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Maladies gynécologiques : L’endométriose, cette maladie sournoise qui frappe d’infertilité

Femmes, si vous avez des règles douloureuses, des saignements abondants ou entre les règles, consultez-vite un gynécologue. Ces signes peuvent être symptomatiques de l’endométriose, une maladie gynécologique peu connue qui peut pourtant avoir des répercussions sur la fertilité. Touchant 5 à 10% des femmes en âge de procréer, l’endométriose provoque en effet l’infertilité d’un quart des personnes qui en sont atteintes. Qu’est-ce que cette maladie ? Quelles en sont les causes ? Quels en sont les symptômes et les traitements ? Eclairage du Dr Ilboudo/Sawadogo Safyétou, gynécologue-obstétricien à l’Hôpital Saint-Camille de Ouagadougou (HOSCO), dans cet entretien qu’elle nous a accordé le mardi 7 février 2017.

 

Qu’est-ce que l’endométriose ?

 

Le mot vient, étymologiquement, du terme « endomètre », qui désigne la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. L’utérus est recouvert de 3 couches : une superficielle, une moyenne et une interne. L’endométriose, c’est la localisation du tissu endométrial hors de la cavité utérine. Cette localisation peut se faire au niveau du muscle utérin (endométriose interne) ou hors de l’utérus (endométriose externe). Les femmes en âge de procréer (25 à 40 ans) y sont les plus exposées, avec  une fréquence de 5 à 10%.

 

Comment se manifeste la maladie ?

 

L’endométriose est une pathologie polymorphe. Le polymorphisme clinique est d’ailleurs sa principale caractéristique ; ce qui rend difficile son diagnostic. Mais la maladie peut aussi survenir sans aucun symptôme. De façon générale, on retient 3 grands signes :

  • les hémorragies : c’est l’augmentation progressive de la quantité de sang pendant les règles. On peut aussi avoir des saignements entre les règles ;
  • l’infertilité : un quart (1/4) des femmes qui font l’endométriose seront infertiles ;
  • la douleur : elle a 5 caractéristiques. Dans le jargon, on parle des 5 D de l’endométriose. Ce sont : la dysménorrhée (douleur pendant les règles, apparaissant au deuxième jour jusqu’à la fin) ; la dyspareunie (douleur pendant les rapports sexuels) ; la dys-ovulation (problèmes d’ovulation, ce qui pourrait expliquer la fréquence de l’infertilité) ; la douleur à la défécation (le simple fait d’aller aux selles pendant les règles est douloureux) et la dysurie (le fait d’uriner fait mal).

 

Quelles sont les causes de l’endométriose ? 

 

Il n’y a pas de causes précises, il n’y a que des hypothèses.

L’une d’elles est le flux rétrograde. Au début du cycle menstruel, sous l’influence des hormones de l’ovaire, l’endomètre se modifie, s’épaissit (pour accueillir une éventuelle grossesse), se détruit par la suite avec le sang s’il n’y a pas de fécondation et est normalement excrété à l’extérieur à travers la vulve de la femme (ce sont les règles). Le flux rétrograde, c’est quand les menstrues ne ressortent pas mais refluent dans le péritoine à travers les trompes. Le tissu endométrial va se retrouver donc au niveau du péritoine. Normalement si le système immunitaire est compétent, le péritoine parvient à détruire ces cellules, sinon elles se fixent au niveau des autres organes.

Une deuxième hypothèse est la fragilisation du muscle utérin, qui peut survenir lors des césariennes et des curetages. Un autre cas, c’est la métaplasie, qui est la transformation d’un tissu normal en tissu anormal, en l’occurrence le tissu endométrial. Il y a aussi la théorie de la transplantation à travers la lymphe et le facteur génétique. On note que les filles d’une femme qui a fait l’endométriose seront plus prédisposées à développer la maladie.

 

Y a-t-il un traitement contre cette maladie ?

 

Dans la physiopathologie, ce sont les ovaires qui conditionnent la maladie, c’est-à-dire que pour la traiter il faut arrêter le fonctionnement hormonal. Deux situations naturelles peuvent favoriser la régression de l’endométriose : la grossesse, au cours de laquelle les ovaires sont au repos, et la ménopause, au cours de laquelle les ovaires ne fonctionnent plus. La guérison dans ces situations est donc spontanée. Quant au traitement, il peut être médicamenteux ou chirurgical. Le traitement médicamenteux consiste à bloquer le fonctionnement ovarien ; celui chirurgical peut être conservateur ou radical. La chirurgie conservatrice consiste à détruire la lésion de l’endomètre et celle radicale à enlever l’utérus et les ovaires pour éviter la stimulation hormonale.

 

Comment s’explique la fréquence de l’infertilité dans l’endométriose ?

 

L’association infertilité-endométriose est en effet très fréquente. Un quart des femmes qui ont l’endométriose seront infertiles et un quart des cas d’infertilité, après investigations, sont dus à l’endométriose. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le tissu endométrial qui se localise hors de la cavité utérine subit des modifications hormonales, s’épaissit et saigne pendant les règles. Ce sang n’ayant pas d’issue, il reste sur place, ce qui entraîne une irritation des organes du voisinage, une inflammation et des adhérences (des organes qui vont se coller). Et si cette localisation est tubaire, on va avoir des adhérences au niveau de la trompe qui vont empêcher la captation de l’ovule au moment de l’ovulation ou empêcher la progression des gamètes lorsqu’il y a fécondation. Ce sont ces situations, en plus de la dys-ovulation, qui sont responsables de l’infertilité.

Pour éviter ce cas irréversible, il est recommandé de consulter le plus tôt dès qu’il y a des signes. Une femme de 18 à 40 ans qui constate une abondance de règles, a des règles douloureuses ou des difficultés à concevoir doit impérativement voir un professionnel de la santé.

 

Alima Séogo/Koanda

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