Menu
TANGUI IMMOBILIER SARL
FLASH INFOS

An II du putsch manqué : Entre hommage et soif de justice

A la mémoire des victimes du coup d’Etat manqué, une cérémonie de recueillement suivie d’un dépôt de gerbes de fleurs a réuni, le 16 septembre 2017 au cimetière municipal de Gounghin, parents de victimes et autorités. Les parents des victimes attendent toujours que justice soit rendue.

 

C’est après un orage qui a fait place à une fine pluie qu’anonymes, parents de victimes et autorités se sont retrouvés à demi trempés au cimetière municipal de Gounghin pour rendre hommage aux victimes, comme si le ciel pleurait lui aussi ceux tombés sous les balles assassines des éléments de l’ex-RSP.

Au premier rang avec le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, Alassane Sakandé, le Haut Représentant du chef de l’Etat, Chériff Sy, et des responsables des Forces armées nationales ont tous marché au rythme de la fanfare nationale, littéralement mouillée. Deux hommes de tenue après ce moment de concentration avancent en direction du carré des martyrs où des fleurs sont déposées soigneusement.

«Cette cérémonie commémorative est une occasion pour nous tous de nous remémorer et de saluer la mémoire de ceux qui sont tombés sur le champ d’honneur il y a deux ans», a indiqué M. Thiéba, après le rituel du dépôt des gerbes de fleurs. C’est pourquoi il convient de saluer le sacrifice suprême consenti par ces personnes», a-t-il fait remarquer avant d’ajouter que nous devons faire confiance à la justice, qui doit être rendue selon les règles du droit. «La réconciliation oui, mais après que justice a été rendue.»

Et de poursuivre en expliquant qu’«avec ce sang versé, plus jamais le peuple burkinabè ne devrait connaître de forfaiture et de tentative de coup d’Etat, car le monde entier a compris que notre peuple est viscéralement attaché à la démocratie, à la liberté et au progrès».

Au dire du président des parents des victimes du coup d’Etat manqué, Aboubacar Yelnogo, après 2 ans de longue attente, ils s’en remettent à la justice qui va reprendre bientôt du service.

A l’occasion du 2e anniversaire de la résistance au coup d’Etat, une série d’activités, dont le nettoyage du carré des martyrs, des prières et des offices religieux, ont été organisées du 15 au 17 septembre. Outre la cérémonie de recueillement sur les tombes, une conférence publique sur ‘’la résistance au coup d’Etat’’ a été donnée en collaboration avec des organisations de la société civile samedi 16 septembre à Ouaga.

Le coup d’Etat manqué du 15 septembre 2015 a été perpétré par le défunt Régiment de sécurité présidentielle (RSP), avec à sa tête le général Gilbert Diendéré, qui s’était proclamé président du Conseil national pour la démocratie (CND). Le putsch avait occasionné une quinzaine de morts et beaucoup de blessés.

 

La justice se fait attendre

 

La célébration de ce 2e anniversaire du coup d’Etat manqué intervient alors que des associations des parents de martyrs réclament justice pour leurs proches tués lors de ce coup d’Etat. Dans le cadre des enquêtes, une centaine de personnes, militaires comme civils, avaient été interpellées. Le dossier est entre les mains des magistrats instructeurs du tribunal militaire. La conduite de l’instruction a été marquée par de nombreuses libérations provisoires et, récemment, des non-lieux pour certains prévenus. L’impatience des victimes et de leurs parents de voir les auteurs du coup de force jugés demeure grande.

L’instruction est pratiquement bouclée. Le 14 septembre, les différentes parties étaient devant la chambre de contrôle de l’instruction du tribunal militaire. Il s’agissait de l’examen de l’appel interjeté par les avocats de la défense au sujet de l’ordonnance de non-lieu, de non-lieu partiel, de requalification et de transmission de pièces  au président  de la chambre de contrôle de l’instruction.

L’audience a été renvoyée pour des notifications qui n’ont pas respecté les prescriptions légales et pour la saisine du Conseil constitutionnel afin que les sages vérifient la constitutionnalité de l’article 99, alinéa 9, du Code de justice militaire qui limite à 3 cas le droit de recours du prévenu.  La décision des grands juges est attendue dans un délai d’un mois.

                                                                                     

W. Harold Alex Kaboré

Commentaires   

0 #1 Zangoté 18-09-2017 15:29
Une chose est sûre: sous la transition , les choses allaient plus vite que ça alors même qu'il s'agissait d'un demi-pouvoir. Maintenant qu'on est de retour dans la démocratie, on s'attendait à mieux et non pas à moins. J'estime que le ministre de la justice est complètement effacé et que les juges tous comme d'ailleurs les professeurs d'universités font ce qu'ils veulent sans empressement aucun. Vivement que les uns et les autres comprennent bien que la cohésion et la paix sociale ne sauraient existées sans un minimum de justice.
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

Retour en haut