Logo
Imprimer cette page

CAF : Ahmad Ahmad l’homme qui a taclé Hayatou

CAF : Ahmad Ahmad l’homme qui a taclé Hayatou

On avait beau lui conjurer de faire la passe et de ne pas conserver éternellement le ballon tel un joueur individualiste, le ci-devant président de la Confédération africaine de football n’en avait cure. Bien qu’on lui ait conseillé de ne pas faire le match de trop et de savoir quitter le terrain avant que le terrain le quitte, pour paraphraser le général de Gaulle, Issa Hayatou s’en fichait royalement.

 

Pendant sportif de ces monarques qui, dans de nombreux pays africains, s’accrochent au fauteuil présidentiel, le natif de Garoua, élu pour la première fois le 10 mars 1988, venait ainsi de souffler sa 29e bougie à la tête du sport roi africain. Et à 71 ans, il n’entendait toujours pas lâcher la balle puisqu’il était candidat à sa propre succession lors de l’assemblée générale élective qui s’est tenue hier à Addis-Abeba. Mal lui en a pris. Etant donné qu’il ne voulait pas raccrocher les crampons de lui-même, les électeurs de 54 fédérations nationales l’ont obligé à le faire, particulièrement l’un d’entre eux : le Malgache Ahmad Ahmad, qui passait pourtant aux yeux de nombreux observateurs de la scène footballistique comme un simple remplaçant qui ne ferait pas le poids devant le titulaire indiscutable depuis trente ans qu’était Hayatou. Et pourtant il faudrait désormais compter avec ce nom, ce visage de 57 ans qui a battu, à la surprise générale, le septuagénaire par 34 voix contre 20.

En réalité dans cette affaire, c’est plus contre Hayatou que les électeurs ont voté que pour l’ancien ministre malgache de la Pêche dont la pêche aura finalement été miraculeuse. C’est une véritable révolution copernicienne qui vient de s’opérer à la tête du football africain avec le carton rouge brandi contre celui qui était à la fois arbitre et joueur, modifiant les règles du jeu au gré de ses intérêts. Une nouvelle partie commence donc avec des règles qu’on espère beaucoup plus démocratiques et consensuelles telles la limitation du nombre de mandats à 3, la fixation de la limite d’âge à 70 ans, pour ne citer que ces propositions phares du nouveau président de la CAF.

C’est aussi, et on l’espère, un supplément de morale qui sera injecté dans l’organisation, tant ces dernières années le Camerounais a surtout fait parler de lui au sujet d’affaires de corruption dans lesquelles il aurait trempé. Pour l’ancien coureur de 400 et 800 m dans sa jeunesse, aujourd’hui à bout de souffle, c’est une piteuse sortie sous les huées des spectateurs pour avoir voulu jouer les prolongations alors qu’il méritait un meilleur départ, vu ses états de service. Mais il en est du football comme de la politique : c’est ce qui arrive presque toujours quand on ne sait pas s’arrêter à temps.

Ce que le désormais ex-président de la CAF doit craindre maintenant, c’est que ses nombreuses casseroles fassent plus de bruit que jamais avec les procédures contentieuses dans lesquelles il est englué, notamment cette histoire de droits de retransmission des compétitions de la CAF «abusivement attribués» à Lagardère Sports. Pour sûr, l’instance suprême du foot sur le continent africain ne sera plus dirigée comme sous Issa Hayatou, et c’est déjà ça de gagné.

 

M. Arnaud Ouédraogo

Commentaires   

0 #3 Sacksida 20-03-2017 10:58
Félicitations et bons vent au nouveau Président de la CAF qui renvoyé ISSA HAYATOU en « retraite forcée ». Quand à plus de 70 ans on refuse d’être sage et en espérant toujours forcer un mandat de trop, alors on subit une déculottée de la Honte. Maintenant, Ahmad Ahmad et sa nouvelle équipe doivent travailler à relever les défis du Foot Africain et tendre à mieux faire que le vieux de Garoua en matière de représentation de la CAF dans le Monde et surtout de gouvernance et de transparence dans l’intérêt du Football Africain. Salut !
Citer
0 #2 Neilson 17-03-2017 16:47
Pour paraphraser un célèbre burkinabè des années 80 "malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple", moi je dirai: "honte aux journaux qui empêchent leurs lecteurs de réagir par rapport à leurs articles", parce qu’on n’est pas tenu, heureusement, d'avoir le même point de vu que vous, webmaster! Hier, impossible de réagir sur l'écrit de Zaïda, aujourd'hui, pareille pour une lettre pour Laye, pourquoi? Savez-vous seulement que vous allez desservir la cause de celui ou ceux que vous voulez défendre? Fermer le forum si ça vous pose un problème, mais ne nous faites plus ce coup!
Citer
0 #1 Sidzabda 17-03-2017 09:37
une balle de fusil peut ne pas vous tuer, mais une graine de sable peut vous mettre à terre. et c'est ce qui est arrivé à HAYATOU ce jeudi à Addis. ils croient que l'argent peut tout faire, acceptant à tour de bras les électeurs, modifiant les textes pas pour soi, mais pour contrecarrer l'autre; on a beau être astucieux, on finit par perde le visage et c'est ce qui est arrivé à Hayatou. Dommage que de telles situations ne servent pas de leçon car on croit que ça n'arrive qu'aux autres. Sinon, la Gambie hier, le Burkina Faso avant hier et cela ne t'a pas servi de leçon. Hayatou a wouuuuu!!
Citer

Ajouter un Commentaire

Recopiez le code dans la cage au bas du formulaire avant d'enregistrer votre message. Merci!

Code de sécurité
Rafraîchir

© 2011-2014 - Observateur Paalga - Tous droits réservés I Conception: CVP Sarl.