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Evacuation des volontaires du Corps de la paix : Une mesure de prudence, selon l’ambassadeur américain

Le 3 septembre 2017, un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Burkina Faso annonçait l’évacuation de tous les volontaires du Corps de la paix de notre pays pour des raisons sécuritaires. C’est dans l’optique d’y apporter des précisions que le diplomate américain, Andrew Young, a échangé avec la presse, hier 6 septembre, dans les locaux de la représentation à Ouagadougou. Mais on ne sera pas plus avancé, car l’ambassadeur est resté évasif sur la plupart des questions. Il s’est plutôt appesanti sur la particularité du Peace corps pour justifier son départ, qui ne serait que temporaire.

 

Andrew Young, Julien Denakpo et Ken Reuman étaient face à la presse le 6 septembre 2017 pour donner les raisons ayant présidé à l’évacuation des volontaires du Corps de la paix du Faso quelques jours plus tôt. Selon l’ambassadeur, cette décision a été motivée par la situation sécuritaire actuelle du Burkina Faso, marquée par des attaques terroristes et des enlèvements. Il a expliqué que la spécificité des volontaires commande plus de précautions. Il s’agit de personnes envoyées dans «des coins reculés du Burkina Faso» et qui participent aux actions de développement socioéconomique du pays. Par conséquent, Andrew Young ne les considère pas comme les autres citoyens américains vivant au Faso et a estimé qu’il fallait être «très prudent et vigilant» en ce qui les concerne. Il a précisé que son équipe évaluait en permanence la situation sécuritaire puis a assuré que cette décision était seulement temporaire.

«Est-ce que le gouvernement burkinabè a été informé de cette décision au préalable ?» a demandé un journaliste. Et le diplomate américain de répondre : «Nous en avons parlé avec le gouvernement. Nous travaillons ensemble et avons reconnu que le pays traverse une période difficile. Le gouvernement a apprécié le travail qui a été fait par le Corps de la paix. De 1966 à nos jours, 2075 volontaires ont séjourné au Faso et ont été envoyés dans les domaines de l’éducation, de la santé, etc.» Un autre confrère de l’interroger : «D’où est venue cette idée de quitter le pays ? Est-ce qu’il y a eu une menace plus ou moins directe contre un volontaire ?» Pour le représentant de Donald Trump au ‘’Pays des hommes intègres’’, la décision a été prise en fonction du contexte sécuritaire et de la particularité des volontaires. Et l’auteur de la question, peu satisfait, d’insister en demandant si un chauffeur du Peace Corps a été kidnappé. Le principal animateur de ce face-à-face avec les journalistes a affirmé qu’il a connu beaucoup de crises et que les premières informations ne sont pas «forcément correctes».

 

Faut-il craindre le pire ?

 

«Est-ce qu’il y a un chauffeur qui manque à l’appel ?» a relancé l’homme de média, revenant à la charge. «C’est sûr que dans notre enquête, on reste vigilant. Nous n’avons pas eu une situation qui nous laisse penser qu’il y a eu une menace. Nous ne voyons pas de menace particulière adressée aux volontaires du Corps de la Paix. Leur situation est spécifique par rapport à certains Américains qui sont là», a rétorqué Andrew Young. Cette réaction a interpellé un autre homme de plume qui a déchargé son confrère et s’est voulu plus clair : «Est-ce qu’il y a un chauffeur qui a disparu ?» «Non », a répondu le diplomate, catégorique cette fois-ci.

Selon les différentes interventions, le contexte sécuritaire du Burkina Faso est le même depuis deux ans, d’où cette insistance pour savoir ce qui a été l’élément déclencheur de la décision d’évacuation. «Doit-on craindre le pire ? Est-ce que la situation risque de dégénérer d’après ce dont vous disposez comme informations ?»  Pour Andrew Young, il n’y a pas eu d’élément catalyseur, il s’agit d’une mesure temporaire. Il a déclaré avoir passé trois ans au Mali et connu une décision de ce genre. Les volontaires sont revenus poursuivre leurs activités mais étaient obligés de repartir parce que la situation n’avait pas évolué positivement. Dans le cas du Burkina Faso, il a assuré que l’agence ne fermerait pas ses portes, car le pays a de plus en plus, avec l’aide de ses partenaires, les capacités de faire face aux terroristes. Il en veut pour preuve la réactivité des Forces de défense et de sécurité lors des attaques du 15 janvier 2016 (au Splendid hotel et au Cappuccino) et du 13 août 2017 (au Café Aziz Istanbul). En outre, la représentation diplomatique ne réduira pas son personnel. Mieux, les Etats-Unis resteront aux côtés du Burkina à travers les trois axes de coopération que sont le renforcement de la démocratie, le soutien au relèvement des défis sécuritaires et le développement équitable. Andrew Young a estimé que le Burkina Faso constitue la pierre angulaire du G5 Sahel.

 

 

Aboubacar Dermé

 

Commentaires   

0 #1 BIENZI 08-09-2017 11:14
Oui son excellence a raison. Il joue à la prudence et à la clairvoyance. C'est quand même dommage cette évacuation, car ces agents- là sont d'une contribution inestimable dans le domaine de l'éducation, la santé et de l'économie. Espérons que ce n'est que partie remise.Merci et à bientôt braves jeunes américains.
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