Logo
Imprimer cette page

Bertin Bationo (président de l’AS BESSEL) : ’’Ils sont là pour profiter des perdiems des coureurs’’

Bertin Bationo (président de l’AS BESSEL) : ’’Ils sont là pour profiter des perdiems des coureurs’’

L’accident de Salifou Bikienga lors du championnat national de cyclisme disputé le dimanche 5 juillet 2015 sur le boulevard Charles-de-Gaulle suscite l’amertume à  l’AS BESSEL. Le président dudit club, Bertin Bationo, donne une autre version de ce qui s’est  passé et estime que ceux qui gèrent la fédération sont là pour les perdiems des coureurs. Si du côté du ministère des Sports et des Loisirs rien n’est fait pour dissoudre la structure, il compte suspendre son club et faire don des vélos à ses cyclistes.





On sait que vous êtes un passionné de vélo et, de ce fait, vous avez créé un club qui participe à l’animation des courses à chaque compétition sportive. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans ce domaine ?

Depuis mon enfance j’aime le vélo, qui permet de se déplacer. A cette époque, je ne savais même pas qu’il existait d’autres types de vélos adaptés à la compétition sportive. C’est avec le temps que je l’ai su et, depuis,  la passion du  vélo m’est restée. Quand je me suis installé à mon propre compte, je me suis dit que le moment était venu de réaliser un de mes rêves. C’est ainsi que j’ai créé le club AS BESSEL pour participer à ma manière à l’éclosion du cyclisme dans mon pays.

Compte tenu de vos fonctions de patron de BESSEL Equipement, arrivez-vous vraiment à gérer le club ?
J’essaie, selon mon emploi du temps, de suivre le club et quand je ne suis pas là, j’ai des collaborateurs qui s’occupent de cette tâche.

Combien de coureurs  le club compte-t-il et sont-ils des employés à plein temps de votre société ?
Les coureurs que j’ai engagés sont des professionnels et ne sont pas des employés de ma société. Ils ont des émoluments chaque mois et c’est régulièrement payé. Actuellement, le club compte 10 coureurs, un encadreur, un mécanicien et trois ravitailleurs.

On imagine que vous dégagez des moyens conséquents pour faire vivre le club. Combien cela vous coûte-t-il par mois ?

Les salaires me coûtent à peu près 1 million  200 000  F CFA par mois, sans compter l’entretien des vélos, les soins des cyclistes et d’autres choses. La charge mensuelle est un peu élevée par rapport à cette somme.

Un contrat vous lie-t-il aux coureurs ?

J’ai signé avec chacun d’eux un contrat renouvelable par tacite reconduction.  Il est annuel et à la fin de chaque saison pour le renouvellement,  je me concerte avec mon entraîneur.


Cette année, le championnat national de cyclisme  s’est terminé de façon tragique pour votre coureur Salifou Bikienga,  qui a heurté violemment un poteau à l’arrivée. Comme certains supporters, soupçonnez-vous aussi Rasmané Ouédraogo de l’équipe  TAN ALIZ  d’être impliqué dans cet accident ?

En tant que président de l’AS BESSEL, ce que je vais vous dire n’engage que moi. Je vous le dis, le coureur Rasmané Ouédraogo est un grand récidiviste. J’emploie le mot grand parce que lors du championnat national l’année dernière, il avait heurté mon coureur juste avant la ligne d’arrivée.  J’ai une photo de cette course qui témoigne de cela. Si vous vous le rappelez, Bikienga a porté le maillot national avec un bandage autour du bras pour cause de blessure. A notre grande surprise, le fautif n’a jamais été sanctionné. Si c’était ailleurs, où on ne joue pas avec le règlement, il aurait écopé d’une sanction d’au moins deux ans. C’est de la méchanceté gratuite.
Vous savez, ce n’est pas la première fois que Rasmané agit de la sorte. Il y a deux ou trois ans de cela, il avait fait tomber Abdoul Wahab Sawadogo. Le sociétaire de TAN ALIZ n’est pas un vrai professionnel. Un champion digne de ce nom gagne à la régulière, ce qui n’est pas le cas de Rasmané, qui fait fi de l’éthique sportive.


Vous disiez  tantôt  qu’il avait fait la même chose l’an passé. Pourquoi n’’avez-vous pas saisi la fédération burkinabè de cyclisme ?

Cela a été fait, mais jusqu’aujourd’hui, la fédération ne nous a rien dit. C’est écœurant et nous ne pouvons plus nous taire. Lors d’une compétition, Rasmané a porté la main sur mon coureur Salif Yerbanga et Michel Bationo, qui était le commissaire, a tout suivi. Il a même adressé un rapport à la structure sportive pour qu’on le suspende, mais cela n’a jamais été fait. Pire, Rasmané a même rejoint mon coureur chez lui à la maison pour le molester et  l’a blessé à la langue. Cela a été rapporté à la fédération, qui n’a pas réagi pour la simple raison que c’est son protégé.


Qu’est-ce qui vous fait dire que  Rasmané est le protégé de la fédération ?

Je dis cela parce que c’est son coureur favori. Il y a eu trois courses  à l’extérieur  du Burkina auxquelles  Bikienga, bien que  champion en 2014,  n’a pas été invité. Tout ça pour lui casser le moral. Ça ne fait pas  du tout sérieux. Cette année, il a battu Rasmané sept fois lors des différentes courses. C’est de l’injustice et je ne pense pas que cela va continuer. Le vice-président chargé des équipes nationales est le président du club où évolue Rasmané et cela est suffisant pour comprendre qu’on fait trop de faveurs au provocateur de mes coureurs.


A vous entendre, vos rapports sont difficiles avec la Fédération …
Nos rapports sont très conflictuels et nous n’avons pas le même entendement du sport. Je vous le dis, il y a des gens qui sont à la Fédération pour les émoluments et pour soutirer le peu de gains des coureurs. Moi, j’y suis venu pour investir et nous n’avons pas la même philosophie. J’ai créé ce club pour aider les jeunes cyclistes à progresser et leur permettre de gagner leur vie. Je ne suis pas venu pour prendre quoi que ce soit et laisser les coureurs à l’abandon. Si vous prenez cette Fédération, elle est constituée de clubs d’amis et il n’y a même pas de mécène en leur sein. Ils sont venus seulement pour profiter des perdiems des coureurs. Je parle preuves à l’appui. Tant qu’il n’y aura pas de changement, nos coureurs ne pourront pas vivre de leurs pédales. Il faut qu’on arrête certaines pratiques pour ne voir que l’intérêt des cyclistes.


Êtes-vous sûr que la Fédération pense d’abord à elle-même avant les coureurs ?

Je sais de quoi je parle et je n’incrimine pas qui que ce soit. Je n’attaque personne, seulement les pratiques qui n’arrangent pas les coureurs. En tant opportun, on peut faire intervenir d’autres personnes qui ne réfuteront pas ce que je vous dis.


Aujourd’hui, comment va votre coureur ?

Mon coureur a été libéré dans la nuit du dimanche 5 juillet  et, selon le médecin, nous n’avons plus à nous inquiéter. Je le répète,  la Fédération n’est pas du tout professionnelle. Comment pouvez-vous comprendre qu’elle organise un championnat sans une ambulance. Si l’accident avait eu lieu dans les environs de Korsimoro, qu’aurait-elle fait ?  Pourtant, dans le devis adressé au ministère des Sports et des Loisirs pour l’organisation de ce championnat, il ressort une rubrique ambulance et carburant avec la prise en charge du chauffeur et des ambulanciers. Or, nous n’avons rien vu de tout cela sur l’itinéraire et c’est pourquoi je dis que ces gens ne sont pas là pour le développement du cyclisme dans notre pays. Mon coureur, qui saignait abondamment après l’accident, est resté un peu longtemps à terre avant d’être évacué à l’hôpital Yalgado dans une voiture ordinaire. Un blessé qui a eu un traumatisme crânien ne mérite pas cela. Je pense même que c’est une bonne chose que le ministre des Sports et des Loisirs, le colonel David Kabré, ait été là  et ait pu constater comment on travaille à la Fédération.


Votre coureur est-il couvert par une assurance ou est-ce le club qui va  s’occuper de ses soins après sa sortie de l’hôpital ?

Je crois savoir que la fédération souscrit  une assurance chaque année pour tous les coureurs licenciés du Burkina. Il est donc censé être couvert par la Fédération et nous attendons de voir ce qui va se passer après sa sortie de l’hôpital. Le dimanche après l’évacuation de Bikienga, les premiers soins ont été pris en charge par le président de la Fédération burkinabè de cyclisme, Alassane D. Ouangrawa. Maintenant il y a son vélo,  cassé en deux, qui est bien entendu inutilisable. Qui va lui acheter un nouveau vélo ?  A ce que je sache, s’il est assuré, c’est la fédération qui devra  s’en charger.

Ce vélo appartient  au coureur ou au club ?

Je l’ai acheté de ma poche au Canada et il m’a coûté 5000 dollars sans le transport et la douane. Je précise que le vélo sort en standard et que nous l’adaptons au coureur. Après ce qui s’est passé, je n’ai plus envie de continuer dans ce milieu qui est infesté de requins.
Je croyais au départ qu’en investissant dans le cyclisme, je trouverais le bonheur mais je constate au contraire que je perds mon temps et que cela me crée des problèmes. Je compte me retirer pour vaquer à mes occupations.


Voulez-vous dire que l’AS BESSEL  sera dissoute ?
Pour le moment, c’est provisoire. Mais si le ministre ne prend pas de décision concernant la dissolution de cette Fédération, l’AS BESSEL n’existera plus. Ce sera à contrecœur et je laisserai les vélos aux coureurs.


Serez-vous au Tour de France pour assister à une étape ?
Je serai en France dans la période du 20 juillet et si la caravane passe dans la ville où je serai, je ne manquerai pas d’aller voir les grands cyclistes sur leur monture. J’ai des amis là-bas qui aiment le vélo et ils m’emmèneront sûrement  assister à une étape.

Entretien réalisé
 par Justin Daboné




Encadré

Le témoignage de Salif Yerbanga
Le sprint a été lancé à 100 mètres de l’arrivée et, dans un premier temps, c’est mon partenaire Mathias Sorgho qui en a pris l’initiative. Ensuite, je l’ai relayé pour placer notre sprinter Salifou Bikienga sur orbite. Celui-ci est passé à droite tandis que Rasmané s’est déporté à sa gauche pour se retrouver devant.
Par la suite, Bikienga a réussi à le doubler et quand il était vers son boîtier le coureur de TAN ALIZ  l’a coincé et il a aussitôt freiné avant de faire une remontée. C’est ainsi que son concurrent l’a entraîné vers le pilier avant de lui donner un coup de coude. Ayant perdu l’équilibre, il s’est engagé vers la foule et a percuté le poteau. Son vélo s’est cassé en deux  et son compteur que nous avons regardé affichait 74- 75 km/h.  Rasmané n’a pas été fair-play et dans le peloton,  il se comporte souvent en bagarreur. Nous courons tous pour la même cause en équipe nationale et il ne faudrait pas qu’en club nous soyons des ennemis.

Commentaires   

0 #9 Sidpawalemdé Sebgo 07-07-2015 18:50
Etonnant...
Quelle que soit ce qui s'est réellement passé dans cette course, il est surprenant que la fédération n'ait pas ouvert d'enquête, ni de procédure disciplinaire concernant ce coureur "récidiviste" malgré toutes ces accusations.
Une enquête permets de vérifier et éventuellement de blanchir l'intéressé s'il est innocent. Mais le silence donne l'impression que tout le monde sait que les faits sont avérés mais que l'on couvre le fautif. Dans le cas présent, ou la victime s'en sort par pur miracle, et qu'il y a blessure, indisponibilité et dégâts matériels importants, le minimum est une enquête en bonne et due forme, n'est-ce pas messieurs de la fédération ?
Citer
0 #8 Frédo 07-07-2015 14:04
Que la Fédé réagisse avant sa dissolution par le Ministre des Sports. On n'a pas besoin des affairistes dans nos fédérations!
Citer
0 #7 Kôrô Yamyélé 07-07-2015 12:13
- YÉ, non ! Il ne doit pas seulement être suspendu mais chassé. Il n'est pas indispensable et ont ne veut pas d'assassins dans les rangs de nos cyclistes ! Il faut le balayer. Sans lui le cyclisme va continuer au Faso !

Par Kôrô Yamyélé :oops:
Citer
0 #6 Kazal 07-07-2015 11:35
Si ce qui est reproché au nommé Rasmané est avéré, je dirai alors qu'il n'est pas du tout sympa et même que c'est très méchant de sa part. Un sportif de son rang devrait cultiver l'esprit de fair-play et se montrer exemplaire aux yeux des plus jeunes qui envisagent faire carrière dans cette discipline. Tout le monde parle de son récidivisme, je pense que la fédération doit prendre des sanctions disciplinaires à son encontre. Des attitudes pareilles sont à bannir car elles salissent le cyclisme burkinabé apprécié de partout. En équipe nationale, ils se battent tous pour la même cause, ils ne devront donc pas se faire du mal lors de ces petites compétitions qui sont censées leur permettre de se préparer pour le tour du Faso et les autres compétions internationales .
Citer
0 #5 Gaël 07-07-2015 11:33
Pour un professionnel, il aurait été plus juste de donner la parole aux incriminés Rasmane et la fédé ou de signaler qu'ils ont refusé de se prononcer ou de vous recevoir.
Citer
0 #4 DR 07-07-2015 11:12
En ce mois béni laissons ce Rasmané avec bon DIEU. Que DIEU sauve le Burkina des mains de ces médiocres. La maison était tellement salle qu'on ne peut pas la balayer en une année.
Citer
+1 #3 Guétawendé 07-07-2015 10:40
La fédé doit réagir! ceci est un comportement indigne
Citer
+1 #2 JP SARTE 07-07-2015 09:47
jai été temoins oculaire et RASMANE il est decevant; apres WAHAB c'est la carriere du meilleur cycliste du burkina de tous les temps qu'il veut briser et je confirme que c'est un recidiviste notoire. la fede ta donne tous les stage en france au detriment des autres, on sait comment tu a gagné le tour du faso, on sait comment tu a gagné le championat. dieux merci BIKIENGA s'en est sortie car j'etais desespere
Citer
+1 #1 yé ! 07-07-2015 09:10
Ce Rasmané doit être suspendu pour au moins 5 ans, sinon à vie ! Ce sont des médiocres de son espèce qui mettent le pays en retard à tous les niveaux. Imaginez ce sinistre individu à un poste de responsabilité. Que va t-il faire ? Eh bien, il va nuire à tous ceux qui se mettraient en tête de faire mieux que lui. Le résultat ? La démoralisation des bonnes volontés. Et cela existe dans bien de structures au Burkina. Quand on place un nullard quelque part, le nivellement se fait toujours par le bas. J'en suis révolté !!!
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.