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Louis Kaboré, de la dynastie de Kokologho : «Nos déboires n’ont rien à voir avec la chefferie, tout est purement politique»

Après notre déplacement à Kokologho le jeudi 11 septembre, l’une des victimes de la chasse à l’homme qu’a connue la commune, Louis Kaboré, nous a rejoints dans notre Rédaction pour donner sa version des faits. Dans cette interview réalisée le mardi 16 septembre courant, ce membre de la dynastie de Kokologho est revenu sur l’origine de leurs déboires. Pour lui, il y a une main politique derrière la mésaventure que lui et certains de ses proches vivent actuellement.

 

Relatez-nous la journée du 08 septembre à Kokologho.

 

A un moment donné, nous sentions la pression monter sur nous. Nous avons alors fait une descente à Ouagadougou pour prendre l’opinion publique à témoin à travers une intervention dans la presse. C’est au cours de notre présence dans une Rédaction que nous avons reçu des coups de fil de Kokologho nous annonçant que nos biens étaient victimes d’actes de vandalisme.

 

Quel a été l’élément déclencheur de la chasse à l’homme dont vous et certains de vos proches ont été victimes en cette journée?

 

Le bâtiment qui sert de palais aujourd’hui a été inauguré en 1942 par la bénédiction de monseigneur Thévénoud. C’est un bâtiment en matériaux locaux : du banco et du bois. Il demande un entretien régulier et j’en ai eu les rudiments auprès de mon père de 1978 à 1995. La première poutre, c’est moi qui l’ai changée. Aujourd’hui, 15 autres ont été remplacées.

Depuis le décès en 2011 de notre frère, Naaba Kango, mes autres frères m’ont désigné pour m’occuper de la cour royale. Je réside à Kokologho et je crois que cela est pour quelque chose dans ma désignation. Un jour, des gens sont venus forcer les serrures que j’ai posées sur les portes. On l’a signalé à la gendarmerie et à la police. On dépose une plainte chez le préfet et j’apporte personnellement des ampliations pour le haut-commissaire et le gouverneur à Koudougou. Mes frères ont déposé une ampliation auprès du ministère de l’Administration territoriale à Ouagadougou. Toutes les autorités interpellées sont restées silencieuses. Dans la matinée du 08 septembre, je suis allé au palais enlever les scellés que les imposteurs avaient posés. J’ai trouvé que les tombes de nos parents ont été profanées et mes objets personnels déplacés. Trop étant trop, nous avons pris la direction de Ouagadougou pour une intervention dans la presse. Quand nos vis-à-vis ont constaté l’ouverture du palais, ils ont alors déclenché leur chasse à l’homme.

 

Le palais royal justement a fait l’objet de convoitise entre les membres de la famille. Comment la veuve de votre frère, l’épouse royale de Naaba Kango, est-elle partie du palais ? L’en avez-vous chassée ou est-elle partie d’elle-même ?

 

Au décès de notre frère, sa femme a voulu organiser ses funérailles et c’est à six jours de l’événement qu’on l’a appris à la radio. Naturellement, on s’y est opposé. La veille des funérailles, la famille et toutes les autorités locales et provinciales sont restées en discussion de 08h à 23h. Le ministre de l’Administration a même dépêché un de ses conseillers techniques, notamment le chef de Manga. Eux tous faisaient allusion à la cour traditionnelle mais pour nous, il s’agissait de la cour de nos parents. Notre mère y a été enterrée en 1994 et notre père un an plus tard. Dans la tradition moaga surtout, on n’enterre pas un chef et sa femme dans la cour. Le palais est donc une propriété privée de nos parents et naturellement, nous l’avons héritée d’eux. Nous ne pouvons donc pas admettre que quelqu’un d’autre l’habite.

Les tractations à la veille des funérailles ont duré de 08h à 23h à la préfecture. A 23h, l’équipe qui les a conduites s’est rendue au palais pour vérifier les allégations de la veuve. Elle a dit qu’on a barricadé la cour alors qu’elle a ses affaires à l’intérieur. Le préfet, le commandant de la brigade de gendarmerie, le chef de Manga étaient tous là. Nous avons été formels avec eux : on refuse l’organisation d’une manifestation dans la cour de notre père à laquelle nous n’avons pas été associés. Les autorités que j’ai citées ont alors demandé à la dame de délocaliser sa manifestation. Elle a délocalisé les funérailles et après, elle a déménagé. Tenez-vous bien ! Aucun objet n’est resté dans la cour. Un huissier est venu faire le constat, même pas un brin de balai n’était là. Elle a tout pris, les effets personnels de papa, de maman, de nos femmes, car maman gardait avec elle les effets de ses belles-filles...

 

A la mort du dernier chef de Kokologho, vos autres frères vous ont désigné pour vous occuper du palais. Vous êtes donc celui qui est pressenti pour la succession au trône ?

 

On ne parle pas encore du trône, car cela relève uniquement du Moro Naaba. C’est à lui que revient le droit d’ouvrir la voie de la succession.

Notre père a eu une seule épouse et n’a pas fait d’enfant hors mariage. Le défunt chef et nous sommes donc du même père et de la même mère. Aujourd’hui, il n’y a que cinq princes héritiers à Kokologho : les quatre frères que sont Michel, René Emile, notre benjamin François et moi-même Louis. Le cinquième est le fils de notre défunt frère, et il est médecin en France. Nous sommes les seuls à pouvoir prétendre au trône.

Ceux qui s’égosillent ne connaissent rien de la tradition. Ils disent qu’ils ont besoin du palais pour installer le nouveau chef. Cela n’existe pas dans notre tradition. Normalement, le chef désigné par le Moro Naaba rejoint son village, ses oncles prélèvent du toit de son père un bois à partir duquel il bâtira son palais. Et il a trois ans pour le faire. A supposer que les choses changent et qu’aucun de nous quatre ne devienne chef. Celui qui sera nommé devra utiliser une poutre du toit de son père pour construire sa maison alors que notre père n’est pas le sien. L’intronisation d’une personne extérieure n’engage donc pas le palais de Naaba Boulga. Seul un de ses quatre fils peut prélever une poutre du palais actuel. Même le fils de notre frère ne peut pas le faire, car le bâtiment n’appartient pas à son père.

Nos déboires n’ont rien à voir avec la famille ni avec la chefferie. Tout est purement politique. Dans la manipulation, ils ont entraîné des gens qui ne sont même pas capables de vous dire pourquoi ils agissent de la sorte.

 

A qui faites-vous allusion quand vous parlez de politique ? Comment tout cela a-t-il commencé ?

 

La situation s’est dégradée à partir de 2005. A cette époque, l’équipe dirigeante de la section du CDP dans la province du Boulkiemdé, à savoir Hubert Yaméogo, Seydou Bouda, Aline Koala, m’a désigné, en tant que président de la section de Kokologho, pour devenir le directeur de campagne local du candidat Blaise Compaoré au détriment de mon frère René Emile Kaboré, qui était député à l’Assemblée nationale. Ils sont là, ils ne sont pas encore morts. Celui qui conteste mes propos peut donc le faire savoir. Ils voulaient écarter Emile et ils ont manigancé tout cela. Nous avons été éduqués sur la base de l’honnêteté alors que la politique dans notre pays est tout autre chose. Quand Emile était ministre, il a toujours eu des problèmes avec ses collègues. Des gens me disaient régulièrement de lui demander de baisser la garde sinon on allait le sauter. Mon frère est économiste de formation et il s’opposait aux projets en conseil des ministres qui ne profitent pas à l’Etat ou aux populations. Comme derrière chaque signature des gens récupèrent de l’argent, ils ont décidé de l’éjecter du parti.

Pour en revenir au début de nos déboires, conformément à la déontologie du parti qui voulait que l’élu de la localité dirige la campagne, j’ai décliné cette offre qui était accompagnée d’une forte somme d’argent. Malheureusement, un autre de mes frères, Léonard, aujourd’hui disparu, a mordu à l’appât. Nous lui avons immédiatement mis la pression au niveau de la famille et il a rendu sa démission par la suite. Les politiciens sont revenus à la charge en utilisant notre aîné, le chef de Kokologho, Naaba Kango, pour la campagne. Nous lui a avons formellement manifesté notre désapprobation. Pour nous, il était hors de question que des personnes extérieures viennent diviser les membres de la famille. Comme il s’est entêté, nous lui avons demandé de ne pas recevoir ses amis dans le palais, qui reste une propriété de notre père. Depuis lors, les politiciens nous ont déclaré la guerre à Kokologho.

A titre d’exemple, il y a la mairie. Le site actuel est un terrain que mon père m’a octroyé en 1980 avec procès-verbal de palabre. Mais après le lotissement, le régime révolutionnaire, hostile à la chefferie traditionnelle, a morcelé le champ de Karité, l’unique en Afrique. J’ai dû avoir recours à Béatrice Damiba, qui était alors ministre de l’Environnement et du Tourisme, pour sauver le terrain. Après son intervention, les agents ont marqué sur les documents «plantation de Karité» et sur le terrain «Espace vert». A l’avènement de l’Etat de droit, nous avons entrepris des démarches pour rentrer en possession de notre terrain. Nous avons donc hérité de notre père ce champ de plus de 23 ha. Mais le politique s’est invitée dans la danse à travers le maire Poko Marie Madeleine Nana/Kaboré. Elle nous refuse le droit de disposer de notre terrain. Même qu’une décision de justice de 2011 n’a toujours pas été exécutée. Qu’on ne veuille pas de moi ou de mon frère au niveau du parti peut se comprendre, mais qu’on nous laisse nos biens…

 

On vous a donc retiré le terrain ?

 

Cela n’a pas commencé maintenant. Le vendredi 3 juillet 2009 je me suis rendu à Saria pour acheter de la semence améliorée. Pendant ce temps, le premier adjoint a fomenté un coup avec le commissaire de police. Ensemble, ils ont dit au procureur à Koudougou que je suis en train de menacer quelqu’un avec un pistolet à la mairie. Je suis arrivé à Kokologho à 16h trouver des gens en plein chantier sur le site de la mairie actuelle. Je rentre chez moi chercher une copie du procès-verbal de palabre pour demander au maire d’attendre qu’on finisse de clarifier la situation avant de poursuivre les travaux. La police est venue m’arrêter alors que je rendais compte de la situation au préfet. Le lendemain, quand le procureur est venu pour son investigation, il s’est rendu compte de certaines irrégularités. Il a été prévenu à 16h 30 alors que le procès-verbal qui devait me déférer à la maison d’arrêt indiquait qu’à 15h j’avais menacé des gens avec un pistolet. Il ne pouvait donc pas me transférer. Je suis resté vendredi, samedi et dimanche au commissariat. Lundi, les jeunes se sont organisés pour casser le poste de police. J’ai trompé la vigilance des agents au cours de la nuit et je me suis rendu à Koudougou tout en faisant savoir aux jeunes que la casse n’était plus nécessaire. Le mardi matin, je suis allé voir le commissaire central de Koudougou pour lui dire de prévenir Kokologho parce que je ne me suis pas évadé et je suis allé en prison pour trois jours. Il y a eu un jugement le 04 août et c’est après ce procès que la maire est allé déposer son prétendu procès-verbal de palabre qui date de 2005 au haut-commissariat, qui indiquait que le conseil municipal avait décidé de construire la marie sur mon terrain. La mairie a donc été construite sur ce site.

 

On ne voit toujours pas le rapport entre vos anciens camarades de parti  et les désagréments que vous venez de subir.

 

C’est le conseiller municipal de mon secteur qui est venu menacer de m’expulser de chez moi. Il y a a eu deux menaces au préalable à Mokin et à Taab-néré où les conseillers municipaux ont décidé par écrit de retirer les terrains de notre père.

Le harcèlement a vraiment commencé le 28 février 2014. Les conseillers ont transmis un document au procureur pour dire qu’ils avaient retiré mon terrain et m’invitant à rejoindre la cour de mon père. J’ai érigé des ralentisseurs devant ma porte pour éviter que les gens roulent à vive allure. La maire a envoyé le conseiller municipal les détruire et m’a convoqué à la gendarmerie. Le commandant a ordonné de m’arrêter sous prétexte que j’ai barré la route du village. J’ai exigé d’abord qu’ils aillent constater les dégâts parce que les ralentisseurs en question sont dans ma cour, à une dizaine de mètres de ma chambre à coucher.

 

D’où peut donc venir la paix aujourd’hui à Kokologho?

 

Il faut sanctionner ceux qui le méritent, le conseil municipal en tête. Le maire, ses adjoints et les différents conseillers ont une mainmise sur l’autorité judiciaire et ils sont responsables du bordel actuel.

 

Moumouni Simporé

Commentaires   

0 #9 Prosper 21-09-2014 11:15
Ce MR Kabore Louis est très aigri et jaloux apparemment.La femme du defunt chef ne peut pas décider des funérailles de son mari car les funérailles d'un chef sont décidés par les plus grandes autorités coutumières et sont même présidés par une délégation du Moro Naaba. Alors arretez de salir le nom de kokologho.Louis et ses 3 autres freres qu'il a cité sont personnes no gratas a kokologho pour ce qu'ils savent...
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0 #8 WINDY 21-09-2014 10:57
dans une des édition de l'observateur de la semaine passé,ce Mr disait que c'est la femme du defunt chef qui a monté la population contre eux car lui et ses frères ont refusé que les funerailles du chef leur frère ne se fassent dans le palais qui est la cour de leur père,ojourdh'8, il dit que leur déboires n'a rien a voir avec la chefferie et est purement politique.Il y a beaucoup de mensonge dans cette histoire.Et de source sûre,il parait que le défunt chef ne faisait pas la politique donc Louis raconte du n'importe quoi.Aigri et jaloux surement ce Mr.
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+1 #7 MOREBALLA 21-09-2014 09:06
Monsieur KABORE Louis, je partage tout ce que vous dites à l'exception du seul fait et majeur et capital de votre présente situation. Avant tout je vous fait savoir que je suis ni près et de loin parenté à qui que ce soit de KOKOLGHO; et d'ailleurs je vous une haine viscérale aux fameux princes et même que je le clame très haut, en disant que la première des faveurs que Dieu m'a fait , est que je ne suis pas né prince. Monsieur KABORE vous semblez connaître de vos traditions, chose à féliciter, mais vous semblez retenir ce qui vous arrange. D'abord à suivre votre frère aîné, je constate que vos traits communs se résument à la suffisance, à l'arrogance et j'en passe: le milieu rural éclairé (instruit) voue une haine à ces deux péchés de la civilité africaine et plus particulièremen t moaga. Revenons à nos moutons, en culture moage le fondement de la famille est large et obligatoire: tous les fils ayant un grand père commun (premier fondement), ont par obligation en commun les biens matérielles, les biens humains (femmes et enfants) et les biens immatérielles (le rang de sang noblesse ou autre) et les biens spérituelles (fétiches, lieu sacré). Le deuxième fondement d'une vraie famille africaine est l'acception d'autrui par la tolérance et la soumission à une décision collégiale. La cour royale de KOKOLOGHO ne doit pas être la propriété exclusive d'un indivu (en l'occurence votre père). Est votre père à réaliser la cour royale avant ou après son intronisation? Blaise COMPAORE peut il considérer KOSYAM comme un patrimoine de sa fille? Monsieur KABORE vous avez abuser de votre rang exclusif et hautaine pour en posséder et réclamer la cour royale. Si au cas où le MORO NABA désignait un roi délégué du royaume de WOGDO pour assumer de manière provisoire à la destiné de KOKOLGHO, ce dernier n'a pas le droit de résider dans la cour royale de KOKOLGHO. où si d'aventure un prince très éloigné de la famille venait à être introniser , il peut refuser d'y résider pour lui même sa sécurité spirituelle,
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0 #6 Le samo 20-09-2014 12:58
ah ,ces mossis avec leur histoire de chefferie .Ils empoisonnent la vie dans tous les villages avec ça .Bon, je propose à Blaise de confier les clés de KOSAYM r à un samo et vous verrez qu'il n'y aura pas de bagarre au Burkina Faso
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0 #5 gildas wéré 19-09-2014 13:51
je voudrais juste dire à ce monsieur avec bien sur l'accord du webmaster, qu'il est incohérent dans ses propos. Monsieur Louis dites nous la vérité , la politique ne vous a jamais reussi, donc ne transporter pas vos échècs politiques dans des histoires de chefféries , dans tous les cas l'héritier légitime n'a pas encore réfusé officiellement la succession ! ok? que la paix du coeur descende sur tous les fils et filles de kokologho
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0 #4 kASS 19-09-2014 08:57
c'est déplorable si tous ceux-ci est réel. La politique divise donc attention
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0 #3 lagitateur 19-09-2014 08:53
Mais c'est dommage pour notre pays. Toutes les querelles autour des chefferies traditionnelles qu'on voit ça et là à travers le pays sont purement l'oeuvre des politiciens. Cela, tout le monde le sait. Mais pourquoi depuis 2011 que l'ancien Chef est mort, la succession ne soit pas organisée? Je pense que ce vide du pouvoir a aussi contribué au problème. Je pense que les fils de Kokologho doivent s'unir pour résoudre leurs problèmes en dehors de ces politiciens qui ne font qu'allumer le feu partout. Il faut que cela s’arrête car c'est un jeu dangereux. La paix déjà fragile dans notre pays ne doit pas davantage être menacée par des querelle fratricides.
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0 #2 sawadogo 19-09-2014 03:07
comment dans un état de droit ,on se permet d'aller retirer les biens d'une famille sur décision du conseil municipal. c'est de l'arbitraire et ça doit être puni.
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0 #1 josuane 18-09-2014 20:23
continuez à vous diviser pour préserver le pouvoir de l'autre. C'est même très bien. C'est vous qui risquez de récolter les pots cassés.
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