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Les élucubrations de Toégui : Faut faire pardon, Zeph…

Elucubrer comme si on devait mourir demain ou élucubrer comme si on ne devait jamais mourir ? Ni l’un ni l’autre. Allons seulement.

Les obsèques de Johnny Halliday… Je n’aurais jamais cru que la France réserverait des hommages si grandioses à un chanteur. A tel point que la disparition de l’illustre Jean d’Ormesson a paru comme un événement de province. D’avis concordants, jamais cérémonie  funéraire n’avait connu tant de solennité et d’éclat. Deux jours durant, sur toutes les chaînes de télévision il n’y avait que Johnny au programme. Johnny, Johnny, Johnny…de ses premières prestations aux premières heures de son décès. Moi  j’ai appris la nouvelle à 5 heures du matin et je vous assure que dès lors je suis resté sur TF1 et France 2  jusqu’à minuit. Je ne suis pas allé à mes Mochichis FM habituels. Ni Abdou Nékré. Ni Watt FM. Si Salankoto. Ni Moustapha Labli Thiombiano.

Il faut que je vous dise, mes 20 ans ont étés bercés par Johnny Halliday. Oui je fus Johnny, je suis Johnny. Les programmations spéciales des télés Françaises m’ont donné l’occasion de  ré-entendre tous les tubes de mon idole. Mais vous, vous n’avez pas l’air de vous en préoccuper. Il y a quelque chose de Johnny en moi et il y a quelque chose de Zougnazagamda en vous.

Jean Philippe Smet. Notre Johnny. Qu’est-ce qu’on a twisté ! Oui nous étions des twisteurs. Twist et Rock. N’est-ce pas Hermann !? Hermann alias Adams. Leader des Sun boys. N’est-ce pas Laabli Thiombiano !? Batteur des batteurs.

Nous les twisteurs nous nous étions donné pour mot d’ordre de mettre hors d’état de nuire le cha-cha-cha, le mambo, le merengué… des danses venues de la patrie de Fidel Castro.

On reparle de Simon Compaoré. Si je n’avais pas peur des mots je parlerais de « l’affaire Simon Compaoré ».

Le bruit avait couru qu’une plainte avait été déposée contre Simon Compaoré mais je n’y croyais pas trop. Voilà que Yaya Boudani vient de le confirmer sur RFI. Plainte pour port illégal d’arme de guerre.

Lorsque cette information est tombée, j’ai eu instinctivement envie de dire : « Zeph, faut faire pardon… Faut faire pardon Zeph ». Même si nous sommes en politique et que toute occasion est bonne pour abattre l’autre, Zeph faut faire pardon. Une plainte pour port illégal d’arme contre le ministre qui a l’autorité de délivrer les permis de port d’arme ? Faut faire pardon Zeph. Nous sommes en guerre après tout, même si comme on dit il s’agit d’une guerre asymétrique. Asymétrique ou pas c’est une guerre contre des bandits, des criminels, des sans foi ni loi, en un mot des terroristes qui tuent. On peut donc admettre que le ministre qui a en charge d’assurer notre sécurité porte une arme sur lui, surtout de nuit. On aurait pu être en état d’urgence figurez-vous. Comme ce fut le cas en France après le massacre au Bataclan.

Et puis, une plainte contre le ministre de la Sécurité pour quoi faire ? Pour le paiement d’une amende ? Pour une peine d’emprisonnement ? Pour le retrait de l’autorisation de port d’arme  dont il est bénéficiaire ? Et si au tribunal, séance tenante il délivre une autorisation à son nom ? Non, faut faire pardon. La réconciliation n’est pas un mot, c’est un comportement.

Moi, lorsque j’ai entendu que Simon Compaoré a été pris en flagrant délit de port illégal d’arme, j’ai cru qu’il s’agissait d’une vraie arme. Un bazoolka par exemple. Ou un pistolet mitrailleur. Ou n’importe quel autre jouet tirant par rafales. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai découvert qu’il ne s’agissait que d’une kalachnikov. Une simple kalach. Tant de tintamarre pour une kalach !? C’est rien une kalach. Qui ne connaît pas la kalach ? Les kalachs ont circulé ici comme de petits pains. Moi, la kalach, je n’en ai pas porté mais j’en ai palpé. A ma permanence CDR. La kalach… J’avais plein de copains « camarades » qui dormaient avec la kalach au chevet. Et je me souviens bien qu’à une fête du timbre-poste Clément Pingdéwendé Sawadogo était venu nous livrer un discours CDR. Il ne portait que des sandales mais il avait une longue kalachnikov. Basile Guissou allait à l’université avec une kalach dans sa voiture. Emile Paré, c’est lui qui distribuait les kalach. La kalach on connaît. Zeph s’il veut, qu’il demande donc à Jean Hubert Bazié et il saura comment monter et démonter une kalach, sans avoir une autorisation de port d’arme. Ne faisons donc pas un monde pour une kalach.

En parlant de la kalach de Simon Compaoré au domicile du député UPC Ladji Coulibaly, les gens oublient de rappeler que le ministre incriminé avait émis des réserves quant à l’authenticité de la vidéo qui avait écumé les réseaux sociaux. C’est pourquoi je n’ai pas bien compris pourquoi le député Ladji Coulibaly avait devancé l’iguane dans l’eau en déclarant : « C’est mon fils qui l’a tournée » au sujet de la vidéo. Ce faisant, il avait témoigné à charge contre le ministre qui était venu à son secours, et avait plutôt laisser la possibilité d’un montage. Quelque chose comme de l’ingratitude de la art de monsieur le député.

Montage ? Pas montage ? En tout cas je vais vous dire ce qui suit.

Comme Simon Compaoré, je suis moi aussi un analphabète de l’Internet et du numérique. Mon portable, je ne sais qu’appeler et recevoir. Lorsque j’entends que Donald Trump a twitté ceci, a twitté cela, je n’y comprends rien. On me dit souvent : « Toégui j’ai lu tes élucus sur Facebook ». Je reste les yeux hagards me demandant de quoi on parle.

Facebook… Whatsapp à quoi ça ressemble ?

Oui, je suis plus pire que monsieur Simon Compaoré dans l’analphabétisme numérique. J’ai une Murielle à la maison.  11 ans. Mignonne comme tout ma Murielle. Elle a toujours son portable à la main. Elle tapote, elle tapote. Elle ne fait que tapoter. Lorsque je suis concentré sur la télé ou sur un journal elle vient me dire : « Papy regarde… Papy regarde ». Je jette un coup d’œil sur son appareil et je me vois en… en lion. C’est bien moi mais j’ai une tête de lion. Je crie de peur et elle éclate de rire. Cinq minutes après elle revient : « Papy regarde. Papy regarde… » De lion, je suis devenu un chameau qui m’ouvre grand sa gueule. C’est toujours moi mais j’ai une tête de chameau.

Alors, cette vidéo avec Simon Compaoré en kalach et gilet pare-balle comme un policier de Chicago chez Barack Obama, n’allons pas vite en besogne.

 

Cette semaine, j’ai lu une tribune dans un media tout nouveau.  L’auteur semble être un gros intellectuel, là n’est pas le débat. Mais il a parlé de Simon Compaoré dans un langage, disons pas gentil. Un langage à la limite méchant. Pour ne pas citer son nom, je l’appellerai Bill Gates. Simon Compaoré, un déséquilibré à appeler en correctionnelle ? Simon Compaoré, un homme qui renforce la  violence ? Monsieur, c’est trop et trop c’est trop.

Vous vous souvenez n’est-ce pas ? Face aux journalistes,  notre Ministre de la sécurité, ex Maire de la capitale durant plus de 15 ans, un des S des RSS, vous vous souvenez qu’il avait lui-même avoué qu’il ne maîtrisait pas très bien l’outil Internet, sinon même qu’il n’y voyait que dalle. Il n’en fallait pas plus pour que notre Bill Gates Ouédraogo parle de « l’inculture numérique » de Simon. Mais puisque la page 6 me lorgne, je vais  être très court et vous faire un bref résumé de cette tribune de 3 larges pages, avec une photo de Simon Compaoré en commando Américain tenant un long et gros fusil comme on en voit au cinéma. Lisez : « Compte tenu de l’importance de plus en plus grande du numérique dans notre monde actuel, il est inadmissible de compter des analphabètes numériques dans l’équipe dirigeante d’un pays. La compétence numérique doit être exigée de tout membre de gouvernement ».

Je vois que vous n’avez pas bien compris. Je vous explique : selon notre Bill Gates celui qui ne connaît rien aux NTIC ne peut être ministre ici au Faso. Oui, chers amis, prenez bonne note. Votre Toégui, analphabète de l’An 2000 ne sera jamais ministre.

Question à monsieur Bill Gates Ouédraogo. Simon Compaoré est peut-être un analphabète numérique mais il connaît très bien les choses de la politique ce qui lui a valu d’être élu  député de la République du Faso, maire de la capitale durant plus de 15 ans, Président du plus grand parti politique de son pays, Ministre en charge de la Sécurité. Monsieur Bill Gates, je parle du vrai, monsieur Bill Gates qui ne connaît rien des choses de la politique mais qui est le maître du numérique, monsieur Bill Gates peut-il être élu Président des Etats-Unis d’Amérique juste pour ses compétences numériques ? Ou seulement Gouverneur d’un Etat des USA ? Ou même simple Sénateur, Démocrate  ou Républicain ?

 

 

Charles Guibo

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