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Salif Diallo de A à Z

Salif Diallo de A à Z

Dans quelle encre tremper sa plume pour décliner les traits de caractère d’un homme aux multiples facettes que fut Salif Diallo ? La question mérite d’être posée tant écrire sur celui qui vient de disparaître c’est prendre le risque d’un côté, d’écorner l’image d’un « patriote » et de l’autre, d’encenser un « suppôt de Machiavel ».

Tentons l’exercice à travers cet abécédaire.

   

 

A comme âme damnée : c’est ce rôle qu’a joué Salif Diallo deux décennies durant auprès de Blaise Compaoré qui le lui rendait bien. Homme de tous les coups (bas), il a servi son mentor avec une débauche d’énergies physiques et intellectuelles sans nulle autre pareille dans la galaxie Compaoré 

B comme bête politique, bosseur : Ce sont là les deux qualités unanimement reconnues à Salif. Il n’hésitait pas à aller au charbon et à mettre la main dans le cambouis devant toute menace qui guettait son parti.   

C comme Courageux : C’est à ce trait de caractère que se relie l’action politique de l’enfant de Bimbili, toujours prompt à foncer là où beaucoup auraient reculé.

D comme Disgrâce : C’est connu, l’ingratitude, c’est le propre des princes. Salif en fera l’amère  expérience avec Blaise Compaoré qui, à partir de 2008,  n’a pas hésité à le sacrifier sur l’autel des intérêts de son frère cadet, François.

E comme « Enfant terrible du Yatenga » : C’est le surnom que les observateurs de la scène politique  lui ont affectueusement collé.

F comme Faiseur de roi : Homme de terrain, un brin populiste, Salif Diallo a conduit de main de maître  les campagnes électorales de l’ODP/MT au MPP. Un talent politique qu’il a mis au service de Roch Marc Christian Kaboré à la présidentielle de novembre 2015.

G comme « Gorba » : En référence à Gorbatchev,  c’est l’autre sobriquet qui lui a été affecté par ses compagnons politiques.

H comme Humain : Ses admirateurs et ses  adversaires sont unanimes: Salif était humain. Sous ses apparences d’ogre politique se cachait une âme sensible prête à répondre  aux multiples sollicitations dont il était l’objet.   

I comme Infatigable : aussi bien aux nombreux ministères qu’il a dirigés qu’à la tête des instances politiques qu’il a occupée, Salif Diallo n’aura rien ménagé, même pas sa santé pour atteindre ses objectifs.

J comme Justice : Celui qui a servi comme chef de cabinet de Blaise Compaoré quand ce dernier était ministre de la Justice a vu son nom revenir plusieurs fois dans plusieurs dossiers judiciaires du moment, comme dans l’affaire Dabo Boukari.

J aussi comme journaliste : Le saviez-vous ? Avant d’entamer des études en droit, Salif Diallo a tâté l’école de journalisme à l’Institut africain d’études cinématographiques (INAFEC), creuset des premiers journalistes formés au Burkina Faso.

M comme  Ministre : ministre inamovible 18 ans durant, Salif a occupé plusieurs postes dans les gouvernements Compaoré. Il fut, entre autres, ministre chargé des missions à la présidence, ministre d’Etat, ministre de l’Emploi, ministre de l’Eau et de l’Environnement, et ministre de l’Agriculture.

N comme Niger : C’est dans ce pays que le « mouton sacrificiel » entame sa résurrection politique et financière. Il y joue le rôle officieux de conseiller du président et s’adonne à des activités lucratives au grand dam de Ouagadougou.

P comme Patrimonialisation : c’est le « vilain mot » qui a provoqué le clash définitif entre le trublion Salif et Blaise. En effet,  dans une interview d’anthologie  accordée à L’Observateur Paalga, en juillet 2009, il a dénoncé avec fracas la « patrimonialisation du pouvoir » par le clan Compaoré.

R comme Rébellion : A partir de juillet 2009, « l’Enfant terrible du Yatenga » est entré en rébellion ouverte contre « l’Enfant terrible de Ziniaré ». Plus rien ne les rapprochera.

S comme Stratège : Salfo, comme l’appelaient ses parents du Yatenga était d’un incroyable talent politique. Très à cheval sur l’idéologie, il savait aussi se montrer pragmatique. Grâce à sa capacité d’anticipation, il avait toujours un coup d’avance à l’image des maîtres de jeu d’Echec.  

T comme Traversée du désert : Son limogeage du gouvernement Tertius Zongo à la veille de Pâques 2008 sonne le début d’une traversée du désert qui l’éloignera du pays et surtout de la politique qu’il affectionnait tant.

V comme Vienne : Tombé en disgrâce, l’homme de confiance de Blaise  est aussitôt frappé d’ostracisme. Il est  congédié à Vienne comme ambassadeur du Burkina d’où il reviendra quelques années plus tard sans pour autant retourver les bonnes grâces de son ex-mentor.

Y comme Yalgado : Salif Diallo, président de l’Assemblée nationale, est décédé sans avoir terminé son mandat. Un sort qui rappelle celui de Yalgado Ouédraogo, président de l’Assemblée territoriale de la Haute-Volta, disparu le 21 juillet 1957, à 32 ans, par suite d’un accident de la route. Tous deux étaient originaires du Yatenga.

Alain Saint Robespierre

Commentaires   

0 #1 Parlement 21-08-2017 15:51
Dans la vie d’une nation, chaque citoyen, comme toute personnalité joue son rôle de son mieux avant de mourir. Les bons et mauvais exemples des uns et des autres, doivent servir de leçons pour les générations montantes afin de corriger les insuffisances et renforcer les acquis. En ces moments de deuil pour Salif Diallo,la nation doit lui rendre les hommages dignes de son rang. Cependant, le temps presse, car le délai légal de 15 jours pour l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée, échoit le 02 septembre 2017.Il appartient au Chef de l’Etat, de faire acte de clairvoyance, pour que la majorité présidentielle puisse choisir un président du parlement qui soit à la hauteur de la mission. Une personne dynamique, un rassembleur pour bien diriger l’auguste Assemblée dans l’intérêt général de la nation. Etre président du groupe parlementaire du MPP n’est pas un droit logique pour mériter la présidence du parlement. De même, être un vice-président de l’Assemblée n’est pas non plus un droit d’accéder au perchoir surtout quand on est issu d’un parti minoritaire allié de la majorité. Donc l’actuel premier vice président de l’Assemblée nationale doit faire preuve de modération et ne pas oublier ses propos et attitudes qui ont offensé la classe politique et ses anciens camarades de l’opposition. Le temps des va –t’en guerre politique est désormais révolu au Burkina pour faire place au dialogue, au consensus et à la valorisation des mérites et compétences de chaque Burkinabè.
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