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Révision constitutionnelle au Togo: Une seule phrase vous manque et…

Une seule phrase vous manque et tout le texte est bon à envoyer au pilon.

Ainsi pourrait-on convoquer Lamartine (1) pour camper la crise politique actuelle au Togo.  

« En aucun cas, nul ne peut faire plus de deux mandats. » Cette petite phrase aux grandes conséquences traduit à elle seule la profondeur du fossé, abyssal, qui sépare le pouvoir et l’opposition togolais.

Après un premier report mardi dernier, le bureau de l’Assemblée nationale et la conférence des présidents des groupes parlementaires ont fini par mettre sur la table le projet de loi de révision de la Constitution.

Un texte qui, sans grande surprise, veut introduire, comme le revendique l’opposition, la limitation du nombre de mandats présidentiels et le mode de scrutin à deux tours.

Pour autant, le projet de loi ne sera pas examiné au cours de cette session extraordinaire express qui, sitôt ouverte, se clôture aujourd’hui pour laisser, dans la foulée, la place à une session dite spéciale qui se penchera véritablement sur le document de la discorde.

L’opposition a certes retiré son propre projet introduit en novembre 2016 mais elle exige toujours le retour à la loi fondamentale du 27 septembre 1992 qui avait déjà fixé le verrou limitatif avant que Gnassingbé-père ne le saute pour satisfaire son désir d’éternité présidentielle. Une faute politique que son fils Faure va devoir payer au prix fort.

Avec cette petite mention se trouve posé le fameux problème de la rétroactivité de la loi en gestation. Car pour le peuple insurgé du Togo, il n’est pas question que le chef de l’Etat puisse se présenter encore à la prochaine élection, prévue en 2020.

En vérité, cet énoncé préventif, « en aucun cas, nul ne peut faire plus de deux mandats », qui vise qui on sait, fait sourire dans la mesure où la personne concernée est déjà à son troisième mandat (2005 ; 2010 et 2015).

Et on ne voit pas comment on pourrait concilier ces deux positions foncièrement opposées. Puisque l’UNIR dispose de la majorité à l’Assemblée, nul doute que le projet de loi passera comme une lettre à la poste mais pas dans la rue où l’opposition, ragaillardie par les manifestations monstres des 19 et 20 août derniers, l’attend de pied ferme. Et, par la même occasion, veut essayer d’en finir avec la gestion patrimoniale du Togo par les Gnassingbé, qui règnent en maîtres absolus sur le pays depuis un demi-siècle.  De véritable Kim des Tropiques.

La solution au problème togolais est certes législative, mais au finish, la crise se résoudra en dehors de l’Assemblée.  Si chaque camp doit bétonner sa position, comme c’est le cas actuellement, le pays est bien parti pour connaître des jours sombres qui seront faits de sueur, de larmes, de sang et même de cendres. Un prix que tous ceux qui rêvent d’un renouveau politique semblent désormais prêts à payer.

Et Faure aurait tort de surestimer sa force car on a vu des enfants plus terribles et plus entêtés que lui finir par plier l’échine et à prendre la poudre d’escampette face au peuple insurgé ivre de sang bleu.

Et cela, le président togolais est bien placé pour le savoir.

 

Alain Saint Robespierre   

 (1) Allusion à la célèbre citation de Lamartine selon laquelle : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »

Commentaires   

0 #1 Neilson 14-09-2017 09:28
Faure devrait depuis longtemps méditer sur ce qui est arrivé à son mentor Blaise à qui il rendait visite de jour comme de nuit pour solliciter ses idées"éclairées " jusqu'à.....ce que l'insurrection des" quatre glorieuses" viennent y mettre un terme! Donc, il n'a qu'à dès à présent négocier des points de chutes pour son"après pouvoir" puisqu'il y a bien une vie après le pouvoir.
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