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Un sit-in Impôts et Trésor : Pour que l’État ne s’assoie pas … sur ses engagements

Aucun guichet fonctionnel au Trésor lors de notre passage Aucun guichet fonctionnel au Trésor lors de notre passage

On se souvient qu’un accord « sous le manteau » avait été signé au bout de moults concertations, comme nous le mentionnions dans notre édition du 29 mai 2017, entre le Syndicat autonome des agents du Trésor du Burkina (SATB) et le gouvernement. Cet accord marquait la fin d’une série de grèves. Les menaces pesant sur le non -respect des clauses ont poussé le SATB et le Syndicat national des agents  des impôts et des domaines (SYNAID) à monter de nouveau au créneau, lors de sit-in prévus du 18 au 21 juillet prochain.

 

Mardi matin dans la capitale, une cohorte de CRS ceinturait le Centre général des impôts et priait les passants d’en dégager l’entrée. Au lendemain des tensions ayant éclaté sur le parvis entre forces de l’ordre et manifestants, l’ambiance n’était pas bon enfant. Un curieux, posté au dehors, nous confiait même, avant de prendre la poudre d’escampette, avoir reçu des menaces des policiers.

Décidés à enquêter sur le dernier épisode en date des contestations syndicales du Trésor et des Impôts, nous sommes parvenus, armés d’une carte de presse, à nous frayer un chemin. Des bruits de couloirs s’empressent de nous plonger dans les intrigues de palais. Nous saisissons au vol les mots d’un fonctionnaire qui semble faire part à deux officiers, des luttes d’influence opposant les syndicats. Leur empruntant le pas discrètement jusqu’au secrétariat de la Direction, nous attendons quelques minutes le retrait de l’escorte rapprochée.

Un accueil, aussi poli que muet, nous sera réservé au bureau du directeur général des impôts. En raison des instructions reçues, Adama Badolo préfère laisser au ministre des Finances, de l’Economie et du Développement, le soin de nous informer des tenants et des aboutissants du problème : un sit-in de quatre jours décrété soudain par les organisations syndicales du Trésor et des Impôts, du mardi 18 au vendredi 21 juillet.

Impossible pour l’heure de connaître le nombre de frondeurs. Néanmoins, le dirigeant se voulait rassurant sur la capacité institutionnelle à encaisser le coup. « Contrairement aux sit-in passés - a-t-il affirmé - les bureaux restent ouverts. Ils encaissent ». Des dispositions prises pour sécuriser les locaux, les agents et les visiteurs, les ont amenés a tenir à la Bourse du travail le meeting initialement prévu au siège. Nous y mettons le cap sans tarder.

 

Fonctionnaires à l’arrêt, revendications vent debout

 

Une ruche où le miel se tarit. Voilà ce à quoi ressemblait la Bourse du travail hier, assiégée par plusieurs centaines d’abeilles ouvrières de la fiscalité, en position assise. De cette façon, de nombreux fonctionnaires entendaient protester, n’en déplaise au ministre de la Communication, Remis Dandjinou, ayant tenté de les en dissuader à travers un communiqué diffusé sur la RTB. Mais contre quoi au juste s’insurgent-ils?

Pour en savoir davantage, nous sommes orientés vers le Bureau national du Syndicat national des impôts et des domaines (SYNAID). Son secrétaire général, Nongo Grégoire Traoré, prend la parole et nous éclaire sur l’origine du mouvement social, notamment la plateforme minimale revendicative adressée au Premier ministre, commune à 6 syndicats, dont les plus importants sont le SYNAID et le Syndicat autonome des agents du Trésor du Burkina (SATB).

Des pourparlers menés avec le gouvernement jusqu’au 13 juillet portaient sur deux points essentiels: la mise en œuvre des protocoles d’accord et arrêtés sur la répartition des Fonds commun, d’une part, et le départ des différents directeurs généraux, d’autre part, pour garantir le bon fonctionnement de nos institutions. À ce propos, Nongo Grégoire Traoré a précisé qu’en 43 ans de fonctionnement, son organisation n’avait pas coutume de demander le départ des chefs. Cependant, « quand le responsable constitue un blocage à l’avancée du travail chacun doit prendre ses responsabilités ». Avis donc aux intéressés : Adama Badolo au sein des Impôts et Abraham Naby Ouattara à la tête du Trésor.

Des 59 thèmes initialement débattus, 10 ont été retenus bien que la déclaration du gouvernement se concentre sur la question du Fonds commun. Or « aucun point n’a été satisfait entièrement », a déclaré le secrétaire général du SYNAID. Le délai de fin juin pour occuper des bâtiments modernes a été dépassé. En attendant, « des services qui devaient occuper leurs locaux croupissent toujours dans des infrastructures vétustes». Nongo Grégoire Traoré a également rappelé que la sécurité laissait à désirer puisque divers services ont été cambriolés. Par ailleurs, il a certifié que les plans de carrière n’avaient pas encore été adoptés.

Enfin, le dirigeant syndical a défendu la nécessité du statut d’autonomie, argumentant comme suit : « Fonds commun et statut particulier sont liés. Le Fonds commun, on le donne aux travailleurs, car il n’existe aucune loi qui organise cela. C’est pour éviter que l’on s’entre-déchire qu’on a demandé le statut autonome pour définir les motivations financières. À ce rythme un agent de catégorie E pourra se plaindre d’être traité différemment  qu’un autre de catégorie A. » 

 

Ta bourse ou la grève?

 

Nous quittons la Bourse du Travail pour rejoindre la Direction générale du Trésor afin de constater si la consigne de grève a eu du succès. Fermés, la plupart des guichets de l’agence comptable, à l’image d’urnes scellées, expriment le vote des absents révoltés.

Nul retrait d’argent n’est possible. Certains usagers que nous croisons durant notre visite s’en plaignent. Depuis de longues heures déjà, une dame guette le retour des grévistes. « Ils n’ont qu’à s’entendre - s’impatiente-t-elle -  ça paralyse le travail ».

Un chauffeur du ministère des Infrastructures, Ali Kambou, se livre, quant à lui, à une critique beaucoup plus acerbe de la conduite des fonctionnaires rebelles, faisant fi des difficultés traversées par le pays: « Que les premiers responsables du pays revoient leur copie. Les revendications sont nombreuses. Le gouvernement a satisfait la moitié des doléances des frondeurs. Les faveurs dont ils bénéficient, certains dans d’autres ministères n’en bénéficient pas. Les gens souffrent, mais eux, ils revendiquent infiniment. Pourtant, tout le monde chante partout qu’il n’y a pas d’argent », a-t-il conclu.

Nonobstant, une poignée de gardiens des deniers publics était toujours en service. Leur regard circonspect défie notre tentative d’approche : « Ah bon, il y a grève ? Nous, on travaille, demandez aux gens dehors ».

Pour dévisager le revers de la pièce, il nous suffit de contourner l’édifice. À l’arrière, se tient un nouveau sit-in, réunissant les plaignants de la financières. Nous nous entretenons avec Séni Kouanda, le leader de la SATB. Il s’emporte contre la vision simplificatrice de leur combat, tendant à le réduire à sa dimension sonnante et trébuchante. Aux côtés de ses camarades, le militant plaide pour l’équité et une plus grande transparence fiscale et administrative « contre le tripatouillage de fonds ». Vu sous cet angle, les protestations revêtent effectivement une toute autre épaisseur, que celle de vouloir seulement faire en sorte que le gouvernement débourse de l’argent.

 

Les syndicats dénoncent une stratégie consistant à « semer la graine de la division »

 

En guise de riposte, le gouvernement a, selon les syndicats du Trésor et des Impôts, élaboré une stratégie pour diviser les frondeurs.  « Après la signature du protocole d’accord, ils ont monté  des groupuscules d’agents qui affrontent le syndicat, l’organisation authentique, en insinuant qu’il n’y a eu aucun accord », a expliqué le secrétaire général du SYNAID, Nongo Grégoire Traoré. Selon ce dernier, hier matin des chauffeurs ont été armés pour attaquer les travailleurs ; les forces de défense et de sécurité présentes sur les lieux peuvent en témoigner.

Les syndicalistes décrient donc une volonté politique de déstabiliser et d’orchestrer une scission entre les travailleurs. La création ex nihilo de syndicats serait, par conséquent, vouée à « semer la graine de la division », pour mieux asseoir un statu quo. Or les syndicats entendent recentrer sans cesse le débat sur la légitimité et la satisfaction de leurs revendications. 

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous sommes là », a déclaré Séni Kouanda, déterminé pourtant à continuer jusqu’à obtenir gain de cause. Concernant de potentielles sanctions, Nongo Grégoire Traoré a coupé le nœud gordien en faisant front : « Participer à un sit-in d’un mouvement syndical, réunir les travailleurs pour les informer est-ce mauvais ? Si sanction il y a, nous les leaders, nous assumerons ».

 Harold Alex Kaboré

Alejandro Llopart Corzo

 

Commentaires   

+2 #9 ANTA 19-07-2017 16:36
En fait, Kôrô Yamyélé, si tu étais à la place des chauffeurs tu allais faire la même chose et tu allais me demander de venir avec deux spatules pour t'aider. Cette grève des financiers est motivée par l'égoïsme pur.Ils refusent qu'on octroie le fameux FC aux agents qui ne sont pas "sortis de l'ENAREF", entendu que eux financiers, pour avoir fait cette école où 90% de ces braillards de financiers ont accédé après avec acheter leur ticket d'admission. Ils ont ainsi exigé l'exclusion des chauffeurs, des agents de liaison, des secrétaires et des autres agents venant d'autres institutions. Si c'est toi tu vas accepter qu'on te traite comme un moins que rien? En tout cas moi, si j'étais dans ce ministère, j'aillais être au devant des chauffeurs.Tchr rrr.... c'est vous seuls qui avez bouche pour manger? C'est pas vous woo, c'est le CDP-MPP ou le MPP-PPP!
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0 #8 BIENZI 19-07-2017 15:42
Il faut que les financiers sachent qu'ils exagèrent avec leur fond commun qui n'est autre chose que le pillage des fonds des contribuables. Vous motiver pour que puissiez faire votre travail, et vos salaires, à quoi servent-ils alors? Il semble que vous vous partagez ainsi la coquette somme de 32 milliards par an. Cette somme peut servir à trouver d'emplois pour les jeunes. Quand la faim va dépasser cette jeunesse vous verrez si vous serez en sécurité pour bouffer vos fonds communs.
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0 #7 DAO 19-07-2017 15:14
il est grand temps de repenser notre Administration publique d'Etat pour en faire une vraie Administration d'appui au developpement. Plus le Gouvernement accorde des avantages à une categorie de fonctionnaires plus il y aura des grèves et des revendications. les seuls gagnants seront les fonctionnaires qui percevront les indemnités reclamées
l'absenteisme; la corruption; le laxisme; l'impunité et tous les maux décriés dans notre Administration ne disparaitront pas pour autant!
Il faut remettre tout cela à plat! ce fut d'ailleurs une erreur d'avoir fonctionnariser tous les contractuels. il fallait plutôt contractualiser le plus grand nombre d'agents publics avec des contrats individuels en bonne et due forme et resever la qualité de fonctionnaires aux seuls personnels des grands services fondamentaux de l'Etat ( la justice; l'administratio n territorial; la santé; l'éducation; defense et securité)
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0 #6 jerkilo 19-07-2017 13:06
Pourquoi les 2 protagonistes ne veulent pas publier les montants du FC revendiqués. Le peuple et les autres travailleurs de l'Etat doivent savoir: c'est l'argent des contribuables que les agents du SATB et du SNAID veulent se partager.
A l'endroit du porte parole du gouvernement: quand on pas les moyens de contrecarrer une action syndicale, il vaut mieux se taire que de bander les muscles inutilement, ça dévalorise le gouvernement
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0 #5 Kanzim 19-07-2017 12:43
Un véritable match de pingpong, que ces relations entre gouvernement et les différents syndicats des financiers. Pourquoi faut-il que des revendications petites bourgeoises faites à un gouvernement de bourgeois fassent payer un si lourd tribut à l’environnement des affaires, donc à une bonne partie du peuple du Burkina ? A commencer d’abord par les syndicats, toutes tendances et couleurs confondues : une lutte syndicale devrait-elle fermer les yeux sur les intérêts supérieurs de la nation ? La stratégie de préparation et de mis en œuvre des formes physiques et visibles de la lutte comme les grèves ne devrait-elle pas intégrer préalablement l’analyse de l’ampleur de nuisance des conséquences probables ? La violence verbale et physique et l’insolence ne sont compatibles qu’aux syndicats jaunes c’est-à-dire ceux fabriqués et instrumentalisé s pour nuire aux luttes légitimes pour les intérêts légitimes des travailleurs, mais du peuple aussi. Il se trouve que le SATB et SYNAID ne font pas d’efforts pour se démarquer des syndicats jaunes, en jouant la complicité de l’omerta avec le gouvernement, pour garder secrets les accords entre eux sans demander et l’analyser, à qui profite ce silence et cette opacité irritante au point de refuser au peuple son droit à l’information. Ce faisant, gouvernement comme syndicats ouvrent la vie aux interprétations . Et pour éviter l’aventurisme dans l’analyse, je renverrai chacune des parties à ses turpitudes. Les syndicats à leur insolence et à leur refus de compromis, et le gouvernement à sa compromission dans son devoir régalien de rassurer le peuple qu’il est dirigé par un gouvernement fort, et non timoré, mou, sans relief ni principes. Je me dois de dire aux responsables des deux syndicats que la phrase « Si sanction il y a, nous les leaders, nous assumerons » est aventuriste. Mieux vaut pour vous que la sanction extrême par le licenciement n’intervienne pas. L’inconscience et a folie du repu qui vit grassement sur des fonds communs ne doit pas vous faire publier ce que vous étiez avant le ministère des finances et ce que à coûte de passer 3 jours sas manger. Quant au gouvernement, vous ne convaincrez personne en somnolant à la télé quand vous rapportez au peuple le message du gouvernement. Un peu de respect pour nous, et le porte-parole devrait savoir quel ton et quelle attitude utiliser insolente et en sérieux quand on fait une déclaration officielle. Il doit être différent de quand il faut le compte rendu du Conseil des Ministres, avec un air absent et des caméras qui filment les belles tenues des dames et des ministres embarquant dans des V8 polluantes. On aurait dû inscrire dans l’agenda du TAC, un échange d’expériences ou une formation par la partie ivoirienne à notre profit, en technique de restitution ou de compte rendu des conseils des ministres. Le Ministre ivoirien s’y prend très bien.
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0 #4 Sacksida 19-07-2017 12:30
Voyez-vous, le problème principal de la gouvernance MPP, c’est son manque d’anticipation depuis janvier 2016. S’ils avaient bien sérié les problèmes depuis le début et en négociant la mise à plat consensuelle des grilles salariales de tous les fonctionnaires et de réétudier les avantages spécifiques à chaque corps de métiers, on en serait pas là aujourd’hui. Mais, pour faire tout cela, ça requiert de la franchise, la transparence et de la détermination. Au lieu de cela, on est dans un système de gestion réactive qu’anticipative . C’est dommage. Salut !
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0 #3 Tôgs-Sida 19-07-2017 12:13
A ce rythme le Burkina Faso risque de se muer en oligarchie:une poignée de personne se partage les biens et les autres croupissent dans la misère.Les accords mouta-mouta et les ententes sous le manteau font le lit de l'injustice. Après les magistrats généreusement graissés comme des moutons de Tabaski,c'est au tour des agents du trésor et des impôts pourtant les mieux payés parmi les fonctionnaires de ce pays de réclamer encore et encore....Il faut sonner la fin de l'injustice.Que l'on fasse une remise à plat du système de rémunérations dans la fonction publique.Si les fameux fonds communs sont destinés à encourager les travailleurs,qu 'on l'élargisse à tous les fonctionnaires de l'état.Le système de Blaise Compaoré a crée beaucoup d'injustices et d'inégalités salariales.Le nouveau régime par ses atermoiements ne fait que perpétuer et amplifier le phénomène.Face à,la paupérisation qui prend des proportions inquiétantes les nouveaux dirigeants ne doivent pas se tromper de combat.A bon entendeur...
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0 #2 Megui 19-07-2017 11:34
Ce type ne mérite pas le nom de kôrô. Un kôrô, c'est avant tout l'incarnation de la sagesse. Et non pas des réactions épidermiques et intempestives.
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0 #1 Kôrô Yamyélé 19-07-2017 07:52
''...hier matin des chauffeurs ont été armés pour attaquer les travailleurs..''.

- C'est toujours ainsi. Ce sont les travailleurs de basse catégorie, les illettrés qu'on manipule contre les autres. Mais ils se verront dans les bureaux après tout ce brouhaha.

Chers agents des impôts et trésor, ne les confiez encore aucune mission externe. Ils ne doivent plus gagner des frais de mission. Ces voleurs de pièces de véhicules de l'état doivent être mis à l'écart de tout. Ces détourneurs de bons de carburant doivent être marginalisés de tout désormais.

Par Kôrô Yamyélé
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