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34e anniversaire de la Révolution : La «rosée» sur la mémoire en fleur de Thomas Sankara

4 août 1983 - 4 août 2017, il y a de cela 34 ans qu’un système de gouvernance a été introduit dans la gestion des affaires publiques au Burkina Faso : la Révolution. Cependant, cet élan a été stoppé le 15 octobre 1987 avec la mort de son leader, Thomas Noël Isidore Sankara. Pour commémorer l’anniversaire de cette Révolution démocratique et populaire, le Comité international du mémorial Thomas Sankara (CIM-TS) a tenu le 4 août dernier à Ouagadougou un panel pour présenter l’évolution du projet du mémorial et recueillir des témoignages au profit des jeunes générations. Cette cérémonie a aussi été l’occasion de revisiter les grands chantiers de développement initiés pendant cette période et de s’interroger sur l’existence et le conditionnement des archives en ce qui concerne cette Révolution. A cette cérémonie, Sankara et ses douze compagnons ont encore fait couler des larmes, comme autant de gouttes de rosée versées sur une histoire douloureuse.

 

C’est une salle de spectacle du CENASA presque vide que nous avons trouvée à l’heure indiquée (10h) pour le début du panel. Nous nous interrogions alors sur l’heure exacte de cette cérémonie. Et à un des nôtres, très jeune, de répondre que le retard ne faisait pas partie des habitudes de Thomas Sankara, père de la Révolution burkinabè. Sans en avoir la preuve, nous nous sommes dit que cette ponctualité du président Sankara s’expliquait par la volonté de l’homme à vouloir réaliser rapidement ses ambitions pour le Burkina Faso. A côté des journalistes qui constituaient la majeure partie de l’assemblée, il y avait des personnes du troisième âge, probablement des amis ou des compagnons de lutte de Thomas Sankara.

Cependant, peu de temps après, la salle a commencé à recevoir du monde, notamment des jeunes qui sont venus prendre connaissance de la vie et des idéaux de Sankara. Au profit de ces derniers, le président du Comité international du mémorial Thomas Sankara (CIM-TS), le Colonel Bernard Sanou est revenu sur l’importance de l’édification d’un site en mémoire de Thomas Sankara. En effet, selon lui, ce projet vise à préserver et à promouvoir l’héritage politique de la Révolution et les idées de Thomas Sankara pour les générations présentes et futures. A ce sujet, le président dudit comité, a reconnu la tâche qui est la leur, en tant qu’héritiers de la Révolution démocratique et populaire (RDP) de rappeler et d’informer la jeunesse sur les combats que menait Thomas Sankara. Il s’agissait, entre autres, de la construction d’un Burkina Faso nouveau, du combat pour la liberté et l’autonomisation de la femme qui se sont soldés par la naissance des caisses populaires. Mais avant, le panéliste a tenu à donner une définition d’un mémorial. Pour lui, le mémorial est un lieu consacré à la rétrospection, au recueillement pour rappeler à une personne, un évènement ayant marqué l’histoire d’une communauté, d’un pays. Par conséquent, ledit lieu vient montrer à tous ce que Thomas Sankara a été pour notre pays.

En rappel, ce comité a été créé le 2 octobre 2016 et met en commun tous les moyens intellectuels, matériels et financiers afin de voir s’ériger un monument digne du père de la Révolution burkinabè. C’est le site du Conseil de l’Entente qui a été retenu et cela pour plusieurs raisons. La plus pertinente, c’est que Thomas Sankara et ses douze compagnons y sont morts.

Cependant, le comité a sollicité des autorités des éclaircissements en ce qui concerne le rapport des topographes par rapport à l’existence de tombes sur ce site.

 

Réouverture du projet architectural

 

A propos de l’évolution du mémorial, à en croire le responsable du CIM-TS, sa structure est à pied d’œuvre pour l’exécution du projet. Cependant, le concours architectural sera relancé le 15 septembre prochain car le dépouillement du 10 mai 2017 a été jugé infructueux. Outre cela, une vaste campagne de mobilisation de fonds aura lieu le 2 octobre prochain.

Autre sujet de cette rencontre, les archives de la RDP. Parlant d’elles, Boureima Yoda, conseiller à la RTB, déclare qu’elles existent mais sont difficilement accessibles de nos jours au vu des matériels utilisés pour leur réalisation qui sont devenus obsolètes et également au vu de leur conditionnement. Il a de ce fait, lancé un appel aux autorités pour l’entretien de ce trésor pour les jeunes générations. Une des communications qui a le plus attiré l’attention de l’assistance fut celle d’Abdoulaye Barro, enseignant à l’université Joseph Ki-Zerbo. Pendant près d’une demi-heure, il a fait revivre aux anciens l’époque révolutionnaire et aux plus jeunes un pan de cette RDP. Dans sa communication, il a passé en revue quelques grands chantiers de la Révolution à savoir la Bataille du rail, la plantation des arbres pendant l’hivernage, les logements décents pour les populations, matérialisés aujourd’hui par la réalisation de la cité An II, et de la cité en III par exemple.

 

La Révolution et la chefferie traditionnelle

 

Selon les panélistes, dans son combat, Thomas Sankara visait aussi la réduction des importations agricoles, en créant des foires nationales.

Abdoulaye Barro n’a pas manqué de souligner les rapports de la RDP avec la chefferie traditionnelle. Pour lui, la Révolution n’a jamais été hostile à la chefferie traditionnelle, elle cherchait juste à étouffer les tentatives de leur instrumentalisation par des hommes politiques rompus à la démagogie. Certes les dérives de certains Comités de défense de la Révolution (CDR) portaient atteinte aux libertés et aux droits des citoyens, a-t-il reconnu, mais elles ne devraient pas cacher tout ce qui a été réalisé grâce à eux. Car sans leur détermination et leur dévouement patriotique, aucun chantier n’aurait pu voir le jour, vision qu’a partagée le colonel pharmacien, Abdoul Salam Kaboré, un ancien CDR. Pour finir, tous les panélistes ont invité la jeunesse africaine à reprendre le flambeau de la Révolution comme processus de construction du présent et de l’avenir.

Cette commémoration a connu son apothéose avec des projections suivies de débats et d’un concert-live.

 

Assiata Savadogo

Commentaires   

0 #1 Sacksida 07-08-2017 17:09
D’abord, il faut souligner que la « Révolution » d’Aout 1983 fut une insurrection et une résistance farouches des progressistes militaires et civiles et des couches populaires, surtout la jeunesse, qui aspirait à un changement réel des pratiques économiques, sociales et de gouvernance du pays. Malgré l’existence des tendances rétrogrades et conservatrices hostiles à toute idée même de peuple, ce fut véritablement une révolution populaire qui faisait prendre une conscience politique au peuple Burkinabé que la pauvreté et la misère n’est pas une fatalité ; et qu’il pouvait dans l’organisation et le travail créer les conditions morales et matérielles de son épanouissement dans la dignité, la liberté et l’indépendance véritable. Conduite par le Conseil National de la Révolution dont le CapitaineThomas Sankara en était le Président et Chef de l’Etat, des réformes courageuses et des transformations économiques et sociales qualitatives touchèrent tous les secteurs de la vie nationale. Et ce fut un grand combat patriotique qui avait commencé à donner des résultats tangibles et probants. Par ailleurs, Abdoul Salam Kaboré fut le tout premier Secrétaire général national des CDR avant de passer au Ministère de la Santé. En outre, sur la question de la chefferie traditionnelle, la révolution n’avait jamais été contre elle comme certaines personnes mal informées ont tenté de le faire croire. A ce sujet voici ce qu’en disait Thomas Sankara : « La chefferie féodale peut jouer un rôle d’une grande importance. Elle est pourtant porteuse d’un certain nombre de conceptions et de valeurs généralement dépassées à l’heure actuelle. Elle est, par conséquent, et pour biens de raisons de plus en plus marginalisée. Cette marginalisation est plus ou moins marquée selon les régions. Néanmoins, nous faisons la distinction entre ceux que, avec toutes les réserves nécessaires, nous appelons les « bons » féodaux et les « mauvais » féodaux. Certains chefs ont compris que pour se maintenir, ils doivent composer avec le sentiment populaire. Ils organisent avec leurs peuples autour des taches d’intérêts communs : constructions d’écoles, de dispensaires, des routes etc. Du reste, cette révolution d’août 87 a été nécessaire à plusieurs titres pour ceux qui ont connu « l’immobilisme et la soumission servile à l’exploitation extérieure, à l’impérialisme international et aux forces conservatrices » dans laquelle se trouvait et végétait la « Haute Volta » d’alors. Mais malheureusement , des dissensions d’intérêts sont apparues entre des « révolutionnaire s conséquents » et des « opportunistes » ; et ces derniers ont le 15 octobre 1987 liquidé de manière sanglante l’élan qu’avait pris le Burkina Faso ; sinon ce pays serait dans une certaine émergence économique et sociale, en tout cas mieux qu’il ne l’est après 27 ans du pouvoir de Blaise compaoré. C’est notre conviction profonde car « tout ce qui sort de l’imagination de l’homme est réalisable pour l’homme ». Courage et Salut !
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