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Meurtre de Safi Rouamba à Pag-la-yiri : Récit effroyable de l'oncle de la victime

Safi Rouamba Safi Rouamba

Natif de Kombissiri et résidant à Ouagadougou au secteur 16, Abdoulaye Compaoré s’est présenté dans les locaux de L’Observateur paagla dans la matinée du 22 mai 2017. Malgré la situation qui trouble son sommeil depuis le 12 du mois en cours, le commerçant s’est armé d’un moral d’acier pour partager avec l’opinion nationale une tragédie d’une violence inouïe et digne d’un film hollywoodien. Sa nièce, du nom de Safi Rouamba, a été tuée par l’homme qui l’a épousé il y a 6 ans. Comment en est-on arrivé là ? Est-ce un crime passionnel ? Est-ce un acte savamment orchestré par un sadique ? En tous les cas, selon Abdoulaye Compaoré, par cet acte odieux, le criminel, en fuite, a lancé un défi à la Nation entière et le retrouver est une urgence. Récit effroyable dans les lignes qui suivent.

 

«Je suis arrivé à Ouagadougou en 2000. Je fais du commerce à la gare routière. Par la suite, j’ai ouvert un vidéoclub au village pour mes frères et comme mon voisin Ali Zouré a des connaissances en la matière, je me suis dit qu’il peut nous être utile tôt ou tard». C’est ce qu’a dit Abdoulaye Compaoré pour expliquer sa rencontre et le début de son amitié avec celui qui allait devenir son beau-fils plus tard.

Malgré cette amitié imposée par la proximité, Abdoulaye était méfiant : «Il ne vole pas, mais s’il t’emprunte de l’argent, il ne le solde jamais. C'est pourquoi il ne manque pas de démêlés avec la police», nous a-t-il expliqué. Qu'à cela ne tienne, il a souvent recours à ses services pour le dépannage de son vidéoclub à Kombissiri. Lors d'un de ses déplacements dans cette localité en 2010, le technicien fait la connaissance de Safi Rouamba qui n'est autre que la nièce de son voisin commerçant.

A la demande de son oncle, la jeune fille, qui avait à peine 18 ans, vient à Ouagadougou pour y rester. La relation naissante entre le technicien et elle s’est renforcée et a même pris une tournure amoureuse. Parallèlement à la gestion de la cabine téléphonique de son oncle, Safi suit des cours du soir dans un établissement d’enseignement. Ce fut l’occasion rêvée pour Ali de continuer à roder autour d’elle. L'homme décide de faire le pas à Kombissiri dans la famille de celle qui a conquis son cœur sans piper mot à Abdoulaye Compaoré. Sa démarche a été concluante puisque la mère de Safi a adhéré à son projet puis souhaité les voir vite faire le mariage.

Mais l’oncle, connaissant le soupirant, s’y est opposé, car il n’avait pas confiance à Ali: « De passage au village, Fati, ma grande sœur, m’a informé qu’Ali l’a visitée et lui a révélé ses intentions envers Safi. J’ai rétorqué que ce n’est pas une bonne idée, car ce n’est pas une personne en qui il faut confier quelque chose encore moins sa fille. Je lui ai expliqué le peu que je savais de ce monsieur et me suis opposé franchement au projet de mariage», nous a signifié Abdoulaye Compaoré avant de poursuivre : «J'ai même cité un cas d'ingratitude à mon égard de la part d'Ali que j'ai aidé à reconstituer son commerce après un incendie. En effet, il n'a pu me rembourser la totalité du prêt que je lui ai accordé ; pourtant il me dénigre partout. Je pensais avoir convaincu ma sœur que celui qui veut épouser notre fille n'est pas digne de confiance, mais c’était peine perdue ».

En réalité, sa grande sœur s’est déplacée à Ouaga pour le supplier d'accepter la relation des deux tourtereaux. «Adama Rouamba, le père de ma nièce, lui, s'en est remis à ma décision, mais au regard de l’insistance de Fati et après une longue réflexion, j’ai été obligé d’arranger les choses. Je ne voulais pas être considéré comme celui qui ne veut pas le bonheur de sa nièce. De plus, si elle restait célibataire jusqu’à un certain temps, c’est mon nom qui allait être cité à tout bout de champ», a-t-il précisé désespérément. Ainsi, l’union entre les deux eut finalement lieu courant 2011.

Le mariage consommé, Safi découvrira le vrai visage de son «Roméo». Selon Abdoulaye Compaoré, les bisbilles ne manquaient pas au sein du couple. Ali Zouré a eu un autre job plus tard dans une cave où il aurait dérobé 4,3 millions de francs CFA selon les calculs de son patron. Une somme qu’il aurait également dilapidée dans son sport favori que sont les machines à sous. Cela lui a même valu un séjour à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

En janvier 2017, le couple Zouré s’est séparé, et les bagages de Safi ont été jetés à la rue. M. Compaoré a entrepris une médiation, qui a échoué, avant d’accueillir de nouveau sa nièce chez lui. La réconciliation souhaitée n'ayant pas eu lieu, Safi s’est fait employer dans une boutique de vente de carreaux comme secrétaire.

 

Le drame insoutenable de l’après-midi du 12 mai

 

Le 25 avril dernier, Ali est revenu à de meilleurs sentiments et a souhaité que sa femme réintègre le foyer dès qu'il aura trouvé une nouvelle maison à louer. C’était en réalité la condition du retour proposée par les parents de Safi puisque la mésentente est née du fait que celle-ci ne supportait plus les avances que son mari faisaient à une autre fille qui vivait dans la même cour. 

L'oncle s'en est félicité et n'attendait plus que la réalisation de cette promesse. Que ne fut donc pas sa surprise quand, dans l’après-midi du vendredi 12 mai aux environs de 15h, Ali Zouré a débarqué dans la boutique où se trouvait la maman de ses deux filles.

«Il s’est adonné à une boucherie inhumaine. Il lui a tranché la mâchoire jusqu’à l’oreille de sorte qu’elle ne puisse pas crier. Il lui a ensuite placé un coutelas sur le front comme s’il voulait fendre sa tête en deux. Le sieur Zouré a aussi enfoncé un canif dans ses clavicules, l’a incisé le dos, les bras, les cuisses, les mollets. Presque tout le corps de Safi a été tailladé. Il a voulu la dépecer comme un animal, je n'ai jamais vu une telle atrocité», nous a raconté le quinquagénaire les yeux embués de larmes. La victime a été conduite à l’hôpital Yalgado et son bourreau a disparu dans la nature. Au centre hospitalier, elle a été prise en charge par au moins 7 médecins qui ont pu la «reconstituer». Malgré l'ardeur des disciples d'Hippocrate, elle a rendu l'âme dans la nuit du samedi et a été enterrée au petit matin du dimanche.

«Comment un être humain peut-il dépecer la femme qui lui a donné deux enfants ? Jusque-là, je n'arrive pas à dormir. Une des femmes qui a fait le bain mortuaire avec moi n'a pas encore retrouvé ses esprits ; elle est toujours en soins. Dans ma douleur, sans fin, je regrette que ma sœur Fati soit décédée, qu’elle ne soit plus là pour comprendre pourquoi depuis le début je m'opposais à cette union. Elle et ma nièce m'ont laissé dans une douleur inestimable», a précisé Abdoulaye Compaoré.

Il a affirmé avoir porté plainte contre le bourreau de sa nièce et a conclu en ces termes : « Mon premier recours, c'est Dieu, je souhaite que le chef de l'Etat, Roch Marc Christian Kaboré, et son ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, mettent tout en œuvre pour qu'on saisisse cet homme. »

 

Aboubacar Dermé

Commentaires   

0 #6 Alex 30-05-2017 16:35
Très effroyable comme barbarie. Toute ma compassion à la famille éplorée. Qu'est-ce qui a bien pu travailler l'esprit de ce monsieur ? Pour le retrouver plus facilement, l'Obs aurait dû mettre sa photo dans le journal. Qui sait s'il n'est pas pas parmi nous. Que la terre soit légère à la défunte et courage à ses parents.
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0 #5 Kanzim 30-05-2017 15:41
Que Safi repose en paix. C’est dommage pour Safi. Elle est venue au monde et dans ce Burkina, au moment où la drogue, l’assassinat et les crimes économiques et politiques sont valorisants pour les démons qui ont usurpé la nationalité africaine et le statut de burkinabè. Y aurait-il un seul moment où la fibre opportuniste du gouvernement vibrera pour que soient envoyés auprès de ses enfants des ministres qui raviraient la palme de comédie aux meilleurs acteurs du pays ? Si seulement les femmes, les jeunes et les parents savaient que leur combat pour la survie et la vie ne dépend pas de ces échotiers dans la fanfaronnade et la malice de Bouki l’Hyène qui caresse l’agneau de la main d=gauche alors que le poignard dans sa main droite s’apprête à frapper. Pourquoi les burkinabè dans des proportions de plus en plus nombreuses semblent égarés dans la jungle du mensonge et de la tromperie de la famille des gouvernants réels, faits de commerçants, de ministres, d’industriels et autres venins, supportés en cela par certains de chefs illégitimes ou égarés, des traditions religieuses et coutumières ? Dors en paix Safi. En espérant que tes deux enfants connaitront et participeront à l’avènement d’un Burkina humanisé, complètement différent de la république burkinabè du « Tarmazol ».
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0 #4 bédjou 30-05-2017 11:32
Quelle atrocité! Cet criminel mérite la mort, pas la prison.
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0 #3 Zangoté 30-05-2017 11:00
Que deviendront donc les enfants de cette jeune dame?
Si le sieur ZOURE y avait pensé, ne serait-ce que pour l'avenir de ses enfants, il se serait comporté autrement. Hélas! Il aura fait de sa vie un fiasco et même si on ne le rattrape pas, il est déjà mort car vivre après cette tragédie est pire que la mort. Je ne voudrait pas juger l'auteur de ce crime car ça n'arrive pas qu'autres. Sur nous tous qui sommes souvent exposés à des accès de colère, j'implore la protection divine afin qu'il nous épargne de ces actes ignobles. Comme on le dit souvent, "l'amour c'est pas la force". Quand ça ne va pas il faut savoir se ressaisir et éviter le pire. Là c'est un assassinat, ailleurs, c'est ce sont des suicides au nom de l'amour! Vivement que Dieu apaise nos cœurs.
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0 #2 Naaba Guesbé 30-05-2017 08:02
Il faut vraiment retrouver ce assassin pour qu'il réponde de ses actes.
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0 #1 Naaba Guesbé 30-05-2017 08:02
Il faut vraiment retrouver ce assassin pour qu'il réponde de ses actes.
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