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Infections vaginales : Comment se débarrasser de ces poils à gratter

Infections vaginales : Comment se débarrasser de ces poils à gratter

Chiantes comme des poux sur la tête, les infections vaginales ou vaginites font partie de la vie de certaines femmes. De notables récidivistes qui n’hésitent pas à resurgir une fois qu’il y a une faille dans la surveillance. Démangeaisons (au pubis), brûlures, écoulements et douleurs caractérisent ces pathologies dues à des germes. Qu’est-ce que les vaginites ? Quelles en sont les causes ? Comment éviter les récidives ? Un tour chez le gynécologue, en l’occurrence le Dr Clotaire Hien, médecin à l’hôpital national Blaise- Compaoré et nous avons des réponses à toutes ces questions.      

 

 

On entend souvent  parler d’infections vaginales ou de vaginites.  Est-ce  la même chose ?

 

Oui. Les deux termes désignent la même chose. Vaginite veut dire inflammation du vagin, et l’infection vaginale est aussi une des causes de la vaginite. Cela signifie que l’infection vaginale prend en compte les vaginites et autres infections, en ce sens qu’il y a des vaginites qui peuvent avoir pour origine une irritation, une inflammation, une allergie ou d’autres pathologies qui donnent une inflammation du vagin. Mais dès qu’on dit infection, ce sont des germes qui en sont responsables, c’est donc une atteinte du vagin par des germes.  

 

Quels sont les différents types d’infection vaginale et leurs particularités ?

 

L’infection peut être bactérienne, due à de microbactéries. Elle peut aussi être  causée par des mycoses (champignons, candidoses), par des virus (herpès vivo-vaginal) ou par des parasites (rarement). Autrement, les 4 causes des infections sont : les bactéries, les mycoses, les virus et les parasites.

 

Quels sont les signes d’une infection vaginale ?

 

La première des choses à observer, c’est les écoulements anormaux, qu’on appelle couramment pertes blanches, premier signe d’alerte ; ensuite, la femme atteinte ressent au niveau de son organe génital des douleurs dues à l’irritation. Il y a, en plus, d’autres signes qui ne sont pas directement liés mais qui doivent attirer l’attention de la femme. C’est, par exemple, les douleurs qu’elle ressent lors des rapports sexuels (dis arénites) ; ces irritations provoquent aussi des brûlures lors des urines. Ce sont là des signes qui doivent constituer des motifs de consultation. Mais lorsqu’on laisse trainer, des complications, comme l’infertilité, surviennent.  

 

Comment se fait le diagnostic ?

 

Le diagnostic est assez simple. C’est d’abord l’examen clinique qui va orienter le médecin ; ensuite, l’inspection à l’œil, qui va mettre en exergue les signes d’infection comme les rougeurs, les irritations, l’écoulement (aspect, couleur, odeur) qui sont typiques. L’examen va se prolonger à l’intérieur du vagin grâce à un instrument qu’on appelle le spéculum qui permet de voir les pertes blanches, les diverses secrétions et les inflammations. Enfin, pour confirmer le diagnostic et identifier le germe causal, un examen bactériologique, à l’aide d’un prélèvement des sécrétions, sera réalisé au laboratoire.  

 

Comment on attrape ces germes ? Est-ce que ces infections sont différentes de celles sexuellement transmissibles (IST) ?  

 

L’IST est une infection, donc ça va ensemble. Ce sont les germes qui diffèrent. Les germes  des IST sont transmis à travers les rapports sexuels contrairement  aux autres germes, d’ailleurs banaux qui sont des infections vaginales ordinaires.

Aujourd’hui, les études ont montré que, et je le répète toujours à mes consultations, presque 80% des vaginites sont imputables à la femme, dans sa manière de s’occuper de son hygiène intime et de protéger son organe génital. Comme vous le savez, le vagin est un tuyau qui communique avec l’extérieur et c’est à travers cette ouverture que les germes peuvent entrer par le biais d’un vecteur. Ce vecteur peut être, en premier, la femme elle-même, en ce sens qu’elle va manipuler son organe lors de ses toilettes. Secondairement, l’homme qui, à travers les rapports sexuels, peut aussi être source de contamination. Donc la responsabilité est partagée à 80% pour la femme elle-même et 20% pour le conjoint.

 

Qu’en est-il des complications ?                    

 

Elles sont redoutables, à 3, sinon même 4 niveaux. A l’extérieur (la vulve), quand les germes ne sont pas éliminés, ils vont passer à l’étage vaginal et si à cette étape, ils ne sont toujours pas éliminés, ils passent dans l’utérus à travers l’orifice du col et peuvent entraîner une infection utérine de l’endomètre. Non éliminés à ce niveau non plus,  ils passent dans les trompes et occasionnent d’autres infections (les salpingites). Là  également, s’il n’y a pas d’intervention, l’infection peut passer hors de la trompe, attaquer les ovaires et  l’intérieur du ventre de la femme. Ces différentes étapes constituent des complications qui vont dégrader l’appareil génital et entraîner des difficultés de procréation. En dehors de ça, lorsque les germes passent dans la cavité abdominale, ils peuvent infecter l’appendis, entraîner des abcès ou autres complications.

 

Ça se soigne ?

 

Oui, à toutes les étapes. Il y a des traitements adéquats  aux antibiotiques, antiparasitaires ou anti-mycosités sous forme de comprimés et d’ovules.

 

Mais qu’est-ce qui explique parfois qu’on traite une infection, et quelque temps après elle survient encore?

 

Deux situations peuvent expliquer cela. La première, c’est que le traitement n’a pas été adéquat, soit qu’on n’a pas prescrit le médicament qu’il faut ou que le temps de traitement était insuffisant. A ce moment, le foyer de l’infection n’a pas été stérilisé. L’autre chose, c’est les « recontaminations », par exemple dans l’utilisation des toilettes publiques ou lorsque l’homme constitue le vecteur et qu’on traite la femme  seule, sans son partenaire. C’est pourquoi il est toujours nécessaire d’identifier le germe avant tout traitement qui doit d’ailleurs concerner le couple ; cela évite les récidives dont vous parlez et aussi les rechutes.

 

Comment distingue-t-on un écoulement normal d’une infection ?

 

L’écoulement normal est naturel, du fait que le vagin de la femme est une muqueuse qui produit des sécrétions pour entraîner la lubrification. En plus, ces sécrétions constituent un système de défense, elles permettent d’évacuer tout ce qui est saleté hors du vagin. Cet écoulement n’est donc pas abondant, il se limite à des taches blanchâtres (qui ressemblent à de la morve). Inodores, d’un aspect pâteux, ces écoulements apparaissent généralement au moment de l’ovulation. Mais une fois que l’écoulement devient abondant, de sorte à mouiller le sous-corps ou le protège-slip, avec un aspect lait caillé de couleur jaunâtre et nauséabond, il devient pathologique.

 

Encadré

Les conseils du gygy

Evitez le port des strings

La femme doit savoir que le vagin n’a pas besoin d’entretien, il ne doit donc pas être nettoyé sauf sa partie extérieure, et cela se passe lors de la toilette (2 fois par jour). Et après avoir lavé l’appareil génital lors du bain avec un savon non agressif, il faudra le protéger avec un linge propre, en coton. Nous déconseillons le port des strings qui sont minces, entrent entre les fesses et acheminent des germes vers le vagin. Les sous-vêtements doivent être changés 2 fois par jour. Les dessous sales doivent être bien lavés, séchés dans un endroit sec et reportés au moins 3 jours après.

Sauf pratiques religieuses contraires, la femme doit utiliser du papier hygiénique propre pour s’essuyer après les selles. Il faut éviter l’utilisation de la bouilloire dont l’eau permanemment stoquée entraîne des moisissures qui sont des sources d’infections. L’idéal quand on utilise un tel récipient, c’est à chaque fois, de renverser l’eau restante après l’utilisation, et de laisser la bouilloire sécher avant de la réutiliser. Il faut également éviter le contact avec les toilettes publiques qui ne sont pas toujours propres.

Eviter de se raser à l’aide de rasoirs à lames qui coupent les poils jusqu’à la racine. Dans ce cas, lors de la repousse, il y a un mouvement de spirale qui laisse des ouvertures. Il peut alors y avoir des infections ou des boutons. Il est donc conseillé de se couper les poils du pubis à l’aide d’une paire de ciseaux.  

Commentaires   

0 #1 Kanzim 26-07-2017 14:45
Merci beaucoup Dr Clotaire Hien. Magnus Clotarius ai-je envie de dire, pour magnifier l’intérêt certain de l’interview dont vous nous enrichissez. Tous les points évoqués sont instructifs et mieux, très éducatifs. Je voudrais juste m’arrêter sur deux points qui m’ont le plus inquiété : il s’agit pour ce qui concerne le premier point, de l’utilisation des bouilloires. Je constate dans certains foyers de mes parents musulmans, que les bouilloires sont d’une utilisation collective : on les pose quelque part et tout le monde, jusqu’aux étrangers, peuvent s’en servir. J’ai vu également certaines de mes tantes et oncles qui avalent quelques gorgées de cette eau, au motif que ce serait de la bénédiction que d’en boire. Je crois bien que les raisons confessionnelle s sont interpellées, pour attirer l’attention de certains fidèles, qui par ailleurs ne peuvent pas donner une explication coranique ou islamique de certaines de leurs pratiques, et qui malheureusement n’ont pas les moyens d’accéder à ceux qui peuvent leur ne parler véridiquement sur la base de leurs connaissances. Je propose par exemple que les radios confessionnelle s que j’écoute beaucoup pour leur contribution à ma culture sur les religions, conçoivent des programmes d’animation sanitaire relative aux pratiques et rites dans toutes les religions, avec la présence d’imams ou d’érudits ou des membres de l’AEEMB et du CERFI, et la présence aussi de gynécologues et d’andrologues. Sur une radio donnée, on y apprend par les interventions d’une Hadja, les rites funéraires, comment laver un corps, et des pratiques autour de la prière. Le deuxième point sur lequel je voudrais m’arrêter porte sur les strings et autres habillements de nos filles et certaines de nos épouses qui refusent de « grandir » : la femme burkinabè perd de plus en plus l’un des canons caractéristique s de la beauté africaine, c’est-à-dire la callipygie qui rend sa forme très belle, et qui lui permet de danser comme une toupie des merveilles. Le warba est fait pour nos femmes à cause justement de cette callipygie, tandis que le twist (Souvenir-souve nir de Johnny Halliday) est fait pour les européennes qui se réfèrent à la stéatopygie. Femme française ne peut donc pas bien danser le Warba et femme burkinabè ne peut pas bien danser le twist. Et l’habillement de chacune des femmes tient compte de ces deux caractéristique s de callipyge ou de stéatopyge et les couturiers en tiennent compte dans leur création. Malheureusement avec la friperie, tout est en train de se dissoudre dans la bêtise de l’imitation et de la singerie des autres : quand on regarde nos enfants et nos épouses, on a l’impression qu’elles sont allées faire coudre directement leurs pantalons sur leurs corps, ou que le tissu n’a pas suffi, tellement elles sont cintrées comme des Lucky Luke. Et quand on y lie les blessures, fêlures et fissures sur la peau et le corps, on se demande si ces filles ne sont pas simplement destinées à la desquamation et à la mort lente et certaine. Alors lorsqu’on rapporte le goût du cintré et de la friperie dans les choix de sous-vêtements et des strings, il y a de quoi ‘s’inquiéter Dr Cotaire Hien. Ou bien ?
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