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Attaques médias gabonais : Très drôles pour être crédibles

Qu’est-ce qu’on ne nous donnera pas à voir  sur la scène politique africaine ?

 

Vous avez écrasé une larme de désolation face au « coup d’Etat le plus bête du monde », expression du président guinéen, Alpha Condé, pour condamner le putsch raté du 16 septembre 2015 contre la Transition burkinabé ?

Vous n’aviez rien vu encore. Voici à présent le coup d’éclat politique le plus drôle du monde.

Alors, sortez vos mouchoirs, car vous allez rire à verser des torrents de larmes.

C’est un scénario digne du prix Razzie Awards (1) qui a été piteusement joué ce vendredi 16 juin à Libreville : un commando, un bien grand mot pour ce qui semble n’être qu’une poignée de pieds nickelés, fait d’abord irruption dans les locaux de TV+, tient en respect les employés et les oblige à diffuser un DVD exigeant,  dans les 72 heures, le départ du président Ali Bongo du pouvoir et du pays, le désarmement de la garde présidentielle par l’armée nationale et l’investiture de Jean Ping par la Cour constitutionnelle.

Dans le cas contraire, le chef de ses trois pelés et un tondu ont menacé de faire sauter plusieurs institutions préalablement plastiquées. Du bluff ! puisque d’engins explosifs, il ne s’agit que de bombes factices dissimulées dans de l’aluminium.

La ronde de pitrerie se poursuit à Africa n°1 où un problème technique empêche la diffusion du message puis à Canal 7 où les histrions, qui trouvent grilles baissées, sont obligés de prendre la poudre d’escampette face à la charge des… riverains.

Le maestro de cette comique orchestration parviendra finalement à livrer son message sur les antennes de Gabon Télévision avant d’être interpellé au siège de l’Union européenne de Libreville.

Inutile de vous torturer les méninges pour comprendre les tenants et les aboutissants d’un tel acte. C’est que le scénario est à l’image de la personnalité de ce messager du vendredi 16 :

En effet, celui a voulu jouer au Bob Denard de pacotille n’est autre Roland Désiré Aba’a Minko.

Ça vous dit quelque chose ? On parierait un million de francs gabonais que non. Et pourtant, ce saltimbanque, réfractaire à tout dialogue et partisan de l’insurrection,   a été candidat à la dernière présidentielle du 31 août 2016 avant de rallier, comme bien d’autres opposants, à Jean Ping.  

En réalité, ce curieux personnage n’est pas à son premier coup d’éclat :

le 14 juillet 2011, place de l’Indépendance,  alors qu’il siégeait encore au Conseil économique et social, le président de Gabon nouveau départ s’est attaché au mât d’un drapeau de son pays et a observé treize jours de grève de la faim afin d’exiger le départ des troupes françaises ou la renégociation des accords entre l’Hexagone et son ancienne colonie.

Candidat à la course au Palais du bord de mer, c’était à bord d’une guimbarde de 36 ans que cet ingénieur et homme d’affaires a battu campagne, le sentiment antifrançais à fleur de peau.  

Un drôle de mec donc comme on le voit et on en rirait presque si ses dernières facéties n’intervenaient pas dans un contexte tellement pourri que même le dialogue politique nationale n’est pas parvenu à l’assainir.

Au regard de ses états de service, c’est dire si le cas de ce timbré  ne relève pas davantage de la psychiatrie que la justice même si celle-ci ne pouvait que se saisir d’un acte de terrorisme aussi drolatique soit-il.   

Voilà donc une bouffonnerie qui débouche sur une situation, laquelle ne fait pas rire aussi bien pour son auteur, qui risque gros dans  cette extravagance de trop, que pour le pauvre Jean Ping, qui se ruine en communiqués pour se démarquer d’un tel acte.

Difficile pourtant de voir derrière cette opération aussi insensée dans son mode opératoire que dans sa finalité la main du « Chinois ». A moins qu’on ne soit de mauvaise foi et veuille tuer le… pékinois en l’accusant de rage.    

Même si en fin de compte il n’y a pas de quoi fouetter un chat dans une affaire qui relève plus de la cocasserie que de toute autre chose, c’est tout de même pain bénit pour le pouvoir. 

En effet,  quand on sait que le sieur Minko participait aux réunions du comité stratégique des opposants, au cours desquelles il appelait à  la chute de la famille Bongo par tous les moyens, on imagine aisément la puissance de la bombe médiatique que manipule désormais le clan présidentiel.

Pourvu seulement que contrairement aux pétards et aux bombinettes mouillés de vendredi dernier, cette bombe ne fasse pas sauter « vingt fois la République ».

A moins que ce tordant événement ne procède d’un stratagème à quelques jours de l’arrivée au Gabon  d’une mission de la CPI  dans le cadre des enquêtes sur les violences postélectorales.

 

La Rédaction    

    

(1) Prix récompensant les pires navets du cinéma américain

Dernière modification lelundi, 19 juin 2017 22:05

Commentaires   

0 #2 LoiseauDeMinerve 19-06-2017 10:46
Il faut être berzingue pour croire à ce film dont le metteur en scène est une cellule proche de Bongo fils et dont l'exécutant n'est qu'un vénal opposant qui a certainement reçu en retour des francs bongo pour discréditer Li Ping et offrir des arguments favorables à la dictature en place.
Ah ! les experts africains ! Qu'ils sont intelligents !
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0 #1 neilson 19-06-2017 08:58
Faut il en rire ou en pleurer? Je dirais les deux à la fois parce que ce mec bien que loufoque est parvenu à attirer l'attention sur le Gabon et sur la dynastie des bongo père, fils, cousins,cousine s et tantes. Les. Bongo ont intérêt à quitter le pouvoir avant qu'un vrai maboul ne les y contraigne!
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