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Ouagadougou revient à la vie

Ouagadougou, ville morte ? La capitale burkinabè n’aura mieux répondu à cette appellation que ces derniers jours. Mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche derniers, l’administration publique fonctionnait au ralenti ; les commerces et les établissements scolaires étaient carrément fermés. Heureusement, dès les premières heures du lundi 03 novembre 2014, un vent de résurrection a soufflé sur tout le pays… et surtout sur Ouaga et ses habitants.

 

 La vie reprend ses droits à Ouagadougou. Un des indicateurs de la reprise des activités dans la capitale est la présence d’élèves sur les différentes artères. Sacs au dos, ces derniers ont quitté leurs domiciles respectifs en direction de leurs classes. Et beaucoup y sont arrivés, à en juger par l’affluence à leurs points de convergence : les établissements d’enseignement. Au lycée Phillipe Zinda Kaboré, il est l’heure de la recréation et la majeure partie des différents acteurs sont tous hors des classes et des bureaux. Les élèves comprennent et acceptent le sacrifice à consentir pour sauver l’année scolaire. C’est le cas d’Angélique Zougmoré, élève en classe de 1re A2 : «Le petit congé qu’on a eu m’a permis de me reposer mais, bon, il a fallu reprendre les cours ce matin, sinon on ne finira pas le programme de l’année». Leurs enseignants ne sont pas en reste. Ils ont aussi répondu à l’appel et l’administration pourra compter sur leurs efforts pour sauver l’année, comme en témoigne Magloire Yaméogo, enseignant de Sciences de la vie et de la terre (SVT) : «La reprise se passe bien. Si on se serrait les coudes, ça devrait aller».

C’est dans la cour également que se trouvaient les premiers responsables des lieux. Le proviseur Boureima Traoré échangeait à bâtons rompus avec certains de ses collaborateurs. Tout naturellement, il se réjouit de reprendre le travail. «Il n’y a pas de problème. Tous ceux qui devaient être là sont là et le travail a bien repris. Il était temps pour nous de retrouver notre milieu, car dix jours sans cours, c’est intenable», soutient-il. Son enthousiasme est pris de court lorsque son regard se pose sur un groupe d’élèves. «Viens ici ! Enlève ta perruque», lance-t-il. Prise de panique devant cette interpellation inattendue, son interlocutrice, une jeune élève, reste aphone quelque temps avant de lâcher : «C’est pas des mèches. Ce sont des cheveux naturels», tout en retirant le filet de sa tête. Elle disparaît ensuite sans avoir demandé son reste. «Nous devrons commencer l’interdiction du port des mèches la semaine où nous avons été suspendus. Si on n’y prend pas garde maintenant, les filles vont retomber dans les mêmes travers », explique M. Traoré.

A l’école primaire Paspanga C, la reprise est effective et les élèves sont contents de se retrouver en classe. C’est d’ailleurs en chœur que ceux de CE1 se mettent à réciter leur leçon du jour portant sur la phrase et le mot : «Pour lire et pour écrire, on se sert de phrases. Une phrase est formée de mots. Elle commence par une lettre majuscule et se termine par un point. Ex : Les élèves bavardent». Dans cette école de six (06) classes, tous les enseignants sont présents. Selon la directrice, Apolline Dondassé, toutes les dispositions sont prises pour l’encadrement des 316 élèves.

 

Ça bouge aussi en zone commerciale

 

L’administration publique (voir encadré), les boutiques et les banques ont également rouvert leurs portes et les artères ont bien repris leur vie de ruche animée. Sur la rue des Ecoles, dans l’arrondissement 2, où il y a une centaine de boutiques, les propriétaires ont connu des fortunes diverses. «Une partie de la porte d’entrée de mon magasin a été endommagée par les manifestants. J’avais une grande table dehors qui a été réduite en mille morceaux. Le commerce de mes voisins a été pillé et tous ses ordinateurs ont été emportés», témoigne Boukaré Ouédraogo, vendeur de consommables informatiques. Sa voisine, Safouratou Traoré, a ouvert sa boutique d’objets d’art et de vêtements dès 7h, mais elle baigne toujours dans l’anxiété. «J’ai peur du vandalisme. Comme le pays est bizarre, certaines personnes font ce qu’elles veulent», affirme-t-elle. N’empêche ! Pour eux, c’est une nouvelle ère.

Coris Bank international est l’une des institutions financières à avoir fait les frais de la colère des croquants pendant les manifestations, comme le confirme le bilan du responsable marketing et communication, Drissa Zerbo : «C’est essentiellement des dégâts d’ordre matériel. A l’agence centrale, on a emporté des ordinateurs, brisé des glaces et surtout détérioré du matériel de bureau. Les vitres de la façade extérieure ont également pris des coups et les murs ont été attaqués en certains endroits.  Trois de nos agences, à savoir celles du SIAO, des 1200 logements et de Sankar-yaaré, ont besoin de travaux de réfection». Heureusement, le dispositif de fonctionnement n’a pas été touché. Le matériel détérioré est progressivement remplacé et les clients peuvent effectuer leurs opérations. Mieux, deux nouvelles agences sont désormais fonctionnelles dans les quartiers Somgandé et Tanghin de Ouagadougou, et cela depuis le lundi 03 novembre. «Nous rassurons totalement nos clients et nous le démontrons car nous sommes ouverts dans 90% de nos agences et nous offrons les services habituels. Dès à présent, ceux qui nous rendent visite sont servis», affirme M. Zerbo.

 

Moumouni Simporé &

Ebou Mireille Bayala

 

 

 

Bila Dipama, SG/MESS

«Chaque département ministériel a un budget, nous allons donner satisfaction aux uns et aux autres»

 

Lors de notre tour dans les départements ministériels, nous sommes tombés sur le secrétaire général du ministère des Enseignements Secondaire et Supérieur. Bila Dipama rassure sur le dispositif mis en place pour assurer la continuité dans l’interview suivante.

 

Vous vous êtes retrouvés dans l’obligation de gérer les affaires courantes et l’une des premières mesures était la reprise des cours dans les établissements. Est-ce qu’à cette heure, la reprise est effective sur toute l’étendue du territoire ?

Je pense que le communiqué a été entendu par les premiers responsables du ministère de l’éducation mais également par les parents d’élèves et les élèves. A ma connaissance, à l’heure actuelle (11h), la reprise est effective dans toutes les directions régionales et dans les universités. Mais il y a deux cas spécifiques. A Bobo- Dioulasso, les étudiants ont demandé à faire un meeting ce matin avec la section ANEB ; ils ne feront pas cours à l’université polytechnique.

A Ouahigouya, il y a eu un cas malheureux au lycée Yamwaya. Un des élèves de l’établissement est mort dans l’incendie du domicile de Me Gilbert Ouédraogo. Les élèves ont demandé à observer une journée de deuil.

 

La reprise est effective, vous l’avez dit, mais quelles sont les autres dispositions pour que l’année se déroule normalement ?

 

Pour l’évolution de l’année scolaire, il convient qu’il y ait une concertation entre les deux ministères en charge de l’éducation, d’une part, et, d’autre part, ces deux ministères et les autres acteurs que sont les enseignants à travers leurs structures syndicales et les parents d’élèves.

Le premier souci est de rattraper les heures de cours perdues. Les autres dispositions pour une année scolaire apaisée portent sur les préoccupations au niveau des élèves, des étudiants, des parents. Il convient que nous puissions prendre langue avec eux pour voir quelles sont les solutions les meilleures afin que tout le monde puisse se mettre au travail.

 

A vous écouter, on voit que, sur le plan administratif, il y a des sillons pour la continuité mais est-ce que, sur le plan financier, vous disposez de garanties pour pouvoir supporter les frais de l’année scolaire ?

 

Dans la démarche de la continuité, j’ai rencontré les conseillers techniques et les chargés de missions sur les dossiers les plus urgents. Les directeurs centraux généraux, les présidents d’universités ont d’abord reçu instruction de me faire le bilan des dommages enregistrés durant cette période de manifestations et leurs implications ; ensuite faire des propositions des actions à entreprendre ; développer ce qu’ils peuvent prendre comme initiative et ce qui peut être fait au niveau central.

Quant au volet financier, chaque département ministériel a un budget, il conviendrait donc de voir sur ce budget ce qui peut être fait pour donner satisfaction aux uns et aux autres. Si cela dépasse les lignes budgétaires, alors nous nous référons aux plus hautes autorités.

Je souhaite que les acteurs puissent tout mettre en œuvre pour un meilleur fonctionnement des Enseignements secondaire et supérieur, que nous puissions travailler à avoir une année apaisée à tout point de vue et que cette année nous permette de connaître les meilleures performances afin de dissiper les craintes que les gens ont eues.

 

S. & E.M.B.

 

Commentaires   

0 #1 TK 04-11-2014 13:45
Courage! Tout va rentrer dans l'ordre bientot
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