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2015 au Burkina : Et si on convoquait un Forum de réconciliation nationale ? (1)

 

Le débat sur la situation nationale, qui divise les Burkinabè, n’en finit pas de susciter des réactions. La dernière en date, qui ne manque pas d’intérêt, est de Jean Marie Sawadogo, ancien DG de la CNSS, ancien fonctionnaire international, bien connu des lecteurs de L’Obs. entre les années 70 et 80, et établi en France depuis la révolution. Il est le coordonnateur d’« Initiative Prière pour la Paix en Afrique et dans le monde ».

Les années 2013 et 2014 ont vu se développer dans la classe dirigeante burkinabè, notamment le secteur sociopolitique, des débats sur l’opportunité des réformes institutionnelles à l’approche des élections  présidentielles et législatives prévues par la Constitution du Burkina Faso.

Cela n’est pas étonnant à cause, entre autres, d’un environnement mondialisé où les risques nouveaux et les progrès de diverses natures apparaissent.

Dans ce foisonnement que recouvre l’actuelle mondialisation peu maîtrisée où des valeurs et des repères anciens ont tendance à être déconsidérés ou à s’estomper silencieusement, plusieurs types de démarches et/ou d’analyses des mouvements sociaux peuvent être retenus selon l’esprit, la nature ou l’objectif assigné.

Dans la nouvelle donne des deux dernières décennies, comment distinguer l’essentiel du secondaire, en privilégiant un court terme qui ne soit pas un obstacle au moyen et long terme ?

Le type méthodologique  privilégié par la coordination que j’assure de notre initiative (de caractère associatif) visant la promotion de la culture de la paix, est la pratique du dialogue dans la non-violence. Et l’une des valeurs clés appelée règle d’or dans la Bible est la suivante : «Tout ce que vous souhaitez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux», car c’est l’essentiel de la Bible.

 

 

La folie ne tient jamais compte du prochain

 

 

Si l’on veut avoir un regard sur le peuple du Burkina, on peut se réjouir qu’en plus de cinquante ans d’indépendance ce pays n’ait  été le théâtre d’aucun conflit ou drame majeur et de longue durée. C’est comme si tout le monde avait pris conscience qu’étant un pays enclavé le peuple a besoin d’une certaine sagesse faite de modération et de bon sens, car tout extrémisme porte en lui le germe de sa propre destruction.

C’est pourquoi le nom Burkina, dont la traduction est délicate, correspond bien au peuple et que sa devise également est équilibrée «Unité-Progrès-Justice».

Cependant, partout et à n’importe quelle période, l’être humain a la possibilité de donner libre cours à ses propres ambitions, y compris les plus folles. Et la folie ne tient jamais compte du prochain.

Les questions qui se posent aujourd’hui au sujet de l’élection de 2015 sont graves.

En effet, si le Burkina organise un référendum, comme cela est envisagé, et si ensuite, il organise la présidentielle qui sera suivie quelques mois plus tard des législatives, ne pourrait-il  pas y avoir comme une avalanche ou des embouteillages donnant lieu à un climat de confusion probable ou de tensions propices à toute étincelle pouvant engendrer d’autres et entraîner des conflits ?

En effet, une grande majorité de la classe dirigeante s’est prononcée contre l’idée du Sénat tel qu’il a été proposé en l’état.

Or, dans cette dernière décennie, il est aussi généralement admis dans certains milieux dirigeants  africains qu’ «un  pouvoir en place qui organise des élections ne les perd jamais !». Quel que soit le résultat, cela alourdirait le climat du paysage sociopolitique.

Dans un tel scénario, on se retrouverait avec un vainqueur et on se demanderait s’il faut encore organiser une élection présidentielle.  Ne vaudrait-il pas mieux alors qu’il y ait un leader proréférendum et un autre antiréférendum ? Et que le vainqueur soit ipso facto proclamé président de la République, ce qui économiserait le coût de l’organisation d’une présidentielle ?

 

 

Que faire ?

 

 

 Tout cela nécessiterait au préalable la constitution de coalitions et le développement d’un dialogue vrai et juste de manière à garder un bon fonctionnement intérieur et extérieur de ces coalitions.

Devant les inconvénients et les risques évoqués plus haut, on peut se demander que faire.

Notre initiative a déjà œuvré pour d’autres situations nationales africaines et non africaines, y compris en France, par des prières et des réflexions. Et dans le contexte actuel de l’Afrique, il serait bienvenu que les croyants (musulmans et chrétiens) se donnent des objectifs de prière et même, quelques fois, fassent des prières dans un lieu commun.

Au début des années 1990, le CADB (Comité d’action développement burkinabè), composé de membres de partis politiques ou de membres indépendants, avait fait dans ses déclarations des propositions dont l’une avait été traduite en Forum où la société civile et les représentants des partis politiques étaient conviés. Les représentants de la société civile (partenaires sociaux, organisations des femmes, des migrants, des chefs coutumiers et religieux, des jeunes, etc.) devaient être plus nombreux que ceux des partis.

Ce Forum avait été interrompu dans ses travaux. Peut-être serait-il opportun, avant les élections de 2015, de le reconvoquer après amélioration de son fonctionnement et de son objectif de manière que les représentants  du Burkina puissent débattre librement et exprimer un certain consensus par une majorité qualifiée qui traduirait une certaine cohésion exemplaire et pacifique du pays sans contrevenir à la crédibilité de bon sens qui lui est attribuée plus haut.

Si  un tel Forum  fonctionne de manière démocratique- et cela  est possible si chacun s’y met,-  il peut soulever  beaucoup d’espoir et procéder à un « toilettage » constitutionnel si cela est nécessaire (par décision d’une majorité qualifiée) et discuter d’une préparation d’élection crédible et d’une feuille de route des points d’intérêts fondamentaux du pays.

 

                                                             Jean  Marie Sawadogo

 

5 rue Métro Charonne

91 300 – MASSY (France)

Tél. + 33 1 60 11 37 31

Mercredi 30/07/2014

 

(1) :  La titraille est du journal

 

Commentaires   

0 #3 Richesse 07-08-2014 13:37
me demande si être dirigeants ou être au pouvoir c'est avoir un coeur de pierre... Je me demande aussi si ces personnes là croient un temps soi peu que Dieu existe.... Je me demande si elles savent qu'elles sont mortelles.Ils ont déja vendu leur ames au diable ; doncil savent qu'ils ont des comptes à rendre à Dieu. Cela explique leur sans coeur.
Mais je reste convaincu que l'histoire nous témoignera.
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0 #2 article 37 07-08-2014 11:26
le Burkina est animé par quatre grandes forces centrifuges très opposées :

1- la force conservatrice de Blaise COMPAORE animé avec des CDPistes des FEBACiste, des belles mères et des petit président. Pour eux, tout le mérite est à eux, oubliant les circonstances dans lesquels Blaise lui même est arrivé.

2- la force d'opposition dont les rangs sont en train de grossir. Les gens qui sont prêts à mobiliser pour empêcher le référendum pour la modification de la constitution et l'avènement su sénat.

3- la force des non alignés composé de la société civile et des personnes qui peur de la situation actuelle. Il y a des gens qui en ont marre mais qui ne veulent rien dire, il y en qui ont donné leur position mais que les gens ne prennent au sérieux. Il y a l'ancien collège des sages qui refuse de donner une position qui relève de l'esprit de son rapport.

-4 la force de la justice qui petit à petit commence à jouer son rôle et attends les acteurs qui vont vont créer les troubles qu'ils soient du pouvoir ou du reste. Cette justice instrumentalisé e, traitée de tous les maux, meurtrie par les assassinats et les intimidations.
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0 #1 neilson 07-08-2014 09:53
Merci, M. Jean Marie Sawadogo pour votre contribution, je pense que tout bon Burkinabè, où qu’il se trouve se doit d’être préoccupé par la situation nationale du « Ba-yiri » ; et c’est en intégrant les idées et les propositions des uns et des autres que nous pourrons avancer. Aussi, je propose simplement l’application du rapport que le comité de sages s’est donné la peine de produire à notre demande et qui a été accepté par tous les Burkinabè, le Président du Faso en tête. Toutes les solutions ou presque sont dans ce rapport ; il suffit de l’appliquer et on évitera aux Burkinabè des lendemains incertains et par la même occasion, les Burkinabè économiseraient les frais qu’engendreraie nt la convocation d’un forum (qui à ce stade me semble dépassé) ou un référendum.
Quand au « toilettage » constitutionnel , il pourra se faire après l’élection présidentielle de 2015.
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