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Premier gouvernement Macron : Etude comparée de vertu entre la France et l’Afrique

Sous tous les cieux, former un gouvernement n’a jamais été chose facile. Même en temps normal, la constitution d’une équipe s’apparente parfois à la quadrature du cercle tant les paramètres à prendre en compte par le chef de l’Etat ou son Premier ministre, s’il en a, s’avèrent parfois plutôt nombreux, les postulants aussi.

Qui pis est dans une situation inédite comme celle que vit la France actuellement, avec un président ne se réclamant ni de gauche ni de droite, écartelé entre les clivages politiques classiques, et qui a fini par se dégoter un chef de gouvernement issu du parti Les Républicains, un juppéiste pur jus, en la personne d’Edouard Philippe.

 

Qui pis est quand on est obligé de faire du neuf avec du vieux. Et on l’a vu avec la résurrection de certaines personnalités comme François Bayrou le patron du Modem (Justice), Gérard Collomb, l’ancien maire de Lyon (Intérieur), Bruno Lemaire (Economie) et dans une moindre mesure, Jean-Yves Le Drian (Europe et Affaires étrangères).

Qui pis est quand, moralisation de la vie publique oblige, les nouveaux élus doivent être au-dessus de tout soupçon comme la femme de César, pour éviter les précédents fâcheux de Jérôme Cahuzac, de Thévenou et, dans une moindre mesure, François Fillon. Imagine-t-on un ministre de la République en Marche mis en examen ?

C’est d’ailleurs pour éviter tout désagrément que la publication du premier gouvernement d’Emmanuel Macron a été reportée de 24h, le temps de s’assurer de la situation fiscale des pressentis. Noble et sage précaution ! Même si on ne sait pas si ça sera suffisant pour le patron de la République en Marche pour éviter les sorties de route. Mais c’est tout cela qui fait le charme de la politique française ; car sous nos tropiques, si on devait tenir compte de ces paramètres de vertu, il y a bien de pays qui n’auraient pas de gouvernement. Dans la mesure où la formation d’une équipe dirigeante est d’abord une affaire de copains et de coquins ; les gourous du moment jouant des coudes pour placer leurs bons petits, leurs parents ou leurs amis, si fait que dans la plupart des cas, on entre au gouvernement pour se servir et non pour servir.

De quelle vertu, de quelle situation fiscale, de quel conflit d’intérêt d’ailleurs parle-t-on quand le président peut confondre les caisses de l’Etat avec sa tirelire personnelle ?

De quelle vertu parle-t-on quand le chef du gouvernement et ses ministres ont leurs propres sociétés, parfois des prête-noms, à qui ils filent les marchés, de gré à gré si possible ?

De quelle vertu parle-t-on quand le ministère ou la société d’Etat deviennent des entreprises de placement pour frangins, cousins, neveux et maîtresses au chômage ?

Vivement donc que la volonté macroniste inspire nombre de nos présidents africains !

Ce petit parallèle sur la vertu gouvernementale fait, s’il y a deux choses dont nous autres, Africains, pouvons nous réjouir, c’est d’abord l’arrivée de Nicolas Hulot au ministère d'Etat, de la Transition écologique et solidaire. Dieu seul sait combien le documentaliste vedette d’Ushuaia TV a été courtisé par les précédents gouvernements, mais celui qui a failli être candidat à la présidentielle a toujours refusé. Autant dire que c’est une grosse prise pour Macron qui a fini par harponner ce combattant de l’écologie dont les préoccupations environnementales sont planétaires et Dieu seul sait le nombre de documentaires qu’il a déjà consacrés à la préservation de la nature en Afrique.

Reste à savoir s’il pourra nager aussi facilement dans les eaux politiques françaises particulièrement agitées par ces temps qui courent.

Mais c’est aussi et surtout la nomination de Jean-Yves Le Drian au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Le nouveau locataire de l’Elysée montre certes sa préférence toujours affichée pour le vieux continent, mais en faisant de Le Drian son chef de la diplomatie, il fait un clin d’œil à l’Afrique. Seul rescapé de l’équipe Hollande, l’ancien ministre de la Défense a entretenu une relation particulière avec le berceau de l’humanité ces 5 dernières années. Autant dire qu’il était le bras armé de l’Hexagone dans la lutte contre le terrorisme dans les pays du G5 Sahel et pour le maintien de la paix en Centrafrique, tissant de fait des relations privilégiées avec des chefs d’Etat africains dans les salons feutrés des diplomates. Nul doute d’ailleurs qu’il devrait être dans les bagages du nouveau président annoncé ces jours-ci au Mali pour sa première sortie africaine. Un signe ?

 

  1. Arnaud Ouédraogo
Dernière modification ledimanche, 21 mai 2017 22:57

Commentaires   

0 #5 Sidnoma 20-05-2017 17:15
Mais côté moral, nous aussi avons des leçons à donner !
Quel candidat à la présidence africaine oserait épouser sa grand-mère et pire, se dénier une progéniture ?
kaarsa !
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0 #4 Sacksida 20-05-2017 13:15
De toutes les façons les africains et leurs dirigeants se comportent comme si nous étions au 17 ème siècle, et en plus d’une manière générale les africains n’aiment pas le travail conscient, continu et conséquent, et de surcroit les africains rebutent la gestion rigoureuse, la transparence et le contrôle rigoureux des affaires publiques ou privées seules qui peuvent nous faire décoller. Remarquez, tous les dirigeants patriotes africains qui ont tenté des projets et programmes de société cohérent et déterminant pour le développement du continent ont été assassinés avec la complicité de leurs propres compagnons ou leurs frères. La génération montante actuelle n’a pas le choix que de se battre et de changer le cheminement des choses, si elle veut se créer un avenir moins désastreux. Salut !
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0 #3 Kanzim 18-05-2017 14:55
M Arnaud OUEDRAOGO : qu’est-ce qui peut avoir construit ou inspiré dans votre analyse, que les fondements d’un espoir que la « volonté macroniste inspire nombre de nos présidents africains » ? Si c’est un vœu, seul le recours à Dieu et non à ses saints terrestres peut nous faire vivre un tel avènement. Si c’est un espoir, je regrette de devoir le pondérer, au regard de l’utilisation frauduleuse et maligne des jeunes, vers l’accomplisseme nt des basses besognes politiciennes. Un chef d’Etat a martelé quelque temps après sa prise de la mangeoire, que « j’ai dit à mon épouse que si elle reçoit des hommes d’affaires chez nous, j’engagerai immédiatement le processus de divorce ». Et puis avant le trimestre, il fit comme son voisin du Nord et du sud, puis de l’Est et de l’Ouest : le petit frère vient prendre les mangeoires stratégiques des mines, construit des antichambres pour les rendez-vous avec le grand frère président. La copine alors celle-là : peu importe le dégoût à « manager » son physiquement impotent. Pourvu qu’elle détienne les rennes du commerce. Bref tout ce dont je me félicite dans l’avènement macaroniste à la mangeoire française, c’est que d’une part la nouille joufflue s’en va et libère le terrain africain d’opportunistes historiques du monde politique africain. Et le deuxième point et de loin le plus important, c’est que le pinochiolesque nabot ne se dressera pas dans ses kaboules surélevées en échasses lui servant de chaussures, pour barrir dans son nez éléphantesque « je pars et je les ramène, quel que soit ce qu’ils ont fait », en parlant de français pris dans les nasses de la justice tchadienne. Enfin un autre président ou Macron ou Macaroni ou Makelon comme l’appellent les chinois selon RFI, la conclusion pour moi est la pièce de 50 F ne vaut pas mieux que celle de 25 F, aucune d’elles ne pouvant acheter un simple plat de riz, même en caoutchouc.
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+1 #2 ANTA 18-05-2017 11:21
Arnaud, il ne faut plus comparé un éléphant à un microbe. Pendant que tu parles, ce n'est pas Kiénou qui remplacé Tarpaga à la police. Pendant que Tarpaga engrangeait 1 574 428 CFA sans le savoir", son adjoint avait 1 000 000 FCFA sans le "savoir". Il faut les chasser tous de la police si on ne réintingre pas les pauvres policiers radiés en 2011 dont le seul tort a été de dénoncer la spoliation.
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0 #1 lagitateur 18-05-2017 08:52
Mais pourquoi prenez-vous une vieille photo pour illustrer un Gouvernement fraîchement nommé? Je reconnais sur votre photo: Ségolène Royal, Manuel Valls, Laurent Fabius, Naja Vallaud Belkassem, etc. C'est du Hollande, c'est du vieux, les gars.
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