Obama et l’Afrique : Et s’il commençait par le Nord-Mali ! PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 07 Novembre 2012 20:59

“Four more years for Obama !” Le cri de ralliement des partisans du président sortant est bien parvenu aux oreilles de bon nombre de leurs concitoyens, au premier rang desquels les très courtisés grands électeurs. Ainsi, à seulement 51 ans, Barack Obama a remporté l’écrasante majorité des Etats indécis, décrochant au passage un second mandat historique à la tête de la première puissance mondiale. Le premier président noir des Etats-Unis, porté au pouvoir il y a quatre ans sur un air de «yes we can», est parvenu une fois encore à convaincre ses compatriotes qu’il était le mieux outillé pour les guider vers la sortie  du tunnel.

Quatre années supplémentaires pour Obama !

Malheureusement pour le vainqueur de ce marathon électoral, les dieux des urnes n’ont pas été aussi cléments qu’on l’aurait cru, car, malgré son avantage face à son rival, celui qui se dit «plus déterminé et plus inspiré que jamais» risque fort de se heurter, comme ces deux dernières années, aux brisants d’un congrès qui ne lui est pas tout à fait acquis :  Les Républicains, en effet, auront réussi le tour de force de conserver le contrôle de la Chambre des représentants, entièrement renouvelée, tandis que les démocrates étaient sur le point de maintenir leur main mise sur le Sénat.

Une bizarrerie du système américain qui tient au fait que, contrairement à ce qui se fait ailleurs, là-bas le scrutin présidentiel est indirect. Les quelque 215 millions d’électeurs se sont rendus mardi aux urnes pour élire de grands électeurs qui, à leur tour, désigneront le 17 décembre prochain le président et son  vice-président. Il ne s’est donc pas agi d’une élection nationale, mais de 50 élections indirectes couplées à des législatives et à une multitude de référendums.

En bon perdant, Mitt Romney n’a pas manqué de féliciter son adversaire démocrate, qui, pour sa part, a salué la campagne acharnée de son challenger. «Nous avons combattu avec violence, mais c’est parce que nous aimons l’Amérique», a-t-il souligné, envisageant même une rencontre avec lui «pour savoir comment faire avancer ce pays» ; voilà une grande leçon de démocratie, l’ébauche peut-être d’une reprise du dialogue entre le parti de l’âne et celui de l’éléphant, son éternel rival ; le signe surtout d’un retour aux affaires et dans le concert des nations pour le président réélu.

Ainsi confirmé à son poste, Barack Obama peut désormais laisser ses empreintes sur ce double mandat, entamé sur des slogans d’espoir et de changement. «Pour les Etats-Unis d’Amérique, le meilleur est encore à venir», promettait-il encore dans la foulée de sa victoire ; en revanche qu’en sera-t-il de l’Afrique, si proche et à la fois si loin des préoccupations du premier Noir à la Maison-Blanche ?

La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, de nos jours, le Sahel, en particulier le Nord-Mali, est devenu un des foyers de la nébuleuse islamiste ; un véritable Sahélistan vidé de ses touristes et en proie aux affres de la charia la plus rigoureuse. Alors que fera l’administration Obama pour aider les gouvernements de la région à assurer la paix et la sécurité dans une zone vouée à des trafics de tous genres ? Quelques drones feraient bien l’affaire avec, bien sûr, la logistique qui va avec.

 

H. Marie Ouédraogo

 
Commentaires (5)
1 Jeudi, 08 Novembre 2012 08:53
Win
C’est un tsunami de démocratie qui me fait saliver ! Si la honte pouvait tuer, nos baobabs n’en seront plus là. Malheureusement, ces constipés intellectuels ont un manque crucial de leadership et de cette vision éclairée à même d’apporter la démocratie dans leur pays. En myopes politiques, ils s’évertueront à théser sur la jeunesse de nos pays et autres alibis machiavéliques. Aider dans la circonstance par de vieux colons « tubes digestifs » à tripatouiller nos constitutions et défendre l’indéfendable. Organiser en clan pour s’accaparer de la richesse du pays et sans aucune culture du bien commun, ils foulent au pied les lois et les libertés individuelles.
Comme Mitterrand l’a fait en 1989 au sommet de la Baule, en exigent la démocratie dans les pays africains, Obama doit achever le processus en mâtant les mauvais élèves. Les gourous qui ont organisé un semblant de démocratie.
2 Jeudi, 08 Novembre 2012 15:26
Balcaniste
Sur la carte derrière Obama le Maroc est divisé en deux, bizarre. Et puisque on y est, si on divise le Mali en deux, le Nord Mali et le Sud. Ensuite on fait la même division par deux de tous les pays de l'Afrique. C'est tellement facile la division par deux,c'est les premières opérations que l'enfant manipule. On va pas rester enfants quant même.
Dites, si Obama arrive ici et il va voir que nous avons un problème de voir double, que va t-il penser de nous. C'est honteux d’être journaliste et d’être le dernier en Géo.. graphie, pas la Géologie. Le dernier en ce qui est en surface pas le caché. On est responsable de l'écrit et de l'image qui l'accompagne.
3 Jeudi, 08 Novembre 2012 17:23
Mtarka
Les drones, je ne suis pas d'accord, monsieur. Si on compte sur d'autres pour faire notre travail, c'est afghanister cette région. Des villages seront rasés sans raison. les drones n'ont aucune logique, aucune raison. Un Sahélistan n'est que la suite d'un Saharistan. D’où viennent les renforts de ces combattants, si ce n'est pas de ceux qui vous ont proposé la carte publiée. Par l'occasion, connaissons nous, notre région, pour chercher l'aide étranger. La carte, comme a mentionné balaniste divise un pays en deux, alors qu'on cherche à unir un autre.
4 Vendredi, 09 Novembre 2012 09:47
gambo
Je suis entièrement d'accord avec vous. Pendant qu'on détruit la Libye, on divise le Soudan, on soupe la RDC, on veut unir l'autre Soudan (Mali); on comprend qu'une seule chose: le monde est dirigé par procuration des multinationales. Ce vraiment dommage.
5 Vendredi, 09 Novembre 2012 10:34
gambo
Je suis entièrement d'accord avec vous. Pendant qu'on détruit la Libye, on divise le Soudan, on soupe la RDC, on veut unir l'autre Soudan (Mali); on comprend qu'une seule chose: le monde est dirigé par procuration des multinationales. Ce vraiment dommage.

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