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Escroquerie et trafic de faux billets : Un instituteur dans la bande des faussaires

Un réseau de falsificateurs de billets de banque et d’escrocs a été démantelé par le Service régional de la police judiciaire (SRPJ) sis à Lafiabougou. Interpellés pour des délits portant sur plusieurs dizaines de millions de francs, ces malfrats, une dizaine, ont été présentés hier aux médias locaux. C’était au cours d’une conférence de presse donnée par le commissaire du SRPJ Galbané Sayibou.

 

Cette affaire d’escroquerie et de falsification de billets de banque, telle que racontée par le commissaire Galbané, résume malheureusement l’imprudence et la naïveté de Burkinabè toujours avides de gain facile. Obnubilés par l’argent, ces partisans du moindre effort, qui rechignent à se fouler la rate pour gagner leur vie, sont toujours prêts à bondir sur n’importe quelle opportunité, même des plus invraisemblables dans l’espoir de voir leur rêve devenir réalité, et en un temps record. Les voilà donc, dans la plupart des cas, mordant à l’hameçon de ces escrocs qui ne manquent pas d’astuces pour faire leurs basses besognes.

C’est le cas de ces falsificateurs et escrocs qui font croire à ceux qu’ils accostent qu’ils disposent de toutes les techniques pour fabriquer des billets de banque. Leur stratégie de départ consistait à faire miroiter à leurs victimes des papiers peints en noir et découpés au format des coupures de 2 000 F et 10 000 F. Des coupures qu’ils entassent en liasse tout en prenant le soin d’y insérer de vrais billets peints également de la même couleur et qui proviendraient, selon leurs dires, du casse de la BCEAO durant la crise ivoirienne. Selon les explications du commissaire Sayibou Galbané, ce sont les billets authentiques qui sont retirés du lot pour être nettoyés avec un liquide sous les yeux de la victime. Mais pour disposer de ce précieux produit dont le coût est estimé à environ 10 millions de francs, le client devra se rendre à la frontière du Burkina avec le Togo ou à Ouagadougou.

Du coup, de nouveaux complices du réseau entrent en jeu. Le tour est ainsi joué jusqu’à ce marabout qui a pour rôle de protéger «l’heureux bénéficiaire» afin de le soustraire à tous les esprits maléfiques et de l’aider à faire bon usage de ses fonds. La victime, qui croyait avoir trouvé un filon avec ces faussaires pour se faire de l’argent, ne tardera pas à déchanter après avoir découvert la supercherie au dernier moment. Les 50% de la totalité des billets nettoyés que les faussaires, devenus subitement introuvables, lui avaient promis n’étaient en réalité que de la poudre aux yeux. De faux billets, cette bande de malfaiteurs en disposaient également mais qu’ils prenaient aussi le soin d’écouler dans les marchés en milieu rural. Aujourd’hui, le préjudice subi par leurs victimes se chiffrerait à plusieurs dizaines de millions de francs.

Et comme le dit un adage de chez nous, tous les jours appartiennent au voleur, un seul jour appartient au propriétaire : ce réseau de faussaires et d’escrocs, composé d’une dizaine de personnes et qui opérait dans les Hauts-Bassins, le Centre-Ouest, le Centre et la boucle du Mouhoun, a été finalement démantelé après plusieurs mois d’activité. Dans le groupe, non seulement des marabouts, un teinturier, des cultivateurs, un employé de commerce, un commerçant mais aussi un instituteur. Agé de 41 ans, Georges Yaméogo qu’il s’appelle, est actuellement en train de méditer sur son sort dans les locaux du SRPJ.

                                                                                                                          

Jonas Apollinaire Kaboré

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