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Marche-meeting du MBDHP : Mobilisation contre les crimes impunis

Marche-meeting du MBDHP : Mobilisation contre les crimes impunis

Le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), appuyé par une quinzaine de structures de la société civile, est descendu dans la rue le samedi 4 novembre 2017 à Ouagadougou. Cette marche, partie de la place de la Nation pour aboutir aux ruines de l’ex-Assemblée nationale en aller-retour, a donné lieu à un meeting au cours duquel les messages qui ont été livrés réclament la lumière sur tous les crimes de sang et économiques commis sous le régime déchu.

 

Quelques jours auparavant, le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré, lors d’une conférence de presse en prélude au rassemblement de samedi dernier, regrettait visiblement que l’ « opportunité historique » de l’insurrection populaire n’ait pas été saisie et exploitée pour la vérité et la justice sur les différentes dérives commises au Pays des hommes intègres, surtout sous l’ère Compaoré.

C’est la justification de la marche-meeting du 4 novembre passé, une volonté affichée par le Mouvement et toutes les parties prenantes d’appeler à une mobilisation générale contre les crimes impunis afin que les procédures engagées à l’encontre des personnalités civiles et militaires du régime déchu connaissent enfin une évolution significative. C’était une manifestation pour exiger la vérité et la justice pour tous les martyrs des évènements d’octobre 2014 et de la résistance au putsch de septembre 2015. En clair, il s’agissait de demander aux dirigeants actuels l’instruction sérieuse et le jugement de tous les crimes économiques, l’identification et la saisie des biens et des fonds détournés.

Prévue pour 8 heures, la manifestation a débuté peu après 9 heures par un échauffement, pour ainsi dire, à la place de la Nation. La commission animation, en attendant l’arrivée des responsables des structures organisatrices, s’est en effet évertuée à faire une répétition générale des différents slogans devant être scandés tout le long de l’itinéraire de la marche et pendant le meeting. En somme, une « mise en jambes » avant de s’ébranler vers l’ex-Assemblée nationale où devait être livré au public un premier message par le président Zougmoré.

On en retient qu’il y a trois ans, en ces lieux hautement symboliques et chargés d’émotions, comme l’a souligné le patron du MBDHP, Chrysogone Zougmoré, le vaillant peuple du Burkina a franchi une étape importante dans sa marche irréversible vers son émancipation politique, économique et sociale. Depuis l’ancienne AN et partout à travers le pays, a-t-il dit, des Burkinabè ont sacrifié leur vie pour sauver leur dignité, s’affranchir définitivement de la peur, de l’apathie et de la soumission. Résultat : une trentaine de morts, des centaines de blessés, des familles endeuillées, une nation meurtrie.

Selon Chrysogone Zougmoré, le prix payé, qui fut très lourd, indigne toujours, ce d’autant plus que trois ans après, les autorités politiques et judiciaires « jouent à saute-mouton » sur la vérité et la justice pour les martyrs. Pour que le sacrifice de ces derniers ne soit pas vain, le président du MBDHP invite tous les Burkinabè à toujours aller de l’avant dans la lutte, pour préserver et consolider les acquis de l’insurrection et de la résistance populaire. La flamme de l’espoir doit donc être maintenue allumée et tous et chacun doivent poursuivre hardiment et vaillamment le combat. C’est, a conclu M. Zougmoré, ce qu’il faut pour ancrer à jamais la dignité des Burkinabè dans les cœurs des générations actuelles et futures, pour parvenir à terme à un changement qualitatif, profond et pérenne en faveur du peuple.

 

« La classe dirigeante n’a pas véritablement changé »

 

De retour à la place de la Nation, d’autres interventions ont également été faites par des représentants d’organisations qui ont allègrement embouché la même trompette que le président du MBDHP, en outre représentant de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC). Tous ont déploré l’inertie des dirigeants actuels, qui se montrent incapables de proposer des solutions durables aux préoccupations fondamentales et aux problèmes que vivent les populations. Comme le représentant de la CCVC, ils soulignent que l’heure est grave et que le peuple insurgé attend toujours des actes concrets. Il reste debout comme un seul homme, plus que jamais déterminé à faire bouger les lignes.

Blessé de l’insurrection, Issouf Nacanabo trouve que la lenteur dans le traitement des dossiers en justice s’explique simplement par le fait qu’il n’y a pas véritablement eu de changement de dirigeants. Les animateurs du système d’hier sont toujours là, d’où la nécessité de demeurer vigilant. Et Chrysogone Zougmoré de revenir à la charge en soutenant que seule une mobilisation et une détermination constantes permettront l’émergence de la vérité et de la justice tant prônées pour les martyrs et pour le recul et la fin de l’impunité au Burkina Faso.

L’Unité d’action syndicale (UAS) n’est pas restée en marge de la manifestation du samedi 4 novembre 2017. Le secrétaire général du Collectif CGT-B, Bassolma Bazié, affirme que la Confédération est aux côtés de l’ensemble des démocrates, des progressistes, du MBDHP et de toutes les structures démocratiques de jeunesse comme l’Organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso (ODJ), le Comité de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP)… Par conséquent, elle tiendra le flambeau jusqu’à ce qu’il y ait vérité et justice.

Le représentant de la CCVC est revenu sur la plateforme qui somme les autorités de se pencher sur la vérité et la justice pour ceux qui sont tombés sous les balles assassines, l’indemnisation de toutes les familles des victimes, la prise en charge effective et totale de tous les blessés, la vérité et la justice sur tous les dossiers de crimes de sang et économiques restés impunis jusque-là, l’identification et la saisie des biens détournés. Se fondant sur cette fameuse plateforme, a précisé M. Zougmoré, une campagne sera menée au-delà de Ouagadougou. Il sera question de soutenir la mobilisation et l’engagement des populations.

 

 D. Evariste Ouédraogo

Commentaires   

0 #5 CARTER 06-11-2017 15:48
Citation en provenance du commentaire précédent de OLY :
Sidzabda tu ment, tu invente absolument.

Carement,
il ne sait pas c'est dangereux de porter de telles acusations
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0 #4 CARTER 06-11-2017 15:39
Citation en provenance du commentaire précédent de Sidzabda :
je croyais que le MBDHP était crédible mais quand je vois des groupes se sont infiltrés pour critiquer dans le seul but de critiquer, je tombe des nus. qui a financé cette marche? éh bien j'ai un jeune dans notre quartier qui a reçu plus d'un million de F CFA de la Côte d'Ivoire dans le seul et unique but de mobiliser des gens pour la marche? est-ce avec de telles pratiques, on peut croire en vous? visiblement non!! alors, de grâce, laissons le pays dans sa paix relative pour enclencher son développement au lieu de vouloir maintenant et tout de suite.

As tu des preuves de ce que tu racontes?
Manipuler ou pas la marche est bien fondée
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+1 #3 OLY 06-11-2017 13:01
Sidzabda tu ment, tu invente absolument.
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-1 #2 Franck Roger T 06-11-2017 07:10
Comme on peut le constater, des acteurs de la société civile (MBDHP,syndicat s) ont tenu leur marche meeting à Ouagadougou le samedi 4 novembre 2017 sans problème de troubles à l’ordre public. Ceux qui pensaient que le gouvernement ou la Mairie allaient interdire cette manifestation à l’instar de celle de Pascal Zaida et alliés, ont fait une mauvaise comparaison. Le MBDHP et les organisations syndicales du Burkina ont souvent fait preuve de maturité et de responsabilité républicaine dans l’organisation de leurs manifestations. Par contre Zaîda et sa bande d’anarchistes ont opté de défier l’autorité de l’Etat et visait à encourager l’impunité par la demande de libération de généraux qui ont causé trop de tort au peuple burkinabè.
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-1 #1 Sidzabda 05-11-2017 22:50
je croyais que le MBDHP était crédible mais quand je vois des groupes se sont infiltrés pour critiquer dans le seul but de critiquer, je tombe des nus. qui a financé cette marche? éh bien j'ai un jeune dans notre quartier qui a reçu plus d'un million de F CFA de la Côte d'Ivoire dans le seul et unique but de mobiliser des gens pour la marche? est-ce avec de telles pratiques, on peut croire en vous? visiblement non!! alors, de grâce, laissons le pays dans sa paix relative pour enclencher son développement au lieu de vouloir maintenant et tout de suite.
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