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Fête de l’armée: Et s’ils étaient allés parader à Djibo ?

Fête de l’armée: Et s’ils étaient allés parader à Djibo ?

« L’armée et la nation face aux défis sécuritaires du moment. » La Grande Muette pouvait difficilement trouver thème plus à propos et plus brûlant que celui-là pour son 57e anniversaire, célébré hier à la place de la Nation. Ce jubilé intervient en effet alors que le pays est plongé depuis 30 bons mois dans une zone de turbulences sécuritaires dont on ne sait véritablement quand il sortira. Une période difficile qui, chaque jour, apporte son lot de victimes civiles comme militaires. Et alors que nos soldats s’apprêtaient à célébrer leur fête, voilà que les terroristes ont encore frappé, endeuillant ce long week-end de la Toussaint : à Ariel, où trois militaires ont été blessés dans l’explosion d’une mine, tandis qu’ailleurs dans le Soum deux attaques contre le Groupement des forces antiterroristes faisaient cinq blessés.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ceux chargés de la lutte contre le terrorisme sont frappés par la nébuleuse qui, depuis plus de deux ans, a fait une centaine de morts et plusieurs centaines de blessés. Cadeau d’anniversaire sanglant de la part de prétendus djihadistes qui auraient voulu faire la nique à la Grande Muette qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement.

Alors quand parviendrons-nous à éradiquer totalement ce cancer qui ronge notre corps social et annihile tous les efforts de développement et de progrès ? Difficile d’y répondre quand on sait que la lutte contre le terrorisme semble, jusque-là, avoir été frappée du sceau de l’impuissance.

Pourtant, un forum national sur la sécurité vient de se tenir du 24 au 26 octobre dernier. Un projet de loi sur la réforme du secteur de la sécurité est dans les tuyaux comme bien d’autres initiatives. Mais il faut voir quels effets pourrait avoir sur le terrain cette guerre qui, pour le moment, ne se mène que sur le papier.

Et encore faut-il que tous les cœurs battent à l’unisson, que les rangs des forces de défense et de sécurité soient plus que jamais serrés, ce dont on peut douter actuellement au regard de l’absence remarquée des éléments de la Police nationale de la parade.

Au sujet de ce traditionnel défilé. Qu’est-ce qu’il aurait été symboliquement fort et psychologiquement réconfortant si l’armée avait organisé une grande parade particulièrement démonstrative à Djibo, chef-lieu de cette province du Soum devenue martyr. A la vue d’un tel arsenal, les populations locales auraient au moins eu chaud au cœur, même si l’invincible armada aurait été retournée dès la cérémonie terminée et on aurait vraiment terrorisé les terroristes qui se seraient fait du souci à la seule vue d’un tel arsenal. Ne dit-on pas, en effet, que la guerre se gagne aussi sur le terrain psychologique ?

 Marie Ouédraogo

Commentaires   

0 #1 Sidzabda 01-11-2017 22:41
effectivement c'aurait été bien si l'armée organisait la parade à Djibo car là, tu allais avoir trois jours de frais de mission pour le même travail fait à Ouaga ici cadeau. Comme le disait le président du faso, la lutte contre le terrorisme n'est pas seulement militaire, alors quelle est votre forme de lutte?
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