Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

Me Gilbert Noël Ouédraogo : « J’assume ma part de responsabilité dans ce qui s’est passé en 2014 »

C’est aujourd’hui qu’il passe la main à Rasmané Ouédraogo de la NAFA après trois mois de présidence de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER). Un trimestre durant lequel Me Gilbert Noël Ouédraogo a pris son bâton de pèlerin pour prêcher la paix entre tous les Burkinabè. Un exercice qui a conduit lui et ses compagnons à Abidjan où ils ont rencontré l’ancien président du Faso Blaise Compaoré. Le mardi 18 avril 2017, celui qui, président de l’ADF-RDA, nous a reçus au siège de son parti pour une grande interview dans laquelle il revient pour la première fois sur son soutien apporté au pouvoir d’alors dans la tentative de modification de l’article 37, son soutien à Blaise Compaoré à la présidentielle de 2005, l’offre de la CODER, la cohabitation au CFOP, la polémique avec Ablassé Ouédraogo, Soumane Touré. Une exclusivité dans laquelle le fils de feu Gérard Kango Ouédraogo dit tout ou presque. Lisez.

 

 

Vous êtes revenus d’Abidjan avec dans vos valises une polémique au sujet de ce que l’ancien président du Faso Blaise Compaoré vous aurait confié. Quels sont exactement les propos que l’ex- chef d’Etat a tenus ?

 

Je voudrai d’abord dire que la CODER s’est rendue en Côte d’Ivoire pour deux objectifs : rencontrer l’ancien président Blaise Compaoré et les Burkinabè qui y résident. Cela fait suite à un programme que nous avons mis en place, celui de rencontrer toutes les forces vives de la Nation. C’est ainsi que nous avons commencé par rencontrer les autorités coutumières, ensuite les autorités politiques, les syndicats et les mouvements des droits humains. Et la semaine avant de rencontrer l’ancien président Compaoré, nous avons pu échanger avec les deux anciens chefs d’Etat Jean-Baptiste Ouédraogo et Michel Kafando et nous avons eu une audience avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo. C’est dire que toutes ces rencontres s’inscrivent dans le cadre d’un programme global, et nous envisageons de rencontrer les victimes de l’insurrection et celles du coup d’Etat avec lesquelles nous avons déjà pris langue et nous sommes en train de convenir d’une date pour ce rendez-vous. Il est bon de replacer les choses dans leur contexte et de dire que c’est dans ce cadre que nous nous sommes rendus en Côte d’Ivoire.

Maintenant pour ce qui est de l’entretien que nous avons eu avec le président Compaoré, il a été à l’image de tous ceux que nous avons eus, puisque c’est le même message que nous portons à tous ceux que nous rencontrons. Et ce message-là consiste à présenter l’offre de la CODER. Cette offre se décompose en quatre points. Le premier point, c’est la justice, la paix et la réconciliation nationale parce que nous pensons que notre pays a besoin d’une justice indépendante, une justice qui est la même pour tous, une justice qui est équitable et qui est la même pour le vainqueur et le vaincu, le riche et le pauvre, le puissant et le faible. A ce moment-là, nous pensons que si les choses se passent de cette manière, la justice, elle-même, est un élément de la réconciliation nationale, elle est le ciment de la réconciliation nationale parce que chacun se sent considéré et égal parce que traité de la même manière devant la loi. C’est ce que la constitution dit, tous les Burkinabè sont égaux et naissent égaux en droit. Nous avons aussi, sur ce premier point, pensé que s’il y a une justice non sélective, une justice indépendante, qui est la même pour toute, cette justice va nous conduire à la réconciliation nationale. Cette réconciliation nationale va apporter à notre pays la paix, d’où le premier point : justice, paix et réconciliation nationale.

 

Vous parlez aussi de remettre le pays au travail. Ce n’est pas le cas actuellement ?

Le second point porte en effet sur la remise de la Nation au travail. Nous pensons que la Nation burkinabè depuis les évènements de 2014 a besoin d’être remise au travail parce qu’il y a des difficultés qu’on constate tous les jours et il ne se passe pratiquement pas une semaine sans qu’il y ait des grèves dans un secteur du service public. Et il y a nécessité vraiment que cette question soit traitée au plus haut niveau, de manière à apporter une réponse à la gronde sociale et à faire en sorte que notre Nation se remettre au travail.

Le troisième point concerne la relance économique. Nous pensons que là également le pays est en difficulté et qu’il y a nécessité de faire en sorte que nous puissions vite relancer notre économie à travers l’apurement de la dette intérieure mais également à travers une gestion vertueuse.                              

 

Plutôt surprenant pour des gens qui voulaient aider Blaise à s’éterniser au pouvoir, la CODER parle également de sauvegarder la démocratie. Vous pensez qu’elle est plus mal en point qu’avant ?

Nous pensons, et c’est le 4e point, qu’il faut faire en sorte que la démocratie puisse être promue dans notre pays, que tous les Burkinabè se sentent Burkinabè et qu’il n’y ait pas des Burkinabè qui soient plus Burkinabè que d’autres ou des Burkinabè qui sont moins Burkinabè que d’autres. Nous sommes tous des Burkinabè et il est important pour la promotion même de la démocratie, que tous les Burkinabè soient traités de la même manière. Voilà l’offre en quatre points de la CODER et c’est cette offre que nous avons présentée à tous nos interlocuteurs et que nous continuons de présenter à ceux que nous rencontrons.

 

Concrètement, comment va se faire cette réconciliation ?

Au-delà de cette offre, nous avons, après avoir écouté les uns et les autres, constaté que le problème, ce n’est pas la réconciliation nationale mais de quelle réconciliation nationale il peut s’agir ? Celle-là doit concerner quelle partie de notre histoire. Comment la faire et c’est de là que l’idée nous est venue en regroupant et en recoupant les différents éléments et suggestions que nous avons eus parce que nous avons été vraiment enrichis au cours de nos audiences. Et c’est là que nous avons proposé une démarche en deux temps. Premier temps, un forum national préparatoire à la réconciliation nationale qui sera convoqué par le chef de l’Etat qui aura pour but de recueillir les faits, les griefs, les points de vue des Burkinabè sur la démarche la plus consensuelle   pour aller à la réconciliation nationale. Toutes les forces vives de la Nation doivent être conviées à ce forum. Et à partir de ce forum on pourrait concilier les points de vue et arriver à une démarche la plus consensuelle possible et arriver à la réconciliation nationale. De cette démarche, on passera à la phase 2 qui est la réconciliation elle-même qui va se dérouler suivant les conclusions du forum. Ces conclusions auront pris en compte les points de vue de toutes les forces vives. Et nous disons, pour terminer sur ce point-là trois choses. Première chose, la réconciliation telle que nous l’envisageons n’exclut pas la justice, au contraire la justice est au cœur de la réconciliation. Deuxième chose, la réconciliation que nous appelons de tous nos vœux doit se faire pour le peuple, la jeunesse burkinabè et la femme burkinabè. Elle n’est pas une réconciliation qui est une affaire de deal politique. Et troisième chose, la réconciliation, elle ne se fait pas pour nous, la réconciliation, on l’a fait pour l’avenir pour permettre à notre nation de régler et de solder les conflits du passé et de regarder l’avenir avec sérénité et de pouvoir s’occuper enfin des problèmes qui assaillent notre peuple, à savoir la vie chère, l’insécurité, l’emploi des jeunes, la question de la femme, toutes ces problématiques-là, nous pensons qu’il faut à un moment donné qu’on puisse y apporter des réponses et il ne faut pas plomber ce travail par ce qui s’est passé dans l’histoire de notre pays .Il faut repartir en arrière, il faut revisiter notre histoire et il ne faut pas s’arrêter uniquement aux évènements des 30 et 31 octobre 2014. Il faut remonter toute l’histoire de la Haute-Volta à nos jours et voir tous les points d’achoppement, de friction et revisiter cette histoire objectivement de manière à ce que chacun assume sa part de responsabilité sur ce qui s’est passé et que nous passions par la vérité, la justice et la réconciliation nationale. Voilà un peu ce que nous disons au niveau de la CODER.

 

Avant de revenir à la question sur ce que Blaise Compaoré vous a dit à Abidjan, quand on vous écoute développer l’offre de la CODER, on se dit que vous coupez l’herbe sous les pieds du HCRUN qui est censée faire la même chose ?

 

Nous ne coupons l’herbe sous les pieds de personne puisque quand nous avons commencé notre travail, la première autorité que nous avons rencontrée, c’était le HCRUN. Nous sommes allés la voir et nous avons expliqué notre démarche. Nous avons été bien reçus par le HCRUN qui nous a encouragés à poursuivre ce travail de réconciliation nationale. Nous ne nous voyons pas comme des concurrents du HCRUN, mais comme des facilitateurs, des Burkinabè qui se sentent interpellés par la question de la réconciliation nationale et qui essayent d’apporter leurs contributions pour que le débat soit mené sur la question de la réconciliation nationale. Mais nous n’entendons nullement revendiquer la paternité du processus pour aller à la réconciliation nationale. Notre objectif, c’est de faire en sorte que nous allions à la réconciliation nationale parce que, après une analyse profonde de la situation nationale, nous pensons que les fils et filles du Burkina ont besoin de se réconcilier pour ouvrir une voie à notre pays, mais nous ne réclamons nullement la paternité de cette démarche, c’est la finalité qui est importante, ce n’est pas qui porte la démarche. Nous, nous la portons aux Burkinabè, mais nous ne revendiquons rien dans cette démarche et n’indiquons même pas la voie à suivre, c’est-à-dire que nous ouvrons le débat et il appartient au peuple d’arrêter sa voie et son modèle de réconciliation nationale qui lui est propre et dans lequel il se reconnaît. C’est ce que nous nous disons au niveau de la CODER.

 

Maintenant qu’on sait en long et en large ce que vous êtes allé dire à Blaise Compaoré, qu’est-ce que lui vous a dit ?

 

Le président Compaoré nous a écoutés attentivement comme tous les autres anciens chefs d’Etat et toutes les autres personnes qui nous ont reçus. Il a dit apprécier la démarche et affirmé qu’une nation divisée ne peut prospérer ; que la réconciliation nationale est utile et qu’il adhérait à cette démarche et à l’offre en quatre points. Le conseil qu’il avait à nous donner, c’est de poursuivre l’élargissement des concertations menées et de faire en sorte que cette réconciliation se passe avec toutes les populations et d’impliquer le maximum de personnes dans cette démarche.

 

De quoi a-t-il été question au-delà de la réconciliation nationale ?

 

Nous avons naturellement, comme nous l’avons fait avec tous ceux que nous avons rencontrés, parlé de l’offre de la CODER. Nous avons indiqué la démarche en deux étapes, la demande qui a été faite au chef de l’Etat de pouvoir s’impliquer en tant que garant de l’unité nationale pour que nous puissions aller au forum préparatoire de la réconciliation nationale et le processus. Nous avons également fait une analyse de la situation de l’état de la Nation burkinabè. Nous avons partagé des points de vue sur ces questions, mais le principal de notre démarche, c’était le processus de réconciliation nationale et c’est la même chose que nous avons reproduite avec les Burkinabè rencontrés sur place parce que nous avons eu la chance de rencontrer des sympathisants et des militants de la CODER pour leur parler de la démarche et demandé à la diaspora de s’impliquer. Là également, la diaspora a noté une difficulté en ce qui la concerne : « la question du vote des Burkinabè de l’étranger. Ils nous ont fait savoir que pour eux, naturellement la réconciliation est une bonne démarche, mais ont le sentiment qu’ils ne sont pas Burkinabè et souhaitent voter. Cela aussi est un élément de la réconciliation nationale. » Voilà ce qui nous a été dit.

 

A votre retour, Ablassé Ouédraogo a déclaré sur les ondes que l’ex-président pardonnait pour ce qui lui est arrivé. Mais n’est-ce pas aussi à cause de Blaise lui-même, de son entêtement, qu’il est aujourd’hui dans cette situation ? Qui doit pardonner à qui finalement ? Est-ce à lui vraiment de pardonner ?

 

Ce que je peux dire, c’est que ce qui a été dit par Ablassé, en réalité, est une opinion personnelle. C’est un commentaire qu’il a fait. Et aujourd’hui encore, j’ai vu que dans la presse il est revenu là-dessus pour préciser clairement qu’il ne s’agissait pas d’une expression utilisée par le président Compaoré. Ce ne sont pas des propos qu’il a rapportés textuellement. C’est lui qui estime qu’il a pardonné. Aujourd’hui, lui-même est revenu sur cette question.

 

La polémique sur les propos de Blaise Compaoré ne limite-t-elle pas la portée de votre excursion abidjanaise ?

 

Oui, c’est vrai qu’on aurait voulu s’en passer. Mais les éléments qui devaient être apportés comme informations et clarifications l’ont été. Nous pensons maintenant c’est d’avancer pour le processus de réconciliation, mais nous comprenons aussi que quand il s’agit du président Compaoré, cela suscite des passions. C’est tout à fait normal et compréhensif. Sinon la démarche menée jusque aujourd’hui, c’était de faire en sorte que nous traitions tous les dossiers de la même manière et que toutes les personnes que nous rencontrons, nous ayons le même message et c’est ce qui a été fait. D’ailleurs, nous avons publié un communiqué officiel qui reprend ce qui a été dit lors de l’audience eue avec l’ancien chef de l’Etat.

 

Comment se fait-il d’ailleurs que ce soit les propos d’Ablassé Ouédraogo qui se soient répandus sur les ondes sitôt rentré et pas vous qui étiez pourtant à la tête de la délégation en tant que président de la CODER ?

 

La CODER est une organisation qui regroupe plusieurs formations politiques. Nous avons des interventions que nous faisons au titre de la CODER, mais chaque formation politique garde son autonomie. Cependant, en tant que responsable d’un parti politique, quand une personne est sollicitée, elle peut s’exprimer comme responsable de son parti. A la CODER, pendant la période du mandat, l’expression se fait par le président ou par une personne désignée par le président pour porter le message de la CODER. Mais là, je pense que vous avez bien vu qu’il a été interpellé en tant qu’Ablassé Ouédraogo et il a donné sa lecture en tant que lui et a assumé.

 

En tout cas, cet épisode donne raison à ceux qui pensent que la CODER n’est qu’un panier à crabes où chacun joue des pinces pour se faire une place au soleil…

 

Pas du tout, nous formons une équipe. Il est clair que nous venons d’horizons différents. En effet dans l’équipe, vous avez des insurgés, des non-insurgés, des partis qui existaient avant l’insurrection, d’autres qui n’existaient pas et d’autres qui sont nés après l’insurrection. Nous essayons ensemble de nous réunir autour de l’essentiel qui est de travailler comme nous le répétons, par pour nous, mais pour l’intérêt du peuple burkinabè et de la jeunesse burkinabè. Et nous mettons l’accent sur cette question de réconciliation nationale. Mais pour le reste, on ne prête pas beaucoup d’attention à cela.

 

L’opinion nationale était divisée sur cette sortie de la CODER en Côte d’Ivoire, d’autant plus que l’on pointe du doigt la nouvelle nationalité de Blaise Compaoré. Alors c’est Compaoré que vous êtes allés voir ou c’est Konan Kouassi ? D’aucuns disent que du fait de sa nouvelle nationalité, il n’est plus concerné par les affaires burkinabè. Est-ce le Burkinabè résidant en Côte d’Ivoire que vous êtes allé voir ou bien le citoyen ivoirien ?

 

Je comprends très bien ceux qui le disent, la question de la réconciliation est une question très sensible. Mais on est obligé de dépasser tout cela, c’est-à-dire que la réconciliation ne se fait pas entre personnes qui s’entendent. La réconciliation se fait entre des gens qui ne s’entendent pas. A partir de ce moment-là, il faut aller vers tout le monde. Prétendre faire de la réconciliation avec certains et pas d’autres, pour nous il ne s’agirait pas d’une réconciliation nationale. Et les Burkinabè constituent une grande famille. Maintenant, je suis d’accord avec vous qu’il a une autre nationalité mais la double nationalité existe et dans tous les cas, cela n’efface pas le fait que pendant 27 ans, il a joué un rôle très important dans l’histoire de notre pays. Alors, est-ce qu’il faut qu’on efface cette histoire-là dans le processus de réconciliation nationale, est-ce que cette période-là, si elle n’est pas prise en compte, nous allons aboutir à une réconciliation nationale ? C’est dans ce cadre que nous sommes allés le voir. C’est uniquement en sa qualité d’ancien chef d’Etat et nous avons aussi poursuivi en disant que nous allons rencontrer le président Zida. Là également, nous avons été interpellés. Il y en a qui nous demandent pourquoi aller voir Zida ? Nous, nous disons que la réconciliation ne doit oublier aucun fils du Burkina ; l’exclusion, c’est elle le problème.

 

Justement, à quand l’expédition canadienne chez Yacouba Isaac Zida ?

 

Nous avons eu quelques difficultés parce que nous avons essayé de transmettre les correspondances, malheureusement, nous n’avons pas trouvé le bon canal. Au niveau de sa Fondation on a tenté, on n’a pas pu remettre la correspondance. Finalement, après deux mois d’efforts, la correspondance nous est revenue et nous sommes actuellement en train de prendre des contacts et comme aussi il y a le net et que d’autres sont informés de ce qui se fait, prochainement notre correspondance pourrait être acheminée. Nous avons la correspondance avec nous et toutes les bonnes volontés qui peuvent nous permettre de toucher le général Zida sont les bienvenues. Et consulter les uns et les autres ne veut pas dire les exonérer de leurs responsabilités. Cela ne veut pas dire exempter les uns et les autres de leurs responsabilités. C’est aller vers tous les Burkinabè pour qu’ensemble on échange et que la vérité soit dite afin qu’on comprenne ce qui s’est passé et que chacun assume sa part de responsabilité. Mais si vous excluez certains et que vous laissez d’autres s’exprimer, finalement on va aboutir à quelle vérité ?

 

L’objectif avoué de chassé-croisé, c’est la fameuse réconciliation nationale. Est-ce qu’il y a un problème entre les Burkinabè ? Doit-elle se décréter entre chapelles politiques selon vous ?

 

La réconciliation ne doit pas se décréter entre chapelles politiques. Elle est faite pour les Burkinabè, mais convenez avec moi que la nation burkinabè traverse des moments difficiles et il est important que les fils et les filles du Burkina se parlent. Et le schéma que nous proposons est exactement en droite ligne de ce que le peuple réclame. C’est-à-dire : vérité, justice et réconciliation nationale. C’est dire que pour nous la réconciliation ne concerne pas uniquement une période de l’histoire de notre pays ; ce serait réducteur de vouloir faire la réconciliation que sur la partie du 30- 31 octobre 2014. L’histoire a commencé bien avant cette période, les frustrations sont nées bien avant et il faudrait faire un inventaire de tout ce qui s’est passé, courageusement le solder et chacun assume sa part de responsabilité. Et cela est dans l’intérêt de la jeunesse qui a été une actrice principale de l’insurrection. Si nous traînons ces conflits de génération en génération, il faudra les solder tôt ou tard. Avec ce qui s’est passé, il est bon de marquer une pause et de revenir pour regarder notre passé une bonne fois pour toute, afin de l’évacuer et le solder en passant par les voies de droit pour regarder vers l’avenir sinon nous serons dans une situation où perpétuellement nous passons notre temps à regarder derrière. Dans une nation on doit s’inspirer du passé pour avancer, mais lorsqu’on doit tourner vers l’arrière tout le temps, il n’y a pas d’avenir pour nous. Regardez le véhicule automobile : le pare-brise est ouvert large, le regard vers l’avenir et les rétroviseurs sont petits juste pour vous permettre de faire une marche arrière. L’avenir appartient à la jeunesse et il faut solder les conflits antérieurs et répondre aux questions d’insécurité, de la vie chère, à quel moment on répond à ces questions-là ? Vous voyez que notre vie est gangrénée par des évènements passés.

 

Justement vous parlez de la vie chère et des questions sécuritaires, le PM était devant le parlement et il a exposé l’état de la nation. Quel commentaire faites-vous de la situation ?

 

J’ai suivi avec beaucoup d’attention la situation qui a été dépeinte par le PM. Mais je crois qu’il pouvait en être autrement. Aujourd’hui, après l’insurrection, ce que les Burkinabè veulent, c’est un langage de vérité. C’est la réalité des choses et c’est ça le changement. Changer la manière de faire et comprendre que le peuple aspire à un mieux-être.

 

Ça été le cas ?

 

Quand on voit les chiffres qui sont donnés, on peut en discuter ? La réalité est que le prix du sac de maïs augmente, ceux du riz, du pain flambent ; le panier de la ménagère se dégarnit de plus en plus. Qu’on ait des indicateurs qui soient des plus beaux, c’est bien mais que dans la réalité personne ne perçoit ces indicateurs, je ne pense pas que cela nous aide à avancer. Nous souhaitons qu’on s’attelle à régler les véritables problèmes des Burkinabè. L’équipe en place a été élue sur la base d’un programme ; des promesses ont été faites, il faut les réaliser et à partir de ce moment, il n’y aura rien à redire. Mais à présent, vous et moi quand nous allons pour prendre l’essence, faire des courses, que la vie est de plus en plus chère et que les ressources diminuent, la grogne sociale ne fait que se perpétuer. Quand la situation est bonne ça se sent même sur les visages. Regardez même dans la circulation et voyez comment les choses se passent, vous saurez si les gens sont dans de bonnes conditions ou pas.

 

La réconciliation concerne les violences depuis les années 60 certes, mais la vraie raison, c’est l’insurrection populaire de 2014 qui a abouti au coup d’Etat de 2015. Vous, Gilbert Ouédraogo, n’êtes-vous pas en grande partie responsable de ce qui s’est passé ?

 

Je vais vous répondre franchement : naturellement, en tant qu’homme politique et responsable de mon parti, l’ADF-RDA, j’ai ma part de responsabilité et celle-ci je l’ai reconnue et je l’assume. J’ai fait un choix à un moment donné, mais ce choix avait des raisons. D’abord, nous étions dans une situation politique difficile où il fallait décider. Et pour cette décision j’ai utilisé des mécanismes qui existent dans mon parti. Ces mécanismes consistent à consulter les différents regroupements du parti, le Conseil national des sages, le conseil national des jeunes, le comité des femmes et le comité des cadres. Ensuite, il s’agissait de consulter le secrétariat exécutif, les députés, les élus locaux du parti et le bureau politique national en plus des 225 responsables de nos provinces. Et nous avons eu une rencontre au cours de laquelle nous avons analysé la situation nationale. C’est ainsi que notre parti a décidé d’apporter sa caution au projet sur la base de trois points toujours sur la limitation du mandat :

  • maintenir toujours la limitation du mandat contrairement à ce qui était prévu. Le référendum tel qu’il devait être engagé était pour lever définitivement la limitation de mandat. Et nous, nous avions toujours été pour le principe de limitation qui passerait de deux mandats à trois.
  • Que l’on fasse en sorte que la Constitution ne permette plus la modification de cet article 37.
  • Quelle que soit la personne qui sera candidate à la présidentielle, l’ADF-RDA présente un candidat contre cette personne.

Voilà les trois raisons sur lesquelles le parti a accepté d’évoluer sur sa position. En 2011, lorsqu’on a convoqué le CCRP, beaucoup de ceux qui, aujourd’hui, sont au pouvoir défendaient le principe du mandat illimité et au sein de la majorité, nous avons eu une discussion interne. L’ADF-RDA était le seul parti qui était contre la modification de la Constitution. A l’époque, on nous avait d’ailleurs dit qu’on perdrait les postes ministériels et c’est ce qui s’est passé en 2012 lorsqu’il y a eu remaniement ministériel. C’est dire donc que nous avons des positions de principes parce que nous pensions que ce n’était pas adapté. Pendant ce temps, beaucoup ont été élus sénateurs alors que l’ADF-RDA a refusé d’aller au Sénat. Nous étions le 2e parti du Burkina alors que l’opposition boycottait les élections sénatoriales. Si nous étions allés au Sénat, nous aurions remporté des sièges de sénateurs en plus des députés que nous avions, mais nous avons refusé d’y prendre part. Nous avons voté contre la loi sur le Sénat, boycotté les élections et donné des instructions à nos conseillers de ne pas y prendre part.

Nous avons refusé de prendre part au front républicain, aux marches, toujours au nom de la recherche de la paix, parce que notre devise, c’est Paix-Liberté-Justice et jusqu’à ce jour, c’est ce que nous voulons pour notre pays. Pendant ce temps, plusieurs d’entre ceux qui sont au pouvoir se sont fait élire sénateurs, ont participé aux marches pour la révision de la Constitution. Nous avons souhaité qu’il y ait un accord de la classe politique pour nous permettre de sortir de cette situation. Le président Jean-Baptiste Ouédraogo a essayé une initiative qui n’a pas marché, le président Compaoré s’est lui-même impliqué pour que nous puissions trouver un accord, mais ça coinçait toujours. A ce moment, pour vous replacer dans le contexte, nous étions dans une situation où les comités antiréférendum étaient déjà mis en place et nous savions également que le pouvoir ayant décidé d’aller coûte que coûte à la révision par la voie du référendum, il n’était pas exclu que des comités pour le référendum soient mis en place. La situation était donc tendue. Nous avons, au regard du rôle qui pouvait être le nôtre, pensé qu’à partir du moment où la révision n’est pas illégale, mais juste inopportune, est-ce qu’il n’était pas plus sage d’aller sur la voie de la légalité même si ce n’est pas opportun quitte à trouver la formule pour gagner les élections si tant est qu’au niveau des citoyens, la volonté est d’aller au changement. En nous inspirant de ce qui s’est passé au Sénégal, nous nous sommes dit qu’il fallait aller aux élections. Les Sénégalais ne sont pas passés par une insurrection pour chasser Wade. Ils ont dans un premier temps fait des manifs pour empêcher la candidature de Wade, mais ils n’ont pas réussi. Ils se sont présentés contre lui et il a été battu au second tour. Nous, nous pensions que c’était la voie qui allait éviter à notre pays le chaos. Et rappelez-vous que jusqu’au 28 octobre 2014, aucune marche n’avait provoqué ni pertes en vies humaines, ni dégâts matériels colossaux. Pour nous, il était mieux d’aller par la voie légale, agir au niveau des élections pour changer la donne.

 

Si l’ADF-RDA était restée sur sa ligne originelle par rapport à la question de la modification de l’article 37, le pouvoir n’aurait jamais osé. Ne pensez-vous pas ?

 

Je m’inscris en faux contre cela. Je suis bien placé pour savoir que le pouvoir était déterminé et qu’il nous avait indiqué clairement qu’avec ou sans nous, il irait réviserait de l’article 37. Tout était une question de choix. Avec nous, ils mettaient la limitation de mandat, verrouillaient l’article 37. Sans nous, ils feraient la révision pour la levée totale de mandat et allaient au référendum pour que le peuple tranche.

 

Mais votre position, de toute façon, n’a pas étonné ceux qui se rappelaient que tout chef de file de l’opposition que vous étiez, vous aviez décidé de soutenir le candidat du parti au pouvoir à la présidentielle de 2005. Vous aviez attaché l’éléphant au parc animalier de Ziniaré, comme nous l’avions titré à l’époque.

 

C’est normal. Quand vous menez une activité politique, il y a forcément des gens qui n’apprécient pas ce que vous faites. C’est cela aussi la démocratie. Vous me donnez en même temps l’occasion d’expliquer pourquoi en 2005 nous avons soutenu le président Compaoré. J’ai été porté chef de file de l’opposition en 2003 et j’ai fait le tour de tous les partis politiques de l’opposition qui existaient et je leur ai dit que je souhaitais que nous puissions nous organiser au sein de l’opposition. Ils ont adhéré et même dit de travailler à ce qu’il y ait une reconnaissance officielle. Nous avons donc entrepris les démarches dans ce sens et j’ai rencontré le président de l’Assemblée nationale de l’époque qui était aussi président du CDP, le président du Faso actuel, Roch Marc Christian Kaboré. C’est ainsi donc que l’Assemblée nationale a reconnu le chef de file de l’opposition que j’étais à travers une lettre qui m’a été adressée et le gouvernement a pris un décret donnant un rang protocolaire à la personnalité du chef de file. Le rang actuel de Zéphirin Diabré, je l’ai occupé. Rappelez-vous que Me Sankara l’a été par défaut, parce que nous avons renoncé à notre titre. Une fois cette reconnaissance faite, nous avions pensé que pour affronter le président Compaoré, il aurait été bon qu’au niveau de l’opposition, on puisse s’entendre sur un minimum de candidatures. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. On avait constaté qu’il y avait douze personnes qui étaient prêtes à se présenter. Franchement, nous avons analysé la situation au niveau de l’ADF-RDA et nous avons conclu qu’aller ajouter de la confusion à la confusion comme nous l’avions dit, ça n’avait pas de sens.

 

Une simple abstention n’aurait donc pas suffi ?

 

En politique, il n’y a pas d’abstention, on décide toujours. Même si vous vous abstenez, après on dira que c’était une abstention négociée. Nous avons donc décidé de soutenir un candidat à défaut de nous présenter nous-mêmes, parce que, en fait, quand on est élu, l’objectif, c’est de pouvoir mettre en œuvre un projet. Nous étions le premier parti à proposer par exemple 30% de postes pour les femmes au Burkina, à prévoir la création d’un fonds d’un milliard pour les jeunes. Le FAIJ est une idée que nous avions eue. Nous avons dit que nous allions soutenir un parti qui avait des députés à l’Assemblée. Il y avait donc trois partis qui avaient un groupe parlementaire : le CDP, l’ADF-RDA et le PDP/PS. Nous sommes allés vers le PDP/PS et avons échangé sur la possibilité d’aller aux élections en soutenant un candidat. On n’a pas senti un engouement de leur part, puisqu’à cette rencontre même, leur président n’y était pas. Nous avions aussi rencontré le président Blaise Compaoré et lui avions dit que nous voulions quelque chose de nouveau pour le Burkina Faso. Dans notre programme, il y avait la lutte contre l’impunité, la sécurité dans le pays, la question de la femme, de la jeunesse et d’autres points importants que nous voulions qu’on puisse prendre en compte. Et le président Compaoré a accepté de prendre des éléments dans notre programme pour l’ajouter au sien. Et il nous a dit que non seulement il est prêt à travailler avec nous mais que s’il était réélu, il nous appellerait à mettre en œuvre avec lui son programme. Voilà comment nous en sommes arrivés à soutenir la candidature de Blaise Compaoré en 2005. Et le président actuel de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, peut vous donner des éléments sur cette question, puisqu’à l’époque nous en avions parlé aisément. Vous pourriez même retrouver des interviews de Salifou Diallo dans lesquelles il expliquait la position de l’ADF-RDA.

Rappelez-vous aussi qu’à l’époque on avait des problèmes sécuritaires avec la guerre en Côte d’Ivoire, la passation difficile de pouvoir au Togo après la mort d’Eyadema père. Nous avions donc pensé que si notre sous-région était en proie aux troubles, il fallait quand même que le Burkina Faso demeure un îlot de paix. Tout cela a concouru à notre choix. Mais précision importante, ce n’est pas le chef de file de l’opposition qui a soutenu Blaise Compaoré. Avant qu’on le rencontre même, nous avions déjà décidé au cours d’un congrès de renoncer au titre de chef de file de l’opposition. Il y a eu une lettre officielle qui a été adressée au président l’Assemblée nationale de l’époque pour dire qu’en tant que chef de file de l’opposition, je renonce à ce titre. C’est après cette renonciation que le parti a décidé de trouver un candidat à soutenir et c’était le président Compaoré. C’est aussi parce que nous avons renoncé que Me Sankara a été appelé puisque c’est son parti qui avait un plus grand nombre de députés au sein de l’opposition après nous. Et ça été aussi par une lettre officielle.

 

Revenons à la situation actuelle. Votre mandat à la tête de la CODER prend fin ce 20 avril 2017. Trois mois, n’est-ce pas trop court pour marquer de son empreinte cette organisation ?

 

Trois mois, ça peut être court, ça peut être long. S’agissant d’une activité aussi importante que celle de la réconciliation nationale, il était bon, puisque nous travaillons en équipe, d’avoir une présidence tournante de manière à ce que chacun puisse être impliqué et apporter sa contribution pour une véritable réconciliation, qui ne se fasse pas sur le dos des victimes, qui n’enjambe pas de cadavres, mais pour le bien du peuple burkinabè, de la femme burkinabè, de la jeunesse burkinabè.

 

Justement, est-ce qu’on peut considérer la CODER comme une organisation périssable ?

 

Toute œuvre humaine est périssable, nous sommes tous périssables. La durée de vie de l’organisation importe peu. La finalité, rappelez-vous, c’est d’arriver à la réconciliation. Si tous les fils et les filles du Burkina se réconcilient, même sans la CODER, nous applaudirons. C’est ça qui est important et c’est pour cela que nous œuvrons.

 

L’opposition a beau dire qu’il n’y a pas de problèmes au CFOP, mais le fait que l’institution a donné naissance à deux courants (CODER et CFDC) n’est-il la bonne preuve que les cœurs n’y battent plus à l’unisson ?

 

Disons que l’opposition est plurielle et il y a en notre sein ce que nous appelons le cadre de concertation des partis qui ont reconnu le chef de file de l’opposition. Il y a une charte que nous avons adoptée qui prévoit la liberté d’expression de chaque responsable de chaque parti politique. En fait, le chef de file, comme lui-même aime à le dire, est le porte-parole des partis de l’opposition qui le reconnaissent. Il n’est pas le chef des partis de l’opposition, il porte juste la parole de ces formations. Mais en dehors de cela, chaque parti peut s’organiser et c’est cette charte qui a permis donc à la CFDC (NDLR : Coalition des Forces Démocratiques pour un vrai Changement), qui est l’ancienne Coalition Zeph 2015, de se constituer, tout comme la CODER. Et dans notre coalition, il y a des partis qui ne sont pas membres du Chef de file de l’opposition. Mais nous, ADF-RDA par exemple, nous sommes membre du Chef de file. Au meeting du 29 avril prochain par exemple, vous nous verrez tous côte-à-côte (NDLR : Le CFOP organise le 29 avril prochain à la maison du Peuple un meeting pour dénoncer «la dégradation de la situation nationale face à l’incapacité du MPP»), parce que c’est une activité de l’opposition dans laquelle nous nous reconnaissons. Et c’est dans l’unité que nous allons manifester.

 

Dans un communiqué, le CDP dénonce un règlement de comptes politiques à travers le procès des ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré qui aura lieu le 27 avril prochain. Quel commentaire en faites-vous, vous qui disiez tantôt que la justice est un préalable, un élément de la réconciliation ?

 

Vous avez dit que c’est le CDP, non ? Il va falloir peut-être leur poser la question. Là, vous interviewer le président de la CODER et de l’ADF-RDA. Lorsque nous estimerons nécessaire de nous prononcer sur la question, nous le ferons. Mais si nous ne l’avons pas fait, c’est que pour l’instant nous jugeons que ce n’est pas utile d’en parler.

 

Vous n’avez plus de mandat électif ni de fonction ministérielle, de quoi vivez-vous actuellement ? Que devient votre cabinet d’avocats ?  

 

Ce matin même j’étais à mon cabinet. En dehors de mes activités politiques, je mène toujours mes activités professionnelles. Depuis 2015, j’ai été réinscrit au tableau de l’Ordre des Avocats et j’exerce dans une société d’avocats que nous avons créée en 1999. Et pendant mon absence, les autres membres de la société ont continué de la faire tourner. Et aujourd’hui nous nous sommes retrouvés avec plaisir pour reprendre le boulot ensemble, à savoir Me Kyelem Apollinaire de Tambèla, Me Hamidou Savadogo et moi-même Me Gilbert Noël Ouédraogo. Notre cabinet d’avocats est à Ouaga 2000. Le travail d’avocat ne se passe pas uniquement au palais de Justice, c’est peut-être pour ça qu’on ne me voit pas exercer, même j’y vais souvent. Il y aussi le conseil, la rédaction des actes… et comme j’ai été absent durant 17 ans du barreau, je le reconnais, je prends le temps de réapprendre et il faut avoir l’humilité de le reconnaître. Mais je ne suis pas du tout perdu, je sens que le virus ne m’a pas du tout quitté. J’ai retrouvé des sensations qui me font croire que c’est vraiment ma vocation.

 

Pour finir, il y a eu récemment une actualité qui a aussi défrayé la chronique. C’est cette sortie médiatique de Soumane Touré, homme politique et grand syndicaliste devant l’Eternel, qui a littéralement volé dans vos plumes ainsi que dans celles d’autres personnalités. Comment avez-vous pris cela ?

 

Le premier commentaire que je peux faire, c’est que sa sortie est à son image. Deuxième commentaire et on parlait tantôt de ma fonction d’avocat, c’est la suite d’un conflit qu’on avait eu. Moi, je l’avais oublié mais apparemment lui non. En 2000, lorsqu’il y a eu le contentieux PAI, version Soumane Touré, et version Philippe Ouédraogo, je m’étais constitué aux côtés de Philippe contre Soumane. Et si aujourd’hui son parti porte un autre nom que PAI, c’est parce que nous avons gagné cette bataille juridique et lui a perdu son récépissé. Et je crois que depuis ce temps, il me voue une inimitié indescriptible (NDLR : rires). C’est ce qui expliquerait cela, mais de là à aller tuer mon DAF, qui est toujours vivant, c’est le comble. Je ne sais s’il a des projets d’assassinat, mais mon DAF vit, pourtant, lui, il dit qu’il s’est suicidé. Sinon lorsqu’il parle du dossier de l’aéroport, cela a fait l’objet d’une enquête parlementaire dont les résultats sont publics et que tout le monde peut consulter en ligne. Cette commission était d’ailleurs présidée par un ancien président de la Cour suprême Komi Sambo et le président actuel du Faso n’était autre que le président de l’Assemblée nationale. Rien n’a été retenu contre ma personne dans ce dossier. J’éprouve donc beaucoup plus de la compassion que tout autre chose pour Soumane.

 

Pensez-vous intenter une action en justice pour diffamation puisque l’intéressé lui-même se dit prêt à y répondre ?

 

Il quémande en fait le procès, mais est-ce que nous n’avons pas mieux à faire ? Je lui dirai simplement de sortir les preuves qu’il a et dont il parle tant.

 

Interview réalisée par

  1. Arnaud Ouédraogo

Ebou Mireille Bayala

Hugues Richard Sama

Commentaires   

0 #2 patardé 24-04-2017 18:07
proposition de BLAISE COMPAORE de revisser l'article 37 avec ou sans l'ADF_RDA, et l'ADF_RDA de decider qu'il n y a pas de sans ADF-RDA. qu' est ce l ADF-RDA s'est convaincue du rapport de force du CDP sans ses propos acteurs ou sur la force réelle du son Président dans son déni du consensus avec le rapport du collège de sages. Me GILBERT, en lisant vos collabo sur les réseaux, il apparait clairement que vous partisan des carreaux assis des compagnons de BLAISE ou des réglements de comptes. les cas avérés sont les dossiers CFD et ARDC transpirés dans le combat TOURE Soumane- Philippe OUEDRAOGO et le non consensuel sur l'article 37 au CCRP. (ROCH pour la révision et Me Contre) et inversement pour éjecter ROCH et compagnie. les cas qui méritent d’être connus ce sont les thèmes portés et distillés par des néo. esclavagistes et /ou conservateurs portant conditions de naissance de ses adversaire ou le relais de la lutte du père avec ses adversaires régionaux dans le but de se faire une place auprès Blaise COMPAORE
Citer
0 #1 patardé 24-04-2017 17:16
*Nous ne nous voyons pas comme des concurrents du HCRUN, mais comme des facilitateurs, des Burkinabè qui se sentent interpellés par la question de la réconciliation nationale et qui essayent d’apporter leurs contributions * ,Me GILBERT, votre terme facilitateur a quel connotation? est dire que vous ne vous semblez plus impliqués dans les causes ayant nécessité le HCRUN pour proposer une approche aux objectifs à lui assignés? ou l'habitude de Blaise qui a crée en vous une seconde nature , ou encore un abus de langage ?
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut