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Maladies cardiovasculaires : L’embolie pulmonaire, ce caillot qui bouche la vie

En cette année finissante, où chacun travaille dur pour rattraper le retard sur son programme, certaines personnes devraient pourtant faire beaucoup attention : ce sont, entre autres, les couturiers, les coiffeurs (ses), les secrétaires, les chauffeurs et même les voyageurs. En effet, les longs temps d’immobilité exposent au risque d’embolie pulmonaire. Cette pathologie, une «obstruction partielle ou complète de l’artère pulmonaire, habituellement par un caillot de sang provenant généralement des membres inférieurs », est pourtant extrêmement grave et sa prise en charge très coûteuse. Découvrons ce mal avec notre «serviable» cardiologue, le Dr Sayouba Savadogo, qui nous a accordé, à ce sujet, un entretien le lundi 4 décembre 2017. 

 

Qu’est-ce que l’embolie pulmonaire?

 

C’est une pathologie grave parfois responsable d’une morbi-mortalité importante en l’absence d’un traitement précoce et adéquat. Il s’agit tout simplement de l’obstruction partielle ou complète de l’artère pulmonaire, habituellement par un caillot de sang qui provient des membres inférieurs, à l’occasion d’une thrombose veineuse profonde que nous appelons phlébite. L’obstruction peut concerner le tronc de l’artère pulmonaire, la bronche droite, la bronche gauche ou les deux. Ce sont là, les formes proximales, qui sont généralement graves, ou alors l’obstruction peut avoir lieu à un niveau plus éloigné du cœur, et on parle de formes distales, la plupart  du temps mieux tolérées.

 

Quel est l’état des lieux de cette maladie au Burkina ?

 

Difficile de répondre à cette question par des chiffres précis à l’échelle nationale par manque d’études de grande  envergure. Par contre, les séries hospitalières donnent une prévalence de 16 à 20% avec une mortalité hospitalière atteignant 11%. Ces données concernent à la fois la thrombose veineuse et l’embolie pulmonaire.

 

Quelle différence y a-t-il entre embolie pulmonaire et thrombose veineuse ?

 

Ce sont deux pathologies indissociables. L’embolie pulmonaire reste la complication redoutable de la thrombose veineuse profonde. Les deux pathologies partagent les mêmes étiologies et ont des similitudes dans la prise en charge. La thrombose est la formation d’un caillot sanguin au niveau des veines, et les veines des membres inférieurs sont les plus touchées.

 

Quelles sont les causes de l’embolie pulmonaire ?

 

Il y a des causes mais surtout des facteurs de risque. Toutefois, trois situations favorisent la formation des caillots de sang dans les veines : la première, c’est la stase sanguine, c'est-à-dire le ralentissement de la circulation sanguine favorisée par l’immobilisation et l’alitement prolongé,  à la suite, par exemple, d’une chirurgie du petit bassin et des membres inférieurs  ou pour raison de maladies diverses telles que les AVC ou l’insuffisance cardiaque. Cela va favoriser un ralentissement du sang qui aura tendance à se coaguler ; en deuxième point, il peut y avoir une altération de la paroi d’une veine à l’occasion de blessures (fractures, examens invasifs, gestes thérapeutiques) ou de maladies inflammatoires touchant les veines ; troisièmement, il y a les situations où il y a des anomalies sanguines qui entraînent un excès de coagulation du sang (hypercoagulabilité sanguine). Cela peut être observé dans plusieurs affections médicales où chez certains patients ayant des anomalies génétiques appelées thrombophilie.

En dehors de ces trois causes de la formation des caillots, Il y a des facteurs de risque qui prédisposent à cette affection parmi lesquels nous avons    l’âge : le sujet de plus de 60 ans présente, en effet, un risque plus élevé que ceux plus jeunes ; au facteur âge s’ajoutent l’obésité, la sédentarité (immobilité), le tabagisme, la grossesse, le post-partum, la prise d’hormones œstrogènes et parfois certains traitements médicamenteux comme ceux utilisés contre les cancers. Certaines professions exposent également à la survenue de thrombose parce qu’elles favorisent un ralentissement de la circulation. Ce sont, notamment, celles de tailleur, chauffeur routier et de secrétaire, ceux-ci restant assis longtemps.

 

Qu’est-ce qui explique la thrombose chez la femme enceinte ou pendant la période après accouchement ?

 

La femme enceinte est un sujet particulier : d’abord, c’est une suggestion physiologique, mais il y a un certain nombre de désordres au niveau des éléments de la coagulation du sang. Il y a donc un état d’hyperviscosité sanguine qui favorise la survenue de la thrombose. En plus de cela l’utérus gravide comprime les veines du bassin et de l’abdomen et ralentit également la circulation veineuse.

 

Quels sont les signes de l’embolie pulmonaire et ses complications?

 

C’est une pathologie sournoise aux multiples facettes. Les signes sont divers et variés d’un sujet à l’autre, mais ils ne sont pas spécifiques. C’est pourquoi nous sommes obligés, très souvent, de faire faire des examens sanguins et d’imagerie, non seulement pour confirmer le diagnostic mais aussi pour évaluer le pronostic et adopter un plan de soins. Cependant, les signes les plus fréquents sont : la douleur thoracique, une douleur ressentie à la base du  thorax, parfois latérale et très intense comme un coup de poignard, la dyspnée (des difficultés à respirer), une toux sèche qui, à un stade avancé, va être accompagnée de crachats striés de sang (hémoptysie), l’angoisse, la phlébite (grosse jambe inflammatoire). Dans des formes extrêmement graves, il peut y avoir la syncope (perte de connaissance), une chute tensionnelle (collapsus) ou la mort subite. Dans l’immédiat, les complications à craindre sont : l’état de choc, l’insuffisance cardiaque aiguë (appelée cœur pulmonaire aigu), le décès précoce et la mort subite. A long terme, il y a le cœur pulmonaire chronique postembolique et la récidive qui sont de mauvais pronostics responsables d’une lourde mortalité.

 

Comment prévenir la maladie?

 

Prévenir la thrombose, c’est éviter toutes les situations qui vont provoquer la stase veineuse, c’est-à-dire l’obésité, l’immobilité et l’alitement. Lorsque vous effectuez un long voyage, vous êtes à risque, portez donc des habits amples, hydratez-vous bien et levez-vous de temps en temps pour marcher. Il faut également avoir, en général, une alimentation riche en fruits et éviter l’alcool et le tabac. Au niveau médical, à certains sujets à haut risque nous administrons un médicament appelé héparine à dose préventive et conseillons le port de bas de compression élastique.

 

Y a-t-il d’autres types de traitement?

 

Pour l’embolie pulmonaire, le traitement est bien codifié et se fait à 2 niveaux :  il y a des situations où la menace est importante, c’est ce que nous appelons embolie pulmonaire à haut risque de décès précoce. A ce moment, il y a urgence à dissoudre le caillot obturant l’artère pulmonaire. Nous utilisons alors des médicaments appelés trombolytiques qui ont la capacité de dissoudre le caillot et de libérer la lumière artérielle. Dans les formes mieux tolérées, nous administrons de l’héparine, pour circonscrire le caillot afin de favoriser sa disparition dans un délai plus ou moins court, relayée plus tard par des médicaments appelés antivitamine K(AVK) à avaler chaque soir. Ces AVK obligent à des contrôles sanguins périodiques et à des restrictions alimentaires. Quand il y a d’autres complications, on peut recourir à des médicaments pour soutenir le cœur. Mais le traitement ne se limite pas aux médicaments : il y a, en plus, la levée précoce après compression élastique de la grosse jambe pour éviter que d’autres caillots migrent vers le cœur.  

 

Peut-on en guérir?

 

Evidemment. Lorsque le diagnostic est posé assez tôt et le traitement bien suivi, on peut guérir de l’embolie pulmonaire. Mais tout dépend de sa cause, car il y a des facteurs de risque qui sont transitoires (à la suite d’une chirurgie, d’une affection médicale guérissable). Cependant, il y a des risques de récidive, car, lorsque vous faites une embolie pulmonaire, vous créez le risque de la récidive. Dans le cas contraire, le traitement est à vie. Les patients doivent, à cet effet, se faire suivre à long terme.

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