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TANGUI IMMOBILIER SARL

Toégui :Nul est le mandat impératif

Je ne savais pas que les Hommes du Faso lisent les élucubrations et je suis encore en train de me demander comment il a eu mon numéro de portable. Mais lorsqu’il m’a dit : « Toégui, viens me voir. »  J’ai fait vite, tout en me posant moult questions. Figurez-vous que c’est l’un des cerveaux de Zogona. Il a un rien de Loada, un peu d'Abdoulaye Soma, un zeste de Séni Ouédraogo, quelque chose de Laurent Bado, et un tantinet Abdoul Karim Sango. Sans complexe aucun il m’a reçu dans son bureau avec tous les égards dus à un élucubreur éclairé :

  • Toégui, j’ai voulu te rencontrer parce que tu as dit dans tes élucus que tu allais théser sur la crise de l’UPC à la prochaine page 6. Toégui, je t’aime bien mais je ne voudrais pas te voir raconter de sottises. Tu es trop petit, ce n’est pas avec ton Bantaaré que tu peux analyser la crise qui sévit dans le parti du Lion.
  • Mais, Maître, je n’ai pas la prétention de théser, je veux seulement élucubrer.
  • Non, laisse tomber, tu ne peux même pas élucubrer sur ce sujet. Ce qui se passe à l’UPC c’est trop compliqué pour toi.
  • Faut me laisser faire. Je vous dis que je vais juste élucubrer. L’élucubration c’est mon affaire.
  • N’insiste pas Toégui je cherche à t’aider. Dis-moi, tu sais ce que c’est que le mandat impératif ?
  • Non, jamais entendu parler. C’est quoi ce machin ?
  • Je vais t’expliquer, mais allons par étapes. Tu sais au moins ce que le mot « Impératif » veut dire ?
  • Pas du tout.
  • Impératif signifie quelque chose qui a le caractère du commandement, de l’injonction. Quelque chose d’obligatoire. Et tu sais ce que c’est qu’un « mandat » ?
  • Oui je sais, c’est un titre établi, par la SONAPOST pour envoyer de l’argent à quelqu’un d’ailleurs.
  • C’est bien mais il ne s’agit pas de ce mandat. Le mandat dont je te parle c’est le pouvoir qu’un électeur donne à un élu pour lui permettre d’agir en son nom. Cela dit tu dois savoir ce que c’est qu’un mandat impératif
  • Oui, mais pas tout à fait.
  • Tu vas tout comprendre. Le mandat impératif c’est le système de démocratie dans lequel l’élu, le député, a une faible marge de manœuvre.
  • Faible marge de manœuvre ça veut dire quoi ?
  • Ça veut dire qu’avec le mandat impératif le député est élu pour exécuter et réaliser les missions que les électeurs lui ont confiées pendant la campagne électorale. Il est tenu de réaliser les promesses qu’il a lui-même faites au cours de la campagne de même que les promesses de son parti. Il doit être en permanence à l’écoute et aux ordres des électeurs.
  • Ah bon !? Donc avec le mandat impératif le député ne peut pas péter sans l’autorisation de ses électeurs ?
  • C’est bien cela.
  • Et s’il n’assume pas ou s’il refuse de se soumettre aux instructions reçues de ses électeurs, on fait comment ?
  • Alors on le contraint à rendre le mandat. D’où la chanson : « Rendez-nous notre mandat…Rendez-nous notre mandat... » Et le mandat doit être rendu au quart de tour.
  • Dites donc ! C’est dur hein ce machin.
  • Non, c’est pas dur parce qu’à chaque fin d’année le député aura droit à une prime de redevabilité…et à des tablettes Chinoises. En résumé Toégui, retiens qu’avec le mandat impératif ce sont les électeurs qui donnent des ordres aux élus qui doivent obtempérer absolument.
  • Sinon ?
  • Sinon… « Rendez-nous notre mandat… » « Rendez-nous notre mandat ».

- Vous voulez dire que Simboro, Lona Charles Ouattara et 11 autres, c’est cuit ? Ils doivent rendre le mandat ?

  • Toégui, tu vas trop vite en besogne. Moi je ne t’ai pas dit que Simboro et les siens doivent rendre leur mandat. Le système démocratique dont je viens de te parler est en vigueur au Gondwana. Nous ne sommes pas au Gondwana. Nous sommes au Burkina, République et Faso. Le mandat impératif ne fonctionne pas ici.
  • Mais pourquoi le mandat impératif fonctionnerait au Gondwana et non pas sur les rives du Nakambé ?
  • J’ose croire qu’avec ton Bantaaré tu sais lire. Va voir ta Constitution. L’article 85 stipule : « Le mandat impératif est nul ».
  • Monafion ! C’est net, court et précis.
  • Et c’est péremptoire
  • Oui
  • C’est sans appel ?

Maître, comme nous ne sommes pas au Gondwana et que le mandat impératif est interdit comment ça fonctionne ici au Faso ?

  • Ici au Faso, contrairement au Gondwana, le député n’a pas obligation de se conformer au programme présenté à ses électeurs pendant la campagne électorale. Il n’est pas non plus le « petit à tout faire » de son Président de parti.
  • Ah bon !? Et quel nom porte ce système.
  • C’est le mandat représentatif. Avec ce mandat, le député est le député de tout le Burkina et non d’une circonscription électorale. Ainsi le Poé Naaba n’est pas seulement le député de Poé. Il est également le député de Gomboro et de Matiakoali. En outre, si le cœur lui en dit il peut se lever un matin et décider de migrer dans un parti Sankariste
  • Han ! Vous voulez dire que Simboro, Lona Charles Ouattara et les 11 autres ont le droit d’aller par exemple au MPP ?
  • Doucement, Toégui…Qui t’a dit qu’ils veulent aller au MPP ? Ils n’ont jamais dit cela. Mais si tel est leur désir nul ne peut les en empêcher.
  • Même pas les marcheurs du Poni ?
  • Même pas.
  • Même pas les marcheurs des Cascades ?
  • Même pas. Personne, je te dis. Ils sont totalement libres d’aller où ils veulent.
  • On ne peut pas les sanctionner ?
  • Les sanctionner ? Tu emploies un bien gros mot. On peut leur infliger toutes sortes de sanctions qu’on veut mais on ne peut pas leur retirer leur mandat.
  • Mais pourquoi dans ce cas laisser les militants crier « Rendez-nous notre mandat…Rendez-nous notre mandat ». Devant les portails des frondeurs ? Zeph ne sait pas que les mandats sont imprenables ?
  • Tu ne connais pas Zeph alors ? Il le sait pian !
  • Rabi Yaméogo ne sait pas que les mandats sont imprenables ?
  • Il le sait pian
  • Jean Leonard Bouda ne sait pas que les mandats sont imprenables ?
  • Il le sait pian !

 

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