Guerre au Mali : Du Sahélistan ? Non merci ! PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 14 Janvier 2013 23:08

Un boulevard tout  tracé pour une rapide reconquête du Nord-Mali ? Tout porte à le croire quand on voit avec quelle  ferveur guerrière les militaires français tiennent à  casser au plus vite du barbu. Mieux, de nombreux pays occidentaux et africains ont décidé de s’envoler vers la zone de conflit - si ce n’est déjà fait –, appuyant  l’armée française et malienne. Konan a été libérée, les  islamistes ont fui Gao  pour une destination inconnue.

A Kidal et à Tombouctou, ils se font très discrets. Finies, les parades à bord de véhicules tout-terrain surmontés d’effrayantes mitrailleuses.

Un contingent des forces armées burkinabè, de 500 hommes, prendra part au déploiement rapide de la force internationale pour épauler l’armée malienne,  conformément à la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies, les «djambars» (soldats) du Sénégal sont également prêts, le ministre des Affaires étrangères,  Mankeur Ndiaye,  a annoncé l’envoi de 500 soldats, le Togo se prépare à l’envoi d’un bataillon de 500 soldats, le Bénin a aussi promis l’envoi de 300 soldats engagés aux côtés du bataillon du Togo, le Niger, lui, s’apprête à envoyer 500 soldats ; quant au Nigeria, il doit dépêcher 600 militaires.

L’autre réjouissante nouvelle est venue de l’Algérie, qui a finalement accepté d’ouvrir son espace aérien aux avions de la coalition. Alors, toutes les fanfares sonnent à l’unisson, si bien que  des militaires maliens se surprennent à  trépigner  d’impatience pour rejoindre le front. Il en va jusqu’au capitaine Sanogho qui, il n’y a pas longtemps déjà, ne voulait voir de soldats étrangers, français fussent-ils, fouler le sol malien, arguant que l’armée de son pays avait les moyens de bouter les  envahisseurs  hors du territoire.

Divine surprise ! Aujourd’hui, virage à 180 degrés : il remercie les partenaires qui participent à la reconquête du Nord et, muni de son bâton de … capitaine, il a rendu visite aux blessés. Il paraît  même que l’intrépide  garçon était sur la ligne de feu  dans les temps forts de l’escalade. Il n’est pas exclu  qu’un jour, il revienne à Bamako  avec une jambe plâtrée, et ses communicants lui  fabriqueront aussitôt  une légende de blessé de guerre.

Bref, laissons le tombeur d’Amadou Toumani Touré à ses idées de grandeur pour jouer au petit rabat-joie : des précédents sont là pour prouver qu’on  n’expédie pas pareil conflit comme une lettre à la poste. Le cas afghan est encore là. Depuis 2001, l’OTAN y est présente et peine à dicter sa loi. Pas un jour qui passe sans que les Talibans ne fassent parler d’eux. En mal bien sûr , au grand dam du gros de la  troupe, les  Américains, dont la mission prend fin avec celle de l’OTAN, soit en 2004.

Actuellement, il est pudiquement annoncé qu’ils ne font plus que former, conseiller et assister les forces afghanes. Du côté malien, les islamistes prétendent déjà à une guerre d’usure, eux qui  n’ont fait  qu’une bouchée de  la ville de Diabaly, sur la route de Bamako, à 400 kilomètres de la capitale. Et en dessert, ils menacent de frapper le cœur de la France. Et pour qui sait le rôle que joue le cœur dans l’organisme, il y a de quoi méditer sur ces propos. Ce n’est pas pour rien que l’Hexagone a redéployé son plan Vigipirate.

Le plus dur reste donc à venir, et la coalition a intérêt à faire vite et bien pour ne pas s’embourber dans ces sables mouvants du désert. Les terroristes disposent de nombreux réseaux dormants, et il faut redouter cette guerre de guérilla qu’ils seront tentés de mener, sans oublier les représailles contre les civils. Même si l’on ne peut faire des omelettes sans casser des œufs, la coalition devrait également éviter les grands dégâts collatéraux. Prions donc les mânes des ancêtres, notamment Soundiata Kéita, pour que le conflit ne s’enlise pas. D’un Sahélistan, les Maliens n’en voudront certainement pas.

Issa K. Barry

 
Commentaires (8)
1 Mardi, 15 Janvier 2013 07:49
Moumouni
Vous voyez tous ces fantassins. C’est des jeunes militaires sortie tout juste du camp d'entrainement et il leurs faut du concret ou bien des cibles vivant pour la pratique. Tous simplement. Le médiateur a choisi la négociation en lieu et place de la guerre. Aujourd’hui c'est lui qui envoi des militaires burkinabé pour aidé les maliens a tué leurs frères. L’Afrique a toujours été le champ d’entrainement des troupes françaises et des essais de leurs nouveaux équipement et munitions.la guerre n’est pas une solution car nous savons quand sa commence et non quand sa finira.
2 Mardi, 15 Janvier 2013 10:16
Paxo
Je crois que si tous les pays voisins jouent le jeu, cette guerre sera vite terminée (en tat que Guerre)et il restera à gérer des actions terroristes isolées. En effet, le Mali étant un pays enclavé, si les terroristes ne peuvent ni s'approvisionner en carburant ni en vivre, ils seront vite réduits à la mendicité pour régler la régler la question primaire de la nourriture ; en effet, les scientifiques n'ont pas encore trouvé une solution pour vivre pendant longtemps sans nourriture ; la questtion est plus complexe pour des gens appelés à fournir beaucoup d'efforts physiques (fuites à pieds régulières en l'absence de carburant).
3 Mardi, 15 Janvier 2013 14:08
Nabiga, 1ère partie
A vous lire Issa K. Barry, je ne puis retenir ma joie de constater que nous sommes sur la même longueur d’onde. Du reste, ce fut la ligne constante de l’OBS que nous avons appréciée depuis le début de ce fameux dialogue inclusif que se plaisait à dire D. BASSOLET.
D’ailleurs, personne ne croyait et ne comptait sur cette nième médiation avec cette fois, les islamistes hormis nous-mêmes.
Contre l’opinion de tous (burkinabè, malienne, CEDEAO, U.A, la Francophonie, la France,…), nous avons continué à danser au son de notre propre symphonie. Une symphonie orchestrée par le Président et jouée par son Ministre des affaires étrangères…
4 Mardi, 15 Janvier 2013 14:11
Nabiga, 2ème partie
…Personne n’y croyait mais eux oui, tels des illuminés sans humilité alors qu’en face, on humilie du nègre aux yeux de toute l’humanité avec d’insoutenables bastonnades publiques, des amputations, des viols et j’en passe. Moi je dis que, s’asseoir à la même table avec un terroriste publiquement reconnu, c’est qu’on lui reconnaît des similitudes.
Et alors que tout le monde savait que les rebelles avançaient vers le Sud (par la ville de Konna), Ouagadougou prônait encore le dialogue et maintenait la rencontre de Ouaga.
Il a fallu l’intervention de la France pour qu’on change de tempo…
5 Mardi, 15 Janvier 2013 14:14
Nabiga, 3ème partie
…Et pour sauver la face devant le géant pied de nez infligé par la France (elle nous a surpris en attaquant sans nous prévenir et au moment où on continuait à prôner la négociation et cette humiliation est d’autant plus cuisante que nous abritions les fameuses forces spéciales françaises), on se précipite pour envoyer un bataillon d’appui à l’armée malienne et française, devançant ainsi même les va-t-en guerre comme le Niger et la Cote d’Ivoire. Décidément, le cube maggi, ça nous connaît. Tout ça pour espérer être dans le camp des victorieux une fois encore…
6 Mardi, 15 Janvier 2013 14:17
Nabiga, Fin
…Personnellement, je ne crois pas que ce sont des motivations religieuses qui animent ces bandits (puisque le mali est déjà un pays islamique à 90%) mais plutôt l’argent (trafic de drogue, d’armes et d’otages), la jouissance sexuelle gratuite et à volonté pour des gens qui ont longtemps vécu dans la disette sexuelle comme on connaît dans les pays arabes et enfin, bien entendu les richesses présumées du sous-sol malien.
Et puis, s’ils avancent des velléités autonomistes, qu’ils aillent les revendiquer à la frontière de la Mauritanie ou de l’Algérie puisqu’ils ont en commun la langue, la couleur de peau et la culture des peuples vivant dans ces pays.
7 Mardi, 15 Janvier 2013 15:27
KIDRH
Monsieur Barry vous oubliez de dire que, selon la télévision malienne, le capitaine schizophrène a élevé des militaires, à titre exceptionnel, à des grades supérieurs pour faits de bravoure su le front. C'est peut être les seuls qui soient restés quand les fous de Dieu ont fait reculé l'armée malienne à Konna.
Il est parti pour se présenter en libérateur du pays et poussera la rue à aller le chercher à Kati pour Le Palais de Koulouba ,tout comme son modèle de Colombey les deux églises en 1958.
8 Mardi, 15 Janvier 2013 20:11
Paxo
L'histoire donne raison à ceux qui n'ont pas cru une seule minute à la résolution de ce probèmes avec des Paroles.
Le problème, c'est que beaucoup de maliens pensent que les Autorités burkinabè sont de connivences avec ces criminels pour les avoir laisser venir se prélasser à Ouaga, être aller chercher un de leurs chefs blessé au nord du Mali pour venir le soigner à Ouaga et à cause des soit-disant succès dans la libération des otages. Personne ne croit que ces gens libèrent gratuitement des otages après avoir investis sur ceux (souvent achat, nourriture, soin par ce comme un mouton, un otage mort n'a pas de valeur).

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