Logo
Imprimer cette page

Chemin de fer Abidjan-Ouaga-Kaya : «Les travaux de réhabilitation démarrent en 2015» (Joël Hounsinou, DG de SITARAIL)

Chemin de fer Abidjan-Ouaga-Kaya : «Les travaux de réhabilitation démarrent en 2015» (Joël Hounsinou, DG de SITARAIL)

Une ligne du chemin de fer qui va d’Abidjan jusqu’à Tambao en passant par Ouagadougou, Kaya et Dori, c’est l’ambitieux projet que vont réaliser la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, Bolloré et Pan African Minerals. Ces quatre partenaires ont conclu en effet un accord dans ce sens le 31 juillet 2014 à Ouagadougou, en marge des travaux de la 4e conférence au sommet du Traité d’amitié et de coopération (TAC) entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Filiale du groupe Bolloré, SITARAIL va investir plus de 262 milliards FCFA dans la réhabilitation du rail entre la lagune Ebrié et la ville maroquinière de Kaya. La liaison ferrée avec Tambao sera assurée par Pan African Minerals, la société qui va exploiter le manganèse de cette localité.

Joël Hounsinou, directeur général de SITARAIL, dans l’interview qui suit, donne de plus amples informations sur ce projet et les innovations qui vont avec pour un transport ferroviaire (fret et passagers), levier de l’intégration et du développement économique.

 

 

En marge des travaux de la 4e conférence au sommet du Traité d'amitié et de coopération entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, qui a eu lieu à Ouagadougou les 30 et 31 juillet 2014, des discussions ont concerné plusieurs projets d'intégration dont celui du chemin de fer, qui occupe une place centrale. Quel est le contenu de l'accord conclu entre vous, concessionnaire (Groupe Bolloré), et les Etats de Côte d'Ivoire et du Burkina Faso ?

 

• Cet accord qui a été signé le 31 juillet à Ouagadougou définit le cadre général des négociations entre, d’un côté, les Etats de Côte d'Ivoire et du Burkina Faso et de l’autre le Groupe Bolloré et la société Pan African Minerals pour la réhabilitation, la construction et l’exploitation du chemin de fer Abidjan-Kaya-Tambao ainsi que la construction du terminal minéralier au port d’Abidjan.

L’accord stipule que les travaux de réhabilitation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya seront réalisés par le Groupe Bolloré, tandis que la construction du chemin de fer Kaya-Tambao et celle du Terminal minéralier au port d’Abidjan incomberont à Pan African Minerals.

 

Quels est la nature des investissements à réaliser ?

 

• En ce qui concerne le Groupe Bolloré, il s’agit d’investir environ 400 millions d’euros (plus de 262 milliards FCFA), destinés prioritairement à la réhabilitation de la voie et au renforcement des ouvrages d’art, de manière à en augmenter la capacité de charge pour faire face aux besoins croissants de transport de marchandises et de personnes. Les bâtiments et les ateliers de maintenance du réseau seront, eux aussi, entièrement réhabilités. Il s’agira également de moderniser les équipements de télécommunication et de signalisation.

Cette nouvelle dynamique consistera aussi à créer à proximité du domaine public ferroviaire des espaces publics de vie autonomes, appelés Blue Zone, qui seront alimentés en énergie produite à partir de panneaux solaires et stockée dans des batteries Lithium Métal Polymère. Ce nouveau concept de Blue Zone, pensé et développé par le Groupe Bolloré et déjà mis en œuvre au Niger, au Togo et en Guinée répond à la volonté du Groupe de contribuer au développement des villes et villages traversés par le chemin de fer. Ces nouvelles réalisations permettront à ces populations de bénéficier gratuitement de l’eau, de l’électricité et de tous services annexes ainsi générés.

En plus de ces investissements consacrés à l’infrastructure, le Groupe Bolloré prévoit le renouvellement et le développement du matériel de transport ferroviaire, à savoir les locomotives, les wagons et les engins de manœuvre.

A ce titre, nous sommes heureux d’annoncer que SITARAIL recevra dès début 2015 six nouvelles locomotives de dernière génération et de forte capacité, qui viendront renforcer notre offre de traction. Nous serons ainsi en mesure de répondre à la demande de transport de l’ensemble de nos clients de fret, avec un potentiel de transport journalier de plus de 3 000 tonnes.

 

Quelles sont les perspectives, en matière de transport ferroviaire, pour SITARAIL et pour la sous-région ?

 

• Ces investissements devraient permettre à SITARAIL de transporter plus de 5 millions de tonnes de fret, c’est-à-dire 2 millions de tonnes de marchandises générales et plus de 3 millions de tonnes du manganèse qui sera extrait de la mine de Tambao.

La qualité des infrastructures de transport de personnes, bien entendu, sera améliorée, car au terme des travaux, nous serons en mesure de transporter près de 2 millions de voyageurs dans des conditions optimales de confort et de sécurité.

Modernisée cette ligne de chemin de fer constituera pour les pays de l’hinterland un outil privilégié d’accès au littoral pour l’acheminement, en toute sécurité et avec les meilleurs temps de transit, de leurs produits en import comme en export.

Eu égard à cela, elle contribuera grandement au développement de l’attractivité du Port Autonome d’Abidjan qui constitue, à n’en pas douter, le port naturel de transit des marchandises à destination ou en provenance des pays enclavés de la sous-région. Par ailleurs, la ligne Abidjan-Ouagadougou-Tambao (via Dori) fait partie intégrante du programme de la boucle ferroviaire Abidjan-Ouagadougou-Niamey-Cotonou, actuellement en cours de réalisation, et constitue un maillon essentiel de cette boucle ouest-africaine.

Ce faisant, le Groupe Bolloré contribue à la construction d’un instrument essentiel a l’intégration africaine, tant souhaitée par les chefs d’Etat de la sous-région.

 

Quel sera l'impact de cet accord sur l'amélioration de la qualité des services à offrir à la clientèle et que comptez-vous faire pour le service voyageurs ?

 

• Les travaux de réhabilitation, prévus dans l’accord-cadre, devraient démarrer au plus tard en début 2015 pour une durée de 3 ans. A la fin de ces travaux, SITARAIL sera en mesure d’offrir à ses clients de fret une capacité de transport cinq fois plus importante que celle du moment, avec un temps de parcours réduit de moitié.

Les trains de voyageurs pourront, quant à eux, relier Abidjan à Ouagadougou en moins de 20h.

 

Au cours de cette réunion de Ouagadougou, il a été également question de l'emploi des jeunes, un problème crucial. Que va faire SITARAIL pour absorber une partie des nombreux jeunes diplômés qui sont sans emploi ?

 

• Dans le cadre de sa politique d’emploi, SITARAIL a mis en œuvre, depuis quatre ans, un programme de recrutement de jeunes diplômés, notamment au travers des partenariats qu’elle a conclus, avec de grandes écoles en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. A ce titre, près de trois cents jeunes diplômés, dont une vingtaine d’ingénieurs issus de grandes écoles, ont rejoint nos équipes. Ils ont parfaitement adhéré à notre devise qui est : « Osez vous dépasser et grandir avec nos équipes » et en expérimentent la réalité au quotidien.

Par ailleurs, nous accueillons chaque année plusieurs centaines de stagiaires, qui viennent se perfectionner après leur cursus universitaire. Avec la réhabilitation du réseau que nous exploitons et la réalisation en cours de la boucle ferroviaire, nous allons accroître l’employabilité des jeunes en poursuivant ces recrutements dans la quasi-totalité des métiers ferroviaires.

De plus, le Groupe Bolloré étant l’un des plus grands pourvoyeurs d’emplois en Afrique, il a été sollicité pour participer au grand rendez-vous de l’emploi et de la formation professionnelle, qui se tiendra à Ouagadougou du 4 au 6 septembre prochain, en marge du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine sur l’emploi, l’éradication de la pauvreté et le développement inclusif.

Comme vous pouvez le constater, l’attachement et la fidélité du Groupe Bolloré à l’Afrique sont une réalité qui se matérialise au travers de projets structurants et de grande envergure et contribuant au développement de notre cher continent.

 

Propos recueillis par

San Evariste Barro

Commentaires   

0 #4 MESSAGER 18-10-2016 13:17
si on revisite l histoire on verra que des hommes du burkina ont tout construit en cote d ivoire le devoir de mémoire exige que les ivoiriens remboursent ou soldent les comptes autrement c est de l injustice nos autorités font mouta mouta pour eviter la question mais l urss nouvelle appellation qui signefie union des roch salif simon pense plutôt a se remplir les poches et bedaines a bon entendeur salut
Citer
+1 #3 MemoireVive 13-08-2014 08:34
Oui @Kaseke tu as raison. Le budget alloué est purement de l'arnaque que les générations futures devront payer. Pour une ré-habilitation d'un chemin de fer en pleine exploitation, le budget est anormalement élevé. Rien qu'à rapprocher du budget de la construction du chemin de fer au Niger, on ne peut douter que cette opération ne soit qu'une arnaque à la charge du peuple. Le manganèse va rapporter combien? Dans combien de siècles on aura fini de rembourser cet investissement et ne faudrait-il pas à l'issue d'une opération ou même pendant procéder à d'autres réhabilitations ? Voilà où peut nous conduire la gouvernance des hommes forts.
Citer
0 #2 k 12-08-2014 10:53
Les 6 nouvelles locomotives de dernières génération et de forte capacité fonctionneront comment? A l'énergie électrique? Pour faire la liaison entre Ouagadougou et Abidjan en moins de 20h avec un train de voyageur, cela veut dire que sa vitesse dépassera celle des trains actuellement en fonctionnement. Peut on avoir plus d'info sur c train et ces locomotives? Merci.
Citer
0 #1 Kaseke 12-08-2014 10:24
400 million d'euro pour la rehabilitation de >1000 km de chemin de fer, me parait derisoire, quand on sait que un km de chemin de fer construit coute en moyenne US$ 3 million...dans les pay developpe! Nous dit-on tout?
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.