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Insurrection populaire de 2014 et coup d’Etat manqué de 2016 : La justice burkinabè toujours mise à l’index

Les blessures causées par l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et le putsch manqué de septembre 2015 semblent se refermer difficilement. Dans la matinée du lundi 11 septembre 2017, les familles des victimes des deux évènements malheureux ont encore donné de la voix à travers une conférence de presse tenue à Ouagadougou. Dans leur déclaration conjointe, l’Union des familles des martyrs de l’insurrection populaire (UFMIP), l’Association des parents des victimes du coup d’Etat (APVCE) et l’Association des blessés du coup d’Etat du 16 septembre 2016 (ABCE 16) dénoncent « les balbutiements de la justice »

 

30 et 31 octobre 2014 ; 15 et 16 septembre 2015 : voilà des dates qui ont laissé des empreintes dans l’histoire du Burkina Faso. Ce sont respectivement celles de l’insurrection populaire qui a abouti au renversement d’un pouvoir de 27 ans et du putsch manqué perpétré contre le régime de la Transition. Outre leurs causes et les dégâts occasionnés, le souvenir de ces soubresauts est dû au grand nombre de macchabées et de blessés. En effet, ces deux périodes de troubles sociopolitiques ont entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes et occasionné de nombreux blessés. Les familles des victimes depuis lors, doléances en main et qui se sont regroupées en associations, ne manquent pas d’occasions d’effectuer des sorties médiatiques. Ce 11 août 2017, à la Maison des jeunes et de la culture de Ouagadougou, en prélude au 2e anniversaire du putsch manqué, elles étaient encore face aux hommes de médias. En présence de responsables d’organisations de la société civile, notamment le Mouvement plus rien ne sera comme avant (MPRESCA) et le Mouvement brassard noir, l’UFMIP, l’APVCE et l’ABCE 16, elles ont exprimé leur mécontentement concernant la lenteur de la justice dans le traitement des dossiers, par une déclaration conjointe.

 Après les mots de bienvenue du secrétaire général de l’APVCE, Patrice Bazié, c’est le président de de l’UFMIP, Victor Pouahoulabou, qui a lu la déclaration commune, après que la salle a observé une minute de silence à la mémoire des disparus de ces sanglants évènements. Dans son allocution d’une dizaine de minutes, ce dernier a d’abord rappelé la noblesse des combats qui ont occasionné la mort de ceux pour qui l’on réclame justice aujourd’hui.

 

La justice vivement interpellée

 

Et le porte-parole des endeuillés de saluer les mesures sociales prises par le gouvernement dont la mise en œuvre, selon eux, peine à être effective, avant de lancer leur cri du cœur aux autorités judiciaires : « Pour soulager les nombreuses familles, le gouvernement, tant bien que mal, met en œuvre les mesures sociales prises sous le Conseil national de la Transition (CNT). Et à ce niveau, les tractations continuent entre les familles des victimes, les blessées et le gouvernement pour une mise en œuvre totale desdites mesures. Néanmoins, s’il y a un point sur lequel les familles des martyrs, les blessés et, partant, le peuple burkinabè ne comptent pas marchander : la justice. Certains bourreaux de nos enfants, frères, épouses et époux se promènent allégrement sans être inquiétés, nos martyrs hantent nos nuits parce que la justice se fait attendre. Notre responsabilité commune étant engagée, nous interpellons donc tous les acteurs de la justice, en particulier le Procureur général, le Procureur du Faso près le TGI de Ouagadougou, le président du tribunal militaire et le commissaire du gouvernement. Au nom de la séparation des pouvoirs, nous demandons que tous ces acteurs fassent de leur mieux pour que justice soit rendue », a déclaré le président de l’UFMIP.

Avant de marteler que, conformément aux engagements pris à l’époque de la Transition par son président, Michel Kafando, dans ses discours d’hommage aux martyrs les 30 mai et 31 octobre 2015, et à la déclaration de politique générale du président Roch Marc Christian Kaboré, les familles des martyrs et les blessés sont toujours dans l’attente de la justice promise. Celui qui s’est exprimé au nom des parents des martyrs et des blessés a terminé la lecture du message collectif en remerciant le peuple burkinabè pour son soutien et son réconfort constants.

Pour répondre aux journalistes, qui ont porté leur attention sur les sorties à répétition des différentes associations qu’ils avaient en face d’eux, leurs responsables ont estimé qu’il n’y a pas de pause dans leur combat. « Quand nos voix seront entendues et nos doléances satisfaites, nous estimerons que nous sommes au bout de la lutte », a répondu Victor Pouahoulabou.  Et sur la question de la réconciliation nationale, les parents des victimes sont restés sur leur position : « La réconciliation n’a pas besoin d’être chantée. Si la justice du peuple a lieu, elle viendra toute seule. Et si par ailleurs les juges refusent de faire leur travail, nous leur demanderons de libérer leurs fauteuils », a poursuivi le président de l’UFMIP. Une réponse qui a eu l’effet de faire apparaître un sourire sur les mines déconfites de ses camarades.

 

Bernard Kaboré (Stagiaire)

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