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Ménopause : Quels remèdes contre ces bouffées de chaleur ?

Ménopause : Quels remèdes contre ces bouffées de chaleur ?

Tournant incontournable dans la vie des femmes, la ménopause survient en général entre 45 à 55 ans. Marquée par un arrêt du fonctionnement des ovaires, donc des règles et de la procréation, elle est dans la plupart des cas accompagnée de troubles de divers ordres dont le plus fréquent reste les bouffées de chaleur qui «étouffent» pas mal de victimes. Le mieux donc, c’est de savoir identifier les signes pour vivre plus sereinement sa ménopause. C’est d’ailleurs le diagnostic que pose, dans ce numéro de Carnet de Santé, la gynécologue Ida Salou, non sans évoquer les complications et donner des conseils pratiques pour une ménopause sans gêne.

 

 Madame Bamouni est une femme ménopausée. Cette phase de sa vie, elle la traverse dans la cinquantaine. Cette période, a-t-elle confié, est surtout marquée par des bouffées de chaleur désagréables, qu’elle peut ressentir à tout moment et en tout lieu. «En plus, je n’arrive pas à dormir la nuit. Et je suis fréquemment de mauvaise humeur mais j’essaie de m’investir beaucoup dans les activités socioprofessionnelles et la pratique du sport pour résoudre cela », décrit-elle. L’un dans l’autre, elle confie avoir accepté cette transformation de sa vie qu’elle prend d’ailleurs comme une « grâce ». Maï et Kadi sont des sœurs jumelles. Bien que nées le même jour, à la même heure, elles n’ont cependant pas connu la ménopause au même moment. L’une l’ayant expérimentée 2 ans plus tôt que l’autre et cela, sans aucun trouble, en dehors de l’arrêt des règles.

Eh oui, chaque femme expérimente la ménopause différemment. Du grec méno (règles), et pause (arrêt), la ménopause, aussi appelée «âge climatérique » ou le « retour d’âge » est l'arrêt des règles. «Quand on parle de ménopause, on parle d’un état physiologique de la femme. Toutes, à un moment donné ou à un autre, vont vivre la ménopause. Il s’agit d’un arrêt de fonctionnement des ovaires. Cela veut dire qu’il y a un âge à partir duquel on ne peut plus faire de bébés», a en effet expliqué le Dr Ida Salou, gynécologue de son état. A l’en croire, la moyenne d’âge de la ménopause se situe entre 45 et 55 ans. Mais, fait-elle remarquer, certaines femmes la vivent un peu avant les 45 ans, on parle alors de ménopause précoce. Selon le Dr Salou, la ménopause est, elle-même, précédée d’une phase appelée préménopause ou péri-ménopause qui est marquée par beaucoup de perturbations physiologiques. «Il y a des femmes qui commencent à ressentir ces perturbations dans la quarantaine, entre 40 et 41 ans notamment », a-t-elle relevé avant d’ajouter que chez d’autres, le retour d’âge intervient tardivement, soit un peu après 55 ans.

 

Même dans la fraicheur, on transpire !

 

Une chose importante à relever, on ne parle de ménopause que quand les règles s’arrêtent pendant un an d’affilée. « Lorsque les règles se coupent durant 3 à 4 mois et reviennent ensuite, il ne s’agit pas de ménopause mais de préménopause », a précisé Dr Salou. Et de poursuivre, durant cette période, on pourra également observer des signes comme :

- les troubles du cycle : les règles deviennent irrégulières  ou désordonnées (viennent, coupent et reviennent ; ou viennent 2 fois dans le même mois) ;

- les troubles de l’humeur : la femme devient facilement irritable, elle ne dort pas bien la nuit ; elle a des fous-rires ou éclate en sanglots pour un rien ;

- les bouffées de chaleur : C’est le plus gros trouble. Ces bouffées sont insupportables. Elles apparaissent comme une vague de chaleur qui va de la poitrine et qui monte au niveau du visage. Même en temps de fraicheur ou sous la climatisation, certaines femmes transpirent à grosse gouttes. Après la transpiration, vient une sensation de froid ou même de frissons pouvant durer 30 s à 1 mn. Ce sont des instants difficiles à vivre surtout quand on est en public

- A ceux-ci s’ajoutent, entre autres, la sensation de fatigue, les céphalées, les ballonnements, la prise de poids (une dysmorphie avec la graisse qui s’accumule sur le ventre, la poitrine…)….

Outre ces signes d’alerte, selon toujours notre gynéco, la ménopause peut être confirmée sur le plan médical par un bilan sanguin qui va consister à un dosage des hormones qui sont censés être produits par les ovaires. Si les hormones sont en baisse, cela voudrait dire que les ovaires ont arrêté de fonctionner.

Mais quelles sont les causes de la ménopause ? Réponse sans appel de docteur: «Chercher les causes de la ménopause c’est comme chercher les causes de la puberté. Il y en a pas. C’est un phénomène naturel. On nait, on grandit, on murit et on vieillit. Et c’est pareil pour les cellules génitales».

 

Attention à l’hypertension, au diabète, aux cancers et AVC

 

Toutefois, certaines situations peuvent favoriser la ménopause précoce. C’est le cas par exemple de la chimiothérapie anticancéreuse ou des chocs émotionnels. «Quand la chimio est trop agressive, elle peut provoquer un arrêt précoce du fonctionnement des ovaires. Quand certaines femmes ont également un gros choc, les règles s’arrêtent», a-t-elle indiqué. En dehors de ces situations particulières, a poursuivi le Dr Salou, on dit en général que l’âge de la ménopause d’une femme peut se deviner à partir de l’âge de celle de sa mère ou de sa grand-mère.

Des saignements observés par certaines femmes pendant la ménopause sont qualifiés d’anormaux. Pour la gynécologue, ces saignements peuvent être dus à des pathologies cancéreuses ou à autre chose qu’il faut chercher à connaître en consultant. En effet, la ménopause peut entraîner des complications diverses, selon Dr Salou :

Sur le plan psychologique : la femme se dit qu’elle est en train de perdre une partie de sa féminité et ce n’est pas facile à accepter ;

Sur le plan conjugal : certaines femmes ont des problèmes de sécheresse vaginale et les rapports sexuels ne sont plus confortables ; chez d’autres c’est la libido qui est en baisse. Tout cela entraîne parfois des tensions dans le couple si les deux ne sont pas sur la même longueur ;

Sur le plan sanitaire : la ménopause favorise la survenue de pathologies comme l’hypertension artérielle, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et surtout les cancers.

 

Le soja comme remède

 

Y a-t-il un traitement contre la ménopause ? Pas véritablement. On ne peut ni retarder ni empêcher la ménopause. Mais assure le Dr Salou, quelques médicaments existent pour faire supporter les bouffées de chaleur. Seulement ils doivent être pris sur un long court. Des produits peuvent également aider à résoudre les problèmes de troubles du cycle et de la sécheresse vaginale.

Comme conseils, elle invite les femmes à avoir beaucoup de rigueur durant cette période, en observant une activité physique régulière, notamment la marche (au moins 30 mn 3 fois par semaine) ; en évitant de consommer beaucoup de sel (les charcuteries), les sucres à absorption rapides (miel, confiture, pâtisserie), les huiles entières (préférer les huiles végétales comme celles du tournesol ou du soja qui ne contiennent pas de cholestérol). Boire beaucoup d’eau permet aussi de drainer tout ce qui est toxines. Sur le plan de la naturothérapie, des remèdes de grand-mère à base de plantes comme le soja ont également fait leurs preuves au cours de la ménopause. Il s’agit notamment de la consommation du soja (lait, brochette…).

Pour les femmes ménopausées qui connaissent une chute de cheveux, des rides et un vieillissement de la peau, il faut prendre de la vitamine E et utiliser des crèmes qui contiennent beaucoup de collagène pour assouplir la peau. Mais au-delà de toutes ces astuces, a poursuivi le Dr Salou, il faut surtout faire un dépistage des maladies cardiovasculaires et des cancers (col de l’utérus, sein).

Aux conjoints et enfants, elle a sollicité leur accompagnement et compréhension car, a-t-elle relevé une fois de plus, la ménopause est une période au cours de laquelle la femme doit être bien entourée. Quant aux premières concernées, elles doivent continuer à aller chez le gynéco. Un bilan sanguin et une échographie pelvienne annuels ; un dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus chaque 3 ans, sont préconisés.

 

Alima Séogo/Koanda

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