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Lutte contre le terrorisme : Les pas mal assurés du général Sadou

Ils ont raison de ne pas vouloir trop parler. D’abord, et c’est ce qui est évident,  pour des raisons de secret militaire, chose la mieux enseignée dans toutes les armées du monde. Ensuite, parce que le dérapage (verbal) est vite arrivé. 

 

Si sur le premier point, c’est RAS, comme on le  dit souvent au sein de la troupe, on ne peut pas dire autant sur le second, à l’occasion de la clôture de l’édition 2017 de l’exercice militaire multinational « Flintlock », au camp général Bila-Zagré de Kamboinsin.

Le jeudi 16 mars 2017, plus que la remise d’attestations aux éléments des forces de défense et de sécurité qui ont pris part à cette formation de trois semaines consacrée à la lutte contre le terrorisme, c’est plutôt la dégradation de la situation sécuritaire au nord du Burkina qui a le plus constitué le centre d’intérêt des journalistes.

Et l’occasion était d’autant plus belle que le Chef d’état-major général des armées (CEMGA), le général Oumarou Sadou, ne pouvait sous aucun prétexte rester fidèle à la réputation de grande Muette de son institution. Sauf erreur ou omission de notre part, ce devait être le baptême du feu médiatique du général depuis sa prise de fonction, début janvier dernier.

Mais l’exercice s’est révélé périlleux pour le nouveau CEMGA. Tant entre agacement et sincérité plus que naïve, il a tenu des propos peu rassurants.

« Si on avait la possibilité de vaincre Malam [Ibrahim Malam Dicko, dont les hommes multiplient les attaques contre les positions militaires et les civils dans le Soum] tout de suite, on le ferait », a-t-il confessé.  Avant de concéder sur la question de la nécessité du déploiement massif de forces d’appui aux soldats déjà au Nord : « Nous n’avons pas les moyens maintenant ».

Alors là, si tel est encore le cas, c’est le ministre de la Défense, Jean-Claude Bouda, témoin de cet aveu d’impuissance, qui devrait manger son chapeau. Lui qui nous avait pourtant assurés qu’on allait « terroriser les terroristes ».  

Le général aurait voulu entonner le cor de la démobilisation des agents de l’Etat, déjà en fuite dans le Soum,  qu’il ne se serait pas pris autrement.

En un mot comme en mille, ces vérités du CEMGA sont inopportunes. Désespérément  inopportunes.

Comme on le constate, il n’y a pas que les journalistes qui « entretiennent la psychose avec leurs unes ou leurs titres  gauchement sensationnels », « leurs articles qui vantent malencontreusement  les terroristes  ou font l’apologie du djihadisme».

Mais rendons au général ce qui est au général : quand il dit « Il ne suffit pas de déployer tous nos hommes au nord, il faut une organisation. S’ils sont tous au nord,  en cas d’attaque  à l’Est ou à l’Ouest, on fait quoi ? (…) on ne peut pas tout de suite envoyer toutes les forces à Nassoumbou. Après, c’est pour courir aller ailleurs », on ne peut que se mettre au garde-à-vous.

Oui, masser toutes nos forces sur un seul front, serait en effet la pire des stratégies qu’aucun chef militaire ne saurait envisager. Cela reviendrait à arracher la porte d’une maison pour renforcer les fenêtres. Et la suite se passe de commentaires.

La Rédaction

Commentaires   

+1 #4 Kanzim 20-03-2017 14:59
A la place du Général Sadou, je n’aurais pas répondu aux journalistes. J’aurais été ferme, et mon service de communication aussi, pour ne pas m’aventurer dans un exercice déjà mal conduit et traité par une hiérarchie politicienne qui prétextant de titres de ministres, ont fini par ridiculiser en tentant de manier un engin communicationne l dont ils n’ont ni la maitrise technique, ni la connaissance de l’objet : ces politiciens parlent « au hasard » au nom de l’armée, comme s’ils étaient à un meeting de dupes. L’autre raison qui m’aurait fait taire, vient de la presse elle-même. Une presse de plus en plus plurielle ce qui n’est pas mauvais en soi, mais de moins en moins technique du fait du peu de professionnalis me de certains journalistes. Et en voici des exemples : à cause de la gêne que les gargarismes et autres raclages de pharynx désagréables que la presse parlée sert avec des « journalistes » qui pensent qu’imiter le parisien dans son « chogo » ou dans son « sélogbi » comme on l’appelle chez les yadcé, à cause donc de cette entorses aux réquisits d’euphonie pour la presse parlée et télévisée, je préfère suivre les informations radiophoniques, en langues nationales mooré et dioula. A part deux ou trois présentateurs, qui chôgô même en mooré, tout le reste nous sert quelque chose de bien en général. Mas hélas ! Il y a une semaine, en suivant la revue de presse en mooré sur une radio de la place, le présentateur reprenant l’article d’un quotidien sur l’incendie de l’école en paillotte dans le Nord, déclara sans ambages que « un témoins qui loge tout près, en face de l’école en question nous dit que…. ». Entre indignation et questionnement, je me demandais si le présentateur en moré en question avait le minimum de culture en sociologie, ou d’expérience du village. Connaît-il seulement le système d’habitat en zones rurales ? En donnant la précision sur la proximité du logement du témoin, il identifie directement et avec précision 3 ou 4 cibles, qui pourraient être la victime des terroristes. L’autre exemple qui met e doute le sérieux de certains journalistes, c’est quand la recherche du scoop les pousse à répéter « dites ci, dites çà, le peuple burkinabè veut savoir » Ou bien ils disent « regardez la caméra et dites aux millions de burkinabè et d’Afrique qui vous suivent …dites leur ci ou çà ». Quelle impénitence : un journaliste peut-il manquer de modestie pour dire que sa caméra est si attirante que tout invité doit subir son harcèlement, avec en sus des déclarations bidon du type « le peuple burkinabè veut savoir….L’Etat- major général des armées pourrait par exemple organiser des rencontres périodiques avec la presse, en précisant le domaine sensible, stratégique ou tactique qu’il ne serait pas prudent d’évoquer. Au moins ça calmera les chasseurs de scoops qui me font penser aux chasseurs de têtes dans le far-West, ou aux chasseurs de scalps chez les indiens.
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0 #3 Parimyéllé 20-03-2017 10:05
Lui au moins est sincère et honnête d'avouer.Mainte nant qu'on sait que l'Etat ne peut pas assurer la quiétude aux populations c'est chacun pour soi.Il est mieux que Simon Compaoré qui courait à droite et à gauche avec des discours décousus et pompeux encore plus pour Jean Claude Bouda qui verse dans le populisme creux.Merci mon Général
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0 #2 Capitaine 20-03-2017 09:47
Il est très important que les citoyens qui par des mots, des actions s’acharnent à saper le moral des Forces de Défense et de Sécurité(FDS), sachent qu’ils jouent un mauvais rôle. Le Burkina Faso n’est pas le seul pays qui est confronté aux problèmes du terrorisme devenu un phénomène mondial. Cependant, on constate que dans la plupart des pays confrontés au terrorisme, les citoyens ne jettent pas en pâture leurs agents de sécurité. Bien au contraire, ils les encouragent moralement à aller de l’avant dans la lutte contre les attaques terroristes. Le Burkina Faso est quasiment le seul pays où des citoyens prennent plaisir à fustiger les forces de défense et de sécurité en cas d’attaques terroristes et violent même le droit de retenue sur certaines questions militaires qui relèvent du secret d’Etat. Ce sont des comportements qui exposent les auteurs à des interpellations par les services de sécurité. Par conséquent, les citoyens burkinabè, patriotes engagés, sont exhortés à collaborer avec les forces de défense et de sécurité par des renseignements. Chaque citoyen doit comprendre qu’il est son propre premier agent de sécurité car, on saurait mettre un agent de sécurité derrière chaque personne. C’est avec la collaboration par des renseignements que les citoyens contribueront à renforcer les capacités des forces de sécurité à vaincre les menaces et attaques terroristes. Par conséquent, les acteurs politiques, ceux de la société civile et le citoyen lambda burkinabè devront revoir leurs attitudes vis-à-vis des FDS. Il y va de l’intérêt de tous et de la nation. Les forces de sécurité font leurs preuves par des démantèlements de réseaux de délinquants, braqueurs et voleurs avec une bonne collaboration avec des civils en matière de renseignement. Il devrait en être de même dans la lutte contre le terrorisme qui est une nouvelle forme de guerre asymétrique.
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0 #1 lewang 20-03-2017 08:50
On n'a jamais dit de masser toute l'armée au Nord mais un certain effectif qui rassure. Comment voulez vous qu'après chaque attaque on met du temps pour rallier la zone sans pouvoir attraper meme un rat jusque là et au meme moment il ya plein de militaires dans les casernes à Ouaga. Soit vous voulez pas sauver le Nord soit vous êtes incompétents. le déploiement massif ne veut pas dire masser toute l'armée la bas.
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