Disparition de Melès Zenawi : Les Etats-Unis perdent un précieux allié PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 21 Août 2012 22:08

Destin exceptionnel que celui de l’ex-guérillo communiste version albanaise, nimbé de mysticisme  tigréen (sa région natale), Melès Zenawi, qui vient de s’éteindre dans la nuit du 20 au 21 août 2012. A 36 ans, à la tête du Front de libération des peuples du Tigré (FLPT), il chassait, en mai 1991, Mengistu  Haïlé Mariam, le «Négus rouge», celui-là même qui avait renversé le vrai Négus 17 ans auparavant. Zenawi fut épaulé dans cette victoire par Issayas Afeworkis du Front populaire de libération de l’Erythrée (FPLE), un allié qui deviendra, plus tard, notamment après le référendum de 1993, son pire ennemi.

 

Cette randonnée victorieuse sur le Derg éthiopien est l’acte fondateur de la légitimité de Zenawi, mais les élections qui suivront pencheront toujours du côté de l’opposition, laquelle sera vite muselée par un Zenawi qui manie à merveille la carotte et le bâton : il laisse souvent ses adversaires remporter des élections telles les municipales, par exemple, mais il reste impitoyable avec les deux rébellions du pays que sont celles des Oromos (deuxième ethnie après les Amharas) et de l’Ogaden.

Comme pour dire que le maître de l’Ethiopie, c’est lui ! Celui qui naquit le 8 mai 1955 à Adoua n’a pas eu d’autre choix entre 1998 et 2000 que de faire une guerre que lui a imposée son ex-compagnon Aferworkis.

Sur le plan de la gouvernance, il a réussi à faire adouber son pays par les mandarins financiers de Bretton Woods et a effectué des réformes économiques hardies, ce qui a permit à l’Ethiopie d’afficher avec insolence une croissance à deux chiffres. Derrière le tyran se trouvait le bâtisseur, qui laisse un pays, malgré les viscissicitudes environnantes, bien géré. Celui qui dirigeait le pays de «Jah» aura également endossé les habits d’un allié incontournable des Etats-Unis d’Amérique dans cette corne de l’Afrique, où sévissent guerres tribales et djihadistes shebab.

Une soupape de sécurité vient de sauter, et le pays d’Obama perd en cet homme un précieux partenaire : en effet, le défunt Premier ministre éthiopien avait su contenir les différentes velléités, pour sauvegarder cette partie du continent, où la paix est rarement un acquis de longue durée. C’était une raison plus que suffisante pour que la Communauté internationale fermât les yeux sur l’autocrate  Zenawi.

A présent, des lendemains incertains se profilent à l’horizon dans cette région, et tout sera tributaire de la dévolution du pouvoir, qui, dans cette contrée, s’est toujours effectuée depuis le renversement de Haïlé Selassié, à la canonnière, les urnes n’ayant servi, après, que de vernis démocratique.

Sans compter que toutes ces rébellions résiduelles et les redoutables shebab n’attendaient que cela pour reprendre du poil de la bête. C’est connu, quand le chêne est à terre…

 

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

Mise à jour le Mardi, 21 Août 2012 22:19
 
Commentaires (3)
1 Mercredi, 22 Août 2012 09:07
anta
Zoungrana, l'Afrique n'a pas besoin d'homme fort.Si ce dictateur était si fort que ça il allait rejoindre Thanatos jusqu'à sa tanière pour le trucider afin de vivre dans le seul but de torturer sa population.En quoi le développement économique d'un pays est-il incompatible avec le respect des droits humains, la démocratie? Quand les Américains soutiennent les dirigeants d'un pays pauvre, il faut savoir que c'est la dictature et des intérêts américains qui y règnent.Que Mélès Zénawi aille au Diable réjoindre Staline, Lénine,Cséusescu,Mao,et tous les diablotins qui ont emmerdé l'humanité; et surtout, qu'il attire rapidement vers les demeures sulfureuses tous les dictateurs vivants qui s'accrochent au pouvoir pour le malheur de leurs peuples.Amen!
2 Mercredi, 22 Août 2012 17:41
Tenga
Anta a tout dit, magnifique!!!!!
3 Mardi, 04 Septembre 2012 08:53
Amanuel
anta. Tu dois etre un type qui est poisone par Media occidentaux

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