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Alphabétisation et éducation non-formelle : SOS pour une meilleure prise en compte

Face au «délaissement du maillon de l’alphabétisation et de l’éducation non-formelle qui va grandissant», comme ils le disent, des premiers responsables d’associations et d’ONG qui y œuvrent sont montés au créneau pour interpeller les autorités et l’opinion publique face au problème. Dans une lettre adressée à leur ministre de tutelle, ils attirent son attention sur les risques encourus par le secteur.

 

 Face aux énormes difficultés que connaît le système éducatif burkinabè, l’alphabétisation et l’éducation non formelle (AENF) apparaissent comme une alternative incontournable. Les politiques éducatives reconnaissent désormais que l’AENF a une influence positive sur la scolarisation des enfants. D’autre part, l’AENF se révèle un creuset d’innovations qui viennent enrichir les pratiques du non-formel. Pendant longtemps, l’État y a consacré moins de 1% du budget alloué à l’éducation nationale. Aujourd’hui, l’alphabétisation et l’éducation non formelle sont considérées comme une priorité.

En effet, si nos autorités, en particulier le 1er responsable du ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, épousent la vision des acteurs de la région de la Boucle du Mouhoun selon laquelle l’alphabétisation et l’éducation non formelle consistent à faire acquérir à l'individu un niveau de connaissance d'aptitudes et d'attitudes lui permettant de comprendre son environnement, d'interagir avec lui, de poursuivre son éducation et sa formation au sein de la société et de participer plus efficacement au développement économique, social et culturel, les quelques difficultés qui menacent ce type d’éducation pourraient être surmontées si une toute petite considération lui était accordée.

C’est dans le souci de donner une meilleure chance d’insertion socioéconomique aux jeunes et aux adolescents non scolarisés que des partenaires appuient le secteur de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle en vue d’accompagner le gouvernement dans sa politique d’éducation en faveur des jeunes adolescents et adolescentes déscolarisés ou non scolarisés et des femmes non alphabétisées.

Ainsi, le "faire-faire "est la stratégie préconisée et appropriée dans le secteur de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle, car il permet de délimiter le champ d’action et de compétence de chaque acteur (Etat, opérateurs, partenaires techniques et financiers, société civile, associations et ONG) à travers des outils de financement adaptés.

Bien que pertinent, l’un des outils de financement par excellence qu’est le Fonds pour l’alphabétisation et l’éducation non formelle (FONAENF) rencontre d’énormes embuches qui annihilent sa volonté de mobiliser des ressources additionnelles pour l’AENF afin de l’élargir au plus grand nombre de la population analphabète, de la développer, de la promouvoir comme facteur de lutte contre la pauvreté et de contribuer efficacement à la mise en œuvre des activités de l’AENF.

Cependant, vu la réalité des intérêts égoïstes (en témoigne la réticence pour l’effectivité des emplois spécifiques) au détriment de l’AENF, la baisse des financements de l’AENF, la mauvaise répartition des fonds alloués à l’éducation et la difficulté de décaissement qu’endure le FONAENF en ce moment pour la mise en marche de la campagne 2014/2015, outre les disparités constatées d’une année à l’autre et traduisant l’insouciance de nos autorités pour l’AENF, nous disons non à cette injustice.

 

Ainsi, prenant l’opinion publique à témoin, nous affirmons sans réserve que les difficultés rencontrées par l’AENF ne sont pas si affolantes et pourront être relevées avec un peu d’attention et de volonté manifeste de la part de nos autorités ; mais si celles-ci n’y prennent garde, les répercussions négatives qui pourront s’observer sans l’AENF, rien que pour cette campagne 2014/2015, se présentent comme suit :

- Au niveau du partenariat

Fragilisation du partenariat développé grâce au faire-faire entre les services déconcentrés du MENA (DRENA, DPENA, CEB) et les opérateurs/trices,

Anéantissement de l’opportunité qu’avaient les responsables provinciaux et régionaux du MENA de connaître les différents intervenants dans leurs zones en matière d’alphabétisation et d’éducation non formelle.

- Au niveau de la société civile

Démobilisation progressive de la société civile dynamique, professionnelle et entreprenante en AENF dans l’ensemble des 45 provinces du pays.

- Au niveau de la mobilisation des ressources

Perte de confiance auprès des populations et des bailleurs, bien que le FONAENF ait fait ses preuves, d’où la facilité de mobilisation des fonds au cours des campagnes passées, une preuves de bonne gestion suscitant des financements, en témoignent les audits commandités à chaque fin de campagne et les vérifications opérées sur l’ensemble des comptes des opérateurs en alphabétisation par les gestionnaires des 45 DPENA du pays ; en rappel, les vérifications en fin de campagne 2013/2014 ont permis de mettre fin aux exactions de 24 opérateurs en alphabétisation sur les 489 financés.

- Au niveau de l’ouverture des centres

Le FONAENF a mis l’accent sur l’alphabétisation/formation de base en vue de construire progressivement un potentiel ou un vivier important d’apprenants/es pour le cycle optionnel. Pour la présente campagne 6 094 centres de toutes formules attendent de voir le jour contre 10 044 centres en 2013-2014, soit une baisse de 39%. Comparativement à la campagne 2012/2013, où 13 959 centres avaient été financés par le FONAENF, on note une baisse sévère de 56 points de pourcentage, l’équivalent de 7 805 centres en moins.    

- Au niveau de la création d’emplois

A ce niveau, nous déplorons que si cette campagne venait à sombrer pour des raisons égoïstes ou par simple négligence de la part de quiconque, 6 094 animateurs/trices et formateurs, 1 218 superviseurs/ses et 609 coordonnateurs/trices, soit un total de 7 921 emplois toutes catégories confondues créés par le FONAENF, seront au chômage. Ce qui est fort appréciable, c’est que ces emplois sont en quasi-totalité au niveau des zones rurales. Cela dénote la participation du FONAENF à l’effort national de réduction du chômage et de lutte contre la pauvreté, bien que ces emplois aient un caractère temporaire et de courte durée.

Eu égard à ce qui précède, nous disons que l’alphabétisation contribue, si modeste que cela soit, au maintien des jeunes qui le désirent dans leur terroir et à la lutte contre l’exode rural et l’émigration en leur procurant des emplois rémunérateurs.

Nous ne pouvons terminer sans évoquer les difficultés endurées par les acteurs de l’AENF malgré leur volonté affichée, en l’occurrence la difficulté d’accès aux financements, la mauvaise répartition du budget alloué à l’éducation et la dépravation de la stratégie malgré ses nobles résultats,  des difficultés auxquelles nos autorités pourraient trouver des esquisses des solutions, par leur simple volonté, d’ici fin janvier pour parer à toute éventualité.

Nous interpellons les autorités de ce pays tout en attirant l’attention de l’opinion publique et réaffirmons que la durabilité/viabilité de l’AENF est tributaire du niveau d’implication dynamique et des initiatives que les acteurs, notamment les autorités du Burkina Faso, prendront en vue de garantir une gestion efficiente et la pérennité des fonds pour l’AENF.

Ont Signé

 

SAWADOGO Noaga Christian                                                                                                                                                   Président du cadre de concertation des opérateurs en alphabétisation de la région de la Boucle du Mouhoun                                                                                                     Représentant des opérateurs du Burkina Faso au Comité national de financement du FONAENF

 

                                    GNIMIEN Fidèle

Président du cadre de concertation des opérateurs en alphabétisation du Mouhoun                          

                                                                             KANKO Yérizon          

Présidente du cadre de concertation des opérateurs en alphabétisation des Balé

 

                                   ZERBO Antoine

Président du cadre de concertation des opérateurs en alphabétisation du Nayala                                      

                                                                                KEITA Mahamoudou

Président du cadre de concertation des opérateurs en alphabétisation du Sourou

 

                                   NACRO Abassoué

Président du cadre de concertation des opérateurs en alphabétisation de la Kossi                                  

                                                                                 COULIBALY Agathe                                

Présidente du cadre de concertation des opérateurs en alphabétisation des Banwa

 

Commentaires   

0 #2 Weogo Bongnega 19-02-2015 10:58
C'est mou dans les réformes. Il faut aller à fond dans le décapage de l'ancienne élite corrompue et toujours acquise à ses mentors. Il faut accélerer le remplacement des pions de l'ex-majorité, surtout ceux qui occupent des postes stratégiques (finances, sociétés d'Etat, chefs/coordonna teurs de projets, services douaniers...) Si certains départements ministériels se sont attelés à la tache, d'autres par contre brillent par leur immobilisme sans que l'on ne sache trop pourquoi les choses ne bougent pas chez eux. C'est le cas du Mena qui gère de nombreux projets abondamment financés par les PTF et où l'on retrouvent des gens placés là par l'ancien système à l'époque pour pourvoir les caisses du CDP en fonds. Quatre mois après l'insurrection, c.à d presque à mi-parcours de la transition, ces sangsues sont toujours là, arrimés à leurs projets, et la dissipation des sous se poursuit. Comme disent les jeunes, MENA-là meme c'est grave !!
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0 #1 kafaho 24-01-2015 08:35
si rien n est fait la Gnagna sombre plus que quiconque!
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