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Une lettre pour Laye : Tanghin-Dassouri : session municipale de tous les dangers

Une lettre pour Laye : Tanghin-Dassouri : session municipale de tous les dangers

Cher Wambi,

Après le grand vent du mercredi 13 septembre que d’aucuns ont qualifié de « tornade Salamata », une grande pluie s’est abattue le samedi suivant sur la capitale. Et rarement une aussi importante précipitation aura été enregistrée dans la capitale pendant un mois de septembre. Pluie naturelle ou pluie provoquée, chacun y va de son explication. Au cas où la seconde hypothèse serait à privilégier, l’opération « Saaga » étant arrêtée depuis belle lurette, pourquoi ne pas penser à une pluie rituelle, comme me l’a soufflé le vieux Sotissi ?

 

En effet, m’a-t-il fait savoir, dans le village de Sourgou, à quelques encablures de Laye, on continue d’organiser ce qu’on appelle là-bas « le Sourgou-Bôko », du nom d’un panier qui sert de pluviomètre pour la circonstance. Le jour de la cérémonie, il est demandé à Dame Nature de remplir le récipient d’eau, alors qu’il est poreux. Vœu qu’elle tentera, vainement, d’exaucer en faisant descendre une pluie d’une rare intensité.

Le rituel du « Sourgou-Bôko » se déroulera cette année demain samedi 23 septembre.

En attendant donc de te retrouver demain à Sourgou, je te communique le relevé pluviométrique de la semaine du jeudi 14 au mercredi 20 septembre 2017, qui se présente comme suit :

Dori : 35,2 mm ; Ouahigouya : 79,6 mm ; Ouagadougou-Aéro : 47,5 mm ; Dédougou : 18,6 mm ; Fada N’Gourma : 58,9 mm ; Bobo-Dioulasso : 5,4 mm ; Boromo : 34,8 mm ; Pô : 21,3 mm ; Gaoua : 29 mm ; Bogandé : 8,7 mm.

 

Cher Wambi, après l’affaire des écoutes téléphoniques entre l’ancien ministre des Affaires étrangères Djibrill Bassolé et l’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, tu as dû certainement entendre parler d’une autre affaire de ce genre. C’est celle concernant des responsables d’organisations de la société civile. En l’occurrence Safiatou Lopez, la présidente d’honneur du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC), et Idrissa Nogo, coordonnateur du Mouvement « Plus rien ne sera comme avant » (M/PRSCA).

Il s’agit concrètement d’une conversation «en privé» qui s’était retrouvée dans la foulée sur les réseaux sociaux. Le sujet a fait couler beaucoup d’encre au cours du mois de juillet et n’est pas près de s’estomper. Le journal de ton oncle Nakibeugo en a fait sa manchette dans sa livraison du mercredi 20 septembre 2017 en publiant une déclaration de la Coalition « Bori Bana », une structure à laquelle appartient Dame Lopez. Selon ce que j’ai compris du document, le procès qui s’annonçait le lendemain allait être une bataille judiciaire entre Dame Lopez et Idrissa Nogo, membre du réseau rival «Dignité». Mais en réalité, hier 21 septembre au Tribunal de grande instance de Ouagadougou, je me suis rendu compte que ces deux activistes de la société civile et un étudiant du nom de Philippe Ouédraogo étaient tous dans le box des accusés. Ils ont été attraits en justice par Ali Badra Ouédraogo, le président du Rassemblement des patriotes pour le renouveau (RPR), ainsi que Mansourou Guiro et Michel Rabo, membres du M/PRSCA. Ces derniers ont porté plainte contre les accusés pour «diffamation et injures publiques ; complicité de diffamation et d’injures publiques». Ils ont produit de nouvelles pièces au dossier qui a été renvoyé au rôle général du parquet pour reprogrammation mais aussi comparution de Safiatou Lopez, qui n’était pas dans la salle d’audience du tribunal au moment du renvoi du procès. Un procès palpitant en perspective puisque Idrissa Nogo dit n’avoir rien à se reprocher et déclare détenir des preuves compromettantes qu’il va déballer devant le public au cours des débats.

 

Cher Wambi, Lassané Kiemtoré, le maire de la commune rurale de Tanghin-Dassouri, convoque son conseil municipal pour une session ordinaire qui se tiendra du 25 au 29 septembre 2017.

Une bonne dizaine de points sont inscrits à l’ordre du jour dont des projets de délibération portant acceptation de dons, lesquels faisaient l’objet de motions de défiance à l’encontre du maire pour sa gestion.

Ainsi que je t’en avais déjà fait l’écho dans ces mêmes colonnes il y a plusieurs semaines de cela, depuis maintenant deux mois, le bourgmestre de cette cité fait face à une avalanche de motions de défiance (trois au total). Au nombre des griefs retenus contre lui, « la gestion opaque des dons faits à la mairie (aucune délibération du conseil municipal pour des dons reçus par le maire : sucre, lampadaires, moulins, kiosques) ».

Cher cousin, dans une correspondance (n° 2017-125/CTGD/M/CAB du 19 juillet 2017) adressée au haut-commissaire de la province du Kadiogo en réponse aux accusations des signataires des motions de défiance, l’incriminé expliquait que « les conseillers municipaux signataires de la motion de défiance devraient savoir que tous les dons cités ont été acquis suite à une démarche que j’ai entreprise auprès d’amis ». Il considère donc que les dons n’étant pas destinés à la commune, le conseil municipal n’avait pas à s’en préoccuper.

Après deux mois d’un feuilleton politico-administratif fait d’accusations, d’interpellations et de rejets, l’édile convoque le conseil municipal à une session ordinaire avec des projets de délibération. Cette instance à l’allure de régularisation fera l’objet de chaudes discussions et s’annonce comme celle de tous les dangers. En effet, comment comprendre qu’après avoir expliqué que les dons n’étaient pas destinés à la commune et refusé de convoquer la session extraordinaire, on puisse aujourd’hui convier les conseillers à se prononcer sur l’acceptation desdits dons ?

D’ailleurs, étant donné que les élus peuvent refuser les dons, deux questions fondamentales se posent :

  • En cas de refus, que fera le maire alors que les dons ont déjà été utilisés ?
  • En cas d’acceptation, quelle procédure pour valider la répartition, qui n’a fait l’objet d’aucune concertation, surtout en ce qui concerne les moulins, le matériel agricole et celui roulant ? Un problème se pose, du reste, sur la quantité et l’identité des bénéficiaires qui sont aujourd’hui difficiles à vérifier d’une part, et qui peuvent être source de contestation, d’autre part.

En tout cas, cher Wambi, pour les frondeurs, on se trouve dans une situation de non-application du Code des collectivités territoriales et du règlement intérieur du conseil municipal de la commune et, à l’allure où vont les choses, je me demande si les différents protagonistes ne s’acheminent pas vers une impasse qui pourrait être dommageable à toute la commune.

Cher Wambi, s’il est un domaine d’investissement en pleine expansion ces dernières années au Burkina, c’est bien celui de l’enseignement et de la formation professionnelle. A Ouagadougou comme dans bien d’autres centres urbains du pays, les écoles, collèges et lycées privés, les instituts et universités privés, les écoles privées de santé ou de formation d’enseignants du primaire poussent comme des champignons sans qu’on puisse toujours distinguer les vénéneux des comestibles.

Malgré la réglementation en vigueur, bon nombre de promoteurs, pour ne pas dire de vils commerçants, se soucient peu du respect du cahier des charges comme d’une guigne. Conséquence, si ce ne sont pas les infrastructures qui ne sont pas conformes aux normes édictées, c’est le matériel requis ou même le niveau des enseignants qui fait défaut. Dans tous les cas, c’est la qualité de la formation qui laisse à désirer.

J’en veux pour preuve, cher cousin, les résultats de l’enquête de la Direction générale de l’enseignement supérieur (DGEsup), rendus publics le 31 août dernier.

Les investigations ont porté sur la qualité de la formation, le traitement du personnel et les conditions d’études des étudiants. Sur 112 institutions privées d’enseignement supérieur, il est ressorti que seulement 33 sont de bonne qualité ; 29 d’assez bonne qualité ; 16 de qualité moyenne ; 6 de mauvaise qualité et 5 de très mauvaise qualité. Le reste n’a pu être inspecté pour diverses raisons : certaines étant en situation de clandestinité, d’autres introuvables sur le site et d’autres encore ayant refusé de recevoir l’équipe d’inspection.

Mais, cher Wambi, à peine le rapport est-il tombé que des voix se sont élevées et continuent de s’élever soit pour réfuter le classement établi par la DGEsup, soit pour y relever des erreurs. C’est le cas notamment de l’IAM, de l’institut polytechnique privé Shalom et même de l’Union nationale des établissements d’enseignement privés laïcs (UNEEPL).

Son de cloche différent chez certains promoteurs comme ceux de l’Ecole supérieure de commerce et d’informatique de gestion (ESCO-IGES) au sommet de ce classement 2017. Alors, la direction de cet établissement entend bien sabrer le champagne en l’honneur de tous les acteurs qui se sont investis dans cette démarche qualité au profit des étudiants. Rendez-vous est donc pris pour ce dimanche 24 septembre 2017 au CBC à partir de 15h pour la célébration de l’excellence à l’ESCO-IGES.

 

A présent, cher Wambi, je t’invite à feuilleter le carnet secret de Tipoko l’Intrigante, particulièrement maigre ces derniers temps pour les mêmes raisons dont je t’avais déjà parlé.

 

-Le mercredi 27 septembre prochain, l’Assemblée nationale entamera sa deuxième session ordinaire de l’année 2017 consacrée à l’examen et à l’adoption du projet de loi de finances de l’Etat, gestion 2018. Et déjà, les groupes parlementaires effectuent des tours de chauffe à travers l’organisation de journées parlementaires.

Ainsi, les députés de l’UPC se sont retrouvés les 20 et 21 septembre à Fada et ceux du CDP sont en conclave de deux jours à partir d’aujourd’hui 22 septembre à Ziniaré, patelin, comme on le sait, du fondateur du parti, Blaise Compaoré. Le groupe parlementaire Burkindlim à son tour du 29 septembre au 2 octobre sera à Bobo. Bientôt, ce sera le tour des élus du groupe PJRN et de ceux du MPP de sacrifier à cette obligation parlementaire. Pour le parti au pouvoir, ce sera le premier du genre après la disparition du président du MPP, Salifou Diallo.

-Du 28 septembre au 1er octobre 2017, se tiendra à Ouagadougou la 12e édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie (SITHO) sous le thème : « Tourisme interne : enjeux et défis ». L’innovation majeure cette année sera la valorisation de l’hospitalité légendaire burkinabè à travers « l’eau de bienvenue », plus connue sous les appellations locales « zom-koom », « mougdji » ou « gapal ». Le programme prévoit un colloque intitulé « Zoom sur le zom-koom ». Un prix de l’intégrité sera attribué à une personnalité qui aura incarné et défendu cette vertu.

 

-Semaine pas des plus réjouissantes que celle qui vient de s’écouler avec cette avalanche de disparitions de personnalités. Jugez-en vous-mêmes : le 15 septembre, il y a exactement une semaine, nous quittait l’abbé Joanny Sanou, bien connu tant dans le milieu ecclésiastique que culturel. En effet, avec la chorale Lamôgôya tiban, il participa plusieurs fois à la SNC (Semaine nationale de la culture) En outre, il fut à plusieurs reprises membre du jury du FESPACO. Autres figures qui se sont éteintes, cette fois dans le milieu politique : Paul Yaméogo, précédemment président du MDD (Mouvement pour la démocratie et le développement), décédé le dimanche 17 septembre à Bobo-Dioulasso alors qu’il s’y était rendu pour un mariage qui se tenait la veille ; et Pascal Tiga Ouédraogo, maire de l’arrondissement de Sig-Nonghin de 2002 à 2014. Celui-ci s’en est allé ce mercredi au petit matin et a été inhumé dans son village natal, Imasgo, hier jeudi.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

 

Ton cousin

Passek Taalé

Commentaires   

0 #2 BIENZI 22-09-2017 14:40
On ne dira jamais assez. Quand on voit les politiciens se battre, c'est pour leurs intérêts personnels, Ils crient forts à qui veut l'entendre qu'ils vont œuvrer pour l'intérêt général. Du woba woba. Monsieur le Maire, une seule question: Avez-vous entrepris vos démarches avant d'être élu Maire ? Si c'est le cas, emportez vos dons à la maison, il n'y a plus rien comme avis à demander aux conseillers.
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0 #1 Kôrô Yamyélé 22-09-2017 14:06
- J'ai entendu dans un cabaret vers Siby que le même rituel du type Sourgou-Bôko se pratiquait dans un petit village bwaba nommé ''Batiti'' dans la province des Bâlés. Et tant qu'on ne sort pas pendre le panier et rentrer avec dans une maison, il pleuvra même si c'est une semaine. Ils le faisaient quand les culture sonttrès menacées par des poches de sécheresse abisivement prolongées

Par Kôrô Yamyélé
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