la Cathédrale de Ouagadougou, on a eu l’agréable surprise d’apprendre qu’il n’avait pas seulement comme violon d’Ingres les mots croisés et les mots fléchés : c’était également, entre autres, un excellent compositeur de musique religieuse. La preuve, c’est sur les airs de sa propre composition interprétée par la chorale de la Cathédrale qu’a été chantée ladite messe. Et comme on dit dans ce milieu que chanter, c’est prier deux fois, on comprend pourquoi certains témoignages ont fait ressortir que le colonel Simon Bambara fut à sa manière un missionnaire. Restons dans l’anecdote pour dire qu’il est né jumeau de feu Bambara Eloi, initiateur des célèbres poulets du Boulgou Bar dont la réputation a franchi nos frontières.

Il a rejoint ainsi son frère jumeau André qu’il l’a devancé dans l’au-delà.

Qu’il repose en paix !

 

n Pendant les heures chaudes du putsch du général Diendéré, nombre de Burkinabè, en fonction de leurs croyances, ont fléchi le genou dans la prière pour demander qui au Tout-Puissant qui aux ancêtres d’intervenir encore une fois en faveur du Burkina Faso, alors au bord du précipice. On peut dire que leurs supplications ont été entendues, le pays ayant évité le pire. L’heure est maintenant aux actions de grâce pour dire merci à Dieu « pour hier et pour demain », comme on dit dans certains milieux. C’est pourquoi, la Fédération des églises et missions évangéliques du Burkina (FEME) organise des cultes d’action de grâce sur toute l’étendue du territoire ce dimanche 25 octobre. A Ouagadougou, c’est le temple Emmanuel, sis à la cité 1200 logements, qui accueillera cette rencontre spirituelle à partir de 16 heures.

 

n Ce dimanche 25 octobre 2015, aura lieu sur la colline de Bùùgtenga, paroisse de Linoghin, à 35 km de Ouagadougou, le troisième pèlerinage de l’Apostolat mondial de Fatima. Cette année, la rencontre de dévotion à Notre-Dame de Fatima est placée sous le thème « Par Marie, Notre-Dame de Fatima, allons à Jésus et bâtissons une famille de paix et de miséricorde ! ». Une édition dédiée à la paix dans les familles et au Burkina Faso.

 

n Baptême de rues en souvenir des frères Dakouré, l’aîné Antoine Kibsa, colonel de son état, ministre emblématique du régime Lamizana, et le cadet Raphaël Clément, chirurgien de renom à l’hôpital Yalgado-Ouédraogo. Les deux nous ont quittés prématurément, l’aîné le 13 mars 2003.

Le premier donnera son nom à une rue de Tampouy (Signoghin), le samedi 24 octobre à partir de 8h, le second à une autre le même jour à 10h 30 à la ZACA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires   

0 #1 neilson 24-10-2015 07:54
Dites-moi, qu'auriez-vous fait à la place de M'Ba Michel et de Yacouba Isaac Zida à mois de la fin de leur mission? Laisser ces collabos embusqués saborder tous les acquits de notre insurrection ou les remplacer afin de continuer le job que nous leur avons confié? Non, ce n'est pas une chasse aux sorcières mais plustôt une bonne précaution car, un homme prévenu en vaut deux; et quand tu ne peux rien contre le sorcier, la sagesse recommande que tu mettes ton malade à l'écart!
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